Prix du pétrole : il restera bas (Francis Perrin)

Prix du pétrole : il  restera bas (Francis Perrin)

Le prix du pétrole restera encore base explique Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques et directeur de la rédaction de Pétrole et Gaz arabe. En  cause une demande atone liée au net ralentissement de la croissance internationale et à une fuite en avant des pays producteurs qui tentent de compenser la baisse des cours par une surproduction qui tire les prix à la baisse. Une remontée des prix du pétrole n’est pas à exclure mais tendanciellement les cours vont sans doute demeurer à un faible niveau pendant encore des mois. (Interview RTL)

 
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) continue à produire au-delà des limites qu’elle s’est elle-même fixée. « La production du pétrole au niveau mondial n’est pas coordonnée par une autorité. Chaque pays, chaque producteur, chaque compagnie pétrolière produit ce qu’il peut, ce qu’il veut produire en fonction de ses réserves, des champs qu’il contrôle, du niveau des prix et de la rentabilité des opérations. Il n’y a pas de régulation de la production pétrolière mondiale. »  Trop de pétrole a été produit notamment avec les pétroles non conventionnels aux États-Unis et au Canada. « L’OPEP a décidé d’engager un bras de fer et de ne pas plier en réduisant sa production. Elle dit que « s’il y a une réduction de la production, elle doit être partagée entre les pays membres de l’OPEP et les pays non OPEP. Si ce n’est pas le cas, les prix baisseront pour tout le monde et on verra qui tiendra le plus longtemps. »

S’agit-il d’une bonne nouvelle pour l’économie ? « Les pays exportateurs, les compagnies pétrolières et groupes terroristes comme l’État islamique sont défavorisés. Les prix ont chuté d’environ 70% depuis juin 2014. Tous ceux qui achètent du pétrole, comme la France et les pays européens, bénéficient de la chute des prix du pétrole. »

Daesh, un acteur puissant sur le marché

Ce pétrole pas cher n’a-t-il pas le goût du sang ? Daesh étant un acteur puissant sur le marché.  »Daesh contrôle certains champs de pétrole, 60% en Syrie, certains champs de pétrole en Irak et elle essaie de faire de même en Libye. Daesh reste un petit producteur de pétrole. Donc ce n’est pas lié. On estime que Daesh contrôle une capacité de production de l’ordre de 40.000 barils par jour de pétrole. Total, c’est 2,3 millions de barils par jour de pétrole. Daesh essaie de vendre à des négociants peu scrupuleux dans la région du Moyen-Orient où des réseaux de contrebande et de trafic existent depuis longtemps. Il y a eu un embargo contre le pétrole irakien, il y a toujours un contrôle du pétrole iranien. Daesh profite de ces circuits illégaux ».

La baisse du coût du pétrole va se poursuivre ? « Personne ne le sait, on ne sait pas jusqu’où ça peut baisser. On est à un niveau très bas. On était à 115 dollars par baril en juin 2014, on est aujourd’hui à 36-37. Peut être que les prix vont encore baisser mais sans doute pour pas très longtemps. Mais les prix du pétrole ne devraient pas remonter parce qu’il y a trop de pétrole sur le marché. »

Des prix du pétrole au plus bas, ce n’est pas bon pour la transition énergétique. « Les acteurs économiques peuvent se dire : le pétrole est très bas, le prix du gaz est très bas, le prix du charbon est très bas. Pourquoi se casser la tête et investir des sommes considérables dans la transition énergétique, NDLR). Mais ces combustibles fossiles ont quelques défauts comme celui de générer des émissions de gaz à effet de serre. »

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