Climat : des automnes plus courts ?

Climat : des automnes plus courts ?

. Avec un automne parfois plus court qu’actuellement, les arbres disposeront de moins de temps pour se préparer à la venue de l’hiver, révèle une étude qui nous projette en 2045. (Info BFM)

Yingying Xie, étudiante à l’université du Connecticut se penche depuis 11 ans sur l’impact du réchauffement sur les forêts de nos zones tempérées. Avec d’autres chercheurs, elle publie dans la revue PNAS les résultats d’une étude originale qui décrit la façon dont les arbres vont, en fonction de l’endroit précis où l’on se projette, soit devancer, soit différer pour eux-mêmes l’avènement de l’automne. Ainsi en 2045, selon l’endroit considéré, au nord ou au sud de la zone observée, le déclenchement du mécanisme automnal pourrait intervenir soit en retard, soit en avance. Or, la saison intermédiaire est cruciale pour les arbres à feuilles caduques (= qui tombent chaque année, ndlr). C’est durant cette période, avant la « dormance hivernale », qu’ils font le plein de nutriments, les tirants des feuilles avant que celles-ci ne tombent au sol. Au passage, les molécules de chlorophylle sont détruites, révélant les couleurs rutilantes de l’automne.  « Avec l’automne, la verdeur du feuillage diminue progressivement. Le début de la phase dormante correspond au moment où cette verdeur atteint son minimum. Il y a surtout eu jusqu’ici des études sur le début du printemps, car c’est beaucoup plus facile. Le feuillage apparaît très rapidement, en moins de trois jours, tandis que la disparition de la chlorophylle se produit sur environ un mois », détaille l’auteure principale de l’étude. Outre son sujet, l’originalité de la démarche scientifique réside dans la méthode. Alors que beaucoup d’autres observations se fondent principalement sur des relevés de températures, bien d’autres données météorologiques (précipitations, périodes de sécheresse, présence de gel ou de givre…)  sont ici prises en compte, note pour Le Temps Nicolas Delpierre, spécialiste de la phénologie (étude des cycles biologiques) des arbres. Le français est l’auteur d’une autre étude parue dans la revue PLOS One en 2013. Elle portait sur une modeste forêt de 1.500 hectares située au cœur de Harvard, en Nouvelle-Angleterre. Ici, la zone observée est bien plus vaste: une superficie proche de trois millions d’hectares répartis sur quatre Etats du nord-est des Etats-Unis. Soit un espace équivalent à la région française des Pays de la Loire. Du coup, les deux satellites de la Nasa équipés d’instruments Modis ont été mis à contribution. « La région étudiée recouvre deux zones climatiques différentes. Au nord, il s’agit de paysages de moyenne montagne avec un climat doux et humide. Au sud, c’est une région de plaines côtières et de collines qui est plus sèche », explique la scientifique. Que révèlent au juste ces projections? Simplement qu’au nord, la phase de dormance arrivera jusqu’à 10 jours plus tard que prévu, alors qu’au sud, l’inverse se produit. L’automne se trouve (toujours si l’on se place du point de vue des arbres et non du calendrier) amputé de trois semaines. « On peut imaginer qu’un raccourcissement de la période de jaunissement perturbe le redémarrage de la végétation au printemps par manque de nutriments », avance Yingying Xie.

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