UE : un second accord bâtard pour les réfugiés

UE : un second accord bâtard pour les réfugiés

 

Après le laborieux et très provisoire accord concernant la répartition des réfugiés, les chefs d’État de l’union européenne se sont mis d’accord sur des dispositifs complémentaires pour gérer les flux migratoires. En fait cet accord est aussi bâtard que le précédent. On va faire coexister ce plan qui prévoit notamment des centres d’accueil (hotspots) avec l’accord de Schengen qui prévoit la libre circulation et la convention de Dublin qui réglemente le droit d’asile. En outre on ambitionne de renforcer le contrôle des frontières extérieures de l’union européenne. La coexistence de ces différents dispositifs souvent contradictoires ne permettra certainement pas de réguler l’importance des flux probables surtout si la situation de la Syrie perdure et si aucune alliance internationale y compris au sol n’est mise en place pour lutter contre l’État islamique. Du coup comme c’est probable ce plan  sera sans doute obsolète d’ici deux ou trois mois. Au terme d’un long sommet extraordinaire des chefs d’État à Bruxelles, mercredi soir, l’Europe a donc convenu de renforcer les frontières extérieures de l’UE, ainsi que l’aide humanitaire à leurs voisins, afin de freiner le flux sans précédent de migrants.  Le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé qu’« au moins 1 milliard d’euros supplémentaires seront mobilisés pour aider les réfugiés » dans les pays voisins de la Syrie. Ces fonds seront transmis au Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) et au Programme alimentaire mondial (PAM). Le PAM avait été conduit ces derniers mois à réduire son action dans les camps, faute de financements, ce qui a provoqué le départ de nombreux réfugiés vers l’Europe. « En attendant, nous devons tous respecter, appliquer et mettre en œuvre nos règles existantes, y compris l’accord de régulation de Dublin et les acquis de Schengen », affirme le communiqué publié dans la nuit.  De même, les pays européens ont mandaté les institutions européennes pour qu’elles apportent davantage d’aides au Liban, à la Jordanie et à la Turquie, pour les aider dans leur accueil massif de réfugiés, pour renforcer le dialogue avec la Turquie « afin de renforcer notre coopération pour endiguer et gérer les flux migratoires ». Et ralentir par la même le flux vers l’Europe. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui était mercredi à Moscou, sera d’ailleurs reçu par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 5 octobre à Bruxelles. Du fait de guerres qui ne vont pas cesser de sitôt, « nous parlons de millions de réfugiés potentiels, pas de milliers », a averti Donald Tusk. Dès lors, « le chaos actuel à nos frontières extérieures doit prendre fin », a-t-il plaidé. La Commission souhaite notamment que des « hotspots » –des centres d’accueil et d’enregistrement des migrants– soient opérationnels rapidement en Italie et en Grèce. Il faut « assurer que ceux qui arrivent en Europe sont rapidement enregistrés, que leurs empreintes digitales sont prises, et qu’on puisse faire une sélection rapide entre ceux qui restent et ceux qui ne peuvent rester », les migrants économiques illégaux par exemple, a expliqué le vice-président de la Commission, Frans Timmermans.  La mise en place de ces centres est prévue pour la fin novembre, c’est le seul délai fixé par le sommet alors que, dans leur déclaration finale, les dirigeants européens « exhortent » « les institutions, les organismes internationaux et les États membres à accélérer leurs travaux sur tous les aspects de la crise migratoire ».  Enfin, la Commission a rappelé que son projet d’ « un corps de garde-côtes et garde-frontières européens » serait sur la table d’ici la fin de l’année. 

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