Conférence climat : Hypothéquée par la crise

Conférence climat : Hypothéquée par la crise

Hollande commence à s’inquiéter sérieusement des chances de succès de la conférence climat qui doit se tenir à Paris à la fin de l’année. Des inquiétudes justifiées dans la mesure où en dépit de quelques avancées Il paraît peu vraisemblable que la conférence climat débouche sur des orientations contraignantes. Ce n’est d’ailleurs pas le l’objet de cette conférence qui doit laisser à chaque État le soin de définir les objectifs et moyens pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution. À moins de trois mois de cette conférence on est encore très loin d’un accord puisqu’il n’a pas même été possible de trouver le financement des réunions. Accessoirement il faudra trouver les 150 milliards destinés aux pays en voie de développement afin de les aider à réussir leur transition énergétique. La crise constitue évidemment un des facteurs explicatifs qui pourraient menacer cette conférence. L’environnement économique international est en effet fragilités et presque partout et la préoccupation première est de soutenir la croissance et l’emploi un objectif assez souvent contradictoire avec la prise en compte de l’environnement. D’une certaine manière la dégradation de l’environnement conjoncturel s’oppose aux évolutions structurelles. Du coup la France multiplie les manifestations pour tenter de sensibiliser l’opinion française mais aussi internationale. Dernier exemple France a annoncé jeudi, à 81 jours de l’échéance, la suppression d’aides à l’exportation de centrales au charbon polluantes. Le Premier ministre a adressé ce signal très attendu à l’ouverture d’une manifestation organisée au Palais de l’Elysée pour afficher l’engagement de la France en faveur du climat. »Nous supprimerons immédiatement les crédits export pour tous les nouveaux projets de centrales à charbon qui ne sont pas dotées d’un dispositif de capture et de stockage du CO2″, a dit Manuel Valls à plus de 400 invités – ministres, représentants de l’industrie et de la société civile, élus. Un geste insuffisant, de toute évidence, aux yeux de l’ex- ministre écologiste du Logement, Cécile Duflot, présente. « On peut continuer à être assez critique sur la traduction dans la politique du gouvernement français des engagements qui doivent être pris à la COP », a-t-elle confié à Reuters. La conférence des Nations unies sur le climat (COP21), prévue du 30 novembre au 11 décembre, est le plus grand rendez-vous international jamais organisé par la France et François Hollande en a fait un enjeu majeur de son quinquennat. Jeudi matin, le traditionnel tapis rouge déroulé pour les invités du chef de l’Etat dans la cour d’honneur du Palais de l’Elysée avait symboliquement été remplacé par un tapis vert.  »Il s’agit d’être capable de réussir ce qui est le rendez-vous sûrement le plus essentiel que le monde s’est donné à lui-même », a dit François Hollande en conclusion de la réunion. Six ans après l’échec de la conférence de Copenhague, la COP21 est considérée comme une des dernières chances de conclure un accord universel sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour enrayer le réchauffement climatique avant que ses conséquences deviennent irréversibles. Les principaux intervenants, politique ou non, dont les ministres des Affaires étrangères et de l’Ecologie, Laurent Fabius et Ségolène Royal, ou l’ancien animateur de télévision Nicolas Hulot, aujourd’hui conseiller spécial du chef de l’Etat, ont insisté l’un après l’autre sur l’urgence d’un tel accord. « Plus tard, ce sera trop tard (…) On n’a pas le droit d’échouer », a averti le chef de la diplomatie française, tout en reconnaissant que la conférence de Paris ne pouvait pas régler tous les problèmes mais être un « point de bascule ».  Or les négociations sur un projet d’accord ne progressent que très lentement. Elles butent notamment sur le financement de l’aide à l’adaptation de l’économie des pays en développement et les plus exposés au réchauffement climatique, financement sans lequel ces derniers risquent de refuser de s’engager. « Il y a des progrès ils sont minces, trop minces encore, et donc il y a une incertitude », a reconnu François Hollande, qui de nouveau fait état d’un « risque majeur » d’échec.

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