Attentats :le voyeurisme condamné par le CSA

Attentats :le voyeurisme condamné par le CSA

 

La liberté de la presse est une chose, l’irresponsabilité en est une autre. Et de toute évidence nombre de médias sont tombés dans le piège du voyeurisme lors des attentats mettant ainsi en danger otages et policiers. Faut-il renoncer à l’info en direct s’interroge naïvement un responsable de chaine ? Oui évidemment non seulement pour éviter d’exposer police et otages mais tout autant pour ne pas se laisser embarquer par la stratégie de communication des assassins et de l’Etat islamique. Car au-delà de l’aspect odieux de l’assassinats de personnes innocentes c’est la bataille de la médiatisation qui est engagée par les terroristes. Leurs opérations suicide n’ont d’intérêts que s’ils sont largement médiatisés. Quand des dizaines de musulmans sont tués chaque jour par l’Etat islamique , on ne trouve pas uen ligne dans les médias mais quand ce sont de otages de pays occidentaux , l’enjeu principal c’est de diffuser ces images dans le monde entier pour montrer la puissance de l’Etat islamique. De ce point de vue la guerre de communication est aussi stratégique que la guerre elle-même et elle a des conséquences sur l’esprit fragile des candidats au djihad voire sur une partie de l’opinion. . le CSA   a donc lancé un avertissement à toutes les télés et radios pour avoir divulgué des informations sensibles pendant leur direct sur les prises d’otages de janvier, des critiques mal reçues par les médias qui défendent la nécessité d’informer. Après avoir analysé 500 heures de programme, le gendarme de l’audiovisuel, qui ne sanctionne qu’en cas de récidive, a adressé à 16 médias 36 mises en demeure ou mises en garde pour des « manquements graves », susceptibles de « conséquences dramatiques ». Des policiers s’étaient eux-mêmes déjà plaints de dérapages.  BFMTV, Euronews, France 2, France 24, iTELE, LCI, TF1, Europe 1, France Info, France Inter, RFI, RMC, RTL ont reçu des « mises en demeure ». France 5, Canal + et France 3 des « mises en garde », un avertissement moins sévère.   »Ces décisions ont une intention préventive, au cas où se produiraient des événements de même nature », a commenté le président du CSA Olivier Schrameck. Tout en reconnaissant le caractère « extrêmement difficile » de cette couverture et le fait que le nombre de manquements était « relatif », au regard des 500 heures visionnées. En cas de récidive, les sanctions peuvent aller d’une amende jusqu’à la suspension d’antenne.  Dans le collimateur du CSA, la divulgation d’informations sensibles ou données trop tôt, qui risquaient selon lui de gêner la police, de menacer la sécurité d’otages ou constituaient une atteinte à la dignité de la personne.  Le gendarme de l’audiovisuel reproche ainsi à France 24 d’avoir fait entendre les coups de feu qui ont tué le policier Ahmed Merabet et « exposé son visage », et à France 5 d’avoir montré la Une d’un journal britannique avec l’image du policier à terre. iTELE et LCI ont eu le tort de divulguer l’identité des frères Kouachi, les deux tueurs de Charlie Hebdo, avant l’appel à témoin de la préfecture. BFMTV, iTELE, LCI et TF1 ont eux désigné, à tort, une personne comme un terroriste.  BFMTV, Canal+, Euronews, France 2, France 24, LCI et TF1 sont critiqués pour avoir montré les préparatifs des assauts à Dammartin-en-Goële et à l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes où étaient retranchés les tueurs.  Treize télés et radios ont en outre annoncé en direct que des affrontements avaient éclaté entre les forces de l’ordre et les terroristes à Dammartin-en-Goële, ce qui aurait pu « avoir des conséquences dramatiques pour les otages de l’Hyper Cacher », critique le CSA. Il reproche également à France 2, TF1 et RMC d’avoir signalé qu’une personne était retranchée dans l’imprimerie de Dammartin et à BFMTV et LCI d’avoir évoqué celles cachées dans la chambre froide de l’Hyper Cacher. Plusieurs médias ont exprimé leur incompréhension face aux réprimandes du CSA, alors que les réseaux sociaux et les sites internet ne sont eux pas régulés. « Est-ce que cela signifie que les chaînes censées informer cessent d’informer? L’information sera-t-elle désormais l’apanage du secteur qui n’est pas régulé par le CSA, comme les réseaux sociaux ? », a lancé Thierry Thuillier, directeur de l’information de France Télévisions. « On est stupéfaits », a renchéri Marc Saikali, directeur de France 24. « Faut-il renoncer à rendre compte? Nous avons une mission internationale. Est-ce qu’on doit dire aux téléspectateurs d’aller regarder Al-Jazira ou CNN, où l’info est tronquée? Ca nous décrédibilise à l’international. Tous les dictateurs du monde vont pouvoir nous dire : +vous voyez, vous n’êtes même pas légitimes chez vous+ » « Comment pouvons-nous informer, nous radios et télés, puisque nous sommes les seuls concernés par les sanctions », a protesté Catherine Nayl, directrice de l’information de TF1.  Même agacement chez Céline Pigalle, directrice de la rédaction de iTELE. « Est-ce qu’il faut qu’on renonce à faire de l’info en temps réel ? On nous dit de ne pas rendre compte des événements à Dammartin mais le direct du site du Monde va continuer. Personne ne prétend avoir été parfait mais on semble nous dire ne pas informer ». Le CSA avait décidé à la mi-janvier de se pencher sur la façon dont télévisions et radios avaient couvert l’attentat contre Charlie Hebdo et les prises d’otages. Il avait aussi réuni les patrons et directeurs de l’info pour une réflexion commune sur le sujet, une première.

 

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