Grèce: coup de bluff de la BCE

Grèce: coup de bluff de la BCE

 

La BCE a décidé hier de fermer un des robinets permettant de financer la Grèce. En fait il s’agit d’un coup de bluff pour atténuer l’enthousiasme qui semblait se dégager en faveur des solutions grecques pour sortir de la crise. La vérité c’est qu’il faut faire les gros yeux à la Grèce pour satisfaire Berlin qui a du mal à avaler la position de la BCE sur le rachat d’actifs. Résumons, la BCE fait semblant d’afficher sa fermeté, une posture pour mieux négocier un compromis qui paraît inévitable sauf clash de l’Allemagne. Une décision technique, mais lourde de sens. La Banque Centrale Européenne a décidé hier de couper un des canaux de financement majeurs du secteur bancaire grec, à savoir les liquidités qu’elle lui met à disposition. Depuis la crise de 2011, et le premier règlement des problèmes de dette grecque, la BCE avait autorisé les banques du pays a lui apporter en garantie des obligations d’Etat grecques pour pouvoir obtenir de l’argent frais, et ainsi continuer à financer l’économie en évitant une paralysie du système financier. Mais la BCE vient donc de décider d’en finir avec cette facilité exceptionnelle.  Elle ne laisse pas pour autant le système bancaire grec sans aucune source de liquidité supplémentaire, celui-ci peut toujours avoir recours à un autre circuit, appelé ELA. Il est alimenté directement, et à discrétion, par la Banque Centrale Grecque, et reste disponible pour gérer les cas d’urgence. La BCE a la possibilité de décider d’en réduire l’accès, ou même de l’interrompre, mais elle ne l’a pas fait hier. Reste qu’elle a tout de même retiré la plus directe et la plus efficace des perfusions. La décision peut sembler sévère, mais la BCE l’argumente en revenant strictement à ses règles de fonctionnement. Impossible d’accepter plus longtemps les titres de dette d’un pays en négociation sur son rééchelonnement, tant que la question n’est pas réglée définitivement. En clair, pas possible de charger son bilan avec des actifs d’un pays qui ne sait pas encore de manière certaine où il va.  Un coup de force sans doute nécessaire d’une BCE préoccupée par le ballet diplomatique qui a lieu en ce moment, cette forme de Road-Show organisée par le nouveau pouvoir grec, qui a tendance à euphoriser un peu la sphère économique et les marchés financiers.  Le message est clair : au-delà des messages apaisants, il y a des échéances à tenir (le système de reversement des retraites sera à court d’argent fin mars, entre autre exemple) et un nouveau calendrier de dette à fixer précisément. Au-delà des belles images apaisantes, un nouveau deal doit être trouvé, avec l’économie et ses lois comme priorité, plus que la diplomatie ou la tactique politique.​

 

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