Europe: le faux plan d’investissement de Juncker

Europe: le  faux plan d’investissement de Juncker

 

Le plan de 300 milliards de Juncker est une illusion ; en fait il s’agit d’effets de levier très hypothétiques pour mobiliser les ressources privées et publiques. La mise de l’Europe est en fait de l’ordre de 20 milliards et sur trois ans ( un peu plus de 6 milliards par an). En supposant  avec cette mise de départ de lever des fonds via des emprunts garantis ( autour de 60 milliards) ensuite  en espérant que ces fonds cofinancent jusqu’ 300 milliards des acteurs comme le transport , l’énergie  ou encore l’innovation.  Un pari risqué qui se contredit avec la rigueur budgétaire d’une  part et avec le manque général de confiance des entreprises. Au final tout cela pourrait se terminer par un grand flop car ce sont surtout les investisseurs privés qui sont sollicités pour des projets d’infrastructures dont la rentabilité est nécessairement à long terme. Pas vraiment la stratégie financière actuelle qui recherche du court terme.  Une certitude en tout cas l’Allemagne est très satisfaite que ce plan soit réduit au minimum qui ne sollicite pas trop les fiances de l’Europe !   Sur l’investissement, les objectifs sont précis: regrouper d’ici à l’été prochain 21 milliards de fonds publics européens déjà programmés, avec l’ambition d’attirer et de garantir 315 milliards d’investissement privés et publics en trois ans. L’enveloppe totale dépasse ainsi la barre des 300 milliards fixée comme objectif numéro un du nouveau président de la Commission. Dans la première phase, il n’y a pas de nouvel engagement budgétaire, ni européen ni national, ce qui permet de respecter la seconde promesse: cette relance se fera sans recours ni au déficit ni à la dette. L’instrument est un Fonds européen pour les instruments stratégiques (FEIS), placé sous le contrôle de la Commission et confié à l’expertise de la Banque européenne d’investissement. Mais, à la différence de la BEI, le FEIS devra prendre de vrais risques et, si nécessaire, les assumer jusqu’au bout. Les 21 milliards qui constitueront de facto ses fonds propres seront en première ligne si l’affaire devait mal tourner. «Il y a beaucoup d’argent sur les marchés, mais les investisseurs reculent devant le risque et hésitent à sauter le pas», explique l’un des architectes du plan Juncker. Il fallait donc les rassurer… Ce n’est pas un Big bang où les capitales se partagent l’argent tombé du ciel ! Un responsable européen  En pratique, 16 milliards viendront directement du budget de l’UE (dont la moitié en capital) et 5 milliards de la BEI, récemment revigorée par l’augmentation de son capital. Par la magie de «l’effet de levier», cet apport de départ permettrait aux financiers de la BEI de lever 60 milliards d’euros sur trois ans, qui seront assignés à la partie la plus risquée des investissements. Cette «garantie» viendrait décharger les investisseurs privés d’une bonne partie du risque, dans une proportion propre à chaque projet. Ce volet d’ingénierie financière permettrait de générer 15 euros d’investissements total pour chaque euro d’engagement public, soit au total les 315 milliards escomptés. La BEI se finance traditionnellement par emprunts sur les marchés internationaux et concentre déjà ses prêts dans les secteurs qui seront la priorité du plan Juncker: réseaux d’énergie, transports, télécommunications et les réseaux numériques à haut débit.

 

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