Grève SNCF : un statut jusqu’à quand ?

Grève SNCF : un statut jusqu’à quand ?

 

La grève comme souvent à la SNCF est très ambigüe, officiellement elle s’oppose à la reforme visant à réorganiser le système ferroviaire notamment avec le rapprochement de SNCF et RFF. C’était pourtant une revendication des syndicats et de la SNCF elle même. Certes on aurait pu revenir à la SNCF de 1937 mais l’époque a changé et il faut autoriser désormais la concurrence pour secouer la vielle maison qui roupille. Du coup il y aura un EPIC central , structure publique pour chapeauter deux autres EPIC ,un SNCF et Un Epic infra. En fait un montage juridique assez tordu pour donner satisfaction à Bruxelles sans mécontenter le lobby SNCF. Bref une orientation type « Hollandaise » mi chèvre mi chou. Bruxelles n’est pas satisfait, les syndicats (certains) non plus. L’enjeu consiste officiellement à redynamiser le rail mais pas forcément la SNCF ; Or c’est toujours la même confusion de ces mouvements sociaux avec l’amalgame entre la défense de la SNCF, du service public et du statut. La vraie question, c’est celle de l’endettement du système ferroviaire (autour de 40 milliards, 80 milliards dans 10 ans sur la tendance actuelle) et sa compétitivité ; Or la réforme de 1997 – séparation infra et exploitation n’a rien réglé- au contraire. On s‘est limité à transférer l’ancienne dette de la SNCF à RFF mais sans mécanisme d’apurement. Contrairement aux allemand qui eux ont faiat une réforme complète. Du coup la compétitivité du rail est plombée d’entrée, s’y ajoutent les lourdeurs commerciales, organisationnelle et sociales. La SNCF perd donc du trafic et des parts de marché. La faute auusi à une politique du transport ultra libérale , anarchique et coûteuse pour la collectivité. Dans les faits on traite séparément à Bruxelles comme à Paris des questions du fer, de la route, de l’aérien et de la voie d’eau. Tout cela aboutissant à une contradiction totale entre la politique des transports et les préoccupations environnementales. Les responsabilités du déclin du fer mettent donc en cause nombreuse responsabilités. On ne peut cependant esquiver la problématique sociale et le statut des cheminots. Un statut qui protège les cheminots mais qui tue l’entreprise. Un statut qui il est vrai n’est pas plus scandaleux que celui des fonctionnaires mais qui l’est tout autant. En fait les avantages du statut réside surtout la question de la retraite ( : les cheminots partent plus tôt : 52 ans pour les roulants, 57 ans pour les sédentaires depuis la reforme de 2010 et surtout la retraite est calculée sur les 6 dernies mois de carrière et non comme dans le privé sur les 25 années de carrière. Un statut que ne pourra perdurer d’autant que vont se côtoyer sur le même réseau des conditions sociales très différentes. Une convention collective tentera d’ailleurs d’harmoniser les situations dans ce domaine. Pour le reste il n’y a rien de scandaleux dans le statut, la gratuité des trains pour le cheminots est peu utilisée, les salaires de base ne sont pas excessifs. Reste quand même la productivité des roulants notoirement insuffisante un routier travaille deux fois plus en gagnant deux fois moins ! Pas étonnant que le fret SNCF s’écroule. En fait cette grève n’est pas la bataille du rail mais la batille du statut, un statut qui un jour ne profitera qu’aux 50 000 cheminots restants et qui disparaîtra quand le pouvoir de nuisance des syndicats corpos ne sera plus suffisant pour faire peur aux gouvernements. Le paradoxe en effet c’est que ce statut couvre de moins en moins de personne avec la réduction d’ effectifs (ils ont été 500 00, ils sont moins de 160 000). Défendre le rail ou le statut, il faut choisir : l’intérêt corpo ou l’intérêt général ; pour l’instant on a choisi la ligne Maginot !

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