Valls : le ton à défaut du contenu

Valls : le ton à défaut du contenu

Objectif impossible sur le fond pour Valls coincé entre les 50 milliards d’économies, le pacte de responsabilité et le pacte de solidarité. En gros moins d’impôt, plus de pouvoir d’achat, moins de déficits et des économies énormes à faire. Du coup c’est la tonalité qui risque de l’emporter sur le fond car Valls sera contraint de jouer sur la forme pour masquer le flou du fond. Mais depuis l’échec des municipales, François Hollande a décidé d’ajouter à ce pacte un « pacte de solidarité » pour bien montrer aux électeurs de gauche qui ont boudé les urnes qu’il se préoccupait bien des Français modestes.  « Au Pacte de responsabilité, doit correspondre un pacte de solidarité dont le premier pilier est l’éducation, et la formation de la jeunesse ; le second, c’est la sécurité sociale avec la priorité donnée à la santé ; et le troisième, c’est le pouvoir d’achat avec une réduction des impôts des Français et une baisse des cotisations payées par les salariés », avait annoncé le chef de l’Etat. Manuel Valls va donc être très attendu en précisant, ce mardi, les contours des trois piliers de ce nouveau pacte. Pourra-t-il annoncer des mesures suffisamment concrètes pour convaincre l’électorat d’une prise en compte de ses aspirations? Et ce, alors qu’il devra dans quelques jours détailler les 50 milliards d’économies liées, elles, au pacte de responsabilité.  Rien de nouveau sous le soleil. L’Education et la Jeunesse sont une priorité depuis le début du quinquennat. Dans le budget 2014, l’Education nationale est restée l’un des secteurs prioritaires alors que des suppressions de postes sont intervenues ailleurs.  Sauf qu’aujourd’hui, Manuel Valls va devoir décider s’il confirme  l’embauche des 40.000 enseignants supplémentaires d’ici 2017 promis par François Hollande (20.000 ayant déjà été recrutés).  En fait, une partie de ces embauches pourrait bien être sacrifiée sur l’autel des économies budgétaires. Fâcheux pour une priorité.  Même ambigüité pour ce second pilier du pacte de solidarité. François Hollande fait de la protection sociale et de la santé une priorité et l’un des moyens de renforcer la solidarité.  Mais le programme de 50 milliards d’économies budgétaires devrait prévoir plus de 20 milliards sur la sécurité sociale et les hôpitaux dans les trois ans à venir. Et plusieurs prestations sociales pourraient être revues à la baisse.  Dans ce contexte, comment Manuel Valls pourra-t-il annoncer des réformes qui ne coûteront rien?  Les charges des entreprises doivent baisser mais celles des salariés aussi, a déclaré François Hollande le 31 mars. Le gouvernement qui veut du concret rapidement sur la feuille de paie devrait limiter la baisse aux salariés modestes. Elle pourrait prendre la forme d’une ristourne de cotisation « en échange » sans doute d’une suppression de la PPE (prime pour l’emploi). Dans ce cas, un peu plus de 9 millions de salariés seulement seraient touchés. Quant à la baisse des impôts des ménages, elle pourrait dans un premier temps se résumer pour 2015 à l’amélioration de la décote qui permet d’éviter aux foyers modestes d’entrer brutalement dans le barème de l’impôt. On sera loin d’une baisse généralisée de l’IR espérée par beaucoup de Français.  Reste « la » question lorsqu’un gouvernement annonce sa volonté de faire un geste en direction des salariés modestes: l’augmentation du Smic. En décembre, le gouvernement Ayrault soutenu par François Hollande avait refusé un coup de pouce en raison de la faible inflation. Manuel Valls pourra-t-il décider autre chose alors que l’une des priorités du gouvernement reste la compétitivité des entreprises?

 

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