Aubry enfonce Hollande

Aubry enfonce Hollande

Martine Aubry a déclaré nettement qu’il importait de tenir compte des résultats des élections et qu’il fallait changer de politique. Elle a aussi affirmé qu’elle ne souhaitait pas entrer dans ce gouvernement. Peut-être cependant excepterait-elle d’entrer à Matignon.  Malgré tout, l’hypothèse de la voir prendre la tête du gouvernement n’est pas si évidente, car elle entretient depuis des années une féroce inimitié avec François Hollande. Et on imagine mal le président courir derrière une « semi-cohabitation ». Hollande et Aubry partagent de nombreux points communs idéologiques, mais une différence de taille les oppose : leur approche de la politique. François Hollande, qui a été premier secrétaire du PS pendant plus de dix ans, est un homme d’appareil qui a toujours voulu être président. Il a réussi à s’imposer auprès des électeurs des terres chiraquiennes. Il est connu pour son art du compromis et ses stratégies politiciennes. En tant que président, il est d’ailleurs régulièrement pointé du doigt pour son manque d’autorité . Martine Aubry, qui n’a jamais rêvé d’être présidente, est avant tout une technicienne des politiques publiques qui a été politisée. Elle a « hérité » la mairie de Lille de Pierre Mauroy et s’est fait battre aux législatives. Et elle est connue pour son caractère autoritaire.  François Hollande se considère comme un généraliste de la politique. En tant que rédactrice des lois Auroux, qui régissent les relations dans le monde du travail, en tant qu’ancienne ministre du Travail, puis de l’Emploi et de la Solidarité, Aubry est plus une spécialiste des politiques sociales. Il adore les journalistes, elle ne supporte pas le « cirque médiatique ». Elle se passionne pour la culture, lui s’en désintéresse. Lors des législatives de 2002, Martine Aubry lorgnait sur la deuxième circonscription du Nord, qui couvre une partie de la ville de Lille, et qui lui a été refusée par la direction du PS. Elle échoue face à l’UMP Sébastien Huyghe. En 2007, lorsqu’elle redemande la circonscription, la direction du PS, avec Hollande à sa tête, s’y oppose. Privée de son mandat de député, elle en tiendra rigueur au président. Puis, après sa confortable réélection en mars 2008 à la mairie de Lille, la dame des 35 heures remporte le congrès socialiste de Reims et devient la patronne du parti, succédant à François Hollande, qui lui laisse sa place après 11 ans d’exercice. Martine Aubry ne se prive pas de faire savoir que « François a laissé le parti dans un sale état ». Elle va même jusqu’à faire repeindre tous les murs et déplore d’avoir dû déboucher elle-même les toilettes. Elle l’avait déjà critiqué pour avoir laissé naître des divisions au PS, comme lorsque Laurent Fabius a fait campagne pour le « non » lors du référendum sur la Constitution européenne. Pour finir, les pires sobriquets de François Hollande, d’ailleurs largement repris par l’opposition, sortent pour la plupart de la bouche de la maire de Lille. Elle le traite de « couille molle », d’ »enfoiré » qui représente le « niveau zéro de la politique ». Pendant la primaire PS précédant la présidentielle, Martine Aubry a mené une violente campagne contre François Hollande, le qualifiant de représentant d’une « gauche molle ». Mais, surtout, elle a toujours dit qu’il ne travaillait pas. Pour Hollande, Aubry est d’abord une menteuse et une « perverse ». « Il lui reproche de ne se construire que dans l’opposition aux gens, en flinguant sans retenue », rapportait un intime du président dans les colonnes de L’Express avant la primaire socialiste . La guerre entre les faux jumeaux socialistes a tout de même connu un relatif « cessez-le-feu»  et devant l’urgence, Aubry conserve des chances pour Matignon.  

 

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