Centrafrique : le début du bourbier

Centrafrique : le début du bourbier

 

L’opération Centrafrique décidée à la hâte et seul par Hollande va se révéler beaucoup plus complexe que celle du Mali en raison de conflits ethniques, religieux et politiques qui s’entremêlent. Témoin cette première bavure de soldats africains de la mission de l’union africaine à l’égard de la population. Des soldats tchadiens, appartenant à la Mission de l’Union africaine en Centrafrique (Misca), ont ouvert le feu lundi sur des manifestants qui protestaient contre leur présence à Bangui, alors que neuf personnes ont été tuées au cours de violences entre communautés religieuses. Selon des manifestants, les tirs tchadiens ont tué une personne et en ont blessé plusieurs autres. Un officier de la Misca a confirmé des heurts entre le contingent tchadien et des manifestants aux abords de l’aéroport, sans pouvoir confirmer le bilan d’un mort ou fournir de plus amples précisions. Ces violences témoignent d’une montée des tensions dans la capitale, où des heurts sporadiques continuent à opposer les anciens rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans comme les forces tchadiennes, et des milices d’auto-défense dite anti-balaka, qui sont chrétiennes comme la majorité des habitants. Un responsable de la Croix-Rouge a rapporté qu’au moins neuf cadavres avaient été récupérés lundi dans les rues de la ville. Une partie des Banguissois accusent les militaires tchadiens de prendre le parti de la Séléka, qui a pris le pouvoir par les armes en mars et déclenché ainsi une vague de pillages et de meurtres. Une bonne partie des éléments de la Séléka proviennent du Tchad ou du Soudan voisins. Un porte-parole de l’ONG Médecins Sans Frontières a fait état d’une quarantaine de personnes soignées lundi pour des blessures au centre médical de MSF installé à l’aéroport. La plupart des personnes soignées ont été en fait victimes de bousculades et de mouvements de panique. Ce porte-parole, Martin Searle, a précisé qu’une des personnes soignées avait été blessée par balle. Trois autres ont été grièvement blessées après avoir été heurtées par un véhicule. D’après des manifestants, les militaires tchadiens ont foncé sur la foule après avoir reçu des jets de pierres. En mars déjà, le contingent tchadien avait été accusé d’être resté passif pour permettre aux éléments de la Séléka de renverser le président élu François Bozizé, un chrétien, et d’installer à la présidence de la RCA Michel Djotodia, l’un des leurs, de confession musulmane.

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