La caisse noire du patronat UIMM

La caisse noire du patronat UIMM

L’organisation dispose de plusieurs dizaines de millions d’euros, réunis grâce aux cotisations des entreprises adhérentes au prorata de leur masse salariale. Cette « caisse de secours », créé en 1972 après les grandes grèves de 1968, a pour objectif officiel d’aider les entreprises du secteur confrontées à des conflits sociaux à tenir face aux gévistes. PSA a, par exemple, admis avoir touché plus de 500.000 euros pour tenir pendant six semaines de grève des ouvriers de Citroën-Aulnay sans céder à leurs revendications. Denis Gautier-Sauvagnac (DGS) parle de sommes destinées à « fluidifier le dialogue social ».  En 2007, ce matelas de secours était doté de 160 millions d’euros. La justice, elle, ne s’intéresse qu’à 16,5 millions de retraits en liquide, dont la destination reste toujours mystérieuse. Au juge d’instruction chargé de l’enquête, l’ex-patron de la plus puissante fédération du Medef disait faire trois usages distincts de ces espèces. Un pour des « compléments de rémunération », un autre pour « dépenses de caisses et frais de mission ». La justice y voit des faits de « travail dissimulé » puisque les sommes ainsi versées sont des rémunérations sur lesquelles aucune charge n’a pu être prélevée.Denis Gautier-Sauvagnac évoque pour le troisième usage une « tradition de l’UIMM depuis des décennies d’apporter son concours financier à des organismes qui participent à notre vie sociale ». Mais il refuse de donner les noms de bénéficiaires. Plusieurs syndicats soupçonnés d’avoir profité de ses largesses sont perquisitionnés : FO, la CFDT, la CGC, la CFTC et les syndicats étudiants de droite (UNI), et d’extrême-droite (GUD). Les enquêteurs y cherchent des traces de versements occultes.DGS, le prédécesseur de Frédéric Saint-Geours, lui, garde le silence durant toute l’instruction, pourtant particulièrement longue. Le vice-président puis président de l’UIMM entre 1995 et 2007, comparaît pour abus de confiance et travail dissimulé.Le juge d’instruction considère son rôle dans cette affaire comme central car « non seulement car il a été le dernier à détenir les sommes dont il refuse d’indiquer l’affectation, mais il a organisé la pratique des retraits d’espèces, [et autorisé] la destruction des pièces comptables afférentes ».

 

 

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