Budget 2014 : critiques de l’Europe

Budget 2014 : critiques de l’Europe

 

 

La BCE  s’inquiète de la timidité des coupes budgétaires et des réformes conduites par le gouvernement Ayrault. Moins de 48 heures après que Paris a dévoilé les grandes lignes de son budget 2014, Pierre Moscovici s’est retrouvé la cible de demandes convergentes lors du rendez-vous de rentrée des ministres des finances de l’Eurogroupe, à Vilnius (Lituanie). Jörg Asmussen, directeur allemand de la BCE, a regretté une réduction trop modeste des dépenses publiques et, selon des témoins du huis-clos, rejoint la commission pour juger insuffisante la refonte du système de retraite. Ce sont précisément les ministres des finances de l’Eurogroupe qui pourraient, dès novembre, demander à Bercy de rectifier le tir. Le commissaire européen Rehn s’apprête à instruire le dossier au vu du projet de loi de finances français et il ne fait pas mystère de son sentiment: «la France vient d’engager un programme substantiel de réformes, dit-il, mais en vérité beaucoup reste à faire». Devant la presse, Pierre Moscovici a dévié le tir, par une défense vigoureuse de réformes qui, dit-il, devrait mettre fin aux idées reçues. Il se rendra prochainement à Bruxelles afin de plaider son dossier. Politiquement, il refuse l’engrenage qui «opposerait une France soi-disant affaiblie à une commission qui jouerait les garde-chiourmes». Bruxelles «ne critique pas, elle pose des questions légitimes», ajoute-t-il. Le ministre peine à convaincre hors des frontières. Pour Jörg Asmussen, le budget français contredit la feuille de route arrêtée au dernier sommet de l’UE. Le néerlandais Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, attendra pour trancher un rendez-vous extraordinaire des 17 ministres des finances, le 22 novembre. Une récente loi européenne confie à la commission la responsabilité d’éplucher et d’émettre un avis sur chacun des 17 projets de budget nationaux de la zone euro, avant même qu’ils soient votés dans chaque capitale. L’examen porte aussi sur le sérieux des réformes. La commission peut demander au pays concerné de lui présenter un projet révisé, après discussion à l’Eurogroupe. Si le parlement national passe outre, une amende peut même s’imposer ( 0,2 à 0,5% du PIB). Cette «pression par les pairs», incarnée par les 17 ministres des finances, est au cœur de la discipline budgétaire propre à la monnaie commune. Il y a peu de chances que Bruxelles demande publiquement à la France de revoir sa copie fin novembre. Ce serait vécu comme une humiliation nationale. Mais à quelques semaines de l’échéance, la pression monte pour que le premier jet français soit à la fois conforme et plus précis. Sur le fond, la critique européenne porte sur trois points, d’après un responsable au cœur du débat: la modestie et le flou des coupes budgétaire annoncées, l’absence de marge de sécurité sur les déficits si la conjoncture venait à se retourner et pour finir le financement bancal de la réforme des retraites qui viendrait, au contraire des consignes de l’UE, alourdir le coût du travail en France.

 

0 Réponses à “Budget 2014 : critiques de l’Europe”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol