Portugal : crise politique

Portugal : crise politique

L’Austérité est en train de faire éclater le gouvernement au Portugal. Depuis 2010, le Portugal est en première ligne dans la crise de la dette qui sévit en Europe. Le pays a connu en début de semaine une envolée du taux d’emprunt à 10 ans au-dessus de 8%. Si ce taux, corollaire à l’endettement de l’Etat, reste loin de son pic historique à 18% – atteint en janvier 2012 -, il a débouché sur une crise politique majeure. En effet, lundi, le ministre des Finances Vitor Gaspar a démissionné. Mardi soir, c’était au tour du ministre des Affaires étrangères, Paulo Portas, de vouloir jeter l’éponge. Mais le Premier ministre, Pedro Passos Coelho, a refusé sa défection. Le responsable de l’exécutif tente de sauver, au moins sur le court terme, la coalition de droite associant le PSD de centre-droit et le Parti populaire (CDS-PP). Conséquence de ces événements, la bourse de Lisbonne a dévissé mercredi matin. Son indice a ainsi dégringolé de près de 6% dans la matinée. Les investisseurs craignent que cette crise politique, surtout si elle débouche sur un nouveau scrutin, remette en question les progrès réalisés par le Portugal, sous assistance internationale depuis 2011. Lisbonne, comme Athènes, bénéficie en effet d’un soutien de la « troïka », à savoir la Banque centrale européenne BCE), le FMI et l’Union européenne. Contrairement à la Grèce, le Portugal a toutefois toujours donné des avis favorables et mis en avant les efforts réalisés par le pays. Par ailleurs, le pays, qui a obtenu des prêts internationaux jusqu’en juin 2014, n’aura pas besoin dans l’immédiat de se financer sur les marchés. Que la bourse de Lisbonne dévisse n’impactera donc pas les finances de l’Etat d’ici un an. Si elle n’est pas financière, la crise est en revanche bien politique. En juin 2011, à la suite d’élections législatives anticipées précipitant le départ du socialiste José Socrates, le PSD et le CDS-PP avaient scellé une alliance inédite, complétée par des personnalités issues de la société civile. Or, lundi et mardi, ce sont Vitor Gaspar, numéro 2 du gouvernement et économiste renommé, et Paulo Portas, numéro 3 de l’exécutif et chef du CDS-PP, qui ont présenté leur démission – celle du second a été refusée. Les socialistes, évoquant l’éclatement de la majorité, réclament depuis des élections anticipées. Le Premier ministre a aussitôt assuré qu’il tenterait de surmonter la crise avec le CDS-PP afin de préserver la stabilité politique du pays. Mais selon la presse portugaise, deux autres ministres du CDS-PP, ceux de l’Agriculture et de la Sécurité Sociale, devraient démissionner à leur tour. Le président Anibal Cavaco Silva doit recevoir son Premier ministre jeudi avant de s’entretenu avec les représentants de l’ensemble des partis politiques présents au Parlement. D’ici là, Pedro Passos Coelho doit prononcer un discours à la nation jeudi après-midi. Interrogé mercredi à Berlin, où il participait avec François Hollande et Angela Merkel, à une conférence sur l’emploi des jeunes, le responsable a assuré qu’il ne comptait pas démissionner.  »J’ai eu l’occasion d’exprimer à tous les chefs d’Etat et de gouvernement ici présents ma confiance que nous serons capables au Portugal de surmonter ces difficultés politiques », a-t-il déclaré à la presse.  »La situation doit être clarifiée le plus vite possible », a toutefois prévenu le président de la Commission européenne, le Portugais José Manuel Barroso.

 

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