TGV : fin des nouvelles lignes

TGV : fin des nouvelles lignes

Le rapport de la commission Mobilité 21 sur les infrastructures de transport à construire lors des prochaines décennies, sera remis au gouvernement jeudi. Il préconise une sortie du tout TGV, au profit d’une autre politique de transports, axée sur la proximité. Deux scénarios sont proposés. L’un met l’accent sur la rénovation du réseau existant, l’autre ajoute des nouveaux projets. Le gouvernement devrait faire connaître sa position cet été.  Sortie du tout TGV pour une autre politique de transports, axée sur la proximité : c’est que préconise le rapport de la commission Mobilité 21 sur les infrastructures de transport à construire lors des prochaines décennies qui sera remis ce jeudi après-midi au gouvernement. Ce « rapport Duron », du nom du député PS du Calvados Philippe Duron, qui a dirigé cette commission remplace le Schéma national des infrastructures de transports (Snit), établi sous le gouvernement Fillon. Ce dernier prévoyait 70 projets dont le coût (245 milliards d’euros d’investissements au cours des 25 prochaines années, dont 88 milliards à la charge de l’Etat) rendait un très grand nombre d’entre eux impossibles à financer sur la période retenue. « Ni l’Etat, ni les collectivités locales ne seraient en capacité de financer à un rythme forcené toutes ces infrastructures », a expliqué Philippe Duron à l’AFP. « Personne n’était dupe de cette affaire, mais chacun espérait que son projet pourrait passer en priorité ». Parmi toutes les projets de lignes à grande vitesse (LGV) envisagées, seule la construction de celle entre Bordeaux et Toulouse est maintenue avant 2030, dans le meilleur des cas. « Le problème, c’est qu’on a laissé croire le TGV était l’horizon indépassable du transport ferroviaire », indique Philippe Duron. « Mais ce n’est pas le projet de prestige qui est le plus utile pour la population. C’est plutôt le projet qui permet de se rendre plus rapidement au travail ou au lycée chaque jour ».   »Nous revenons au un rythme normal de création de LGV observé depuis les années 80 : une tous les 6 à 7 nas, indique une source ministérielle. En avoir quatre en même temps comme c’est le cas entre 2013 et 2016 est exceptionnel. Elle pompent les financements et l’on ne peut pas faire autre chose ».Le rapport Duron met plutôt l’accent sur la nécessité de rénover les infrastructures existantes, que ce soit sur le réseau de TER, de trains d’équilibre du territoire (TET), le réseau routier (notamment la RCEA, la route Centre Europe Atlantique entre l’allier et la Saône-et-Loire, ou la RN 64), des voies fluviales. Il préconise aussi des contournements d’agglomérations, le renouvellement des rames de TET, et insiste notamment sur la nécessité d’investir dans de grands « noeuds ferroviaires », destinés à désengorger de nombreuses gares, comme celle de Lyon et celle de Saint-Lazare à Paris, la Part-Dieu à Lyon ou la Saint-Charles à Marseille. Deux scénarios sont proposés. Le premier ne retient qu’une dizaine des 70 projets du Snit et préconise une hausse des efforts portés sur l’entretien et la modernisation du réseau existant. Il prévoit un investissement de 10 milliards d’euros engagés d’ici 2030, financés à 50-50 entre l’Etat (et des établissements publics comme RFF) et les collectivités locales. Dans ce scénario maintient les ressources de l’AFITF (l’Agence de financement des infrastructures de transports de France) a deux milliards.  Le second nécessite une augmentation des crédits de l’AFITF de 400 millions d’euros pour les faire passer à 2,5 milliards par an. Car il est plus ambitieux. A la modernisation du réseau s’ajoute la construction de nouveaux grands projets. 37 projets du Snit sont retenus, mais seulement 17 d’ici à 2030. Au final, il prévoit entre 28 et 30 milliards d’euros d’investissements pour ces nouveaux projets (ligne Paris-Normandie, désengorgement les gares de Nice et de Marseille, rénovation de plusieurs gares, celles de Paris, de Marseille, Toulouse..).  « Dans les deux scénarios, il y a une enveloppe pour regénérer le réseau de 30 milliards d’euros. S’ajoutent ensuite 10 ou 30 milliards pour les nouveaux projets », résume un connaisseur du dossier. D’importants projets portuaires (ligne de fret Gisors-Serqueux dans le Nord, contournement du port de Fos dans les Boûches-du-Rhône) figurent également dans les priorités à réaliser quoi qu’il arrive avant 2030. Le rapport pousse notamment en faveur d’une « amélioration des liaisons entre les ports de niveaux européens et leur hinterland », la zone alentour. Le rapport doit être présenté en juillet devant les commissions parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat. Dans ses observations, la commission recommande de réévaluer la politique de transports tous les cinq ans.

 

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