Affaire Tapie : des promotions pour Jean-François Rocchi (CDR) qui a « arrangé » l’affaire

Affaire Tapie : des promotions pour  Jean-François Rocchi (CDR) qui a « arrangé » l’affaire

Lorsque Bercy a décidé de procéder à un arbitrage pour régler le litige avec Bernard Tapie, Jean-François Rocchi occupait un poste-clé : il était le patron du CDR, le consortium de réalisation, une structure publique chargée de gérer les actifs douteux du Crédit Lyonnais après la quasi-faillite de la banque.Le CDR était en quelque sorte la poubelle du Crédit Lyonnais. C’est ce consortium qui était à la manoeuvre quand Bercy a donné son feu vert à un arbitrage. Jean-François Rocchi a participé à la rédaction du protocole d’accord qui a ensuite été soumis aux juges arbitres. Et parmi les articles de ce protocole d’accord, la question la plus sensible : celle du préjudice moral à accorder à Bernard Tapie. Le CDR devait fixer un plafond. Selon nos informations, la plupart des membres du CDR disaient à l’époque qu’il n’était pas question d’accorder un centime à Tapie au titre du préjudice moral. Ce n’est pourtant pas du tout ce qui s’est passé  : le CDR a fixé le plafond à 50 millions d’euros de préjudice moral, en préjugeant que les arbitres n’iraient jamais jusque-là. C’était sans doute bien naif : les arbitres ont finalement accordé 45 millions aux époux Tapie, uniquement donc pour le préjudice moral. En garde à vue, Rocchi  a expliqué qu’il n’a fait qu’obéir aux instructions de son ministère de tutelle (l’Economie et les Finances), à l’époque où Christine Lagarde était ministre, avec Stéphane Richard comme directeur de cabinet. Jean-François Rocchi est passé par plusieurs cabinets ministériels, toujours dans des gouvernements de droite. C’est un homme qui avait « la cote » en Sarkozie.  Alors même qu’il était renvoyé devant la Cour de discipline budgétaire pour des irrégularités présumées dans cette affaire Tapie, Jean-François Rocchi a bénéficié de jolies promotions. Le 25 novembre 2009, le Conseil des ministres l’a nommé président du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), un poste qui fait beaucoup d’envieux. Et c’est Jean-Louis Borloo, l’ex avocat de Tapie, qui aurait imposé sa nomination, contre l’avis de plusieurs ministres. Pourquoi ? Là aussi, la justice se pose des questions.  Le 8 novembre 2011, Nicolas Sarkozy offrait un autre poste à Jean-François Rocchi : celui de président de l’établissement de retraite additionnelle de la fonction publique. Les enquêteurs s’intéressent beaucoup, semble-t-il, à une réunion provoquée en 2007 par Claude Guéant à l’Elysée, au sujet de l’arbitrage Tapie. Jean-François Rocchi était présent. Il aurait avoué, lors de sa garde a vue, qu’il avait été « très étonné » que l’Elysée se mêle de ce dossier. Mais « quand on est convoqué par le bras droit du président, on obéit », aurait-il expliqué. 

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