Michelin : Montebourg se tait

Michelin :  Montebourg se tait

Se justifiant par la baisse d’activité dans le secteur des poids lourds, Michelin supprime 726 postes sur 926 dans son usine de fabrication de pneus de Joué-lès-Tours, pour répartir d’ici 2015 le travail à La Roche-sur-Yon et sur d’autres sites européens. Jean-Dominique Senard, le patron de Michelin, assure qu’il n’y aura pas de licenciements, mais des départs anticipés et des reclassements en France. Pour la CGT cependant, 300 personnes pourraient perdre leur emploi, à moins de sacrifier celui de leur conjoint dans la région de Tours. « On a leurré les gens en leur faisant croire que, s’ils travaillaient bien, on maintiendrait l’activité », a dénoncé le délégué Sud, Olivier Coutan. Pourtant Montebourg se tait.  Michelin se porte bien. Le groupe au Bibendum emploie 113 400 salariés dans le monde, dont 23 800 salariés en France. En 2012, il a enregistré une baisse de 6,4% de ses ventes en volume, mais une hausse de son chiffre d’affaires à 21,5 milliards d’euros, pour 1,57 milliard d’euros de résultat net. Le groupe vient d’annoncer qu’il investirait 2 milliards par an dans le monde d’ici 2015. Michelin s’engage parallèlement à investir 800 millions d’euros dans l’Hexagone d’ici 2019. A la Roche-sur-Yon, un programme d’investissement de plus de 500 millions d’euros en recherche et développement serait envisagé, et 170 nouveaux emplois créés.  D’autre part, le patron de Michelin assure n’avoir aucun projet de fermeture d’usine en France. Le site de Joué devrait conserver ses 200 postes dans l’activité de calandrage, la fabrication des couches textiles et mécaniques des pneus. Jean-Denis Houard, le directeur de l’usine de Joué, a également assuré qu’il y aurait « énormément d’aides à la mobilité » et rappelé que Michelin prévoyait d’aider à la création de 730 nouveaux emplois dans le bassin de Tours. Autant d’éléments propres à rassurer le gouvernement. Pour Patrick Bovolenta, délégué CFDT à l’usine Michelin de Roanne, qui a signé en mars dernier un accord-cadre pour gérer les baisses d’activité dans les usines françaises, ces suppressions de postes ne sont pas une surprise, mais l’aboutissement d’une crise de deux ans pendant lesquels Joué-lès-Tours a été en surcapacité. Jean-Dominique Senard, le patron de Michelin, assure avoir tenu les politiques informés du projet de suppression de postes, ce qui expliquerait leur réaction mesurée. Il demande au ministre du Travail Michel Sapin d’être « serein » sur le fait qu’aucun salarié de Michelin ne se retrouvera à Pôle emploi. Et le gouvernement le croit !

 

0 Réponses à “Michelin : Montebourg se tait”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol