Michelin : restructuration

Michelin : restructuration

Michelin va stopper la production de pneus poids lourds à Joué-lès-Tours. Près de 700 postes, sur les 927 que compte cette usine, devraient être supprimés. L’annonce sera détaillée, vendredi 14 juin, par la direction de Michelin, lors d’un comité central d’entreprise exceptionnel à Clermont-Ferrand. Spécialisé dans les pneus poids lourds, le site subit l’effondrement du transport routier au niveau mondial. Cette annonce surprend alors que Michelin est largement bénéficiaire. Le groupe a publié un bénéfice en progression de 7,4% l’an dernier à 1,5 milliard d’euros. Mais la situation économique est très différente pour l’entreprise selon les régions, à travers le monde.  Ce plan de restructuration doit permettre à Michelin de gagner en compétitivité en France. Pour Jean-Dominique Senard, PDG de Michelin, interrogé par BFM TV, « des usines de petite taille ne peuvent plus être compétitives en France ». Le dirigeant a expliqué: « nous anticipons une situation (…) si nous ne le faisions pas, c’est plusieurs sites qui seraient menacés dans l’avenir ». Selon Jean-Dominique Senard, mieux vaut que la restructuration ait lieu « quand on peut le faire bien et dans la sérénité ». Pour accompagner cette stratégie, le groupe va investir environ 800 millions d’euros dans ses usines françaises. Il s’agit de donner les moyens aux sites français d’être parmi les meilleurs en Europe. Pour atteindre cet objectif, Michelin se donne jusqu’en 2019. Le but est de faire de la France le point central de sa recherche et développement grâce à l’implantation d’un site dédié à Clermont-Ferrand. Quant aux usines de l’Hexagone, cinq vont bénéficier d’investissements.  Pour le moment, la conception de chaque catégorie de pneus est répartie sur différents sites. A terme, l’objectif est de spécialiser chaque usine selon les catégories: poids lourds, génie civil ou encore agricole. L’étape est incontournable si Michelin veut rester une référence dans ces catégories très rémunératrices. Avec ce plan d’investissement, le groupe espère conserver un important avantage compétitif sur ses concurrents et parvenir à exporter 75 % de la production nationale.  La chance de Michelin c’est d’être un acteur mondial. La forte internationalisation du groupe se traduit dans ses résultats. Les pays émergents, comme la Chine, l’Inde ou encore le Brésil, permettent de largement compenser une situation plus délicate sur des marchés matures comme l’Europe et l’Amérique du Nord. Et cette tendance va encore s’amplifier. Ces derniers mois, Michelin a inauguré de nouvelles usines au Brésil et en Chine. Le groupe a également lancé la construction d’un second site en Chine et d’une première usine en Inde. L’autre avantage de Michelin, c’est son image de manufacturier haut de gamme. Ce statut lui permet de pratiquer des prix relativement élevés sur toute la gamme, de quoi dégager une marge opérationnelle supérieure à 11 %, un chiffre proche de ceux dégagé par des groupes comme BMW et Toyota. C’est pour conserver cette position de leader que le groupe compte spécialiser ses sites français dans les pneumatiques à forte valeur ajoutée.

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