FMI : on s’est planté sur la Grèce

FMI : on s’est planté sur la Grèce

Petit me culpa du FMI qui reconnait maintenant qu’on a enfoncé la Grèce avec les exigences trop dure sur la dette. « En effet ça n’a pas été idéal (…) on a probablement perdu du temps », a reconnu l’économiste français, interrogé sur le mea culpa fait par son institution. Le FMI a récemment admis des « erreurs notables » dans le premier plan de sauvetage de la Grèce il y a trois ans.   »Bien sûr, il aurait fallu être prêt à renégocier la dette au départ, à donner un peu plus d’air à la Grèce de manière à ce qu’elle puisse s’en sortir plus facilement, mais dans le contexte européen de l’époque, les conditions n’étaient pas prêtes », a-t-il expliqué.  Le FMI, a-t-il dit, avait alors préconisé une restructuration, c’est-à-dire une réduction du poids de la dette grecque, mais les Européens y étaient totalement opposés, redoutant les effets de contagion à d’autres pays.  Cette solution s’est finalement imposée un an plus tard, mais toujours pas de manière décisive, selon M. Blanchard. « La dette est encore assez élevée », et cela a des effets aujourd’hui, les investisseurs rechignant toujours à prêter à la Grèce, a-t-il affirmé.   »L’effet d’une dette très lourde, ça ralentit le retour de la Grèce à un équilibre acceptable », a-t-il ainsi averti, soulignant que la leçon principale à retenir était qu’il fallait toujours affronter la réalité.   »Quand un pays a un poids de dette insupportable, il faut accepter la réalité et diminuer ce poids de dette », a-t-il jugé.  Revenant sur la sous-estimation par le FMI de l’effet des politiques d’austérité sur la croissance, reconnue par l’institution à l’automne dernier, M. Blanchard a reconnu une erreur d’appréciation.   »Il n’y a pas de doctrine, on se base sur la théorie, sur ce qui s’est passé dans beaucoup de pays auparavant, et quelquefois on se trompe », a-t-il affirmé.   »On a fait de notre mieux au cours du temps », mais le FMI n’applique pas une doctrine, il fait preuve de « pragmatisme par rapport à une réalité terriblement complexe », a-t-il ajouté.  M. Blanchard a enfin attribué le retard de croissance en Europe au déficit de confiance qui touche le vieux continent, et particulièrement la France, pays qui pourtant, « fondamentalement, ne se porte pas trop mal ».

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