Grande distribution : « sans foi, ni loi » (ANIA)

Grande distribution : « sans foi, ni loi » (ANIA)

L’Association des industries agroalimentaires lance lundi un appel au gouvernement afin de soutenir les producteurs et les industriels face à des distributeurs « sans foi ni loi », dit l’Ania, durant les négociations tarifaires pour 2013. L’Ania demande au gouvernement qu’il amende la Loi de modernisation de l’Économie (LME) censée rééquilibrer les relations entre la grande distribution et ses fournisseurs. Dénonçant la « pression » subie notamment par les PME de la part de la grande distribution, l’Ania « en appelle au gouvernement de toute urgence », considérant que « la LME doit être amendée sur certains points ». Alors que les négociations commerciales annuelles entre fournisseurs et distributeurs, devant fixer les accords tarifaires pour l’année à venir, viennent de s’achever, « les premiers retours des entreprises agroalimentaires sont plus qu’alarmants », indique l’Ania dans son communiqué. « Les négociations cette année se sont déroulées dans un climat détestable, c’était un enfer absolu », a déclaré le président de l’Ania, Jean-René Buisson à l’AFP. « Les distributeurs, sans aucune exception, se sont montrés sans foi ni loi et encore plus agressifs que les années précédentes », dénonce notamment l’Ania, qui évoque des « refus systématiques et généralisés des tarifs des industriels », « aucune contrepartie aux réductions de prix », voire « des pressions psychologiques et économiques scandaleuses » et des « compléments de marges totalement illégales ».La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) a aussitôt réagi en dénonçant des « propos scandaleux et inexacts » des représentants de l’industrie agroalimentaire. « La grande distribution se bat pour le pouvoir d’achat de 60 millions de Français, cela devrait être le cas de tous les acteurs de la filière. Notre responsabilité est d’éviter toute hausse des prix, qui est une des plus grandes craintes des Français comme le montrent plusieurs enquêtes, ce n’est manifestement pas la préoccupation de l’agroalimentaire », a déclaré le délégué général de la FCD, Jacques Creyssel à l’AFP. Selon M. Buisson, « la majorité des enseignes ont demandé au mieux le maintien des tarifs que nous leur avions consenti en 2012, sans tenir compte des importantes hausses des matières premières cette année, voire carrément de nouvelles baisses de prix ». Concrètement, cela s’est traduit par des déflations « de l’ordre de 2 à 10% » sur certains produits comme les plats cuisinés, le lait, la charcuterie. Les seules hausses consenties ont été « au mieux de 2% et dans des secteurs où les matières premières ont prix entre 8 et 12% cette année », a expliqué M. Buisson. « Ces chiffres sont inexacts », a répliqué M. Creyssel en précisant qu’un bilan chiffré sera fait d’ici « une dizaine de jours ».  Pour l’Ania « cela fait bien trop longtemps que les distributeurs agissent impunément. (…) Cette course effrénée au prix le plus bas, sans aucune prise en compte des augmentations de matières premières, ne peut plus continuer ». « Il est temps que les distributeurs prennent leurs responsabilités et acceptent de payer le juste prix des produits. S’ils n’en prennent pas conscience eux-mêmes, il va falloir les y contraindre » en amendant la LME, est-il expliqué. L’Ania estime donc « urgent » que les pouvoirs publics prennent « des mesures concrètes et immédiates ». « Faute de quoi, c’est le modèle alimentaire français et ses entreprises qui vont disparaître », s’alarme l’association. Pour la FCD, reformer la LME reviendrait à « davantage d’inflation, des hausses de prix et donc une baisse du pouvoir d’achat des Français ».

 

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