Volailles: Doux encore dans la tourmente

Volailles: Doux encore dans la tourmente

Les volaillers français Doux et Tilly-Sabco sont touchés de plein fouet par une décision de Bruxelles divisant par deux les subventions octroyées à la France pour l’exportation de poulets, a-t-on appris vendredi auprès du ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot.   »La Commission européenne nous a informés jeudi de sa décision de diviser par deux le niveau des restitutions sur la filière volaille », a expliqué le ministre, confirmant une information d’Europe 1.   »Avec [le ministre de l'Agriculture] Stéphane Le Foll, nous avons convoqué aujourd’hui une réunion d’urgence (…) pour voir comment nous pouvons apporter un soutien rapide aux entreprises » fragilisées par cet accord, a annoncé M. Garot citant les groupes Doux et Tilly-Sabco, les principaux bénéficiaires.  Doux (marque Père Dodu) est déjà en grande difficulté et en redressement judiciaire depuis juin.  Les ministres souhaitent que ces entreprises puissent bénéficier du crédit d’impôt compétitivité et emploi (CICE), selon M. Garot.  Ils vont par ailleurs saisir le commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, pour contester cette décision, a encore déclaré M. Garot reconnaissant que la France était aujourd’hui le seul pays de l’Union européenne à bénéficier de ces aides.  Il s’agit d’une mesure de gestion prise en fonction des conditions de marché », a expliqué la Commission européenne à l’AFP. « Le montant de la restitution (subvention) tient compte de la situation du marché », a ajouté une porte-parole de M. Ciolos.  Le marché de la viande de volaille est « dynamique », a souligné la Commission en soulignant que les exportations avaient augmenté de 44% dans ce secteur entre 2008 et 2011.  La baisse des subventions « répond à la persistance d’une situation de marché dans laquelle un montant de restitution élevé n’est pas nécessaire à l’équilibre du marché communautaire », a affirmé la Commission.  Les restitutions s’appliquent aux exportations de volailles (uniquement les poulets entiers congelés) vers les Etats de l’ex-URSS, l’Angola, l’Arabie saoudite, le Koweit, le Bahrein, le Qatar, Oman, les Emirats arabes unis, la Jordanie, le Liban, l’Irak et l’Iran.   »Les producteurs français de volaille sont en compétition avec le Brésil, les Etats-Unis, la Thaïlande ou la Chine » qui ont des coûts de production plus bas, a dit de son côté Christian Marinov, directeur de la Confédération française de l’aviculture (CFA).   »La Commission européenne a une vision erronée quand elle dit qu’on peut exporter sans subvention. C’est vrai pour des ailes ou des pignons à vil prix, pas sur les petits poulets congelés que nous demandent l’Arabie saoudite, l’Egypte ou les Emirats arabes unis », selon M. Marinov, selon qui cette décision concerne 10.000 producteurs de volailles.   »Lorsque nos coûts de production ont flambé (juillet à novembre), la Commission n’a pas augmenté nos restitutions » et aujourd’hui « sous prétexte que le prix des céréales baisse un peu, elle les divise par deux ».  Actuellement fixées à 21,70 euros pour 100 kilos de poulets, ces aides vont passer à 10,85 euros.  Doux, délesté en 2012 de son pôle frais et réduit à ses pôles surgelés et produits élaborés, compte environ 2.000 CDI.  Tilly-Sabco emploie 323 CDI et réalise 80% de son chiffre d’affaires dans les pays de la péninsule arabique.

 

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