Parrainage citoyen : enterré

 

Parrainage citoyen : enterré

Pendant la campagne électorale, on promet ensuite on gère ; enfin on essaye ! Du coup les unes après les autres les promesses sont enterrées comme le parrainage citoyen. Le constat n’est pas nouveau. Depuis des années, des politiques pestent contre le système des 500 parrainages d’élus, nécessaires pour se lancer dans la course à la présidentielle. En 2007, déjà, Jean-Marie Le Pen disait à qui voulait l’entendre ses difficultés à récupérer les précieuses signatures. Des reportages le montraient, lui et ses conseillers, arpentant les campagnes françaises à la recherche du soutien des maires. « Ce parrainage, qui était défini comme une simple formalité administrative, a évolué dans l’esprit des gens de telle sorte qu’il est réputé aujourd’hui être un soutien politique. Les maires ont peur de se faire critiquer [s'ils donnent leur soutien au FN, NDLR]« , explique le fondateur et président d’honneur du Front national.  Mardi matin sur France Info, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) s’en exaspérait : « Toutes les élections présidentielles, on a le candidat du Front national qui nous fait un cinéma, en disant qu’il n’a pas ses parrainages et qui finalement a ses parrainages ». Lorsque Nicolas Sarkozy est élu président de la République en 2008, il confie à Édouard Balladur une mission de modernisation et de rééquilibrage des institutions. Celle-ci avait notamment pour objet de se pencher sur cette question épineuse. Le comité Balladur a ainsi proposé que « la sélection des candidats soit le fait d’un collège de quelques cent mille élus qui (…) seraient appelés à désigner, à bulletin secret, le candidat qu’ils souhaitent voir concourir à la présidence de la République ». La suggestion n’a finalement pas été retenue par Nicolas Sarkozy, car elle lui apparaissait déjà, à l’époque, difficile à mettre en œuvre.  En mai 2012, François Hollande arrive à l’Élysée. Le scénario n’a guère varié. Pendant sa campagne, il avait manifesté son souhait de réformer le système des parrainages. Il confie donc à Lionel Jospin une commission pour la rénovation de la vie publique et lui demande d’étudier la question. Fin novembre, la commission Jospin rend son rapport. Elle affirme que « les citoyens devraient désormais pouvoir habiliter directement les candidats à l’élection majeure de la vie politique du pays ». Dans cette optique, chaque candidat devrait recueillir au moins 150 000 signatures. Une proposition qui ne satisfait pas plus les petits candidats, qui y voient, d’après le JDD, « un verrouillage du système politique », sous couvert d’une plus grande ouverture.  Cette proposition ne verra finalement jamais le jour. François Hollande ayant annoncé devant le Conseil constitutionnel, lundi soir, qu’il y renonçait. La « difficulté de sa mise en œuvre » l’aurait dissuadé, affirme-t-il. Sur RMC, Roselyne Bachelot (UMP), membre de la commission Jospin, ne croit pas à cet argument. « Je suis surprise qu’on soulève cet argument alors que le parrainage citoyen existe sans difficulté dans de nombreux pays européens », remarque-t-elle. Contacté par Le Point.fr, Dominique Rousseau, professeur de droit, et lui aussi membre de la commission, la rejoint : « Je ne crois pas du tout à l’argument technique. Qu’on ne fasse pas supporter au droit des choses qui relèvent du courage et des affaires politiques », s’agace-t-il.  Il est en effet étonnant que la commission Jospin, composée de six professeurs de droit et de presque autant de praticiens chevronnés, n’ait pas considéré cet obstacle. « Si politiquement, il semble opportun de donner aux citoyens le droit de choisir les candidats, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher de le faire. Les problèmes techniques ne nous ont pas paru insurmontables », explique le professeur Rousseau. La commission Jospin avait soulevé l’hypothèse de mettre en place un système électronique de signature en ligne, avec la mise à disposition par les communes de « points d’accès à Internet ». « Les parrainages citoyens impliquent un coût et une trop grosse lourdeur administrative », argue-t-on dans l’entourage de François Hollande. « Il y a une autre raison. Si le président décède ou démissionne, la Constitution impose un délai maximum de 35 jours pour élire un nouveau chef de l’État. Si on instaure un parrainage citoyen, le délai serait dans ce cas trop juste », poursuit la source présidentielle. Louis Alliot (FN) a une autre solution. « Le problème, ce n’est pas le filtre des parrainages en lui-même, c’est les pressions qu’exercent les grands partis sur les élus locaux », explique-t-il au Point.fr. « Il faut l’anonymat des parrainages », conclut-il. Une proposition rejetée illico par l’entourage présidentiel : « On ne peut pas vouloir la transparence sur tout, sauf sur ça. »

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