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BCE : trop d’impôts pas assez d’économies en France

BCE : trop d’impôts pas assez d’économies en France

La BCE rappelle à l’ordre la France qui privilégie trop les hausses d’impôts par rapports aux économies budgétaires. ‘Interview du chef économiste de la BCE ( le Figaro)

-La zone euro est-elle définitivement sortie de l’ornière?

Peter PRAET. - 2012 a été une année difficile qui se termine bien. On a réussi à stopper un cercle vicieux infernal, où les difficultés budgétaires des États fragilisaient de plus en plus les banques, mettant en péril le financement des entreprises. La déclaration de Mario Draghi du 26 juillet, promettant de tout faire pour rendre l’euro irréversible, ainsi que les réformes institutionnelles annoncées par les chefs d’État ont réussi à rétablir la confiance. Les risques de catastrophes et de sortie de certains pays qui hantaient les marchés ont disparu. Il faut continuer sur cette voie en 2013.

Quels sont les défis pour 2013?

L’inquiétude pour l’année qui vient est à la fois politique et sociale. Nous n’ignorons pas que le chômage a augmenté de 2 millions dans les pays de la zone euro. Il faut que les ajustements budgétaires se poursuivent dans chaque pays, qu’il n’y ait pas de marche en arrière et que l’objectif de ramener les déficits publics à 3% du PIB demeure d’actualité. Sur le plan du regain de compétitivité aussi les États doivent poursuivre leurs efforts.

Craignez-vous une récession en Allemagne en début d’année?

Malgré un ralentissement important, les fondamentaux restent bons en Allemagne. L’Allemagne dispose d’un marché intérieur dynamique. La position financière des entreprises est solide, grâce à leurs performances à l’exportation. Contrairement à la France, l’Allemagne a bénéficié à plein du «boom» des pays émergents ces dernières années. Elle est a de quoi amortir une baisse des exportations.

La situation de la France vous inquiète davantage?

La situation française présente plus de défis que la situation allemande. En France, l’ajustement budgétaire met trop l’accent sur les hausses d’impôts pas assez sur les baisses de dépenses. C’est plus facile dans l’immédiat d’augmenter les impôts, que de baisser les dépenses publiques, mais à long terme, la baisse et la composition des dépenses sont plus importantes. Il est important que la France mette en œuvre le plan de réduction des dépenses publiques de 60 milliards d’euros sur lequel elle s’est engagée. La mise en œuvre de telles mesures sera déterminante.

Pourquoi la France n’est-elle pas crédible?

Je ne serais pas aussi sévère! Il me semble qu’il y a en France un consensus sur la nécessité d’améliorer la situation des finances publiques et la compétitivité. Pour cela, il faut engager des réformes structurelles. La France a trop souvent offert une certaine résistance aux changements… Mais ces réformes sont indispensables à la restauration de la compétitivité française! C’est le problème numéro un de la France. Le rapport Gallois a fait un constat lucide de la situation avec de bonnes propositions. Par ailleurs, la compétitivité n’est pas seulement liée au prix, mais aux produits, à leur qualité. Et les performances à l’export de la France dépendent d’un petit nombre d’entreprises contrairement à l’Allemagne et à l’Italie où le tissu industriel exportateur est plus large. Les réformes ne sont donc pas seulement liées au marché du travail, mais également à l’innovation, la recherche et le développement, et la formation professionnelle.

Le pacte pour la compétitivité du gouvernement Ayrault va-t-il dans le bon sens?

Le crédit d’impôt est une bonne idée. Un bon début. Mais le problème c’est qu’il est financé par une hausse d’autres impôts ce qui réduit l’impact de ces mesures. Il faut faire des choix à moyen terme, en matière de baisse des dépenses. Le niveau de la dépense publique est trop élevé en France.

Les marchés restent très cléments avec la France. Comment inciter le gouvernement à faire les réformes structurelles, alors qu’elle emprunte à des taux négatifs à court terme?

Si la France se réforme sans avoir la pression des marchés, c’est bien mieux! Car lorsque les marchés attaquent, il devient beaucoup plus coûteux de regagner leur confiance. S’il faut attendre la pression des marchés pour agir, cela pose problème sur la démocratie. Il faut essayer d’obtenir un consensus social avant cela.

Compte tenu des perspectives de croissance très faibles en 2013, ne serait-il pas judicieux de se donner une année supplémentaire pour respecter la règle des 3% de déficits, comme le préconise le FMI notamment?

Certes nos prévisions de croissance 2013 sont faibles, la fourchette se situant entre un recul de 0,8% et une progression de 0,2%. Ces chiffres ne s’assimilent pourtant pas à un scénario catastrophe. Il faut empêcher bien sûr un phénomène de spirale négative, où le recul de la croissance rendrait impossible toute amélioration des comptes publics. Plusieurs programmes d’ajustement en accord avec le FMI ont bénéficié d’assouplissements. L’essentiel est que chaque pays mène une stratégie crédible, avec des réformes structurelles solides qui lui permettent d’améliorer la soutenabilité de son budget et le dynamisme de son économie.

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