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Débat d’experts : austérité ou solidarité

Débat d’experts : austérité ou solidarité

 

 

Débats d’experts sur la crise sur la problématique austérité ou solidarité ; un bon thème mais des réponses contradictoires et partielles ; les économistes auraient-ils pris la place des sophistes ? La vérité, tout le monde est paumé et raconte sa petite salade. Une idée : et si on travaillait davantage ? (sûrement pas une bonne réponse pour le Nouvel Obs. qui organisait cette discussion du café du commerce)

Thierry Breton, ancien ministre des Finances (2005-2007) et président d’Atos

L’ancien ministre rappelle l’étude de deux économistes, Rogoff et Rainhart, selon laquelle lorsque l’endettement d’un pays dépasse 90%, sa croissance potentielle perd un point. « Nous sommes à 91% d’endettement actuellement. Il est vraisemblable que nous soyons obligé de vivre de façon durable avec une croissance extrêmement basse », estime-t-il. Selon Thierry Breton, il faut s’interroger sur notre mode de financement. « François Hollande a raison de reprendre l’objectif de 3% même s’il est difficilement atteignable ». Le problème, estime-t-il, c’est qu’après cet effort sans précédent dont on voit à peine les effets (car la précédente majorité a également voté des hausses d’impôts importantes), on va devoir continuer à faire des efforts pour parvenir à l’équilibre en 2017. « Je pense qu’il faudrait plutôt se donner jusqu’à la fin de la décennie pour parvenir à ce dernier objectif. »

Jean-Paul Fitoussi, prof à Sciences-Po et directeur de recherche à l’OFCE

Pour l’économiste, « nous nous donnons des objectifs sur des variables que nous savons mesurer mais pas sur ceux que nous ne pouvons mesurer ». Ce qui revient à creuser de dix points le déficit social pour réduire d’un point le déficit public. « L’Europe a une dette inférieure à celle des Etats-Unis, rappelle-t-il, et bien inférieure à celle du Japon. Romano Prodi a dit que le pacte de stabilité était débile avant de s’empresser de l’appliquer une fois à la tête de la Commission européenne », rappelle-t-il. Même chose pour Lionel Jospin et François Hollande. Pourquoi ? Les gouvernements européens sont sous le contrôle des marchés. Ils augmentent les taux d’intérêts s’ils ne font ce qu’ils disent. Cela vient du fait qu’il y a un vice dans la construction européenne : les dettes sont souveraines, la monnaie ne l’est pas. Cela met l’Europe dans une situation contradictoire où ce sont les pays en difficulté comme l’Espagne, qui par leurs taux d’intérêts, subventionnent l’Allemagne, qui peut se financer à des taux très bas. Je ne souhaite donc pas que l’on atteigne les 3%, car cela signifie que l’on hypothèque davantage de notre capital social.

Jacques Généreux, économiste et secrétaire national au Front de gauche

En plein accord avec Jean-Claude Fitoussi, l’économiste du Front de gauche rappelle que l’origine de la crise vient du secteur privé, et de la dérèglementation du secteur financier depuis trente ans. Elle vient aussi de l’explosion des inégalités qui fait que les bas salaires sont compensés par de l’endettement privé et de l’aide social financée par de la dette publique. Surtout, elle provient d’un assèchement délibéré du financement des Etats avec l’interdiction à la Banque centrale de leur prêter directement. « Il faut permettre que les Etats soient endettés pour financer les investissements publics. Et il y en a besoin. Notamment pour financer la transition écologique. Les générations futures ne nous en voudront jamais de nous être endettés pour cela. »

François Lenglet, journaliste à France Télévisions

« Il faut faire payer les créanciers », estime le journaliste. S’il est d’accord pour dire qu’il faut rétablir l’équilibre des finances publiques à moyen terme, François Lenglet met en garde contre une bonne politique appliquée au mauvais moment, et attire l’attention sur les dégâts de cette politique en Grèce et en Espagne. « On n’est pas très loin des années 30″, estime-t-il. La Suède, le Canada, qui se sont assainis grâce à une cure de rigueur ? Ils ont profité de la bonne santé du reste du monde, de même que l’Allemagne de la zone euro, en réalisant au début des années 2000 des réformes qui ont déprimé la demande. Pour le journaliste, la solution est claire. « Quand une dette est trop importante, la seule solution est de ne pas la payer. » François Lenglet, qui a plus de cinquante ans, ajoute : « Les détenteurs de capital, se sont les plus de cinquante ans. Le fait que l’on refuse de les faire payer vient du fait que ce groupe démographique a pris une importance considérable grâce à l’allongement de la vie. »

 

 

 

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