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Fusion EADS- BAE : l’Allemagne veut la moitié du gâteau

Fusion EADS- BAE : l’Allemagne veut la moitié du gâteau

 

Les Etats allemand et français veulent être en force dans la fusion BAE-EADS, la France freine mais l’Allemagne persiste. Il faut aussi compter avec la Grande Bretagne qui ne sera guère favorable à cette étatisation du futur ensemble. Le projet de création d’un nouveau géant européen de l’aéronautique et de la défense est entré vendredi dans une phase politique cruciale, l’Allemagne affirmant sa volonté de disposer d’une position équivalent à celle de la France en cas de fusion entre EADS et le britannique BAE Systems. Un responsable allemand a déclaré que le gouvernement d’Angela Merkel était prêt à adresser ses propositions à Paris, ce qui devrait ouvrir la voie à des discussions point par point. La France et l’Allemagne, qui avaient supervisé la naissance d’EADS il y a 12 ans, ont un rôle clé à jouer dans le dossier EADS-BAE, qui pourrait ouvrir un nouveau chapitre de l’intégration économique européenne. Mais chacun d’eux entend bien défendre ses intérêts. Les propositions allemandes, sur lesquelles se sont entendus les services de la chancelière Angela Merkel et le ministère de l’Economie, visent surtout à préserver l’équilibre des pouvoirs entre Paris et Berlin au sein de la nouvelle entité, a ajouté le responsable allemand. Plusieurs sources proches du dossier ont expliqué que cela pourrait conduire l’Allemagne à acheter une partie du capital d’EADS, sans doute à Daimler, actionnaire historique aujourd’hui désireux de réduire sa participation. Une telle opération était déjà évoquée avant l’annonce des discussions avec BAE. Mais la Grande-Bretagne, qui doit elle aussi donner son avis sur une éventuelle fusion, pourrait résister à une participation accrue des Etats, en partie pour des raisons idéologiques mais aussi pour protéger les intérêts de BAE sur le marché de la défense aux Etats-Unis, ont dit les sources. L’Etat français, lui, possède 15% d’EADS et souhaite conserver son influence sur la stratégie du groupe, exercée par le biais d’un accord conclu avec Lagardère, actionnaire à hauteur de 7,5%. La France a également demandé que le siège social du nouveau groupe soit installé à Toulouse, où est déjà basé Airbus, et souhaite des garanties sur l’avenir de son industrie de défense, a-t-on appris de source proche des propositions.

 

 

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