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Chômage : Montebourg peut peu ! ( RMC)

Chômage : Montebourg peut peu ! ( RMC)

 

C’est vrai qu’il se démène, Arnaud Montebourg. Sur le papier, on a assez dit que son ministère ressemble à une chimère : le ministère de Sisyphe, ou un commissariat général à la roue carrée. A l’usage, il s’est créé un rôle de voltigeur pour usines en faillite et d’empêcheur de licencier en rond qui échappe au ridicule. Il annonce des chiffres plus flatteurs que Michel Sapin (lui est cantonné à suivre de mois en mois l’aggravation déprimante du chômage) : 90 entreprises secourues, 11 000 emplois sauvés. C’est sûrement exagéré mais le vrai objectif est de maintenir une tension avec le patronat et un espoir chez les salariés. Montebourg, c’est le ministre du volontarisme politique. Pour le meilleur et pour le pire.

Mais peut-on faire reculer le chômage avec du volontarisme politique ?

La réponse est non. Avec une nuance : on peut sauver des emplois. Pour en créer, il faudrait de la croissance et ce n’est pas pour demain. Donc en attendant, tout ce qu’on peut espérer, c’est préserver de l’emploi. Ce n’est pas une question qui relève uniquement du gouvernement mais il ne peut pas s’en désintéresser. Tout le monde a en tête la phrase malheureuse de Lionel Jospin, qui a dit en 1999 aux ouvriers de Michelin : « L’Etat ne peut pas tout. » Il n’avait pas vraiment tort mais ça lui a coûté cher. Montebourg, lui, veut démontrer que l’Etat ne peut pas rien. Pour l’instant, on voit bien un ministre industrieux (ce n’est pas le cas de tous) mais pas de redressement industriel.

Est-ce que pour l’instant, il ne fait pas surtout de la com’, des effets d’annonce ?

Il en fait beaucoup – mais c’est une partie de son job. Toutes les actions d’un ministre ne sont pas quantifiables : sans quoi il n’y a que le ministre du Budget qui aurait des résultats tangibles. Arnaud Montebourg est comme Manuel Valls : il doit montrer aux Français que le politique ne baisse pas les bras face à un problème qui, pourtant, le dépasse. La réalité, c’est que sa marge de manœuvre est étroite : il peut convaincre les industriels de renoncer à licencier, pas les obliger. Il peut inciter les Français à préférer des produits faits  en France mais pas l’imposer.

Le cap des 3 millions de chômeurs, c’est un coup très rude pour François Hollande et son gouvernement ?

Forcément. Mais il faut admettre que la montée du chômage en Europe a quelque chose d’inexorable depuis 40 ans. François Hollande a tort d’invoquer simplement l’héritage de Nicolas Sarkozy mais il a raison de dire qu’on ne peut pas le rendre seul responsable de cette situation. Il y a toujours un problème de compétitivité de nos entreprises, parce qu’il n’y a pas d’harmonisation fiscale ni sociale au sein même de l’Europe. Il y aussi un manque de souplesse du droit du travail que même les syndicats réformistes européens reconnaissent. Il y a aussi l’inadaptation persistante de la formation des jeunes. Pour tout cela, il faut peut-être un ministre mais surtout une politique. Arnaud Montebourg a une énergie visible. Mais le gouvernement manque d’une stratégie lisible.

 

 

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