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Petroplus : des repreneurs étrangers pas très clairs

Petroplus : des repreneurs étrangers pas très clairs

Les interrogations qui pèsent sur la solvabilité et le sérieux des éventuels repreneurs étrangers font naître des doutes sur la reprise de Petroplus. De ce point de vue on peut s’étonner que les pouvoirs publics aient faiat preuve d’autant d’amateurisme d’autant que ce dossier était déjà dans les mains du précédent gouvernement. Gouvernement et tribunal de commerce se renvoient la balle sur Petroplus. C’est à celui qui ne veut pas prendre la responsabilité de tirer un trait sur les 480 emplois qui restent à la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, en Seine Maritime. Le tribunal de commerce de Rouen doit examiner mardi 4 septembre les deux seules offres qui subsistent pour la reprise de cette raffinerie, vendue par Shell au raffineur indépendant suisse Petroplus en 2008. Problème : après les désistements successifs de plusieurs industriels depuis la mise en redressement judiciaire en janvier 2012, ne restent en lice que deux repreneurs qui suscitent de grands doutes dans le secteur et dans la presse. Le premier, Alafandi Petroleum Group (AFG), dont le siège serait à Jeddah en Arabie saoudite, même si son site internet fournit une adresse à Hong Kong, se présente comme un groupe d’exploration et de production pétrolière, exploitant plusieurs raffineries dans le monde. Selon « Le Monde » du 30 août, son PDG, Ramzi Alafandi, serait sérieusement sujet à caution. « Il affirmait manier les dollars par millions mais, ici, il a surtout fait beaucoup de dettes », affirme, selon « Le Monde », « un de ceux qui l’ont côtoyé en Suisse », où il avait créé une structure en 2009, « structure qui n’a plus d’adresse et semble en sommeil ». Le quotidien relate que cet homme d’affaires avait promis en grande pompe un chèque de 2 millions de dollars lors d’une soirée de l’Unesco, en mai 2007, promesse qu’il n’a jamais honorée. Son projet industriel pour Petit-Couronne est, lui aussi, grandiose. 2,5 milliards d’euros pour construire sur le site une nouvelle raffinerie utilisant un nouveau procédé technologique fondé sur le « vortex » dont AFG aurait la maîtrise. Le tout reposant sur du pétrole brut bon marché fourni par les puits d’AFG. La deuxième offre s’appuie, elle aussi, sur des approvisionnements moins chers, fournis par ses soins. NetOil, basé à Dubaï, appartient à un groupe d’investisseurs dont l’homme d’affaires franco-libanais Roger Tamraz qui fonda la compagnie pétrolière Tamoil, avant de la revendre aux Libyens. Propriétaire un temps des hôtels Prince de Galles et Meurice à Paris, son nom a été cité dans plusieurs « affaires », notamment autour de son activité d’intermédiaires dans l’armement. Le Tribunal de commerce de Rouen, méfiant, ne cesse de demander des « compléments » sur ces offres, soutenues cependant par le comité d’entreprise du site, désireux de sauver les 480 emplois (550 début 2012). Il leur faut non seulement faire la preuve des moyens financiers qu’ils promettent (environ 500 millions d’euros dans un premier temps) mais aussi obtenir un agrément des pouvoirs publics, nécessaire pour détenir une installation pétrolière. Et c’est ainsi que la balle atterrit au gouvernement. Arnaud Montebourg, qui s’est beaucoup impliqué dans ce dossier, à la suite des efforts démonstratifs eux aussi du gouvernement précédent, a organisé lundi soir une réunion d’urgence à Bercy avec AFG et Shell. Pour faire la lumière sur le revirement soudain de Ramzi Alafandi à la veille du week-end. Vendredi, l’industriel annonçait qu’il jetait l’éponge avant de se raviser samedi. En fait, il tentait un coup de pression sur Shell qui a conclu des contrats provisoires avec le site. Le problème de fond reste, lui, le même. Mise en service en 1929, Petit-Couronne est la plus vieille raffinerie française, dans un marché européen du raffinage qui souffre de surcapacité et de marges structurellement basses. Trois autres établissements ont fermé leurs portes en France ces dernières années, il n’en reste que neuf en activité (dont Petroplus) contre une vingtaine dans les années 80. Mardi, le tribunal pourrait estimer nécessaire de se donner quelques jours de réflexion… et mettre le jugement en délibéré.

 

 

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