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Prix Carburant : un observatoire, pour quoi faire ?

Prix Carburant : un observatoire, pour quoi faire ?

 

Un observatoire pour quoi faire ? Le carburant est cher en raison de la raréfaction de la ressource, des marges du raffinage, de l’environnement géopolitique et surtout des taxes (plus de 50%°).Il ne fauta donc pas attendre grand chose des distributeurs.  Un rapport de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), daté du 10 avril dernier, confirme  «  La marge brute de transport/distribution est en augmentation non pas du fait de l’augmentation de la marge nette distributeur mais de l’augmentation des charges d’exploitation et des obligations réglementaires », affirme ainsi la DGCCRF. Et la direction de la concurrence, validant ainsi les arguments des distributeurs, énonce une longue liste de nouvelles réglementations et de taxes qui alourdissent les charges des stations-service : « la nouvelle réglementation applicable en matière de mise aux normes environnementales des stations, l’augmentation de la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) (…), les certificats d’économie d’énergie, dont le coût d’obtention est répercuté sur les prix , l’augmentation des stocks de réserves (répercussion de la hausse des redevances à la SAGESS), l’augmentation de la taxe organique sur le chiffre d’affaire (en hausse du fait de la hausse des prix des carburants), l’interdiction de la vente d’alcool dans les stations services (pertes compensées par les distributeurs dans le prix des carburants) , la hausse des redevances sur les concessions d’autoroutes ». Dans ce document, la DGCCRF valide également la marge nette de 1 centime d’euro par litre que revendiquent les pétroliers en mentionnant une « marge commerciale nette de 1ct/l très comprimée par une forte concurrence de la grande distribution) ». Autre sujet de satisfaction pour les distributeurs de carburants : la direction de la concurrence balaie les soupçons de spéculations sur les stocks. « Les distributeurs suivent de manière permanente les évolutions conjoncturelles des cotations Platt’s pour recalculer quotidiennement le prix à la pompe tout en tenant compte du comportement de la concurrence dans la zone de chalandise. Le prix affiché est donc une valeur de remplacement, sans jeu sur des stocks spéculatifs (les capacités de stockage sont de toute façon faibles et de l’ordre de quelques jours de consommation) », affirme la DGCCRF dans ce rapport. Enfin, analysant l’épineuse question du délai de répercussion sur les pompes des variations des prix sur les marchés financiers, la DGCCRF conclut : « les variations des prix des cotations internationales sont répercutées dans les prix au détail de façon décalée dans le temps, et parfois lissée ». En expliquant : « dans le cadre d’une gestion intégrée de groupe, les stations-services reçoivent chaque jour des instructions d’ajustement en fonction des fluctuations internationales des prix du produit raffiné mais aussi de la concurrence locale et des coûts spécifiques de la station. Le produit est acheté à la cotation internationale du jour J et répercuté à J+1 ou J+2, jour de livraison dans les stations. Ainsi, un délai de répercussion de quelques jours est nécessaire pour répercuter les hausses et baisses constatées. ». « Certaines stations effectuent également un lissage des hausses et des baisses dans le temps : c’est-à-dire qu’elles ne répercutent pas la totalité de la hausse des prix des produits raffinés, telles que constatée avec la cotation Platt’s et lissent la hausse sur plusieurs jours : elles accumulent donc un « retard de répercussion » à la hausse. Si la baisse des prix s’amorce, alors qu’elles n’ont pas répercuté toute la hausse, les stations-service font repartir leurs prix à la baisse, et ne répercutent pas toute la baisse. Pris sur une période assez longue, le différentiel hausse-baisse est bien répercuté sur les prix mais avec une moindre amplitude », poursuit la DGCCRF. « Il est nécessaire de prendre un pas de temps suffisamment long pour analyser les répercussions », précise la direction de la concurrence. « en effet, sur une période courte, non prise dans la globalité de la période hausse/baisse, il est possible de conclure hâtivement que les distributeurs ne répercutent pas toute la baisse (alors que cette affirmation en soi exacte est à mettre en corrélation avec le fait qu’ils n’ont également pas répercuté toute la hausse précédente) », ajoute-t-elle. Reste à savoir si les ministres de l’économie, de la consommation et de l’énergie qui doivent rencontrer les distributeurs de carburants mardi matin à Bercy, pour leur demander « un effort », seront aussi sensibles à leurs thèses que la DGCCRF.

 

 

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