• Accueil
  • > Les radars : record de recettes, bientôt pour les piétons ?

Les radars : record de recettes, bientôt pour les piétons ?

Les radars : record de recettes, bientôt pour les piétons ?

Radars, record de recettes : 639 millions d’euros. Et ce niveau devrait être dépassé en 2012 au vu des recettes à mi-année. Le déploiement de nouveaux radars (feux rouges, discriminants, etc.) explique ce phénomène ; on ne peut contester l’intérêt de cette mesure pour l’insécurité routière qui fait encore trop de victimes. On peut même se demander si pour des raisons de recettes fiscales, on ne pourrait pas envisager des radars pour piétons qui eux pourraient rapporter cent fois plus, de quoi boucher les trous des budgets et  rembourser la dette publique. L’ingénierie fiscale française, la plus performante au monde devrait y réfléchir à moins d’instaurer une vignette ou un péage pour l’utilisation des trottoirs.  Les recettes des radars affolent les compteurs et les fiscalistes de Bercy: ils ont déjà rapporté «  324 millions d’euros entre le 1er janvier et le 30 juin 2012, et en tenant compte de la corrélation du trafic selon les saisons, l’année 2012 pourrait rapporter entre 675 et 700 millions d’euros », indique-t-on à l’Agence nationale du traitement automatisé des infractions (Antai), basée à Rennes.  Les radars avaient déjà généré un montant record en 2011 : 639 millions d’euros de recettes - dont 539 millions d’euros d’amendes forfaitaires payées dans les 45 jours, auxquels viennent s’ajouter 100 millions d’euros d’amendes forfaitaires majorées car payées hors délais. Ce chiffre avait, alors, dépassé les prévisions budgétaires du gouvernement. En 2007, les radars généraient 362 millions d’euros pour les seules amendes payées en temps et en heure.  L’objectif poursuivi par ce dispositif, initié en 2003 avec l’installation des premiers radars, est de réduire le nombre de personnes tuées ou blessées sur les routes de France en agissant sur la vitesse. Celle-ci a d’ailleurs fortement décliné en dix ans (voir graphique). Pour l’année 2011, les chiffres de l’insécurité routière sont cependant encore lourds, avec 3.963 personnes tuées à la suite d’accidents de la route. Les recettes générées par les radars ont bondi avec l’extension du parc, mais elles semblaient avoir atteint un palier à la fin des années 2000, avec même un léger déclin en 2010 lié à l’amélioration du comportement des conducteurs. Si les recettes 2011 et 2012 sont de nouveau très dynamiques, c’est qu’on observe un «  relâchement des automobilistes, et une légère augmentation de la vitesse moyenne », souligne un expert, qui évoque une augmentation de «  20 % en avis de contravention et excès de vitesse depuis le début de l’année ». «  Il y a peut-être eu un effet élection présidentielle », poursuit-il, c’est-à-dire que les automobilistes ont pu espérer une amnistie de leurs amendes (même si celle-ci n’a pas eu lieu).  Autre hypothèse, l’effet d’aubaine que constitue l’assouplissement des règles relatives au retrait de points du permis de conduire en cas d’excès de vitesse Les petits excès de vitesse entraînent le retrait d’un point, récupéré au bout de six mois contre un an auparavant. Par ailleurs, le nombre de contrevenants étrangers, qui doivent désormais s’acquitter d’une amende en cas d’excès de vitesse, est en augmentation : les Belges, qui pouvaient se faire flasher sans être inquiétés, s’exposent depuis le 1 er juillet aux mêmes amendes que les Français et ont rejoint à ce titre les Luxembourgeois et les Suisses .  Enfin, il ne faut pas négliger le rôle des radars feux rouges dans l’augmentation des recettes. Les premiers radars de ce type ont été installés en 2009, et on en compte désormais 679. Ils contrôlent le franchissement du feu au rouge, ce qui expose l’automobiliste à un retrait de quatre points et une amende de 135 euros.  Les radars feux rouges ne sont pas les seuls à voir leur nombre se multiplier. De manière générale, la politique d’installation des radars s’amplifie encore en 2012. Le nombre de radars fixes devrait dépasser 2.200 en fin d’année, contre 1.473 en 2008. Il faut y ajouter 933 radars mobiles, un nombre stable. Et, nouveauté de 2012, 1.400 radars pédagogiques, sans sanctions financières à la clef, sont d’ores et déjà déployés (il en est prévu plus de 4.000 à terme). Quelque 90 radars discriminants (distinguant les poids lourds) sont aussi en fonctionnement, et quatre radars mesurant la vitesse moyenne sur un parcours.  Le coût du parc de radars - de 200 millions d’euros en 2011 (investissement, maintenance liée aux nombreux actes de vandalisme, etc.) -, reste 105 fois moins important que le coût annuel de l’insécurité routière, qui s’élèverait à 24 milliards d’euros (perturbations du trafic, interventions des secours, réparations, soins, assurance). Après 2012, il n’est pour l’instant pas prévu de continuer à étendre le dispositif, mais plutôt de privilégier le remplacement des radars existants par des radars plus modernes. Mais de mauvais chiffres d’insécurité routière pourraient amener le gouvernement à revoir sa politique. Ceux de juillet ne sont pas bons : le nombre de personnes tuées sur les routes de France a augmenté de 3,6 % - avec notamment davantage de victimes du côté des piétons et des cyclistes -après six mois de baisse.

 

 

0 Réponses à “Les radars : record de recettes, bientôt pour les piétons ?”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol