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BCE : « prête à tout faite », une déclaration boomerang

BCE : « prête à tout faite », une déclaration boomerang

 

Draghi s’est peut-être beaucoup engagé en déclarant le premier. que la BCE était prête à tout faire pour sauver l’Euro. Draghi n’est pas Greenspan (ancien présidente de la FED) ° qui pouvait d’une phrase rassurer les marchés. « Tout faire » pourrait bien être » « rien faire » ou pas grand-chose et là le retour de bâton pourrait être douloureux. Pour résumer, la BCE n’annoncera pas grand-chose aujourd’hui du fait de l’opposition de l’Allemagne. Pas question pour la BCE d’acheter des obligations, même sur le marché secondaire, son intervention pourtant limitée est contestée, pas question de mutualisation des dettes via des euro-obligations, pas question d’octroyer une licence bancaire au fonds européen, pas question. Pour résumer pas intervention significative de la BCE, ni du MES aux moyens limités et pas de mutualisation des dettes passées ou futures. Donc pas grand-chose à attendre en dépit des espoirs suscités par les propos la semaine dernière de Mario Draghi, qui s’est dit « prêt à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro ». Une promesse relayée par la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande et le chef du gouvernement italien Mario Monti, dans un contexte d’envolée des taux d’emprunt espagnols menaçant sa capacité de se refinancer et de crainte de contagion à l’Italie. Ces annonces ont rassuré les marchés financiers, mais il s’agit désormais de passer à l’acte, notamment pour la BCE. Deux principales hypothèses ont été soulevées: que la BCE reprenne ses achats d’obligations publiques des pays en difficulté sur le marché secondaire, celui de la revente (programme SMP), à l’arrêt depuis plus de quatre mois; que la BCE et le fonds provisoire de secours européen, le FESF, agissent de concert, toujours sur le marché de la dette. Or le programme SMP, adopté en mai 2010 à l’insistance des dirigeants européens, se heurte à l’opposition ferme et publique de la banque centrale allemande qui y voit une manière détournée de financer les déficits publics, ce qui est interdit par les statuts de la BCE. Quant à l’alliance avec le FESF, elle pourrait passer par l’octroi d’une licence bancaire qui lui permettrait d’emprunter auprès de la BCE et d’augmenter considérablement ses moyens actuellement limités. Mais là encore, la Bundesbank dit non, pour les mêmes raisons. Quant au gouvernement allemand, il est également opposé à cette dernière éventualité, défendue en revanche par la France et l’Italie. Ces prises de position ne laissent pas présager d’annonce fracassante de la part de M. Draghi, estiment nombre d’économistes. D’autant que l’Espagne n’a ni le besoin ni l’envie pour le moment de faire appel à l’aide du FESF, condition pour qu’il intervienne, pour ne pas avoir à se plier au programme de réformes qui lui serait imposé en échange. Il devra toutefois « donner quelque chose », estime Carsten Brzeski, de la banque ING, qui envisage un peu de rachat d’obligations, de nouvelles mesures pour tenter de stimuler le crédit ou un nouveau prêt sur trois ans aux banques après ceux de décembre et février.

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