• Accueil
  • > Bruxelles : vers l’interdiction de la pêche en eau profonde

Bruxelles : vers l’interdiction de la pêche en eau profonde

Bruxelles : vers l’interdiction de la pêche en eau profonde

 

Selon la commission européenne, les filets qui raclent le fond des océans représentent un réel danger pour l’écosystème. Les pêcheurs français, espagnols ou encore portugais, ne sont pas vraiment du même avis. La Commission européenne a en effet proposé jeudi à Bruxelles une règlementation spécifique sur le chalutage profond, qui vise à l’interdiction de cette pratique de pêche, parmi les plus destructrices selon les scientifiques. En cause : ces filets de plusieurs dizaines de mètres de longueur qu’utilisent les pêcheurs, et qui, en raclant les fonds, détruisent des micro-organismes accrochés au fond de la mer. L’autre problème engendré par ce procédé : le gâchis. Selon l’association Greenpeace, la pêche en eaux profondes entraîne un fort taux de prises accessoires. Entre 20 et 40% des poissons et autres organismes marins capturés ne sont en fait pas les espèces visées, et sont donc rejetés à la mer directement, morts ou mourants. Pour Greenpeace, la lingue bleue, le sabre ou encore le grenadier sont menacés car ils sont pris dans les filets sans avoir eu le temps de se reproduire.  Des arguments pourtant contredits par la dernière étude scientifique, qui date de juin 2012, qui estime que l’état des stocks de ces poissons est revenu à un niveau tout à fait satisfaisant. Le rapport concluait d’ailleurs qu’aujourd’hui « une interdiction pure et simple des pêches profondes, n’apparaît pas nécessaire ».Les points de vue divergent. « L’initiative va dans le bon sens, mais le processus de discussion européen est long et la bataille politique ne fait que commencer », se réjouit Hélène Bourges, chargée de campagne Océans pour Greenpeace.  Sur le plan économique, la filière concernée tire de son côté la sonnette d’alarme. La France est en effet responsable de 31% des prises d’espèces de grands fonds dans l’Atlantique Nord-Est, derrière l’Espagne (38%), et les pêcheurs mettent en avant le manque-à-gagner potentiel de cette future interdiction, si elle entrait en vigueur. « Les espèces d’eau profondes représentent environ 40% de notre chiffre d’affaires », explique Jean-Pierre Le Visage; basé à Lorient. Il travaille pour Scapêche, une société appartenant à Intermarché, qui gère 12 des 25 bateaux pêchant en eaux profondes en France. « Aucune entreprise ne peut supporter du jour au lendemain une telle baisse de son activité. Toutes les activités périphériques subiront les mêmes pertes : sur le seul bassin lorientais, ce sont au moins 600 emplois directs qui sont menacés ».

0 Réponses à “Bruxelles : vers l’interdiction de la pêche en eau profonde”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol