• Accueil
  • > La Cour des comptes critique la politique de la ville ; Question oubliée : pourquoi un ministère de la ville ?

La Cour des comptes critique la politique de la ville ; Question oubliée : pourquoi un ministère de la ville ?

La Cour des comptes critique la politique de la ville ; Question oubliée : pourquoi un ministère de la ville ?

 

 

La cour des comptes allume la politique de la ville et son ministère. Question préalable que ne traite pas la Cour des comptes : pourquoi un ministère de la ville ? Il n’ya pas de ministère de la ruralité, des petites agglomérations ; On traite la ville alors qu’il s’agirait de traiter l’aménagement du territoire au lieu de continuer à concentre des populations dans des espaces onéreux, invivables souvent dangereux et sans avenir économique. Empilement des dispositifs, organisation éclatée, politique insuffisamment pilotée, mobilisation des financements de droit commun toujours aussi faible, le rapport de la Cour des comptes sur dix ans de politique de la ville, publié ce mardi matin, est plus que sévère. Alors que le gouvernement prépare une troisième étape de la décentralisation et que se profile une nouvelle phase du plan de rénovation urbaine qui prend officiellement fin en 2013, les sages de la rue Cambon et les chambres régionales des comptes ont passé au crible 751 Zones urbaines sensibles, au sein desquelles on décompte 416 zones de redynamisation urbaine, comprenant elles-mêmes 100 zones franches urbaines. A ces zones s’ajoutent 2.493 quartiers définis de manière contractuelle par l’Etat et les collectivités locales dont 70 % ne sont pas classés en zone urbaine sensible !

Face à ce poème à la Prévert, fruit de quarante ans de politique, _les premiers programmes de développement social des quartiers (DSQ) datent de 1981 _ , le rapport publié ce matin préconise d’engager une réforme de la géographie prioritaire « préalable indispensable à l’élaboration de tout nouvelle mesure de la politique de la ville ». En clair, déterminer les priorités, et se concentrer sur six départements Seine-Saint-Denis, Val d’Oise, Essonne Nord, Bouches du Rhône et Rhône. Mais choisir les élus est plus que complexe en temps de crise : 4,4 millions de personnes vivent en ZUS, soit 7 % de la population française, des habitants plus jeunes (un sur trois a moins de 20 ans), un quart des familles sont monoparentales, la moitié ne dispose d’aucun diplôme supérieur au brevet, le taux de chômage atteint 20,9 % de la population active. « Les mesures entreprises au cours des dix dernières années ont eu des effets positifs sur le développement économique et l’amélioration de l’habitat, mais elles n’ont pas eu d’impact suffisant pour changer durablement la vie quotidienne de la population et n’ont pas fait émerger une offre d’habitat diversifié » martèle le rapport. On se souvient que l’objectif prioritaire de la loi de 2003 était de rétablir la mixité sociale, et de réduire les écarts entre les quartiers et les villes environnantes. Physiquement les quartiers ont été rénovés. Les enquêtes de satisfaction réalisées auprès des habitants des 100 premiers quartiers signataires montre un niveau de satisfaction élevé. Dans l’état actuel des conventions signées par l’Agence nationale de rénovation urbaine, plus de 73.000 logements ont été démolis, 39.700 ont été reconstruits, plus de 124.000 réhabilités. Les démolitions et les constructions programmées atteignent respectivement 55 % et 51 % des objectifs fixés par la loi. Les objectifs de réhabilitation sont quant à eux atteints aux deux tiers.  Mais reconstruire ne suffit pas : le taux de pauvreté dans les ZUS (32,4 %) reste bien supérieur à ceux des quartiers situés en dehors de ces zones (12,2 %). L’explication souvent avancée de la propension des habitants à quitter ces territoires lorsqu’ils se sentent mieux ne suffit plus. Il faut réorganiser l’ensemble du dispositif prônent les experts soulignant que depuis 2002 onze personnes ont occupé le poste de ministre chargé de la Politique de la ville. Le comité interministériel des villes n’a siégé que quatre fois depuis 2001. Pire, sur 61 mesures édictées lors de la réunion du 18 février 2011… seulement 32 sont en cours de mise en oeuvre.  Les collectivités locales sont elles aussi visées : les grandes villes Toulouse, Roubaix, Amiens, Le Havre concernées depuis 30 ans disposent d’équipes étoffées. Mais elles ont été incapables de mobiliser autour de ce thème intercommunalités et communautés de communes. Résultat, les relogements des familles lorsque leurs immeubles vétustes sont détruits où rénovés sont bien souvent effectués dans les quartiers. La mixité sociale au sein des quartiers n’a pas progressé : « la banalisation des quartiers de la politique de la ville sur le marché immobilier n’est pas réalisée et ne constitue toujours pas un objectif réaliste », pointe la cour rappelant que moins de 10 % de l’offre nouvelle de logements se fait sous forme d’accession à la propriété.  La cour recommande de concentrer les efforts sur les zones qui présentent les plus de difficultés en se fixant un objectif de nouveaux contrats de la politique de la ville pour 2014. Mais elle rappelle surtout que le financement du dispositif n’est pas bouclé et est « très incertain ». Le plan national de rénovation urbaine était prévu à 42,6 milliards d’euros sur la période 2004-2013, dont 12 milliards de subventions à l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru). Le ministre en charge de la Ville, François Lamy, a récemment averti qu’un nouveau plan pour lequel s’est engagé François Hollande durant sa campagne « ne pourra être lancé qu’après l’évaluation complète du premier, après la réforme de la géographie prioritaire, et en fonction des marges de manoeuvre que le gouvernement pourra dégager ».

 

0 Réponses à “La Cour des comptes critique la politique de la ville ; Question oubliée : pourquoi un ministère de la ville ?”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol