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Le grand écart sur les taux des obligations

Le grand écart sur les taux des obligations

Les secousses observées cette semaine sont surtout liées à l’Espagne qui tente de voler au secours de son secteur bancaire.  Le taux à 10 ans de l’Espagne a connu une poussée de fièvre très proche de son plus haut niveau historique, à quelques encablures des 7%.  De tels niveaux sont difficilement soutenables sur le long terme et certains craignent que le pays se dirige plus haut, vers les 8%, niveau qui a précédé le secours international pour la Grèce, le Portugal et l’Irlande.   »C’est vraiment le signe que les investisseurs cherchent avant tout à sauvegarder leur capital », explique Cyril Regnat, stratégiste obligataire chez Natixis.   »Les mouvements observés sur le mois de mai sont extrêmes, avec peu de précédents. Forcément il y a une certaine décorrélation des fondamentaux économiques. Par exemple, il est difficile de justifier un taux allemand à 10 ans sous 1,7 ou 1,8% », renchérit Axel Botte, stratégiste chez Natixis AM.  Des plus bas historiques ont été atteints. Le taux à 10 ans de l’Allemagne évolue à 1,1% et celui de la France à 2,1% mais les records ont également concerné la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.  C’est d’ailleurs une aubaine pour ces pays qui peuvent ainsi s’endetter à des coûts très faibles.  Compte tenu de l’aggravation de la crise, rien n’empêche cette configuration de se poursuivre, sauf annonce forte des dirigeants européens ou de la Banque centrale européenne (BCE).  Certains économistes estiment que le taux à 10 ans allemand pourrait se rapprocher des 1%. Certains rendements de court terme sont même négatifs pour le pays, c’est-à-dire que les opérateurs acceptent de prêter à perte à l’Allemagne.   »Pour les pays les plus solides, il n’y a plus réellement de niveau plancher pour les taux », estime M. Regnat.  Les contrats à terme sur les obligations de l’Allemagne et de la France évoluent en outre à leur plus haut niveau, signe que les investisseurs estiment que les rendements, qui évoluent en sens inverse de la demande, vont encore baisser.  En dehors de l’Espagne, l’avenir immédiat du marché obligataire dépendra de la Grèce dont les élections le 17 juin pourraient en cas de défaite des partis pro-austérité relancer les spéculations d’une sortie du pays de la zone euro.   »Une bonne partie des acteurs du marché sont dans l’attente d’une clarification en Grèce », selon M. Regnat.  Au total, « le risque est celui d’une japonisation de l’Europe », ou au moins de l’Allemagne, prévient Ciaran O’Hagan, analyste chez Société Générale CIB, qui rappelle que le taux à 10 ans du Japon est tombé par le passé à 0,4%, dans un contexte qui mêlait montagne de dette et croissance anémique.  De bonnes nouvelles en zone euro pourraient contribuer cependant à un retournement du marché.   »Une hausse du taux allemand peut se faire en peu de temps. On peut reprendre 0,5 ou 0,75% en quelques séances mais il faudrait une action de la BCE ou une aide extérieure pour l’Espagne », résume M. Botte.

 

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