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Banques : « Les déposants inquiets »

Banques : « Les déposants inquiets »

Président de l’Association française des usagers des banques (Afub), qui compte 53.000 adhérents, et membre du Comité consultatif du secteur financier auprès du ministre de l’Économie, Serge Maître juge dans une interview au JDD qu’une contagion de la crise grecque aux pays les plus en difficulté de la zone euro pourrait bien précipiter les déposants vers les guichets.

Après les retraits de dépôts des Grecs et des Espagnols, la panique pourrait-elle gagner les déposants français?
On sent que les gens sont inquiets. À écouter nos banquiers, tout va bien. Mais les banques françaises ont encore 50 milliards d’euros d’engagements en Grèce et elles ont risqué beaucoup d’argent sur les marchés étrangers. Les Français voient aussi ce qui se passe à leur porte, en Espagne, où Bankia, quatrième banque du pays, vacille. Mais nous ne sommes pas en 2008 : les déposants savent qu’ils sont couverts à hauteur de 100.000 euros par le fonds de garantie et ils ne se sont pas encore précipités à la Banque postale pour ouvrir un compte.

Ont-ils retiré de l’argent de leur banque?
Sur un an, de mars 2011 à mars 2012, la masse des dépôts a augmenté de 7%, mais au moindre choc, les gens décaissent. De septembre à décembre 2011, période de forte tension autour de la Grèce et des pays fragiles de la zone euro, il y a eu une contraction des dépôts : les encours avaient alors baissé certains mois de 0,2%. Il y a donc une plus grande sensibilité de la clientèle usée par cinq années de soubresauts.

Leur inquiétude se manifeste-t-elle autrement?
Elle se traduit dans les arbitrages sur l’épargne. Au cours des six derniers mois, 200 milliards d’euros ont déserté l’assurance-vie. Les particuliers les ont en partie utilisés pour couvrir leurs besoins, mais avec l’excédent ils ont rempli leurs Livrets A et d’autres livrets à court terme. C’est le signe qu’ils veulent rester très liquides. Ils n’ont pas peur du présent mais de l’avenir. D’un effet de contagion qui pourrait atteindre la France et aussi de l’incapacité des politiques à apporter des réponses efficaces à la crise.

Un bank run, une panique, demain en France vous paraissent-ils possibles?
Tout est possible. C’est moins la sortie éventuelle de la Grèce de la zone euro qui pourrait précipiter les déposants vers les guichets que son contrecoup. Tous redoutent un effet domino qui toucherait l’Espagne, le Portugal et l’Italie pour finir jusqu’en France. Ils commencent d’ailleurs à se préoccuper de la solidité à terme de l’euro. Certains se demandent s’ils vont placer une partie de leurs économies en francs suisses ou en dollars.

Cet état de crise permanent a-t-il entamé la confiance dans les banques?
Nous recevons des interrogations. Nos interlocuteurs veulent savoir quelles sont les banques les plus sûres. Ils commencent à se méfier de celles qui ont beaucoup investi sur des marchés étrangers ou qui ont des activités de financement et d’investissement fortes capables de générer des pertes. Ils s’interrogent aussi sur la solidité des banques en ligne. Il y a derrière tout cela le sentiment que les banquiers ne sont plus fiables. Ils ont pris des risques loin de leurs bases au lieu de d’investir en France, au détriment notamment des PME. Il apparaît un ressentiment, encore diffus, à l’égard des établissements qui ont consacré plus de ressources en placements à l’étranger qu’en investissements dans l’économie nationale.

 

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