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Succession houleuse à la tête de la CGT

Succession houleuse à la tête de la CGT

Après douze ans à la tête de la CGT, Bernard Thibault s’apprête à passer la main. Ce vendredi, il a proposé Nadine Prigent à sa succession  – une femme, la première peut-être à la tête de l’organisation. Mais il a été mis en minorité par le comité exécutif, le «parlement» du syndicat, qui désignera la semaine prochaine le nouveau leader de la CGT. Cette querelle autour de la succession de Bernard Thibault révèle les tensions qui agitent la confédération depuis quelque temps. « Les fédérations [professionnelles, ndlr] ont voulu lui faire payer sa volonté de moderniser et d’ouvrir la CGT », explique sous couvert d’anonymat un bon connaisseur des rouages du syndicat. Il a en effet introduit à des postes de pouvoir des personnes qui n’étaient pas issues du PCF, contrairement à la ligne historique de l’organisation. Mais la présidentielle a vu des unions locales faire campagne comme un seul homme pour le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, ce qui a été très mal vécu en haut lieu. Surtout, contrairement à la CFDT, où François Chérèque «tient» le syndicat et les dissidents écartés, la CGT est très décentralisée, chaque fédération tient à son autonomie et ne souhaite pas se voir imposer des décisions d’en haut. François Piotet, enseignante-chercheuse à l’université Paris-I, parle à ce sujet d’«anarchie plus ou moins organisée». Dans ce cadre-là, l’ex-secrétaire général, en voulant renforcer son autorité, s’est attiré quelques inimitiés. Toujours selon la même source, «Thibault a imposé un financement très centralisé, des limites de mandats et des chartes de fonctionnement. Cela a été mal perçu. Thibault faisait confiance à Nadine Prigent pour tenir le syndicat et poursuivre sa politique à lui». Seul problème : la personnalité décrite comme extrêmement rigide de la dauphine. Bernard Thibault, pas forcément un homme de compromis, y est allé bille en tête et tenté d’imposer un choix qu’il savait difficile. En face, l’autre prétendant, Eric Aubin, issu de la fédération de la construction, est plébiscité les fédérations, mais il n’a pas le charisme de Bernard Thibault. Lequel n’a d’ailleurs pas trop apprécié qu’il fasse campagne dans les différentes fédérations. «Mais il a pour lui d’avoir été le négociateur des retraites, et d’être donc vu comme un homme de compromis». A l’heure actuelle, l’organisation se retrouve complètement paralysée, et cela au pire moment. La proposition de Bernard Thibault de placer Nadine Prigent à sa succession a obtenu 20 voix pour et 21 voix contre. Une succession difficile qui vient entacher le départ du très charismatique secrétaire général. Pour notre spécialiste, il aurait dû y avoir un dauphin désigné depuis longtemps. Les personnalités émergentes n’ont juste pas eu assez de temps pour mûrir. On ne connaîtra la décision finale que le 31 mai. Si Bernard Thibault est à nouveau mis en minorité à ce moment-là, il lui sera difficile de se maintenir jusqu’au prochain congrès du syndicat, en mars 2013.

 

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