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Objectif pour Hollande (et les autres) : décaler dans le temps la réduction des déficits et soutenir la croissance mais sans clash

Objectif pour Hollande (et les autres) : décaler dans le temps la réduction des déficits et soutenir la croissance mais sans clash

Il y a au moins une qualité qu’on ne peut contester à Hollande c’est son sens du compromis (qualité considéré comme un défaut par l’opposition). Cette qualité va lui être utile. Car l’Allemagne n’est pas prête   à accepter un virage de l’Europe sur la croissance et la solidarité financière (via les euro-obligations par exemple). Elle y viendra bien entendu mais i faudra des mois. En attendant Hollande, complètement isolé il y a quelques mois a considérablement renforcé le camp des ceux qui pensent que sans la croissance, l’austérité mène dans le mur. Le rapport de forces s’inversent mais il ne fauta guère espérer qu’Hollande recherche le clash ou à tirer la couverture. Hollande  n’a pas préparé ce conseil informel « dans un souci de conflit », a-t-il expliqué lundi, mais compte bien mettre ses idées sur la table, même si elles ne plaisent pas à la chancelière Angela Merkel, à commencer par la question des eurobunds.  François Hollande souhaite relancer le débat sur la mutualisation des dettes de la zone euro dans une perspective de long terme et il se sait soutenu par la Commission européenne et le chef du gouvernement italien, Mario Monti. Il devrait chercher à rallier le président du Conseil espagnol, Mariano Rajoy, qu’il reçoit aujourd’hui à l’Elysée. Au niveau européen, Herman Van Rompuy n’a-t-il pas lui-même invité les Vingt-Sept à « n’avoir aucun tabou » ? « La perspective d’aller vers un système plus intégré renforcerait la confiance dans l’euro », souligne-t-il aussi dans sa lettre d’invitation aux dirigeants européens.  Pour tenter de briser l’initiative dans l’oeuf, Berlin a redit hier son opposition aux euro-obligations. La chancellerie répète depuis des mois que cet instrument est non seulement contraire au traité, mais constitue le plus mauvais remède à la crise, car il ne ferait qu’inciter les gouvernements au relâchement sur les disciplines budgétaires. D’autres idées, jugées trop hardies aux yeux de Berlin, pourraient être proposées par Mario Monti comme la différenciation du traitement des investissements productifs dans le calcul de la dette, la création d’un fonds de garantie bancaire européen qui protégerait les dépôts des épargnants ou encore la possibilité pour le Mécanisme européen de stabilité (MES) de prêter directement aux banques en mal de capitaux sans passer par les Etats, ce qui pourrait se révéler très utile à l’Espagne.  Les Vingt-Sept ont jusqu’au sommet européen des 28 et 29 juin pour retenir les idées les plus consensuelles et les plus efficaces pour relancer une machine économique mise à mal par la rigueur budgétaire. Déjà, certaines mesures avancées par la Commission européennes sont acceptées par l’ensemble des dirigeants, comme l’augmentation de capital de la BEI, la mobilisation des fonds structurels inutilisés et la mise en place des « project bonds » destinés à financer des grands travaux d’infrastructures.  François Hollande semble quoi qu’il en soit décidé à garder la main sur l’agenda européen et profiter de l’isolement actuel d’Angela Merkel sur la scène internationale et de sa vulnérabilité sur le plan intérieur. Elle doit obtenir le soutien du Parti social-démocrate (SPD) pour ratifier le pacte budgétaire auquel elle tient tant. Or ce dernier, allié de François Hollande, pourrait l’obliger à céder quelque chose au président français. C’est d’ailleurs en sa qualité de socialiste qu’il a reçu hier l’ancien ministre des Finances et ex-chef du Parti socialiste grec, Evangelos Venizélos, venu à Paris plaider un assouplissement du mémorandum signé avec l’Europe et le FMI en octobre. Ce dernier lui a notamment demandé « que la période d’ajustement budgétaire soit allongée d’un, deux voire trois ans ».  Même si de nombreux dirigeants de la zone euro sont irrités par l’attitude des Grecs vis-à-vis du plan de sauvetage qu’ils jugent toujours aussi pertinent, il est probable que le Conseil européen leur enverra un message de confiance et répétera au minimum son attachement à la présence de la Grèce dans la zone euro. On peut s’attendre à ce que le président français plaide pour un assouplissement des conditions d’application du programme de soutien si les Grecs se dotent d’un gouvernement stable et acceptent de respecter leur engagement d’appliquer le mémorandum. « Entre la structure des réformes, les modalités financières de remboursement et l’échéancier des prêts, c’est sans doute sur les modalités financières que l’on peut jouer », avançait hier un diplomate européen.

 

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