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Sarkozy : faire semblant de sauver les entreprises jusqu’au 7 mai

Sarkozy : faire semblant de sauver les entreprises jusqu’au 7 mai

 

De Florange à Petit-Couronne, le ballet des politiques au chevet des entreprises en difficulté a sans doute permis une mise en perspective du programme des uns et des autres mais n’offre que fort peu d’exemples d’interventions réussies. Le président-candidat s’est, bien sûr, jeté corps et âme dans ce marathon, soucieux de ne pas donner à voir une fin de quinquennat ternie par des vagues successives de plans de licenciements. Au lendemain de l’élection, le réveil social risque d’être  brutal pour le vainqueur de l’élection présidentielle.  ArcelorMittal, l’épine dans le pied. C’est LE dossier emblématique de la campagne. Et le défilé de candidats, de François Hollande à Philippe Poutou, n’y a rien fait : la situation à Florange ne sera pas débloquée avant la fin de l’élection. Le président élu le 6 mai prochain héritera de cet épineux dossier. « Quel que soit le candidat élu, on saura lui rappeler son engagement et ses propos tenus à Florange », souligne Frédéric Weber de la CFDT Florange. François Hollande s’est ainsi engagé à déposer une proposition de loi visant à empêcher la fermeture d’une usine rentable. Au cours de la campagne, le volontarisme de Nicolas Sarkozy au chevet de l’aciérie a fini par se retourner contre lui, marquant la rupture avec les « corps intermédiaires » de celui qui, en 2008, vantait « l’esprit de responsabilité des partenaires sociaux ». Lundi 2 avril, le chef de l’Etat a fini par qualifier les syndicalistes de la CFDT de « permanents » qui auraient « trahi la confiance des salariés ». Depuis octobre 2011, les sidérurgistes se battent contre la fermeture des deux derniers hauts-fourneaux de Lorraine. Les syndicalistes avaient promis de faire de Florange « le cauchemar du gouvernement » s’il n’y avait pas de redémarrage de l’activité. Promesse tenue : « la marche de l’acier » qui s’est achevée vendredi 6 avril au pied de la tour Eiffel a soulevé un vaste élan de sympathie dans la population. Alors que la direction assure qu’il s’agit seulement d’une mise en veille temporaire, les 2.500 salariés en CDI redoutent une « mise à mort » du site.  En quelques semaines, les 550 salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne ont reçu la visite de tous les candidats à la présidentielle, à l’exception de Marine Le Pen. Il est vrai qu’elle n’avait pas été invitée par les syndicats qui ne la considèrent pas comme une élue « républicaine. » Petroplus a annoncé sa demande de mise en faillite mardi 24 janvier. La raffinerie a alors été placée en redressement judicaire pour six mois. Une intervention de Shell qui lui fournit du brut sur cette période est censée faire patienter les salariés. La date limite de dépôt des offres pour un éventuel repreneur a été repoussée au 30 avril. Ce répit permet de déplacer le débat au lendemain du plus gros de la bataille présidentielle. Afin de calmer la grogne sur le site, Eric Besson a signé un accord permettant de récupérer « une partie de la trésorerie et des stocks » de Petroplus. Au début du conflit, en janvier dernier, les salariés ont fait du stock de la raffinerie leur « trésor de guerre ». Selon le ministre de l’Industrie, 83 millions d’euros doivent ainsi alimenter un fonds social et permettre de garantir l’avenir des salariés.  Rennes, Mulhouse, Sochaux, les semaines non travaillées chez le constructeur Peugeot Citroën se succèdent. Une partie de l’activité de l’usine de Vesoul est suspendue au moins jusqu’au mois de septembre. Le secteur automobile souffre d’une forte chute des ventes, un repli qui dépasse 30% pour PSA et Renault. Un document interne révélé par la CGT en juin 2011 a mis le feu aux poudres : la direction y envisageait une possible fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, courant 2014. Gouvernement et direction de PSA ont bien tenté de calmer les esprits, les syndicats du site qui emploie 3.100 salariés se sont mobilisés pour placer le sujet au cœur de la campagne. La rencontre tripartite voulue par Nicolas Sarkozy doit avoir lieu mercredi 18 avril à Bercy, avec Eric Besson, ministre de l’Industrie, la direction de PSA et les syndicats. L’avenir du site d’Aulnay est au cœur des discussions. Le candidat-président a promis de « tout faire pour sauver cette usine ». L’occasion pour lui d’assurer la promotion de son projet d’allègement des charges sur les cotisations des entreprises. Nicolas Dupont-Aignan a aussi profité de sa rencontre avec des syndicalistes d’Aulnay pour défendre un « protectionnisme intelligent ». Nicolas Sarkozy s’est déplacé lundi 16 avril à la Fonderie du Poitou Aluminium dans la Vienne pour annoncer que le fabricant de culasses était « sauvé » avec la reprise par Saint Jean Industries. « Nous avons obtenu de Renault la garantie de commandes de culasses jusqu’en 2015. » L’occasion était trop belle pour le candidat-président qui peut ainsi se mettre en scène en sauveur de l’emploi: « Le tribunal va vraisemblablement donner la priorité à Saint Jean Industries et nous le soutenons », a-t-il déclaré aux 455 salariés de la fonderie. Même si seulement 392 d’entre eux seront repris par Saint Jean Industries. Même si, le repreneur en question était en fait le seul encore en lice. Lejaby était un symbole, celui de la lingerie « made in France » dont les ouvrières ont été reconverties dans la maroquinerie. Coup de pouce de Bernard Arnault, patron de LVMH à son ami président de la République ? Sofama, maroquinier auvergnat fournisseur de LVMH a repris l’atelier des Lejaby d’Yssingeaux en Haute-Loire et sauve 93 emplois. L’occasion de couper l’herbe sous le pied du socialiste Arnaud Montebourg qui avait été le premier à se rendre sur le site. Et le chef de l’Etat de se précipiter, mercredi 7 mars, à Yssingeaux : les ouvrières de Lejaby « sont un exemple et c’est sur cet exemple que je veux construire ma politique pour l’emploi. » Même si les ouvrières rappellent qu’elles ne lui doivent rien : « On s’est sauvées nous-mêmes ». Même si la reconversion n’est pas si simple. Même si les 150 ouvrières de l’autre atelier Lejaby, à Rilleux-la-Pape dans le Rhône n’ont pas bénéficié de la victoire remportée par leurs collègues et resteront sur le carreau. Le revirement d’EDF pour Photowatt Après Lejaby, les salariés de Photowatt de Bourgoin-Jallieu dans l’Isère ont rêvé d’une répétition du scénario. Début février, Sarkozy s’est empressé d’annoncer la proposition de reprise du pionnier du solaire en France par EDF, et tant pis si, en janvier, EDF excluait encore cette hypothèse. Reprise confirmée par le tribunal de commerce de Vienne, en Isère, lundi 27 février. EDF s’est engagée à reprendre 355 salariés et à en reclasser 70 autres dans l’une de ses deux filiales, EDF SA ou ERDF. Un soutien bienvenu du très attentif Henri Proglio qui a affirmé que cet investissement s’inscrit « sur le long terme. » Même si l’entreprise avait déjà supprimé une centaine d’emplois en janvier 2011. Même si, en raison de la concurrence chinoise, le carnet de commandes de Photowatt est à zéro.

 

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