Archive mensuelle de mars 2012

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OCDE : récession en France et en Italie au premier trimestre 2012

OCDE : récession en France et en Italie au premier trimestre 2012

 La zone euro à la traine de la croissance avec notamment une récession en France et en Italie au premier trimestre 2012. Les pays de la zone euro sont à la traîne des Etats-Unis et au Canada au moment où une reprise encore fragile s’enracine dans les économies avancées, estime jeudi l’OCDE, conseillant aux banques centrales de maintenir un flot de liquidités abondantes pour soutenir ce rebond. La croissance des pays du G7 s’établira en moyenne à 1,9% en rythme annualisé aux premier comme au deuxième trimestre, les taux variant cependant nettement selon les pays, écrit l’Organisation de coopération et de développement économiques dans ses perspectives économiques intérimaires. L’amélioration du marché du travail aux Etats-Unis devrait aider la première puissance économique mondiale à croître de 2,9% au premier trimestre et 2,8% au deuxième, selon l’OCDE, dont le rapport est nettement plus optimiste que le précédent. Avec le reflux du chômage, la confiance se raffermit, en particulier celle des ménages, et des conditions de financement souples les aident à rétablir leur situation budgétaire, note l’Organisation. « Il faut que la politique monétaire apporte un soutien à moyen terme pour permettre à ce processus de continuer », a déclaré à des journalistes le chef économiste de l’OCDE Pier Carlo Padoan. C’est dans la zone euro, confrontée à la crise de la dette souveraine, que la reprise sera la plus faible, avec une contraction d’activité en France et en Italie au premier trimestre et une croissance anémique de 0,1% en Allemagne. Confrontée à une production industrielle faible et une confiance des ménages fragile, l’Italie devrait être empêtrée dans la récession, avec une contraction de 1,6% au premier trimestre en rythme annualisé et de 0,1% au deuxième trimestre, selon l’OCDE. Le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, a appelé mardi les pays de la zone euro à accroître la taille de leur fonds de secours, estimant que la crise de la dette n’était pas terminée, les banques restant fragiles, la dette augmentant et les objectifs budgétaires étant loin d’être assurés. Dans le reste de l’Europe, la Grande-Bretagne subira une contraction d’activité de 0,4% en rythme annualisé au premier trimestre, avant un rebond de 0,5% au deuxième.  

 

Création d’un FMI indépendant des « Brics»

Création d’un FMI indépendant  des « Brics»

 

Né avant tout de la volonté d’échapper à l’influence des États-Unis et de l’Europe, le groupe des Brics, qui réunit le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, se cherche encore une identité. Pour l’heure, les cinq pays émergents, qui représentent 40 % de la population mondiale et pèsent près d’un quart du PIB de la planète, ont surtout en commun leur insolente croissance. Un socle économique favorable à une plus grande intégration, mais qui reste encore à consolider. Plus ambitieuse, la volonté de définir une diplomatie commune est carrément une vue de l’esprit, tant les divergences sont grandes au sein des Brics face aux crises politiques internationales. Sans compter le conflit larvé entre l’Inde et la Chine, qui n’ont toujours pas réglé leurs problèmes de frontières. Il n’empêche, les Brics prennent forme. Et le quatrième sommet des cinq pays émergents qui se tiendra jeudi à New Delhi pourrait déboucher sur quelques décisions concrètes. «Les Brics forment un groupe à caractère unique. Il n’est pas fondé sur la géographie, comme l’Union européenne (UE) ou l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean)», relève Sudhir Vyas, secrétaire aux Affaires économiques du ministère des Affaires étrangères de Delhi. Ajoutant: «Au-delà de leur rôle de moteur de la croissance mondiale, les cinq pays sont unis dans leur volonté de chercher des solutions durables face aux défis mondiaux ; ils en ont les moyens.» Bien que Pékin et New Delhi aient revu leurs prévisions de croissance à la baisse, les deux capitales affichent des chiffres à faire pâlir d’envie l’Europe et les États-Unis: + 7,5 % d’augmentation du PIB en Chine cette année ; + 6,9 % en Inde. Selon un rapport publié mercredi par Knight Frank & Citi Private Bank, l’Inde pourrait devenir la première puissance économique mondiale en 2050. «La Chine dépassera les États-Unis en 2020, et elle sera dépassée à son tour par l’Inde en 2050», affirment les analystes. Mercredi, à la veille du sommet, les ministres du commerce des Brics ont eu plusieurs séances de travail à New Delhi. «Les conséquences de la crise financière (en Europe) affectent tout le monde. Nous devons travailler tous ensemble pour surmonter le problème», a déclaré le ministre indien du Commerce et de l’Industrie, Anand Sharma. Chen Deming, son homologue chinois, renchérissant: «Il est nécessaire et urgent d’éviter que la crise dans l’Union européenne ne s’envenime.» L’ordre du jour du sommet des Brics est vaste. Il ne durera que quelques heures, dans une capitale indienne transformée en véritable forteresse. Il y sera question de la sécurité alimentaire, de la santé, mais aussi du casse-tête du nucléaire iranien et de la Syrie. Le point d’orgue en sera toutefois la création d’une «banque des Brics», déjà surnommée «South-South Bank». Le projet, proposé par les Indiens, n’en est qu’à ses balbutiements. Mais l’idée tombe à pic alors que les Brics cherchent à formaliser leur existence en se forgeant des institutions La banque des Brics serait notamment appelée à financer des projets d’infrastructures dans les pays en développement. Elle serait aussi un excellent moyen de contourner l’euro et le dollar… au profit de la monnaie chinoise. Ce qui n’est pas pour plaire à tous les membres du groupe. Le Brésil, notamment, se plaint de la sous-évaluation du yuan. «Ce projet de banque montre que les pays émergents tentent de se retirer de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui sont dominés par les Occidentaux», affirme pour sa part John Mashaka, analyste à Wells Fargo Capital Markets.

Pollution automobiles : le choix français du diesel critiqué

Pollution automobiles : le choix français du diesel critiqué

Les véhicules diesel sont particulièrement pointés du doigt lors des pics de pollution. Les véhicules diesel sont particulièrement pointés du doigt lors des pics de pollution. Le beau temps est revenu et avec lui, les pics de pollution. La circulation des voitures, et notamment des véhicules diesel, est particulièrement mise en cause.  Avec des particules beaucoup plus fines, les moteurs diesel polluent plus que les motrices essences. Malgré les filtres catalytiques, ces particules s’enfoncent dans les bronches et favorisent les maladies respiratoires, comme l’asthme. En Europe, 380.000 personnes meurent chaque année de la pollution de l’air liée au diesel. Mais il est difficile de faire baisser la part des véhicules diesel. Surtout en France, où le parc automobile est le plus diésélisé d’Europe. Comme le diesel est subventionné, il est toujours moins cher que l’essence – un critère essentiel pour les automobilistes. Tous les 1.000 kilomètres, un automobiliste qui roule au diesel paiera 44 euros de moins qu’un autre qui roule au sans-plomb. « Aujourd’hui ont vend pratiquement 70% de nos véhicules en motorisation diesel, tout simplement parce que à la pompe, ça coute moins cher. C’est vrai que l’écart de prix se resserre, mais quand on compare le cout au km, un véhicule diesel coûte pratiquement 35% de moins au km qu’un véhicule essence », abonde Édouard Georges, concessionnaire Peugeot en banlieue parisienne, interrogé par Europe 1. Pour en finir avec la suprématie du diesel en France, certains – comme les écologistes – proposent donc de fixer le litre de diesel au même prix que l’essence. La mesure a déjà été adoptée outre-manche et l’on constate que le marché ne s’est pas effondré : on compte désormais autant de voitures diesel qu’essence sur les routes britanniques. Pour Michel Dubormel, le « Monsieur Transport » de France Nature Environnement, sortir les voitures des centres-villes reste la solution la plus efficace. Une expérience qui fonctionne déjà ailleurs, assure-t-il au micro d’Europe1. « Toutes les grandes villes au niveau européen ont mis en place des zones à faible émission. Des villes comme Berlin où la voiture polluante est interdite depuis 4 ans. Ces villes là se portent très bien, sur le plan économique et sur le plan de la santé. Alors donnons-nous trois ans mais donnons des objectifs ambitieux », propose-t-il. Pourtant depuis quelques années, sous la pression des autorités européennes, les constructeurs ont fait des progrès sur leurs moteurs diesel. Tous les modèles sont désormais équipés de filtres à particules qui captent 99% des polluants. Certaines voitures ont même un additif qui élimine le NOX, un autre polluant diesel. Le vrai problème réside dans le vieillissement du parc automobile français et les effets pervers du « bonus-malus ». Les vieux modèles diesel polluent énormément, or l’âge moyen des voitures en France est de 8 ans. Mais les récentes primes qui ont encouragé à changer de véhicule n’ont pas forcément amélioré la situation : si un moteur diesel récent émet 15% de CO2 de moins qu’un moteur essence, il pollue plus. Or, les petites voitures diesel qui bénéficiaient d’un fort bonus se sont arrachées. Il faudra désormais attendre qu’elles partent à la casse… Mais selon François Roudier, du comité des constructeurs français, ce problème va se régler tout seul. Cela coûtera en effet trop cher de créer des petites voitures diesel moins polluantes à cause des nouvelles normes. « Souvenons nous que ce sont des marchés ou on est entre 6.000 et jusqu’à 11.000 euros sur le prix d’achat du véhicule. Un filtre à particule on l’estime à 1.000 euros. Les toutes petites voitures avec un moteur diesel seraient totalement non rentable pour les constructeurs donc elles vont disparaître », commente-t-il au micro d’Europe

 

Baroin fait de la gonflette et déclare : « la France est le seul pays à faire de la croissance »

Baroin fait de la gonflette et déclare : « la France est le seul pays à faire de la croissance »

Gonflé le ministre de l’économie pour déclarer que seule la France fait de la croissance ; Il a vu ça où ? Au mieux, la France sera en stagnation au premier trimestre et plus vraisemblablement en récession. Pourtant selon le ministre de l’Economie et des Finances, « notre pays est le seul à faire de la croissance au dernier trimestre ». François Baroin a souligné sur Europe 1 qu’on avait « atteint notre chiffre de croissance ». Et d’ajouter : « contre l’avis de tous les économistes, nous sommes le seul pays à éviter la récession ». François Baroin a en outre affirmé que « le pouvoir d’achat des Français avait plus ou moins augmenté de façon importante ». Selon le ministre de l’Economie, « la France est le seul pays de la zone euro dont le pouvoir d’achat a augmenté ».

Moody’s dégrade cinq banques portugaises

Moody’s dégrade cinq banques portugaises

Moody’s a annoncé abaisse la note de cinq banques portugaises et  attribue une perspective négative à sept établissements.  Les notes de quatre banques, Caixa Geral de Depositos, Banco Espirito Santo, BPI, et Banif ont été baissées d’un cran, alignant les notes sur celles du gouvernement portugais, dégradé de Ba2 à Ba3 le 13 février, selon un communiqué.  La note de la dette de Banco Santander Totta, filiale du groupe espagnol Santander, a elle été baissée de deux crans à Ba1.  Enfin, les notes de BCP et de Montepio ont été maintenues, avec perspective négative, ce qui est le cas pour les autres banques dégradées.  L’agence justifie cette décision notamment par le fait qu’elle attend « une détérioration de la qualité des actifs » situés au Portugal de ces banques, notamment en raison « des médiocres perspectives économiques » du pays.  Moody’s s’inquiète aussi de leurs difficultés à accéder au financement privé.

 

Eric Besson contre la hausse du prix du pétrole !!

Eric Besson contre la hausse du prix du pétrole !!

 

Erice Besson étudie toues les solutions pour lutter contre la hausse des carburants. La France est « favorable » à la proposition américaine et britannique d’autoriser les Etats à puiser dans les réserves stratégiques de pétrole pour lutter contre la hausse des cours du brut, a déclaré mercredi le ministre de l’Energie Eric Besson.  En fait ce recours aux réserves stratégiques aura peu d’impact sur les prix. Malheureusement, il faut s’habituer à ce niveau de prix et tenter d’y répondre par une révolution notamment énergétique et technologique.  L e pétrole est cher parce que les ressources s’épuisent et que la demande mondiale, en particulier des pays en voie de développement est forte.  Ajoutons la spéculation sur les cours, les profits des sociétés pétrolière et les incertitudes politiques dans les pays producteurs. « Ce sont les Etats-Unis qui l’ont demandé, la France a accueilli favorablement cette hypothèse, on attend maintenant les conclusions de l’Agence internationale de l’énergie », a déclaré M. Besson à la presse à l’issue du Conseil des ministres.   »La France accompagne les Etats-Unis et la Grande-Bretagne dans la consultation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui pourrait permettre de puiser dans nos réserves énergétiques pour casser la spéculation sur les marchés internationaux », a confirmé la porte-parole du gouvernement en rendant compte des travaux de ce Conseil.   »Nous sommes en phase de consultation », a poursuivi Valérie Pécresse, rappelant que l’avis de l’AIE constituait « un pré-requis pour pouvoir puiser dans ces réserves énergétiques ».  La ministre du Budget a précisé que la France travaillait également « sur d’autres fronts », notamment pour « convaincre les pays producteurs d’énergie de mettre sur les marchés davantage de ressources pour faire baisser les prix». On peut dire que la France est sur tous les fronts s’agissant de cette question des prix du carburant, pour obtenir à très court terme une baisse des prix », a insisté Mme Pécresse.  La hausse des prix du carburant, notamment ceux du sans plomb qui atteignent des records à la pompe en France, s’est imposée comme un des sujets de la campagne présidentielle, à moins de quatre semaines du premier tour.  Le prétendant socialiste à l’Elysée François Hollande s’est prononcé pour « un blocage des prix sur une durée de trois mois permettant l’introduction d’une TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) flottante ». Le candidat Nicolas Sarkozy s’y est catégoriquement refusé et a suggéré plutôt aux consommateurs de « faire jouer la concurrence ».  La France disposait début octobre de 17 millions de tonnes de pétrole brut et de produits pétroliers dans ses stocks stratégiques, représentant 98,5 jours de consommation, soit plus que ses obligations internationales (90 jours).  Ces stocks sont gérés par le Comité français des stocks stratégiques pétroliers (qui en contrôle 12,5 Mt) et par les opérateurs pétroliers qui en conservent une partie dans leurs dépôts pétroliers. Théoriquement, ils doivent être utilisés seulement en cas de crise internationale.  Le 22 mars, Eric Besson avait déjà indiqué que Paris « étudiait » avec ses partenaires « toutes les options possibles pour lutter contre la hausse du prix du pétrole », « la libération d’une partie des stocks stratégiques des pays industrialisés » apparaissant comme « l’une de ces options ».

 

Economie politique: derniers articles

jeudi 29 mars 2012

 

mercerdi 28 mars 2012

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Le phénomène politique Mélenchon

Le phénomène politique Mélenchon

 

Peu d’experts auraient pronostiqué un tel redressement de l’extrême gauche à travers le Front de Gauche. Pour une  grande part, cette remontée tient à la posture et au talent de Mélenchon. Une posture délibérément de dénonciation des injustices, des abus, de toutes sortes mais aussi du système. Certes Marine Lepen se positionne aussi sur ce créneau mais avec l’intolérance, le racisme et la xénophobie en plus. On a en outre du mal à adhérer à l’idée que le front national défend les plus démunis même si pour des raisons électorales le discours de Marine va dans ce sens. Finalement Mélenchon prend une partie de la place de la gauche traditionnelle : radicale et anticapitaliste. Il faut dire que le PS peine à convaincre de sa radicalité et de sa capacité de rompre avec la seule logique du profit. Certes avec Hollande, le PS a progressé sur ce terrain mais l’électorat reste dubitatif sur les convictions réelles du PS dans ce domaine. En même temps l’exercice est difficile pour le PS car il lui faut aussi convaincre qu’il est en situation de gouvernance responsable. De ce point de vue, on ne peut guère reprocher de dépenses outrancières à Hollande ; on peut par contre lui faire reproche de ne pas mettre au centre du débat les questions relatives au rôle de l’Etat et  ses dépenses. Mélenchon ne s’embarrasse pas de ce difficile équilibre, il ne cherche pas à gouverner mais à influencer la ligne politique de la gauche. Mélenchon connait le fonctionnement du système politique, son mode de reproduction, ses liens avec les forces économiques dominantes. Il frappe donc fort. On  peut effectivement le taxer de populisme car s’il est crédible dans la dénonciation, il l’est moins dans la proposition ; autant sans doute du fait de ses convictions que par son manque de compétence économique , manque de compétence qui vaut pour toute la gauche  mais aussi pour la droite puisque l’essentiel du personnel politique est composé de fonctionnaires qui entretiennent des relations ésotériques avec l’économie réelle. Mélenchon ajoute évidemment son talent d’orateur, son équilibre à lui c’est celui du tribun et de l’intellectuel ; deux qualités que ne possèdent pas conjointement les  autres candidats. D’où par parenthèse l’absence de la thématique de la culture dans le débat des présidentielles (sauf sur l’école pour Hollande). Dommage car fondamentalement, c’est l’insuffisance de culture qui plombe l’avenir du pays, l’insuffisance d’ouverture sur le monde, les technologies, les processus de production et d’échanges, les équilibre environnementaux, la nouvelle donne mondiale économique sociale et précisément culturelle ; simplement la compréhension de la crise. De ce fait,  la France se ratatine sur elle même, ne croit plus dans son avenir, dans son personnel politique. Mélenchon donne une respiration à cette campagne qui n’atteint pas un grand niveau. Pour de nombreuses raisons qui sont difficile d’évoquer sans perdre des voix, en tout cas c’est ce que pensent les dir.com. Si le PS est gênée par la place que prend Mélenchon, l’extrême droite l’est également car il y a pour une  partie consanguinité de l’électorat et Mélenchon n’a jamais voulu insulter l’électeur de Marine Le Pen. Mélenchon contraint à radicaliser la campagne dans un affrontement droite gauche et de ce fait Bayrou se retrouve écrasé par les deux grandes forces. Il n’y a guère que L’UPM qui se réjouit du score de Mélenchon qui affaiblit Hollande au premier tour. Un mauvais calcul en fait car, ce score renforce Hollande au second tour. Pour tout dire, Mélenchon trouble «  la sérénité »  de la campagne.

Hausse du carburant : des conséquences structurelles sur l’emploi, le logement et l’aménagement du territoire

Hausse du carburant : des conséquences structurelles sur l’emploi, le logement et l’aménagement du territoire

Les dépenses de transport représentent environ 15% du budget des ménages, c’est le poste le plus important après le logement. La hausse du carburant a des conséquences directes sur les déglacements domicile travail et donc la distance entre ces deux pôles. Nombre de bas salaires ne peuvent supporter de trop grosses charges de transport. La mobilité des travailleurs potentiels étant affectée, l’économie sera aussi touchée. Le carburant va donc peser sur la localisation du logement. Alors que les grandes banlieues de grandes villes s’étendaient t jusqu’à 30 kms environ autour du centre, la dimension va se restreindre sous le coup des frais de transport. Ce qui pourrait entrainer une sururbanisation et à l’inverse une désertification de zones trop éloignées. Conséquences donc aussi sur l’aménagement du territoire. A moins évidemment de soutenir très fortement les transports collectifs dans les zones suffisamment denses mais se posent alors de redoutables problèmes de financement. D’après l’économiste Étienne Wasmer, professeur à Sciences Po Paris, des prix élevés du carburant pourraient dissuader certains Français de prendre un emploi: «La hausse du prix des carburants, en plombant le coût des trajets entre le domicile et le travail, pourrait avoir un effet négatif sur l’emploi.»  Difficile de dire combien de personnes sont dans ce cas. Mais il est possible de dresser un portrait-robot de la victime idéale de la hausse des prix des carburants. «Ce phénomène touche plutôt les bas salaires, ceux qui ont peu d’espoir de gagner plus en allant travailler loin», indique Régis Bigot, du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc). En somme, les Français à faible qualification, payés au smic, travaillant le plus souvent à temps partiel.  En dix ans, l’intérêt d’aller travailler loin pour un Français correspondant à ces critères a fondu: les prix des carburants ont augmenté plus vite que son salaire. Du coup, le nombre de kilomètres qu’il pouvait financer avec une heure de salaire a baissé de 134 en 2002, à 116 kilomètres début 2012, avec un véhicule à essence (voir infographie). Il faut remonter à 1989 pour retrouver un si faible pouvoir d’achat rapporté au prix de l’essence (115 kilomètres). Quant au gazole, un employé payé au smic ne peut parcourir que 129 kilomètres aujourd’hui, contre 176 kilomètres en 2002. «La hausse du coût du transport réduit logiquement le périmètre de recherche d’un travail, ce qui se traduit par un allongement de la durée de chômage pour les personnes concernées», détaille Yannick L’Horty, professeur d’économie à l’université Paris-Est. Cela touche par conséquent en priorité les zones éloignées des bassins d’emploi. Par exemple, les habitants de la périphérie de l’Ile-de-France, qui connaissent statistiquement des périodes de chômage plus longues, se trouvent encore davantage pénalisés. Reste que le prix du carburant n’est qu’un facteur parmi d’autres, rappelle Yannick L’Horty. L’absence de transports en commun en est un autre. D’autre part, Pôle emploi verse des aides à la mobilité à hauteur de 20 centimes par kilomètre durant trois mois après la reprise d’un emploi, et jusqu’à un plafond de 1000 euros. Le fisc français permet aussi de déduire les frais kilométriques dans le calcul de l’impôt sur le revenu, pour ceux qui y sont assujettis. S’il est impossible de dénombrer combien de personnes renoncent à travailler à cause de l’explosion de la facture de carburant, à long terme, il est toutefois possible de le mesurer, explique Étienne Wasmer: «Aux États-Unis, le prix des carburants est trois fois moins élevé qu’en Europe. D’après nos calculs, cela explique une grande partie (3 points de pourcentage à partir des chiffres de 2000) du fossé qui existe entre les taux de chômage des deux côtés de l’Atlantique.»  La remontée des prix du carburant a pris en étau ces Français qui ont été incités, ces dernières décennies, à habiter toujours plus loin des centres-villes. Résultat, 20% des habitants des villes et des banlieues sont aujourd’hui vulnérables à une hausse continue et marquée des prix à la pompe, selon une étude du ministère du Développement durable datant de 2009. En effet, pour ces ménages, le budget automobile représente plus de 10% des dépenses.

 

France: taux d’épargne important mais concentré chez les plus riches

 

France : taux d’épargne important mais  concentré chez les plus riches

 

 

D’après « les Echos » avec les Allemands, les Français comptent parmi ceux qui épargnent le plus en Europe, où le taux d’épargne brut moyen se situait à 12 % en 2010. « Il y a une forte tradition d’épargne de précaution, qui doit correspondre à nos racines paysannes, et le développement du crédit à la consommation est bien plus limité que dans les pays anglo-saxons ou d’Europe du Sud, explique Philippe Crevel. Le taux d’épargne en France reste ainsi assez inerte.  En 2010, 94 % des Français détenaient un patrimoine. Ce qui ne signifie pas que tous peuvent épargner chaque année. L’Insee avait estimé qu’en 2003, les 20 % des ménages les plus aisés épargnaient environ un tiers de leurs revenus, soit deux fois plus que le taux d’épargne moyen. L’épargne dégagée par ces 20 % représentait les trois quarts de l’épargne totale des ménages. Inversement, les 20 % les plus pauvres avaient un taux d’épargne négatif (ils consommaient plus qu’ils ne gagnaient) ou nul en prenant en compte les transferts privés (dons de la famille, par exemple). Les 60 % restants avaient un taux d’épargne de l’ordre de 5 % à 10 %.  2011 restera une année atypique. Généralement friands d’assurance-vie, les Français se sont davantage portés vers des placements plus liquides, tels que les Livrets A (la collecte a atteint un record de 21,6 milliards) et autres livrets bancaires et dépôts à terme. La collecte d’assurance-vie s’est dégradée à partir du second semestre. Sur les trois derniers mois de l’année, les prestations versées ont même dépassé les primes encaissées, entraînant une décollecte historique de 8,4 milliards. L’assurance-vie reste cependant le placement préféré des Français avec un encours de 1.362 milliards d’euros à fin 2011. Pour la Banque de France, ces évolutions tiennent avant tout à la réduction de l’écart de rendement net entre l’assurance-vie et les produits bancaires.  En outre, les banc-assureurs ont privilégié les dépôts à terme et les épargnants ont utilisé plus que de coutume les rachats d’assurance-vie pour rembourser des crédits. En quelques années, les prélèvements sociaux sont passés de 10,5 % à 15,5 %. Le prélèvement fiscal forfaitaire a été relevé de 17 % à 19 % (et même 24 % pour les intérêts). L’exonération progressive des plus-values a été supprimée.  Les produits d’épargne conservent toutefois de nombreux avantages. Livret A, livret d’épargne populaire et plans d’épargne en actions restent défiscalisés. De même que les gains de l’assurance-vie au-delà de huit ans de détention.  Pour soutenir la consommation, le gouvernement a toujours cherché à préserver le pouvoir d’achat pendant la crise, avec un succès relatif. La stratégie récente de désendettement a ensuite été en partie motivée par la nécessité de redonner confiance aux Français, afin qu’ils puisent dans leur épargne. Le taux record d’épargne n’est donc pas un bon signe. Mais il convient de voir si le phénomène va perdurer ou pas.

 

Menaces allemandes sur EADS

Menaces allemandes sur EADS

 

Les rapports de force au sein d’EADS sont un sujet sensible, le gouvernement allemand s’étant ému récemment du poids à ses yeux trop important de la France dans la répartition des rôles et l’attribution des postes-clés d’Airbus. D’où la volonté allemande  de rééquilibrage en augmentant sa participation dans EADS Des investisseurs privés allemands du groupe aéronautique européen EADS, qui détiennent ensemble 4,5% du capital, « semblent vouloir vendre leurs parts », qui pourraient être reprises par l’Etat allemand, a indiqué mercredi une porte-parole de la banque publique KfW.  Ces investisseurs privés -des banques et des assurances- détiennent 60% de Dedalus, un consortium constitué en 2007 et qui contrôle lui-même 7,5% du capital d’EADS. Parmi eux se trouvent entre autres Deutsche Bank, Commerzbank ou encore Allianz.  Ces investisseurs « ne se sont pas encore tous exprimés » individuellement sur leur volonté de vendre leur part, mais « il semble qu’ils veulent vendre », a déclaré la porte-parole de KfW. La banque détient les participations de l’Etat dans des entreprises, et devrait se porter acquéreur le cas échéant des parts dans EADS mises en ventes.  En cas de cession de ses parts par le consortium, celles-ci peuvent en effet être apportées à l’Etat allemand, qui a une obligation de s’en rendre acquéreur, avait indiqué le ministère de l’Economie la semaine dernière, reconnaissant que le gouvernement avait constitué une provision pour un rachat éventuel de ces parts supplémentaires.  Les 40% de Dedalus restants sont aux mains d’institutions publiques allemandes, notamment les Etats régionaux dans lesquels est implanté EADS en Allemagne (Bavière, Bade-Wurtemberg, Hambourg et Brême).  Si la cession avait lieu, la participation dans EADS de l’Allemagne — Etat fédéral par le biais de KfW et Etats régionaux — pourrait donc atteindre 15%, selon la porte-parole de KfW.  En effet, il est déjà prévu que, dans le cadre du désengagement progressif du constructeur automobile Daimler, KfW rachète cette année à celui-ci une part de 7,5%, afin de préserver l’équilibre franco-allemand de l’actionnariat.  Cela « n’aura pas lieu avant le deuxième semestre », a indiqué mercredi la KfW, des obstacles juridiques devant d’abord être surmontés.  A ces 7,5%, s’ajouteraient les 4,5% que les investisseurs privés de Dedalus pourraient céder, plus environ 1% déjà détenus par KfW, et les 2% aux mains des Länder à travers Dedalus.

 

Les Bourses européennes dans le rouge depuis trois semaines

Les Bourses européennes dans le rouge depuis trois semaines

 

La correction avait été annoncée par notre site, une correction de l’ordre de 10%. Les cours étaient en effet monté artificiellement sous l’effet de l’injection massive de liquidités en faveur des banques par la BCE ; cela avait donné l’illusion que l crise financière était désormais derrière nous. En fait on s’est aperçu que cette politique très accommodante de la BCE ne profitait ni à l’économie réelle, ni au désendettement des Etats. Surtout le tassement de la croissance mondiale y compris en Chine ne pouvait qu’accroitre la crise. Les Bourses européennes ont terminé mercredi à leurs plus bas niveaux de clôture depuis trois semaines, les inquiétudes concernant la croissance américaine et la situation budgétaire de l’Espagne reprenant le dessus. A Paris, l’indice CAC 40 a perdu 1,14% pour clôturer à 3.430,15 points, juste sous sa moyenne mobile à 50 jours et sous son plus bas du 23 mars. La Bourse de Londres a cédé 1,03% et celle de Francfort 1,13%. L’indice phare de la Bourse de Madrid a abandonné 1,96%. Du côté des indices paneuropéens, l’EuroStoxx 50 a reculé de 1,13% à 2.496,68 points – sous sa moyenne mobile à 50 jours – et l’EuroFirst 300 a perdu 1,02% à 1.072,48 points – juste au-dessus de la sienne. « Les marchés ont reculé avec les bancaires, notamment espagnoles en raison de perspectives économiques atones en Espagne, et de commandes de biens durables en demi-teinte aux Etats-Unis », commente Alexandre Le Drogoff, gérant spécialiste de l’analyse technique chez Talence Gestion. Il estime que les prochains soutiens sont à 3.396 points pour le CAC 40, soit le « gap » ouvert le 8 mars, puis à 3.350-3.360 points, ses points bas de février et mars. Du côté des valeurs, Total (-1,4%) a encore pesé sur le CAC 40, comme la veille, à la suite de la fuite de gaz sur un de ses gisements en mer du Nord. Les valeurs bancaires et cycliques ont été parmi les plus affectées par le courant de ventes, notamment les banques espagnoles Banco Popular qui a perdu 3,31% et Bankia qui a cédé 3,61%. Les cours du pétrole refluent, le Brent perdant 1,3% à 123,92 dollars le baril, après une hausse plus marquée que prévu des stocks américains la semaine dernière.

Nicolas Sarkozy attaque « Le Monde »

 Nicolas Sarkozy  attaque « Le Monde »

 

Nicolas Sarkozy a affirmé hier qu’il n’avait « pas de commentaires » à faire sur un article du monde.fr, ce qui ne l’a pas empêché d’en faire un quand même. Tout et son contraire comme d’habitude. Un article  selon lequel une somme d’argent pourrait lui avoir été remise par Liliane Bettencourt entre les deux tours de la présidentielle de 2007, assurant que Le Monde faisait « campagne pour M. Hollande ». « Je n’ai pas de commentaires à faire là-dessus, aucun », a affirmé Nicolas Sarkozy. « Le Monde fait campagne pour M. Hollande, il a le droit », a-t-il ajouté, à propos de son adversaire PS à la présidentielle François Hollande. Le président-candidat s’exprimait lors d’un déplacement à Guérande (Loire-Atlantique), peu avant de tenir un meeting à Nantes.  Le site lemonde.fr a rapporté hier des propos qu’auraient tenus le photographe François-Marie Banier, en janvier, à un juge d’instruction sur une éventuelle remise d’argent à Nicolas Sarkozy par Liliane Bettencourt entre les deux tours de la présidentielle de 2007.

Méprisance : « Le Point » tente de défendre le dérapage néologique. Préoccupation littéraire ou simplement servilité ?

Méprisance :  » le Point »   tente de défendre le dérapage néologique. Préoccupation  littéraire ou simplement servilité ?

 

 Le Point : « Comme elle sonne surannée, archaïque, cette « méprisance » lâchée à Nantes par le président de la République, mardi. « Je veux apporter des réponses. Oh, des réponses qu’on ne comprendra pas dans un certain nombre de cercles dirigeants. Des réponses qu’on va regarder avec cette… méprisance, cette attitude hautaine. »  À peine le mot était-il prononcé que les réseaux sociaux le dupliquaient en cascades. Pourtant, l’emploi n’est pas aussi insolite que celui de « bravitude » par Ségolène Royal, lors de la campagne de 2007. Le candidat a en réalité déterré ce mot du… XIVe siècle !  C’est beau comme du Dante (qui l’emploie) ou comme du Musset (et sa désespérance)… à moins que ce ne soit un exemple encore de la contagion d’un emploi aujourd’hui très apprécié du suffixe -ance, accolé en point d’orgue à diverses racines (gouvernance, bien-pensance…). Le phénomène projette un brouillard sur le sens du mot, qu’on interprète en hypothèses dispersées – gouvernement, on voit, mais gouvernance ? Un art ? Une pratique ? Un processus ? Une manière ? Toujours est-il que l’emploi du mot surprend, de la part d’un orateur politique qui a plutôt opté, au cours des dernières années, pour un registre ordinaire, populaire. Une désaccoutumance ? ».  Le  Point qualifie de populaire ce qu’il conviendrait de nommer tout simplement vulgaire ; « casse-toi, pauvre con » ! , ce n’est pas de Dante ou de Musset. On imagine mal De Gaulle s’exprimer de cette manière.

 

Le candidat centriste, François Bayrou, dans l’expectative

Le candidat centriste, François Bayrou, dans l’expectative

François Bayrou est désormais en cinquième position dans les intentions de vote. Pourtant, dans son camp, on affiche la même détermination. « La cinquième place est une hypothèse que nous n’envisageons pas », assure Bernard Lehideux, proche de François Bayrou, joint par Europe1.fr. « Une campagne électorale, ça se vit jour après jour, marche après marche, et quand on est en campagne, on ne se pose pas ce type de question. J’y croirai jusqu’à ce que le dernier bureau de vote ferme », assure ce membre actif du comité de campagne du candidat centriste. Mais le mal est profond, au moins à la gauche de François Bayrou. « Le discours du Bourget de François Hollande (le 20 janvier, ndlr), sur la République et sur la France, a parlé à toute une partie de l’électorat centriste », analyse pour Europe1.fr Stéphane Rozès, président du CAP (Conseil, analyse et perspective). « Le candidat socialiste a ainsi asséché l’espace de centre gauche pour François Bayrou ». L’autre problème du candidat du MoDem est qu’il n’arrive pas non plus à gagner du terrain sur sa droite. « On aurait pu penser que le discours très droitier de Nicolas Sarkozy lors de son entrée en campagne lui libérerait plus d’espace », confirme Stéphane Rozès. « Mais le président sortant a fait, sans doute à regret, acte de contrition, sur le Fouquet’s, le yacht de Bolloré, l’Epad et Jean Sarkozy, ses mots lors du Salon de l’Agriculture, bref sur la façon dont il a abaissé la fonction présidentielle. Et ça c’est très important dans l’électorat de François Bayrou. » En outre, poursuit le politologue, « Nicolas Sarkozy a réoccupé l’imaginaire de la droite. Donc l’électorat de droite mécontent de son quinquennat est désormais dans une attitude de « wait and see » dans les intentions de vote, et n’a pas encore basculé vers François Bayrou. » Ce dernier point nourrit les espoirs de l’entourage du candidat centriste. « L’électorat de Nicolas Sarkozy est dans l’expectative. Beaucoup de français hésitent », veut ainsi croire Bernard Lehideux. « De plus en plus d’électeurs font les choix dans les derniers jours, dans les dernières heures. Cela montre qu’il faut continuer à faire campagne », assure l’ancien député européen. L’homme se veut d’autant plus optimiste qu’il voit dans la situation actuelle un simple « moment » défavorable à son candidat. « Il y a eu deux séquences récentes qui ont un peu étouffé les autres candidats. D’abord les suites de l’abomination de Toulouse, c’est-à-dire que la présence du président de la République en tant que telle a un peu écrasé la campagne. Et puis deuxièmement, le fait que Monsieur Mélenchon est à la mode, et que tout le monde regarde dans cette direction au lieu de regarder ailleurs. » Mais la « séquence Bayrou n’est-elle pas passée ? « On va en créer une autre », sourit Bernard Lehideux en guise de réponse. Pas sûr que cela soit si simple. « François Bayrou est celui qui dépend le plus des autres », estime Stéphane Rozès. « Il dépend de la capacité de François Hollande et de Nicolas Sarkozy de creuser leur sillon. Le scénario le plus favorable pour le candidat centriste, c’est celle d’une faute de Nicolas Sarkozy. C’est lui qui est dans la guerre de mouvement, c’est donc lui qui est le plus susceptible de commettre une erreur », affirme le politologue. François Bayrou n’a semble-t-il pas son destin en main. Et ses 18,37% des suffrages réunis en 2007 s’éloignent de plus en plus.

Financement illicite de la campagne de Sarkozy en 2007 : scandale d’Etat ou pratique habituelle ?

Financement illicite de la campagne de Sarkozy en 2007 : scandale d’Etat ou pratique habituelle ?

La tentaculaire affaire Bettencourt n’en finit pas de faire des vagues et s’invite dans la campagne. Les dernières révélations dans la presse se concentrent sur des sommes qui auraient transité par Patrice de Maistre, ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, mis en examen et écroué. Leur destination : un possible financement illicite de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Du PS au FN, la classe politique a sommé le président-candidat de s’expliquer. Europe1 récapitule les dernières révélations, et les réactions qu’elles ont suscitées. Acte I : des révélations dans la presse. Le 14 mars, l’hebdomadaire Marianne évoque le rapatriement, depuis les comptes suisses de Liliane Bettencourt, de quatre millions d’euros en liquide, par Patrice de Maistre. Dimanche, le JDD, se basant sur l’ordonnance rédigée par le juge Jean-Michel Gentil pour incarcérer Patrice de Maistre, évoque un retour de fonds de 400.000 euros. L’argent serait arrivé le 5 février 2007, à l’avant-veille d’un rendez-vous entre Patrice de Maistre et Eric Woerth, alors trésorier de l’UMP. Claire Thibout, ex-comptable de Liliane Bettencourt, a toujours affirmé que Patrice de Maistre lui avait dit vouloir remettre de l’argent à Eric Woerth. Un autre retour, du même montant, est découvert à la date du 26 avril 2007. Le même jour, dans son journal, François-Marie Banier, à l’époque proche de l’héritière de L’Oréal, évoque une confidence de la milliardaire : « De Maistre m’a dit que Sarkozy avait encore demandé de l’argent. J’ai dit oui », écrit-il. Le photographe fournit au juge Gentil des explications embarrassées, selon Le Monde. Il explique notamment qu’au moment où il note cette phrase dans son carnet, « elle n’a pas encore donné cet argent et on ne sait pas si elle le donnera ». « Je ne suis pas sûr qu’elle ait mentionné le nom de Sarkozy, mais c’était quelqu’un d’important », poursuit-il.  D’après le quotidien du soir, un ancien chauffeur aurait dit au juge, le 8 mars, qu’une ancienne gouvernante lui avait fait confié qu’à l’époque, « Monsieur Sarkozy était venu pour un rendez-vous voir Monsieur et Madame très rapidement, que c’était pour demander des sous ». Acte II : Sarkozy sommé de s’expliquer. Dans la foulée des révélations de la presse, la classe politique s’en prend à Nicolas Sarkozy. Benoît Hamon, porte-parole du PS, estime ainsi lundi que le président-candidat, « directement visé », doit « cesser de fuir, de s’échapper, de s’abriter derrière d’autres » et « s’expliquer ».Le Front national réagit à son tour, par la voix de Wallerand de Saint Just, le porte-parole de campagne de Marine Le Pen. Celui-ci appelle Nicolas Sarkozy à s’expliquer, estimant que « les soupçons sur la régularité du financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy existaient déjà » et sont « considérablement renforcés ».  Même son de cloche du côté du MoDem, où le porte-parole Yann Werhling juge « souhaitable que l’on sache très vite » ce qu’il en est de ces informations ». « C’est tout le pays qui a besoin de savoir », lance-t-il. Quant à Eva Joly, candidate Europe Ecologie-Les Verts et ancienne juge d’instruction, elle appelle, aussi, le président-candidat à « renoncer à son immunité et à aller s’expliquer ». Acte III : le camp Sarkozy dit stop. Après un silence de quelques jours, le camp de Nicolas Sarkozy finit par répliquer. Nadine Morano est la première à dégainer mardi soir. La ministre de l’Apprentissage estime que « la ficelle est très, très grosse » de ceux qui veulent faire « l’amalgame » entre l’affaire Bettencourt et le financement de la campagne en 2007. « Nous ne sommes dupes de rien », lance pour sa part Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP. Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement, déplore quant à elle le « mépris » du PS pour la présomption d’innocence et voit dans les « attaques » contre le président-candidat un signe que « l’antisarkozysme est certainement l’unique moteur de leur campagne ». « Il faudrait faire un parallèle intéressant […] entre la résurgence dans les médias des tentatives de faire le lien entre Nicolas Sarkozy et différentes affaires politico-financières et les sondages », tacle Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy.  Le principal intéressé, lui, se montre lapidaire. Interrogé sur le sujet, il dit n’avoir « pas de commentaire » à faire, se contentant de lâcher : « Le Monde fait campagne pour François Hollande, il a le droit ». Pas sûr que cela suffise à éteindre la polémique. Manuel Valls, porte-parole de campagne de François Hollande, a estimé mercredi qu’on était « aux portes d’un scandale d’Etat ».

Le PS bousculé par Mélenchon

Le PS bousculé par Mélenchon

Le PS ne croyait pas tellement à un tel score de Mélenchon dans les sondages ; Du coup les socialistes s’interrogent sur la stratégie à suivre vis-à-vis du front de gauche. « Je peux passer devant François Hollande. Il y a un mois, personne ne pensait que je pourrais passer devant tous les autres », s’est réjoui le candidat devant les 23.000 personnes venues assister à son meeting à Lille mardi soir. Jean-Luc Mélenchon n’entend d’ailleurs pas plier face au PS, alors que le candidat socialiste cherche à donner un second souffle à sa campagne et appelle à un large rassemblement autour de sa candidature dès le 1er tour. Face à la dynamique Mélenchon, le camp Hollande se divise entre indifférence et volonté de calmer le jeu. La scène est relatée par Le Monde mercredi. Lors du bureau national du PS, qui s’est tenu la veille, le désaccord entre Laurent Fabius et Marie-Noëlle Lienemann est flagrant. L’ex-Premier ministre prône, lui, une stratégie offensive, consistant à attaquer les propositions de Jean-Luc Mélenchon. Le Monde cite notamment les questions de « la régularisation des sans-papiers, la nationalisation de Total ou la tenue d’une assemblée constituante ». Réaction immédiate de Marie-Noëlle Lienemann : « Ce n’est pas en tapant sur Jean-Luc qu’on fera progresser le score de François au premier tour ». Interrogée par Publicsenat.fr mercredi, la sénatrice PS, située à la gauche du parti remet le couvert. Réclamant « un nouveau tempo, un nouveau souffle » dans la campagne de François Hollande, celle qui fut avec Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray l’animatrice du courant de la gauche socialiste dans les années 90′, lance un appel à ses camarades. « Il faudra bien travailler à des convergences avec nos alliés. Ne fermons pas la porte. Il ne s’agit pas d’avoir des tractations derrière les rideaux, mais de préparer des convergences législatives », prévient-elle. L’ex-ministre de Lionel Jospin demande ainsi « une nouvelle étape » menant à un accord avec le Front de gauche. Des propos qui tranchent avec le discours du député PS Jérôme Cahuzac mardi. Le président de la Commission des finances de l’Assemblée, a provoqué l’ire de Jean-Luc Mélenchon en expliquant, en substance (« dès lors que l’on soutient la candidature de François Hollande, on approuve son programme ») que le programme de François Hollande serait à prendre ou à laisser pour Jean-Luc Mélenchon, si celui-ci était devancé par le candidat PS au premier tour. Une « erreur », juge Marie-Noëlle Lienemann au lendemain des déclarations du socialiste. « Tout ce qui est de nature à entretenir un débat polémique ou de mauvaises relations au sein de la gauche est une erreur ». « Notre ami Jérôme Cahuzac aurait mieux fait de ne pas rentrer dans une logique de cette nature », martèle la sénatrice, qui insiste sur un point : « les gestes à faire rendant possible le rassemblement à gauche doivent être faits par François Hollande ».  Mais alors le député PS Jean-Christophe Cambadélis estime « plutôt positive » la poussée dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon – puisque, selon lui, les électeurs du candidat du Front de gauche « se reporteront certainement » sur François Hollande au second tour – le candidat socialiste a préféré mettre en garde ses futurs électeurs, mercredi matin sur Europe 1. « Il y a d’abord le premier tout, il est décisif », a insisté François Hollande avant d’ajouter : « nous devons créer la dynamique dès le premier tour. J’appelle tous les électeurs a bien comprendre cette logique. C’est au premier tour que le mouvement se fait ».

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mercerdi 28 mars 2012

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Delors : le Pacte budgétaire est « une usine à gaz »

Delors : le Pacte budgétaire est « une usine à gaz »

Le pacte de discipline budgétaire récemment adopté par 25 des 27 pays membres de l’UE est une « usine à gaz » et il « doit être revu », a affirmé mercredi l’ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, en demandant aux dirigeants européens de ne pas oublier « la solidarité qui unit ». « L’Union économique et monétaire est prise dans un étau entre le feu qui couve encore sur les marchés financiers –principal argument de ceux qui veulent nous imposer le pacte budgétaire– et le risque d’une stagnation qui entraînerait l’Europe vers son déclin », a affirmé Jacques Delors au cours d’un colloque organisé par les socialistes européens. L’assainissement financier est « nécessaire », mais il faut aussi « redonner confiance à une Europe dans son dynamisme, dans sa croissance et sa création d’emplois », a souligné l’ancien ministre des Finances du président socialiste François Mitterrand. Sans jamais citer le nom du candidat socialiste à l’élection présidentielle en France, François Hollande, Jacques Delors a semblé faire sienne la proposition du candidat de renégocier ce traité s’il est élu président.

Retraites : augmentation de 2,1% le 1 er avril

Retraites :  augmentation de  2,1% le 1 er avril

Qu’ils soient anciens fonctionnaires ou salariés du privé, les 15 millions de retraités français verront leurs pensions de base progresser de 2,1 % le 1er avril. Cette hausse s’appliquera pour les pensions d’avril, versées début mai. Ce taux résulte de l’inflation hors tabac prévue pour 2012 à 1,8% selon l’estimation dévoilée cet après-midi devant la Commission économique de la nation, chiffre auquel on ajoute 0,3 point de rattrapage au titre de 2011 (l’écart entre l’inflation qui était prévue et le taux constaté).  Ce mécanisme permet de maintenir le niveau de vie des retraités. Inscrit dans la loi de 2003, il est en fait pratiqué depuis les années 1980. « Nous prenons acte de cette stabilité du pouvoir d’achat moyen, mais elle ne doit pas faire oublier le problème des petites retraites », souligne Daniel Druesne, de la CFDT-retraités. Par ailleurs, les retraites complémentaires Agirc-Arrco (dont le mode de calcul est un peu différent) augmenteront de 2,3 % au 1er avril. En revanche, les prestations familiales et les aides au logement ne sont relevées que de 1 % cette année, une désindexation décidée dans le cadre du deuxième plan de rigueur. Tous régimes confondus, de base et complémentaires, la pension moyenne d’un retraité atteignait 1.216 euros par mois en 2010 (sans tenir compte des pensions de réversion pour les veufs et veuves). Reflet des inégalités de revenus d’activité, les pensions des femmes sont inférieures de 38 % à celles des hommes, même si l’écart tend à se réduire. Le minimum vieillesse, qui garantit un niveau de ressources aux personnes âgées les plus modestes, augmente quant à lui plus vite : +4,7 % ce 1er avril, ce qui le portera à 777 euros par mois pour une personne seule et 1.237 euros pour un couple. Cette allocation aura progressé de 25 % entre 2007 et 2012, conformément à la promesse de Nicolas Sarkozy. « Elle reste néanmoins très inférieure au seuil de pauvreté qui est de 954 euros par mois pour une personne seule », souligne Daniel Druesne. La pension moyenne a augmenté de 3 % par an entre 2005 et 2010, selon la Drees, pour qui cette amélioration s’explique par « le remplacement des retraités les plus âgés, décédés en cours d’année, par de nouveaux retraités disposant généralement de carrières salariales plus favorables ».

 

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