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Menaces allemandes sur EADS

Menaces allemandes sur EADS

 

Les rapports de force au sein d’EADS sont un sujet sensible, le gouvernement allemand s’étant ému récemment du poids à ses yeux trop important de la France dans la répartition des rôles et l’attribution des postes-clés d’Airbus. D’où la volonté allemande  de rééquilibrage en augmentant sa participation dans EADS Des investisseurs privés allemands du groupe aéronautique européen EADS, qui détiennent ensemble 4,5% du capital, « semblent vouloir vendre leurs parts », qui pourraient être reprises par l’Etat allemand, a indiqué mercredi une porte-parole de la banque publique KfW.  Ces investisseurs privés -des banques et des assurances- détiennent 60% de Dedalus, un consortium constitué en 2007 et qui contrôle lui-même 7,5% du capital d’EADS. Parmi eux se trouvent entre autres Deutsche Bank, Commerzbank ou encore Allianz.  Ces investisseurs « ne se sont pas encore tous exprimés » individuellement sur leur volonté de vendre leur part, mais « il semble qu’ils veulent vendre », a déclaré la porte-parole de KfW. La banque détient les participations de l’Etat dans des entreprises, et devrait se porter acquéreur le cas échéant des parts dans EADS mises en ventes.  En cas de cession de ses parts par le consortium, celles-ci peuvent en effet être apportées à l’Etat allemand, qui a une obligation de s’en rendre acquéreur, avait indiqué le ministère de l’Economie la semaine dernière, reconnaissant que le gouvernement avait constitué une provision pour un rachat éventuel de ces parts supplémentaires.  Les 40% de Dedalus restants sont aux mains d’institutions publiques allemandes, notamment les Etats régionaux dans lesquels est implanté EADS en Allemagne (Bavière, Bade-Wurtemberg, Hambourg et Brême).  Si la cession avait lieu, la participation dans EADS de l’Allemagne — Etat fédéral par le biais de KfW et Etats régionaux — pourrait donc atteindre 15%, selon la porte-parole de KfW.  En effet, il est déjà prévu que, dans le cadre du désengagement progressif du constructeur automobile Daimler, KfW rachète cette année à celui-ci une part de 7,5%, afin de préserver l’équilibre franco-allemand de l’actionnariat.  Cela « n’aura pas lieu avant le deuxième semestre », a indiqué mercredi la KfW, des obstacles juridiques devant d’abord être surmontés.  A ces 7,5%, s’ajouteraient les 4,5% que les investisseurs privés de Dedalus pourraient céder, plus environ 1% déjà détenus par KfW, et les 2% aux mains des Länder à travers Dedalus.

 

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