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Hausse du carburant : des conséquences structurelles sur l’emploi, le logement et l’aménagement du territoire

Hausse du carburant : des conséquences structurelles sur l’emploi, le logement et l’aménagement du territoire

Les dépenses de transport représentent environ 15% du budget des ménages, c’est le poste le plus important après le logement. La hausse du carburant a des conséquences directes sur les déglacements domicile travail et donc la distance entre ces deux pôles. Nombre de bas salaires ne peuvent supporter de trop grosses charges de transport. La mobilité des travailleurs potentiels étant affectée, l’économie sera aussi touchée. Le carburant va donc peser sur la localisation du logement. Alors que les grandes banlieues de grandes villes s’étendaient t jusqu’à 30 kms environ autour du centre, la dimension va se restreindre sous le coup des frais de transport. Ce qui pourrait entrainer une sururbanisation et à l’inverse une désertification de zones trop éloignées. Conséquences donc aussi sur l’aménagement du territoire. A moins évidemment de soutenir très fortement les transports collectifs dans les zones suffisamment denses mais se posent alors de redoutables problèmes de financement. D’après l’économiste Étienne Wasmer, professeur à Sciences Po Paris, des prix élevés du carburant pourraient dissuader certains Français de prendre un emploi: «La hausse du prix des carburants, en plombant le coût des trajets entre le domicile et le travail, pourrait avoir un effet négatif sur l’emploi.»  Difficile de dire combien de personnes sont dans ce cas. Mais il est possible de dresser un portrait-robot de la victime idéale de la hausse des prix des carburants. «Ce phénomène touche plutôt les bas salaires, ceux qui ont peu d’espoir de gagner plus en allant travailler loin», indique Régis Bigot, du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc). En somme, les Français à faible qualification, payés au smic, travaillant le plus souvent à temps partiel.  En dix ans, l’intérêt d’aller travailler loin pour un Français correspondant à ces critères a fondu: les prix des carburants ont augmenté plus vite que son salaire. Du coup, le nombre de kilomètres qu’il pouvait financer avec une heure de salaire a baissé de 134 en 2002, à 116 kilomètres début 2012, avec un véhicule à essence (voir infographie). Il faut remonter à 1989 pour retrouver un si faible pouvoir d’achat rapporté au prix de l’essence (115 kilomètres). Quant au gazole, un employé payé au smic ne peut parcourir que 129 kilomètres aujourd’hui, contre 176 kilomètres en 2002. «La hausse du coût du transport réduit logiquement le périmètre de recherche d’un travail, ce qui se traduit par un allongement de la durée de chômage pour les personnes concernées», détaille Yannick L’Horty, professeur d’économie à l’université Paris-Est. Cela touche par conséquent en priorité les zones éloignées des bassins d’emploi. Par exemple, les habitants de la périphérie de l’Ile-de-France, qui connaissent statistiquement des périodes de chômage plus longues, se trouvent encore davantage pénalisés. Reste que le prix du carburant n’est qu’un facteur parmi d’autres, rappelle Yannick L’Horty. L’absence de transports en commun en est un autre. D’autre part, Pôle emploi verse des aides à la mobilité à hauteur de 20 centimes par kilomètre durant trois mois après la reprise d’un emploi, et jusqu’à un plafond de 1000 euros. Le fisc français permet aussi de déduire les frais kilométriques dans le calcul de l’impôt sur le revenu, pour ceux qui y sont assujettis. S’il est impossible de dénombrer combien de personnes renoncent à travailler à cause de l’explosion de la facture de carburant, à long terme, il est toutefois possible de le mesurer, explique Étienne Wasmer: «Aux États-Unis, le prix des carburants est trois fois moins élevé qu’en Europe. D’après nos calculs, cela explique une grande partie (3 points de pourcentage à partir des chiffres de 2000) du fossé qui existe entre les taux de chômage des deux côtés de l’Atlantique.»  La remontée des prix du carburant a pris en étau ces Français qui ont été incités, ces dernières décennies, à habiter toujours plus loin des centres-villes. Résultat, 20% des habitants des villes et des banlieues sont aujourd’hui vulnérables à une hausse continue et marquée des prix à la pompe, selon une étude du ministère du Développement durable datant de 2009. En effet, pour ces ménages, le budget automobile représente plus de 10% des dépenses.

 

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