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Archive mensuelle de février 2012

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« Sarkozy, ça suffit, il faut dire stop » d’après Bayrou

« Sarkozy, ça suffit, il faut dire stop » d’après Bayrou

 

Pour le candidat centriste à la présidentielle, le ton de la campagne est désormais donné: ce sera «valeurs contre valeurs». Le leader centriste, qui prône «les valeurs humanistes», en est convaincu: cette fois, «les Français sont devant un choix de civilisation».  Devant quelques centaines de sympathisants, François Bayrou a donc estimé que cette journée intervenait à «un moment clé» de la campagne. «C’est une heure de vérité», a-t-il répété, jugeant les orientations de Nicolas Sarkozy «choquantes» et «bouleversantes». «Pour nous, la République n’abandonne pas les plus faibles, pour nous, humanisme, signifie nécessairement en même temps liberté et solidarité», a-t-il lancé.  Citant l’idée d’un référendum sur les droits des chômeurs avancé par le chef de l’Etat, François Bayrou, sous les applaudissements de la salle, a affirmé: «Ce que Nicolas Sarkozy propose aujourd’hui, c’est à mes yeux la négation d’un certain nombre de valeurs de la France.»  L’occasion encore pour le candidat centriste, de retrouver un nouvel élan à la tribune: «Une société se juge au traitement qu’elle réserve aux plus faibles de ses membres». Pour lui, donc, «le moment est venu de lancer un appel: je le dis à tous les Français qui ont une certaine idée de la France, qui sont des républicains et qui sont des humanistes, qu’il y a des choses qu’on n’a pas le droit de laisser dire, de laisser faire. Il est un moment où la politique s’arrête et, où l’essentiel commence! C’est-à-dire, la défense du monde qu’on veut transmettre aux enfants». Et de lancer «Ça suffit, il faut dire stop».

800.000 fonctionnaires territoriaux en plus que le transfert de compétences ne justifie pas, coût une vingtaine de milliards par an.

800.000 fonctionnaires  territoriaux en plus que le  transfert de compétences ne justifie pas, coût une vingtaine de milliards  par an.

Les collectivités et leurs satellites représentaient, en 2009, 1,9 million d’emplois contre 1,1 million en 1988. L’ensemble pèse 34 % des agents publics et 9 % de la population active française. Tous ces chiffres sont très approximatifs car il faudrait prendre en compte les effectifs des organismes privés qui travaillent  sur des missions de service public.  Le rapport de la Cour des comptes de 2009 est sans ambigüité sur les embauches non justifiées par les transferts de compétences. Confier à des structures intercommunales de plus en plus de fonctions devait s’accompagner en théorie d’économies de personnels dans les communes. Les effectifs des premières ont grimpé de 9,7 % entre 1998 et 2009 pour atteindre 149.000 agents. Mais, dans le même temps, les communes ont continué à recruter : 138.000 agents (principalement avant 2003), soit une augmentation annuelle de 1,4 %. En 2010, les dépenses de personnel s’élevaient à 32,6 milliards pour les communes contre 5,38 milliards pour les intercommunalités.  Les collectivités territoriales ont considéré de façon très générale que leurs nouvelles compétences nécessitaient un renforcement des moyens pour améliorer tant leur administration que le niveau du service public. La reprise de la gestion des TOS en est une parfaite illustration puisque les collectivités régionales et départementales ont renforcé leurs directions des ressources humaines au-delà de la simple reprise des agents administratifs transférés des rectorats. S’il existe un lien général entre la décentralisation et la montée en puissance de la fonction publique territoriale, la Cour des comptes relève que la progression est particulièrement forte pour des échelons territoriaux qui ne sont pas concernés au premier chef par la décentralisation. La croissance totale des effectifs a été de 62,8 % dans les collectivités territoriales entre 1980 et 2006. Les effectifs les plus importants sont dans les communes et dans les structures intercommunales. L’augmentation a été depuis 1980 de 47,5 % dans les premières et de 147 % dans les secondes. Ces collectivités n’ont pourtant été concernées que de façon marginale par la décentralisation. Les travaux des juridictions financières sur l’intercommunalité ont ainsi confirmé que la généralisation d’un double niveau d’administration des services publics de proximité s’accompagnait d’un surcroît de personnel, rémanent dans les communes, émergent dans les intercommunalités. L’impact de la décentralisation sur l’allègement de l’Etat a été jusqu’à présent dilué et différé. Pourtant, les mesures de décentralisation engagées depuis les années 1980 auraient dû se traduire, toutes choses égales par ailleurs, par un allègement corrélatif des effectifs de l’Etat. Or les effectifs totaux de l’Etat ont augmenté de 1980 à 2006 de 351.271 agents, soit + 16,16 %. L’acte I de la décentralisation a ainsi eu peu d’impact sur les effectifs de l’Etat en raison de l’absence de transfert des personnels des directions départementales de l’équipement chargées des routes départementales ou des techniciens et ouvriers de services des collèges et lycées. L’effet sur les effectifs est en revanche plus marqué avec l’acte II de la décentralisation. Fin 2008, il restait, au titre de la décentralisation, 20 000 agents à transférer par rapport à des effectifs concernés par la loi de 2004 de l’ordre de 128 000 agents. Le mouvement a donc été massif et rapide. Au total, la décentralisation n’a commencé à avoir des effets réellement significatifs sur le volume des effectifs de l’Etat qu’à partir de 2006 et sur ses dépenses de personnel plus tardivement encore en raison des délais d’option laissés aux agents entre les deux fonctions publiques. De même l’Etat n’en a que tardivement tiré les conséquences sur sa propre organisation territoriale. Elles se concrétiseront à partir de 2010 par la réforme des services déconcentrés.  Conclusion, une décentralisation coûteuse et  finalement inefficace sur le plan financier  (coût une vintaine de milliards par an) et discutable sur le plan socio-économique.

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Impôts sur les sociétés : Total paye 2.5% et les PME 27.5% !!

Impôts sur les sociétés : Total paye 2.5% et les PME 27.5% !!

 

Total  a payé cette année 2.5% d’impôt sur les sociétés, c’est mieux qu’en 2011, total  n’avait pas été imposé. En moyenne les PME, elles,  payent 27.5% Le  taux facial de l’IS en France est fixé à 33,3 %, le taux implicite d’imposition, c’est-à-dire le rapport entre l’impôt sur les sociétés réellement payé et le bénéfice brut, se monte, selon le Conseil des prélèvements obligatoires, à 28 % pour les très petites entreprises, mais il baisse au fur et à mesure que la taille des entreprises croît pour s’établir à 13 % pour les grandes entreprises qui emploient plus de 2 000 salariés et à 8 % pour les entreprises du CAC 40. Dans le document de Gilles Carrez, les chiffres diffèrent, mais les écarts demeurent : le taux implicite de l’impôt payé par les plus grands groupes français n’est que de 18,6 %, contre 39,5 % pour les petites et moyennes entreprises et 27,5 % en moyenne pour l’ensemble des sociétés, soit un écart de près de 21 points entre PME et groupes du CAC 40. Et, comme chacun le sait depuis le printemps dernier, Total, première capitalisation boursière de la place de Paris, ne s’acquitte d’aucun impôt sur les sociétés, malgré ses 10 milliards d’euros de profits annuels. Pour Total, 2011 a été une très bonne année. Le groupe pétrolier français a engrangé un bénéfice total de 12,3 milliards d’euros, soit plus d’un milliard d’euros par mois ! Même les groupes bancaires, dont les performances sont régulièrement pointées du doigt, n’arrivent pas à la cheville de ce résultat. Cette performance rapproche un peu plus Total de son record historique de 13,9 milliards d’euros en 2008. La compagnie la doit surtout à l’envolée des cours du pétrole l’an dernier. Les révoltes du printemps arabe, notamment en Tunisie et en Libye, ont perturbé l’approvisionnement mondial et fait décoller les prix : en moyenne, le baril de brent a augmenté de 40% entre 2010 et 2011, pour terminer l’année à 112,15 dollars. Dans une tentative désespérée de désamorcer la polémique, Christophe de Margerie, le P-DG de Total, a voulu mettre un terme aux « fantasmes » sur les « profits insolents » de son groupe en leur opposant la réalité des investissements. Total a en effet investit 22 milliards d’euros dans ses installations l’an dernier, et prévoit d’en investir 20 milliards de plus en 2012. « Nos profits sont plus qu’utiles, et surtout garants de nos investissements », a-t-il souligné. M. de Margerie aura toutefois bien du mal à convaincre. Car en plus de réaliser des profits record, Total devrait cette année encore payer un montant extrêmement faible d’impôt. 1,2 milliard d’euros seulement devrait rentrer dans les caisses de l’État, dont à peine 300 millions au titre de l’impôt sur les sociétés. Pour faire simple, sur un impôt censé représenter un tiers des bénéfices, Total verse l’équivalent de 2,5% de ce qu’il a gagné ! C’est tout de même mieux que l’an dernier, puisqu’en 2011 le groupe n’avait tout simplement pas payé d’impôt sur les sociétés.

167 000 euros par an pour la protection de Pierre Sarkozy fils ainé du président

167 000 euros par an pour la protection de Pierre Sarkozy fils ainé du président

Le fils aîné du président Nicolas Sarkozy, Pierre Sarkozy, bénéficie en permanence d’une protection policière, en France et à l’étranger, ont indiqué samedi les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur, réagissant à une information du site internet Mediapart. Pierre Sarkozy, 26 ans, producteur de rap connu dans le milieu musical sous le nom de DJ Mosey, « bénéficie en permanence d’une protection policière à l’étranger ou en France. La protection des proches du chef de l’Etat est légitime et nécessaire », a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet. Alors que Le Canard Enchaîné a révélé début février que le rapatriement d’Ukraine du DJ de fils aîné du président de la République avait coûté près de 40.000 euros puisqu’il avait emprunté après son hospitalisation un Falcon 50, Mediapart s’interroge aujourd’hui sur le coût de la sécurité rapprochée de Pierre Sarkozy. Le mélomane de la famille présidentielle doit se rendre au Brésil du 20 au 26 février prochains, en pleine saison des carnavals, pour une série de concerts en boîte de nuit. Cette fois, s’il ne montera pas à bord d’un avion appartenant à l’Escadron de transport, d’entraînement, et de calibration (Etec) - généralement utilisés pour transporter le personnel du Ministère de la Défense ou pour des missions spéciales au profit des hautes autorités de l’Etat – il s’agirait là, entres autres, d’ouvrir un carré VIP très spécial pour le fils de Nicolas Sarkozy dans les aéroports brésiliens. D’après un courrier que Mediapart s’est procuré, adressé le 1er février au ministère brésilien des relations extérieures, l’ambassade française « sollicite l’ouverture du salon d’honneur » dans chacun des trois aéroports qu’il doit traverser (Sao Paulo, Rio et Florianopolis). « Les services français signalent au passage que Pierre Sarkozy voyagera avec sa bande : un ami photographe et Fama Niang, sa « manageuse » et ancienne directrice artistique dans la société de production de Carla Bruni », écrit Mediapart ce samedi.  Il aurait aussi été demandé aux services brésiliens d’assurer la protection de Pierre Sarkozy avec « le concours de la Police fédérale » brésilienne. Cependant, ce courrier dévoile surtout le dispositif de sécurité français dont bénéficie le « DJ ». Dans leur lettre, les services de l’ambassade réclament en effet « une autorisation d’introduction et de port d’armes à feu sur le territoire (brésilien) en faveur de deux officiers ». Il s’agit de deux policiers du GSPR (le groupement de sécurité du président de la République) « qui escortent le fils du chef de l’Etat dans ses déplacements aux quatre coins du monde ».  D’après un rapport du député Jean Launay (PS), consacré aux dépenses de l’Elysée, le coût d’un salaire pour un policier du GSPR atteint 83.645 euros par an. Mediapart « extrapole » donc ce chiffre à 167.000 euros par an de coût à la République pour la sécurité rapprochée de Pierre Sarkozy « rien qu’en rémunérations » de ces deux agents policiers. « Restent les frais de bouche, le matériel, le transport, etc. », poursuit le site d’informations.  Mediapart ne manque pas, non plus, de rappeler tous les lieux où l’on a pu voir apparaître ces derniers mois le jeune homme de 26 ans, en recensant sur la Toile des vidéos preuves à l’appui de quelques uns de ses déplacements à l’étranger. En Ukraine, où il a mixé en juin au « b-hush » une boîte de nuit de Kiev. En Suisse au festival de Zurich fin juillet. En Autriche, où il s’est produit au « Posh Club » de Vienne à la mi-octobre. En Russie, en Allemagne… Interrogé par le site d’informations, le député socialiste René Dosière – récemment à l’origine d’un livre sur le train de vie mené par Nicolas Sarkozy avec l’argent de l’Etat depuis le début de son quinquennat – trouve « évidemment nécessaire de protéger certains membres de la famille du chef de l’Etat ». Cependant, dans le cas de Pierre qui est un adulte – ce qui n’est pas le cas de Louis qui a 14 ans et qui vit avec sa mère Cécilia aux Etats-Unis, le fils aîné du président français « a sa propre indépendance financière », souligne le député. Il s’interroge : « L’Etat doit-il protéger Pierre (…) quand il parcourt le monde pour ses activités professionnelles ? ».

 

L’Allemagne se prépare à lâcher la Grèce

L’Allemagne se prépare à lâcher la Grèce

 

 

Les propos de l’Allemagne sont clairs : la Grèce doit plier ou quitter l’euro. « Les promesses de la Grèce ne nous suffisent plus. Ils doivent, lors d’un nouveau programme, d’abord mettre en œuvre les parties de l’ancien programme et économiser », a déclaré M. Schäuble, dans une interview au journal dominical Welt am Sonntag.  De son côté, M. Westerwelle a martelé: « ce qui compte maintenant ce sont seulement les actes », dans un entretien à l’hebdomadaire Der Spiegel, dont des extraits étaient disponibles samedi. Et d’ajouter: « Cela ne suffit pas d’adopter des programmes de réformes. Il est également nécessaire de commencer sans attendre la mise en œuvre de ces réformes. Pas n’importe quand, maintenant. »  Il a exclu tout paiement à l’avance à la Grèce si celle-ci n’appliquait pas dès maintenant les mesures d’économies promises.   »Nous aidons avec plaisir, mais nous ne devons pas donner le sentiment aux autres pays qu’ils ne doivent pas faire d’efforts. Chacun est responsable de soi-même », a insisté M. Schäuble.  Interrogé sur une sortie des Grecs de l’euro, M. Schäuble a estimé que la balle était dans le camp d’Athènes. « Même en cas de sortie de l’euro, ils resteraient dans l’Europe », a-t-il dit. Des propos qui ne s’adressent pas seulement à la Grèce mais aux pays européens du sud en général. L’Allemagne tient  sans des propos bien  peu diplomatiques mais elle constate deux sortes de pays, ceux qui parlent sans agir et ceux qui engagent réellement des réformes. Un discours qui s’applique à la Grèce, à l’Italie, l’Espagne mais sans doute aussi à la France.

Autoroutes ferroviaires : la cour des comptes critique

Autoroutes ferroviaires :  la cour des comptes critique

 

 

Dans le cadre du rapport de la cour des comptes sur les finances publiques de février 2012, les autoroutes ferroviaires font l’objet d’une critique sévère. En fait, elles sont très coûteuses et génèrent peu de trafic. Il est clair que les techniques classiques de ferroutage (conteneurs et caisses mobiles) sont beaucoup plus adaptées à la demande sous réserve toutefois d’une régularité qui fait souvent défaut. Par ailleurs l’absence de réseau dédié au fret constitue un handicap dans la mesure où traditionnellement  la priorité est donnée au trafic voyageur D’une certaine manière, le fret ferroviaire est condamné à rester marginal- voire à disparaître  si ce réseau dédié n’est pas décidé. Extrait du rapport de la cour des comptes :

 

 

« Le Grenelle de l’environnement et l’Engagement national pour le fret ferroviaire, promus par les pouvoirs publics, ont mis l’accent sur les « autoroutes ferroviaires » pour rééquilibrer le transport de marchandises sur longue distance en faveur du rail. Cette priorité de la politique de développement durable est affirmée alors que le fret ferroviaire continue à décliner en France depuis son apogée historique de 1974, où sa part de marché était deux fois plus élevée qu’aujourd’hui. La Cour dresse ici un premier bilan de deux autoroutes

ferroviaires en France qui ont fait appel à des techniques différentes de celles employées ailleurs en Europe. Il en ressort que le concept peine à faire ses preuves sur les plans

économique et financier. Les autoroutes ferroviaires ne pourront être une opportunité pour le fret ferroviaire qu’à la condition de démontrer leur capacité à fonctionner à terme sans aide financière publique récurrente. Le fret ferroviaire français, en érosion continuelle par rapport au transport routier de marchandises depuis des décennies, connaît aujourd’hui une situation très dégradée. Il représente moins de 9 % du transport terrestre de marchandises. Le transport international de marchandises a été divisé par trois en dix ans. Le transit de marchandises sur le territoire a connu une baisse encore plus prononcée. L’offre de transport ferroviaire de marchandises tend néanmoins à se diversifier. Au mode traditionnel de transport par wagons spécialisés (vrac, citernes etc.) est venu s’ajouter le transport combiné rail/route dont le parcours principal s’effectue par rail et les parcours initiaux et terminaux par route. Il utilise des conteneurs et des « caisses mobiles », transbordés du véhicule routier vers le wagon par manutention verticale. Il nécessite des terminaux spécialement aménagés. Les caisses mobiles, renforcées pour la levée par grue ou par portique, exigent un investissement des transporteurs. Le nombre de caisses mobiles reste limité dans le parc routier. L’« autoroute ferroviaire » est une variante du ferroutage. Les semi-remorques sont acheminées sans leurs tracteurs. L’absence de chauffeur (autoroute ferroviaire en mode non accompagné) et de tracteur (30 % de charge non utile en moins) constitue un gain de productivité substantiel par rapport au système de la chaussée roulante.  L’appellation d’autoroute, qui emprunte au vocabulaire routier, est imagée mais ambiguë car l’autoroute ferroviaire, à la différence de son homologue routière, ne comprend pas de sortie ou d’entrée sur le trajet ; c’est un « pont sans escale » entre deux terminaux de chargement. En France, le service emprunte les voies ferrées existantes et ne bénéficie pas de voies dédiées au fret ferroviaire, à la différence, par exemple, de la nouvelle ligne dédiée reliant le port de Rotterdam à l’Allemagne, la Betuwe, avec près de 50 trains par jour (150 attendus en 2013). L’autoroute ferroviaire alpine et l’autoroute ferroviaire Perpignan- Luxembourg, les deux seules en fonctionnement en France (hors le tunnel Transmanche), ont été examinées par la Cour. La première permet le franchissement d’un obstacle naturel, tandis que la seconde est une autoroute de plaine sur longue distance. Alors qu’un troisième axe, l’autoroute ferroviaire atlantique, est en projet, le concept suscite des interrogations. A la lumière des constats effectués par la Cour, le modèle n’apparaît viable, dans l’avenir, qu’à des conditions exigeantes. La décongestion du réseau routier, la réduction des risques routiers et l’impact du transport de marchandises par camion sur l’environnement constituent des priorités gouvernementales depuis un peu plus d’une dizaine d’années. L’accident dramatique du tunnel du Mont-Blanc en 1999 est à l’origine d’une relance des initiatives en ce domaine. Les deux autoroutes examinées par la Cour ne sont pas actuellement rentables. Leur capacité demeure marginale et la fiabilité du service doit y progresser. »

 

autoroutes

ferroviaires en France qui ont fait appel à des techniques différentes de

celles employées ailleurs en Europe.

Il en ressort que le concept peine à faire ses preuves sur les plans

économique et financier.

Les autoroutes ferroviaires ne pourront être une opportunité pour

le fret ferroviaire qu’à la condition de démontrer leur capacité à

fonctionner à terme sans aide financière publique récurrente.

Le fret ferroviaire français, en érosion continuelle par rapport au

transport routier de marchandises depuis des décennies, connaît

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aujourd’hui une situation très dégradée. Il représente moins de 9 %238 du

transport terrestre de marchandises.

Le transport international de marchandises a été divisé par trois en

dix ans. Le transit de marchandises sur le territoire a connu une baisse

encore plus prononcée.

L’offre de transport ferroviaire de marchandises tend néanmoins à

se diversifier.

Au mode traditionnel de transport par wagons spécialisés (vrac,

citernes etc.) est venu s’ajouter le transport combiné rail/route dont le

parcours principal s’effectue par rail et les parcours initiaux et terminaux

par route. Il utilise des conteneurs et des « caisses mobiles »239,

transbordés du véhicule routier vers le wagon par manutention verticale.

Il nécessite des terminaux spécialement aménagés. Les caisses mobiles,

renforcées pour la levée par grue ou par portique240, exigent un

investissement des transporteurs. Le nombre de caisses mobiles reste

limité dans le parc routier.

Plus récent, le ferroutage permet de transporter des camions

complets (tracteur et semi-remorque) sur des wagons dont le plan de

chargement est surbaissé. La manutention est alors horizontale. Le service

de ferroutage présente l’avantage de s’adresser à tout type de poids

lourds, ce qui élargit considérablement la clientèle de transporteurs. Il en

est ainsi de la Navette d’Eurotunnel241, en concurrence avec les ferries et

les trains de marchandises transitant par le tunnel sous la Manche. Il en va

de même de la « chaussée roulante », exploitée pour le transit alpin de

marchandises242.

L’« autoroute ferroviaire » est une variante du ferroutage. Les

semi-remorques sont acheminées sans leurs tracteurs. L’absence de

chauffeur (autoroute ferroviaire en mode non accompagné) et de tracteur

(30 % de charge non utile en moins) constitue un gain de productivité

substantiel par rapport au système de la chaussée roulante. Cette variante

238 Commissariat général du développement durable, Les comptes des transports en

2010 , juillet 2011.

239 Ce qui les distingue des conteneurs est qu’elles sont ajustées aux dimensions des

véhicules routiers.

240 Leur manipulation s’effectue par des véhicules munis de pinces au niveau de

plaques renforcées ou des encoches basales permettant le transbordement.

241 Depuis 1994, les navettes d’Eurotunnel, titulaire de la concession du tunnel sous la

Manche, transportent entre Coquelles (Pas-de-Calais) et Folkestone (Kent), des

camions qui entrent par une extrémité du train et sortent par l’autre ; une voiture

accueille les chauffeurs routiers (plus d’un million de camions transportés en 2010).

242 Les véhicules routiers transportés complets entrent et sortent par leurs propres

moyens du train composé de wagons à plancher surbaissé sur toute sa longueur.

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LES AUTOROUTES FERROVIAIRES 361

exige toutefois une organisation plus poussée des entreprises de transport

routier, pour la gestion des chauffeurs et du parc de véhicules.

Le service d’autoroute ferroviaire est cadencé, il offre ainsi un

transport régulier et fréquent entre deux points, autorisant une logistique

en flux tendu.

L’appellation d’autoroute, qui emprunte au vocabulaire routier, est

imagée mais ambiguë car l’autoroute ferroviaire, à la différence de son

homologue routière, ne comprend pas de sortie ou d’entrée sur le trajet ;

c’est un « pont sans escale » entre deux terminaux de chargement.

En France, le service emprunte les voies ferrées existantes et ne

bénéficie pas de voies dédiées au fret ferroviaire, à la différence, par

exemple, de la nouvelle ligne dédiée reliant le port de Rotterdam à

l’Allemagne, la Betuwe243, avec près de 50 trains par jour (150 attendus en

2013).

Le passage sur des voies ferrées non spécifiquement conçues pour

le transport de cargaisons hautes impose l’emploi de wagons surbaissés.

Des pays pionniers en la matière, comme la Suisse, ont fait le

choix depuis plusieurs décennies de wagons équipés de bogies à « petites

roues » ; ils présentent l’inconvénient notamment de ne pas pouvoir être

utilisés sur longue distance à cause des risques d’échauffement.

En France, en revanche, le choix a été fait d’utiliser les wagons

surbaissés à roues standard, compatibles avec des transports sur longue

distance.

L’autoroute ferroviaire doit disposer de terminaux suffisamment

grands et adaptés pour les manoeuvres de chargement et de déchargement.

Elle nécessite aussi des travaux d’adaptation sur les infrastructures

existantes afin que les ouvrages, notamment les ponts et les tunnels,

présentent un gabarit244 compatible avec la hauteur des véhicules routiers

transportés.

243 Cette ligne dédiée au fret et longue de 160 kilomètres a été mise en service en 2007

(coût estimé à 5 milliards d’euros).

244 Limite d’encombrement que doit respecter le couple wagon-chargement pour

s’inscrire dans le profil de la ligne parcourue.

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Carte n° 1 et tableau :

Les autoroutes ferroviaires en Europe

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LES AUTOROUTES FERROVIAIRES 363

Photowatt : une reprise très politique

Photowatt : une reprise très politique

 

EDF a précisé au Monde qu’elle envisageait de maintenir sur le site 345 employés, les autres recevront une proposition de reclassement chez EDF. Déjà investisseur dans une filiale de Photowatt, PV Alliance, EDF a indiqué être un « candidat naturel » à sa reprise. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre parmi les 430 salariés de Photowatt. Depuis le 8 novembre, date du placement en redressement judiciaire de l’entreprise, tous attendent de connaître le nom d’un éventuel repreneur. Les offres de rachat doivent être déposées le 10 février au tribunal, mais EDF a annoncé dès jeudi 9 février son intention de s’investir dans la reprise du fabricant de panneaux solaires. Une reprise en fait très politiqueNicolas Sarkozy en personne doit se rendre sur place le 14 pour promouvoir le projet. C’est évidemment tant mieux pour les salariés mais on peut s’interroger car la situation d’EDF est catastrophique, plus de 42 milliards d’endettement et des centaines de milliards pour poursuivre la filière nucléaire. Un sauvetage qui ressemble à celui de SeaFrance dont les salariés  repris par la SNCF alors que le rail présente un endettement de 40 milliards !

Mario Draghi nous soutient que les risques sont maîtrisés… comme l’ont été ceux des subprime ?

Mario Draghi nous soutient que les risques sont maîtrisés… comme l’ont été ceux des subprime ?

 | Philippe Béchade | Chronique Agora

▪ Cette journée du jeudi 9 février était celle du grand rendez-vous de Mario Draghi avec la presse et les marchés.

Les investisseurs n’avaient pas allumé leur poste de radio ou programmé leur chaîne d’information financière favorite pour apprendre que la BCE laissait son taux directeur inchangé — l’hypothèse d’une future baisse de taux n’a même pas été discutée. Non, ils étaient là pour collecter un florilège de petites phrases inspirantes ou énigmatiques, ce qui tranche pour de bon avec la langue de bois pré-formatée de J.-C.-Trichet ces dernières années.

▪ Une phrase qui n’est pas sans nous rappeler les subprime
Parmi les formules les plus appréciées, voici la grande favorite du jour : “nous acceptons plus de risques mais nous le gérons mieux”.

Cette remarque a été lancée à propos des collatéraux (emprunts souverains ou privés) acceptés en contrepartie de la délivrance de liquidités au système bancaire. C’est exactement ce que Goldman Sachs, Bear Stearns, Merrill Lynch, Lehman (et tant d’autres qui ont fait faillite) affirmaient à propos des subprime.

C’est ultérieurement le langage que la Fed a tenu en rachetant aux banques des créances de plus en plus douteuses à partir de 2009.

La BCE a doublé le montant de ses achats de dettes souveraines la semaine dernière. Il ne faut pas être Sherlock Holmes pour deviner que cela a largement contribué au succès des opérations de refinancement de l’Espagne et de l’Italie.

L’activisme de la BCE ressemble de plus en plus en plus à celui de la Fed — la planche à billets en moins — mais elle atteint les limites de sa capacité technique d’intervention.

Elle ne peut rien pour la solvabilité des banques. Elle ne peut pas contraindre les banques à prêter de l’argent. Selon Super Mario, c’est leur affaire de déterminer si offrir du crédit à l’économie réelle ou aux Etats est une activité pertinente.

Et comme la BCE ou l’OCDE sont les premiers à anticiper une croissance quasi nulle en Europe en 2012, quel intérêt y’a-t-il à prêter de l’argent à l’économie réelle dans l’immédiat ?

L’expérience démontre que lorsque des liquidités qui ne correspondent à aucune création de richesse tangible ou prévisible sont apportées aux marchés, elles nourrissent immédiatement des stratégies spéculatives. Ces dernières sont basées sur des captations d’écarts de volatilité, des arbitrages ou swaps de taux… et à tous les coups, le gonflement de bulles d’actifs.

C’est exactement ce que l’on observe depuis le 20 décembre dernier. Super Mario se justifie en ventant les mérites de son LTRO de 500 milliards d’euros — et du prochain qui sera de la même ampleur fin février. Cela écarte un credit crunch et “ce n’est pas infamant que d’y avoir recours”.

Vague de froid : Sarkozy propose un référendum pour interdire le froid

Vague de froid : Sarkozy propose un référendum  pour interdire le froid

 

Réunion d’urgence du parlement demandée par Sarkozy qui veut légiférer sur le froid ; ainsi pour se mettre aux normes européennes (du sud), et respecter le pacte de stabilité sur la température, un projet de loi sera déposé au parlement. En même temps que la seconde mouture sur le génocide arménien car c’est de la même urgence. Il agirait en fait de remonter la température en hiver, progressivement bien sûr car le gouvernement connaît les difficultés, Ainsi l’objectif en 2017, au terme du mandat présidentiel, est de limiter la froidure en plein hiver à – 5. Compte tenu des investissements à réaliser, on visera -10 en 2013 pour aller progressivement vers -5 en 2017. Une taxe serait prévue aux frontières pour limiter le froid venu d’ailleurs. Marine Le Pen a déjà fortement critiqué le projet le considérant comme très insuffisant.  Elle propose de ramener la température à plus 5 dés 2013 ; Pour cela, elle envisage de changer le thermomètre, ce qui a déjà été fait dans le passé. Différentes échelles sont en effet  utilisées pour mesurer la température : l’échelle Newton (établie vers 1700), Rømer (1701), Fahrenheit (1724), Réaumur (1731), Delisle (1738), centigrade (de Celsius) (1742), Rankine (1859), kelvin (1862), Leyden (. 1894) et Celsius (1948). Le thermomètre «  marine », un outil d’évaluation sophistiqué qui lui a déjà servi pour faire des prévisions économiques. Une erreur t de 1000 milliards a cependant été constatée par les experts ; erreur aussitôt rectifiée puisque les nouvelles hypothèses financières de Marine sont désormais établies en anciens francs  (d’avant 1959) et non en ancien nouveaux francs. Les français  qui avouent être peu familiers des questions économiques ont donné 2 sur 10 (18% hors TVA sociale) au devoir de calcul de marine. Pour la température, les politologues s’interrogent sur la crédibilité de la surenchère de Marine. D’autres candidats ont aussi surenchéri, Hollande propose d’agir pour maintenir la température ambiante à son niveau, l’extrême gauche veut plus, Bayrou est dans la moyenne, il propose 15% à l’échelle mondiale, ce qui est la réalité actuelle. Bref il faut s’attendre à une belle bataille d’amendements au parlement. Un parlement qui légifère sur tout et sur rien afin de perpétuer un sénat inutile et  une assemblée nationale surabondante ; Un problème, une loi, et cela jusqu’à l’élection présidentielle. Quand on examine de près le texte, on s’aperçoit en fait que cette loi ne régulerait pas la température extérieure mais la température de chaque individu à l’extérieur ; Une nuance de taille. Les décrets préciseront les détails des conditions d’application de la loi  D’ores et déjà, par une indiscrétion du conseil d’Etat, on sait que l’administration va proposer le port obligatoire  de trois paires de chaussettes (tricotées à la main), de gilet Damart et de slips matelassés isolants. Les piétons seront contrôlés par un corps spécialisé de fonctionnaires. 10 000 contrôleurs seront recrutés dans un premier temps. Il y a aura nécessairement des amendes pour les contrevenants, La mesure  en pleine saison hivernale devrait rapporter 3 milliards au budget de l’Etat. L’intérêt économique, social et même sociétal est évident ; On relance le tricotage à la main, on soutient une nouvelle filière industrielle stratégique pour la fabrication de slip matelassés isolants, on augmente les ressources fiscales. A terme 100 000 emplois sont attendus, en plus évidemment pas 100 000 emplois en moins comme avec la TVA sociale.

 

Standard & Poor’s dégrade 34 banques en Italie

Standard & Poor’s dégrade 34 banques en Italie

L’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé vendredi les notes de trente-quatre banques italiennes dans la foulée de la dégradation de deux crans de la note souveraine de l’Italie en janvier.  Les principales institutions financières du pays sont ainsi dégradées par l’agence de notation, dont les banques UniCredit, Intesa Sanpaolo, Banca Nazionale del Lavoro et Mediobanca, qui sont dégradées à BBB+ avec perspective négative.  S&P avait abaissé le 13 janvier à BBB+ la note de l’Italie en raison du poids de la dette du pays, de l’ordre de 120% du PIB.  Le chef du gouvernement italien Mario Monti a pris une série de mesures pour relancer l’économie et réduire la dette qui permettent à la péninsule de bénéficier d’une forte détente de ses taux d’emprunt sur les marchés, désormais autour de 6% à dix ans alors qu’ils s’inscrivaient encore fin 2011 autour de 7%, un niveau jugé insoutenable sur la durée.  L’Italie, qui ploie sous une dette colossale de 1.900 milliards d’euros compte émettre au total cette année près de 450 milliards d’euros d’obligations à diverses échéances.   A titre de comparaison, l’endettement de la France représente 90% du PIB pour une dette assez proche de celle de l’Italie mais avec un PIB supérieur de l’ordre de 15%.

 

Sarkozy candidat mais pas sur l’économie !!

Sarkozy candidat  mais pas sur l’économie !!

 

Sarkozy va se déclarer candidat, sans doute le 16 février mais pas sur l’économie. Après son flop à la télé sur les questions économiques qu’il maîtrise assez mal, Sarkozy se lance donc dans la campagne mais sur les valeurs de droite et d’extrême droite.  Largement distancé dans les sondages par François Hollande, le président a ainsi décidé d’accélérer son calendrier à la demande de ses proches qui pensent que faute de remontée raides dans les quinze jours à venir «  les carottes sont cuites ».Nicolas Sarkozy a remis au goût du jour la stratégie qui lui avait en partie permis de l’emporter en 2007, lorsqu’il avait su séduire les sympathisants du Front national (FN), le parti d’extrême droite. Il a décidé d’amorcer sa campagne sur les questions de société : Opposition au droit de vote des étrangers hors Union européenne, refus du mariage gay, réforme restreignant les droits des chômeurs, appel aux valeurs du travail, de la famille et de la responsabilité. Avec deux projets de référendum, l’un sur les immigrés, l’autre sur les chômeurs. « C’est le retour aux valeurs », approuve le ministre des Transports, Thierry Mariani, chef de file du courant droitier de la majorité. Quitte à prendre le risque de se couper de la sensibilité centriste de la droite, comme le craint l’ancien porte-parole de l’UMP, Dominique Paillé. « Attention ! A trop chasser sur les terres populistes, ce sera la rupture avec l’électorat centriste humaniste », a-t-il estimé, qualifiant les déclarations de Nicolas Sarkozy de « virage très dangereux ». François Hollande arrive aujourd’hui en tête de toutes les enquêtes, avec 29-30% des intentions de vote au premier tour, devant Nicolas Sarkozy (24-25%), la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen (18%) et le centriste François Bayrou (13%). Au second tour, le socialiste est nettement favori, obtenant jusqu’à 60% dans certains sondages. Faute de pouvoir parler des questions centrales sur la croissance et l’endettement, Sarkozy choisit le populisme et a démagogie. Une stratégie qui pourrait en fait profiter à Marine le Pen.

 

Etats-Unis: déficit budgétaire à 8.5% du PIB

Etats-Unis: déficit budgétaire à 8.5% du PIB

Le  déficit des Etats-Unis pour l’année budgétaire en cours atteindra 1.330 milliards de dollars, soit 8,5% du PIB, la moitié de ce déficit est imputable aux échanges avec la Chine. L’’exécutif espérait encore que le déficit pour l’année budgétaire 2012 serait contenu à 956 milliards de dollars, soit 6,1% du PIB.  Le président Obama avait pris ses fonctions en janvier 2009 dans des conditions très difficiles, avec une activité économique en chute et un déficit béant qui en fin d’exercice avait battu tous les records, à plus de 1.400 milliards de dollars (10% du PIB).  Le déficit n’est que peu descendu lors des deux exercices suivants, se stabilisant aux alentours de 1.300 milliards de dollars en 2010 et 2011. Les Etats-Unis ont accusé en 2011 un déficit commercial record avec la Chine, qui a représenté plus de la moitié du trou dans leurs échanges, et ce malgré l’appréciation de la monnaie chinoise. Le déficit annuel global (biens et services compris) du pays a atteint son niveau le plus élevé depuis 2008 : 558,0 milliards de dollars. Celui avec la Chine (dans les biens uniquement) a grimpé à 295,5 milliards, battant largement le record établi en 2010.  Le déséquilibre dans les échanges entre la première et la deuxième économie mondiale reste toujours aussi criant. Les Etats-Unis ont importé 3,8 fois plus de biens depuis la Chine qu’ils n’en ont exportés vers ce pays.  Le déficit commercial avec la Chine montre le peu d’autorité et les électeurs sont convaincus dans leur immense majorité que les pratiques commerciales de la Chine sont une menace pour la sécurité économique de la nation.  L’irrésistible ascension du « made in China » est un débat récurrent aux Etats-Unis. Le yuan s’est apprécié de 7,1% en termes nominaux face au dollar depuis la décision de la Chine en juin 2010 de laisser le taux de change de sa monnaie flotter plus librement. D’après le Fonds monétaire international, l’appréciation en termes réels vis-à-vis des principaux partenaires commerciaux a été de 6% en 2011.  Cette appréciation censée rendre les produits chinois plus chers aux Etats-Unis, et donc limiter la croissance des exportations chinoises, n’a produit que des effets minimes. Par comparaison le déficit budgétaire de la France sera de l’ordre de 5.4% en 2011, celui des échanges extérieurs d’environ 70 milliards. De l’ordre de 30% du déficit français est imputable à la Chine.

Hausse du carburant : ça baigne pour Total avec 12 milliards de bénéfices !

Hausse du carburant : ça baigne pour Total avec 12 milliards de bénéfices !

 

C’est moins que le record historique d’avant crise de 2008 (13,9 milliards d’euros). Mais tout de même 16 % de plus qu’en 2010. Des chiffres qui ont immédiatement suscité de nombreuses réactions, alors que les prix de l’essence ne cessent d’augmenter. Le chiffre d’affaires a progressé de 16% à 184,7 milliards d’euros. Cette envolée des résultats est liée aux cours très élevés du pétrole brut l’an dernier, le prix moyen du baril de Brent ayant grimpé de 40% à 111,3 milliards de dollars. Cela a compensé un recul de 1% de la production d’hydrocarbures à 2,346 millions de barils équivalent pétrole par jour (Mbep/j), liée notamment au conflit en Libye. Total s’est ainsi rapproché de ses résultats historiques de l’exercice 2008, lorsqu’il avait enregistré un bénéfice net de 13,9 milliards d’euros. Cette année-là, le groupe avait profité à la fois de prix de l’or noir très élevés (avec un sommet absolu à 147 dollars le baril) et d’activités de raffinage en pleine forme. Le PDG du groupe Christophe de Margerie a par ailleurs indiqué que Total allait payer 1,2 milliard d’euros d’impôts en France au titre de l’année 2011, dont 300 millions pour l’impôt sur les sociétés. L’an passé, le groupe pétrolier n’avait pas payé d’impôts sur les sociétés car ses activités françaises étaient déficitaires. Cette année, miracle, elles sont devenues bénéficiaires ! Sans doute parce que à la veille des présidentielles, l’électeur se serait étonné de cette absence d’imposition.

 

Agroalimentaire : un excédent très théorique à 11,6 milliards d’euros

Agroalimentaire : un excédent très théorique à 11,6 milliards d’euros

Théoriquement, l’agriculture rapporte, c’est apparemment le cas en 2011 avec près de 12 milliards d’excédents. Grâce principalement au prix élevés des céréales et aux exportations de vins et alcools, selon les chiffres publiés vendredi par le ministère de l’Agriculture. Après une forte baisse en 2009, l’excédent a commencé à s’améliorer à la fin de 2010. En 2011, il a progressé de 3,6 milliards par rapport à l’année précédente, pour atteindre le record de 11,6 milliards d’euros. La hausse des exportations (+7 milliards d’euros) compense largement celle des importations (+3,5 milliards), note Agreste Conjoncture, le service statistique du ministère.  Les exportations d’alcools, vins, champagne et cognac ont augmenté de plus d’un milliard d’euros, grâce notamment à l’Asie et aux Etats-Unis.  Les exportations de céréales progressent fortement et expliquent les trois quart de la croissance. Cependant, ce sont les prix élevés du blé tendre (pour la boulangerie), du maïs et de l’orge qui expliquent cette croissance et non pas les volumes qui sont en baisse, respectivement de -7%, -6% et -12%.  Le blé dur (+41,6%) s’est lui bien maintenu. Il a profité d’une importante hausse de la  Le colza et le tournesol ont bénéficié de prix élevés mais si le premier a enregistré une hausse des volumes exportés (+9,1%) le second a vu les siens diminuer (-9,3%).  Les exportations de bovins sont aussi en hausse grâce à l’ouverture de nouveaux marchés (Turquie, Algérie).  L’excédent agroalimentaire est le deuxième en ordre d’importance du commerce extérieur français en 2011 après celui de l’aéronautique (+17,7 mds). En 2011, le déficit du commerce extérieur de la France a battu un record à 69,59 milliards d’euros. Ces chiffres émanent du ministère de l’agriculture, ils peuvent être mis en doute. Bien entendu on ne peut que se réjouir de la meilleure santé de l’agriculture, pour les agriculteurs surtout dont les revenus ont été sérieusement rabotés ces derniers années. Ceci étant cette balance commerciale est tout à fait théorique, elles n’intègrent pas les imports nécessaires à la production agricole (matériel, produits chimiques, énergie etc.). En réalité la balance commerciale est déficitaire. Le ministère de l’agriculture fait comme les autres ministères il valorise son secteur. Malheureusement quand on additionne le tout, c’est très différent des chiffres globaux de l’Insee en matière de solde d’échanges.

 

Grèce : ‘l’austérité approuvé par le gouvernement

Grèce : ‘l’austérité approuvé par le gouvernement

 

Malgré la démission de plusieurs  ministres,  le gouvernement grec a approuvé vendredi soir un projet de loi engageant le pays dans les réformes exigées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international pour la mise en œuvre d’un second plan de sauvetage de 130 milliards d’euros. Le projet de loi devrait être voté par le parlement dimanche, ce qui devrait rapprocher la Grèce d’une solution financière alors qu’elle doit honorer d’importantes dettes obligataires au 20 mars. L’Union européenne demande au gouvernement grec de fournir le détail de réductions supplémentaires des dépenses publiques d’un montant de 325 millions d’euros. Elle exige également un engagement clair des dirigeants des partis de la coalition gouvernementale à appliquer les réformes. L’Europe va faire durer le plaisir ou plutôt le supplice vis-à-vis du plan grec. Il faut d’abord donner l’impression que l’avis de l’Eurogroup sera fondé sur une analyse approfondie et non sur des raisons politiques ; On attend aussi la réaction du parlement grec mais aussi de la rue car les manifestations seront sans doute sans précédent. ; Il faut quand même exiger de la Grèce quelques détails car l’accord de dernière minute des partis grecs laissent encore quelques zones d’ombre. D’importants détails doivent encore être finalisés qui portent sur la participation des créanciers privés à la restructuration de la dette grecque, le montant des financements publics fournis par les 16 autres pays de la zone monétaire unique et le coup de pouce qui pourrait être donné par la BCE. Les banques et autres créanciers privés de la Grèce se sont entendus avec Athènes sur la base d’une décote de 70% de leurs actifs dans le cadre d’un échange des obligations grecques qu’ils détiennent contre de nouveaux titres. Les pays de la zone euro doivent quant à eux apporter 130 milliards d’euros de prêts publics et le président de la BCE, Mario Draghi a ouvert la porte jeudi à ce que l’institut de Francfort redistribue aux Etats les bénéfices tirés des avoirs obligataires grecs. De son côté, le FMI veut s’assurer avant de prêter de nouveaux fonds à Athènes que la dette grecque sera à nouveau tenable. En réalité compte tenu des dérives budgétaires, de la croissance qui s’écroule l’objectif de parvenir à un niveau de dette de 120% en 2020 est illusoire. En clair en dépit de tous les efforts grecs (réels et/ou fictifs) l’objectif de désendettement ne sera pas tenu. C’est donc bien sur des considérations politiques que l’Europe va vraisemblablement décider d’une nouvelle tranche d’aide pour gagner du temps. Une aide qui nécessairement devra être suivie d’autres d’ici quelques mois.

 

Grèce : Malgré la démission de ministres le plan d’austérité devrait être voté

Grèce : Malgré la démission de ministres le plan d’austérité devrait être  voté

Le plan d’austérité devrait être voté en dépit de la démission de trois ministres en Grèce. La coalition dispose en effet de la majorité. Trois les  ministres du parti d’extrême droite grec Laos s’opposant aux nouvelles mesures d’austérité demandées par les créanciers du pays ont présenté vendredi leur démission au Premier ministre Lucas Papademos.  Notamment e ministre des Transports Makis Voridis ainsi que deux secrétaires d’Etat, à l’Agriculture et à la Marine marchande, Astérios Rodoulis et Adonis Géorgiadis, qui sont également députés du parti, ont présenté leur démission, a indiqué l’Ana. Ces démissions sont intervenues deux heures après que le chef du parti Georges Karatzaféris eut indiqué qu’il n’allait pas voter le nouveau plan de rigueur imposé en échange d’un prêt international de 130 milliards d’euros.   »Je ne peux pas voter » ce plan d’austérité qui « humilie le pays (…), ce n’est pas la bonne solution », a déclaré M. Karatzaferis lors d’une conférence de presse, au lendemain de l’annonce par le gouvernement d’un accord des trois partis gouvernementaux (socialistes, droite et extrême-droite) sur ce plan.  Tout ministre qui s’oppose aux mesures « sera remplacé », avait prévenu peu avant une source gouvernementale sans toutefois donner de date précise pour un tel remaniement limité.  Formé en novembre, le gouvernement de M. Papademos comprend deux autres partis, les socialistes du Pasok qui sont majoritaires et la droite de la Nouvelle-Démocratie.  Malgré la défection du Laos, le plan des mesures de rigueur, dont le détail n’a pas encore été publié, peut être voté au parlement dans la nuit de dimanche à lundi. La coalition gouvernementale dispose de 252 sièges, dont 16 seulement pour le Laos, sur les 300 que compte le parlement.

Grèce, une facture de 400 milliards pour l’Europe, soit 36 000 euros par habitant pour rien !

Grèce, une facture de 400 milliards pour l’Europe, soit 36 000 euros par habitant pour rien !

 Un premier plan d’environ de plus de 100 milliards, suivi du deuxième plan en cours de négociation à environ 150 milliards, plus 100 milliards abandonnés par le privé sur les créances de la Grèce, plus un petit cadeau de la BCE sur les obligations qu’elle détient, plus quelques broutilles nous amènent à un plan de soutien de 400 milliards, soit 36 000 euros par habitant. Tout cela pour faire quoi ? Pour sauver la Grèce, sûrement pas car l’aide ne suffit pas pour ramener la dette à 120 % du PIB, objectif pourtant fixé par les donateurs ou préteurs. Le plan d’austérité imposé a tué la croissance, -5.5% en 2011 et sans doute 4 à 5% en 2012. Le chômage actuellement de 21% va passer à 25% (Environ 50% chez les jeunes). Pour sauver la Grèce, il faudra remettre au pot d’ici quelques mois. Malheureusement la nouvelle cure d’austérité imposée avec le second plan de soutien va écrouler encore un peu plus la croissance. Trop tard, trop peu et mal, voilà ce qui caractérise la gouvernance européenne incapable de porter secours durablement à un petit pays de 11 millions d’habitants. Comme dit Sarkozy «  la situation financière de ‘Europe est maintenant assainie.» ; il oublie sans doute la Grèce et bientôt l’Espagne qui ne pourra s’en sortir sans un plan de type grec. Puisqu’il faut prendre les grands moyens, pourquoi pas un référendum pour annuler toutes les dettes ?

Bientôt un référendum  » pour ou contre la crise »

Bientôt un référendum  » pour ou contre la crise »

 

En mal de thèmes et de popularité surtout, notre président pourrait proposer un référendum sur la crise. La question serait simple  « êtes-vous pour ou contre la crise ». Si le résultat est favorable- (d’après les sondages,  on escompte 90% de pour). la question serait inscrite dans la constitution. En quelque sorte il deviendrait impossible juridiquement d’accepter la crise en France. Bien entendu, il faudra compter avec la procédure qui demandera quelques mois ou quelques années. Réunir à Versailles le congrès (sénat et assemblée nationale) paraît difficile. En effet la droite a déjà perdu la majorité au sénat, va suivre l’assemblée (selon les sondages). Un autre référendum pourrait suivre, cette fois sur la modification de la constitution ; Un seconde consultation qui sera nécessaire car il faudra compter avec l’avis du conseil d’Etat et du conseil constitutionnel. De ce fait, la question devra être modifiée pour être conforme à la constitution. Il faudra aussi s’assurer que cette modification constitutionnelle est bien conforme à la législation européenne. D’ores et déjà des recours seraient envisagés devant la cour de justice européenne ; Enfin, il ne faudra pas violer les principes de l’OMC. Bref, tout cela va demander du temps. Le nouvel équilibre économique et constitutionnel est prévu pour 2013, plutôt en 2014 comme les 3% de déficit par rapport au PIB ; A moins que cela ne soit retardé comme l’équilibre budgétaire vers 2017 ou 2030. Un autre référendum contre la bêtise et la démagogie serait aussi envisagé mais plus tard quand Sarkozy devenu chômeur aura suivi  la formation concernant la morale politique.

Bayrou : « Sarkozy indigne d’être un chef d’État »

Bayrou : « Sarkozy indigne d’être un chef d’État »

En déplacement à Alençon, dans l’Orne, François Bayrou a vivement réagi jeudi aux propos que Nicolas Sarkozy a tenus dans le Figaro magazine. « L’annonce par Nicolas Sarkozy d’un référendum sur les droits des chômeurs est une idée pernicieuse qui montre à quel point le pouvoir est aux abois », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « C’est pernicieux, inacceptable, dangereux, indigne de ce que doit être un chef d’État. »

 

Pour Bayrou « L’annonce par Nicolas Sarkozy d’un référendum sur les droits des chômeurs est une idée pernicieuse qui montre à quel point le pouvoir est aux abois. » Et d’ajouter : « C’est pernicieux, inacceptable, dangereux, indigne de ce que doit être un chef d’État. » Depuis 2009, et la publication de son essai intitulé Abus de pouvoir, jamais le candidat du MoDem ne s’était montré aussi sévère envers le président de la République. « Cibler les chômeurs, en faire un sujet d’affrontement comme si les chômeurs étaient le problème et pas l’absence d’emplois, est une perte inacceptable de sens de responsabilité », lance encore le leader centriste. Celui qui croit toujours qu’il sera au second tour enfonce le clou : « La droite républicaine française et les modérés qui se réclament du centre ne peuvent soutenir plus longtemps une démarche politique qui fait courir de si grands risques à la société française et à l’unité du pays. Il suffit de lire cette proposition pour voir l’état de désarroi dans lequel doit se trouver le pouvoir pour en arriver à des propositions aussi éloignées de ce que doit être normalement l’attitude d’un homme d’état et d’un président pour la France. » Une analyse sans concessions conclue par un verdict tout aussi critique : « Ça contredit tout ce que le gaullisme a été. Je suis absolument certain que des gens marqués par le christianisme social ne peuvent accepter ça. » Francois Bayrou était tranquillement en train de finir de déjeuner au restaurant universitaire d’Alençon-Damigny lorsqu’il a fait venir les journalistes pour lancer cette charge. On disait qu’il ménageait Nicolas Sarkozy, voilà un démenti cinglant. Le « troisième homme » du scrutin de 2007 accuse : « Nicolas Sarkozy pense qu’une élection présidentielle se joue sur les passions les plus négatives. Je ne vois pas où cette dérive s’arrête. Je n’aurais pas imaginé ça (…) Prendre le risque de mettre un pays à feu et à sang sur la question de ceux qui sont au chômage, il faut être dingue! On est parti dans le dérapage. » Le candidat du MoDem qui avait déjà dit que la mise en place du programme de François Hollande serait « catastrophique » tape cette fois-ci fortement sur Nicolas Sarkozy. Et persiste : « J’ai l’intention de gagner. »

 

Sarkozy aux abois propose un référendum sur les étrangers

Sarkozy aux abois propose un référendum sur les étrangers

 

 

Il faut sans doute être tombé bien bas dans les sondages pour proposer un référendum sur les étrangers après celui sur les chômeurs. La démarche est inique, démagogique et pitoyable.il s’agît en fait d’augmenter le nombre des expulsés. Unifier les juridictions – administrative et judiciaire – traitant du droit des étrangers. La proposition, évoquée par Nicolas Sarkozy dans le Figaro magazine samedi 11 février, peut sembler technique mais elle est essentielle et porte sur un thème cher au chef de l’Etat : le nombre d’étrangers en situation irrégulière reconduits à la frontière ou expulsés. Le gouvernement cherche depuis 2007 à augmenter les chiffres d’étrangers illégaux renvoyés du territoire. Et ainsi afficher des progrès pour contrer les dénonciations de laxisme portées par le Front national. Nouveauté de l’initiative de Nicolas Sarkozy : il envisagerait de recourir au référendum pour adopter cette réforme, qui suppose une modification de la Constitution. L’idée serait de créer une seule juridiction chargée des expulsions des étrangers entrés illégalement sur le territoire. Et de confier cette tâche à la justice administrative pour accélérer la procédure, en supprimant l’intervention du juge des libertés et de la détention (JLD). Ce thème avait été examiné par la  commission « sur le cadre constitutionnel de la nouvelle politique d’immigration », dite commission Mazeaud (PDF), en 2007, lorsque Brice Hortefeux était ministre de l’immigration.  Dans son rapport remis en juillet 2008, la commission avait cependant repoussé la proposition d’unification des deux juridictions en estimant que « si légitime que soit l’interrogation sur la dualité de juridiction dans le domaine du contentieux des étrangers, l’avantage, à terme, d’une unification juridictionnelle n’apparaît ni suffisamment substantiel ni même assez probable pour justifier des mesures aussi lourdes, et prêtant autant le flanc aux polémiques, qu’une révision constitutionnelle débouchant sur une nouvelle organisation juridictionnelle ». Elle enterrait ainsi toute réforme dans ce domaine. Faute de pouvoir créer une juridiction unique, le gouvernement a, dans le projet de loi Besson de 2010 sur l’immigration, réorganisé le travail des deux juges en donnant la primauté à la justice administrative, réputée plus expéditive. L’étranger est présenté d’abord au juge administratif qui statue sur le bien fondé de la mesure d’éloignement demandée par le ministère de l’intérieur après son interpellation. Le juge des libertés, qui se prononce sur la légalité de l’interpellation de la personne, sa garde à vue et le respect de la notification de ses droits, n’intervient qu’après : il est saisi cinq jours après le placement en rétention et doit statuer dans les vingt-quatre heures. Le gouvernement n’a pu aller plus loin jusqu’ici. Aujourd’hui, le président-candidat semble décidé à se saisir de ce thème en affichant sa volonté de réformer le droit des étrangers. Or, modifier le droit des étrangers, c’est aussi toucher aux libertés fondamentales et les gouvernements successifs se sont souvent heurtés au Conseil d’Etat ou au Conseil constitutionnel. Proposer un référendum ne supprimerait pas l’examen par le Conseil d’Etat ni la possibilité de saisine du Conseil constitutionnel. De toute manière, il s’agit d’une proposition de campagne et l’affichage compte davantage que le fond. Il s’agit en fait de prendre des voix au front national pour permettre à Sarkozy de se qualifier au premier tour des présidentielles.

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