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Débat Juppé-Hollande ou les limites d’une démocratie usée

Débat Juppé-Hollande ou les limites d’une démocratie usée

 

Un débat particulièrement suivi (record d’audience dans la catégorie), deux invités d’une grande intelligence, un contenu de très bon niveau et pourtant, on est passé à coté de l’essentiel. Pourquoi, parce sans doute on a atteint les limites de la démocratie actuelle. Rien sur la réforme de l’Etat, rien de sérieux sur la gestion de la dette, rien d’efficace sur la relance de la croissance, rien sur la modernisation des rapports sociaux, rien sur le rôle prioritaire des acteurs économiques, rien sur le maquis administratif français, rien sur la médiocrité de l’école (sinon des postes en plus)  etc. Pourquoi ? Simplement parce qu’il faut plaire aux corporatismes, parce que les deux interlocuteurs ne savent rien de l’économie réelle, parce nos élites persistent dans le déni de réalité économique et sociale et le déni d’endettement. Dans la médiocrité ambiante de l’environnement électoral, ce débat était cependant  de bonne tenue. La plupart proposent d’augmenter les salaires, les prestations, les avantages quand on il faut éviter de trop reculer, comme en Grèce. Facile d’être bon quand les autres sont nuls, inconséquents, contradictoires. C’est le contenu de notre démocratie qui est en cause. Hollande ne peut rien dire de la réforme de l’Etat dont le coût, via la fiscalité, plombe la compétitivité. Il perdrait ses électeurs de gauche. Juppé ne peut rien dire de la modernisation des rapports sociaux parce que cela impliquerait la revalorisation du rôle des syndicats, ils perdraient ses électeurs de droite. Plus grave, nos deux brillants débateurs n’ont évidemment aucune expérience personnelle de la vie économique concrète. Ils savent ce qu’ils ont appris de l’ENA. Pour schématiser : apprendre à ne pas répondre à des questions fondamentales et répondre même avec brio. La démocratie actuelle ne fonctionne plus, elle n’est plus adaptée aux enjeux complexes, ni même au niveau culturel des citoyens. Et le rôle d’une présidente de la république ? Un bonimenteur, un monarque ou mieux peut-être un animateur, un manager ? Les candidats sont plutôt dans la posture du monarque républicain. Ils oublient une chose : une fois élu ils seront paralysés par les centaines, les milliers, les dizaines de milliers de technocrates qui feront tout pour perpétuer leurs missions, leurs avancements, leurs castes. Rares sont les présidents qui ont échappé  à ce piège redoutable surtout dans un pays aussi centralisé que le notre.  Giscard, Mitterrand, Chirac et même Sarkozy dont on ne peut pas dire qu’il manquait au départ de volonté de réforme. Tous se sont englués dans le marais étatique. Dernier point, quelle est la représentativité de nos élites politiques ? Tous ou presque issus du même milieu. La société civile ignorée, les chefs d’entreprise écartés, les syndicats méprisés, les associatifs oubliés, les femmes et les jeunes marginalisés. En France la politique n’est pas un service mais considéré comme un métier. A la différence de nombreux pays où les catégories  sociales sont plus équitablement représentées. Il y aura un président de la république mais la logique corporatiste de l’appareil d’Etat l’emportera. Rien n’est perdu car la démocratie, certes brouillonne, contradictoire souvent, peut se refonder notamment dans le cadre des réseaux sociaux mais pas seulement. Il y a une urgence financière, une urgence économique mais surtout une urgence de démocratie rénovée dans notre beau pays.

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