Wall Street pessimiste pour la zone euro
La Bourse de New York est de plus en plus influencée par la crise européenne et convaincue que la zone euro ne parviendra pas à maîtriser son endettement. Alors qu’en Europe, on fait encore semblant de croire au père Noel pour le redressement des marchés, aux Etats Unis, la chose est entendu : l’Europe est paralysée par son immobilisme et les marchés vont plonger. Les derniers propos du président de la BCE ont fortement déçu quand il a répété qu’il était impossible que l’institution de Francfort intervienne massivement: le Dow Jones a alors perdu 0,84%, le Nasdaq 1,26%. Selon les chiffres définitifs à la clôture, le Dow Jones Industrial Average a perdu 100,13 points à 11.766,26 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 32,19 points à 2.523,14 points. L’indice élargi Standard & Poor’s 500 a reculé de 1,17% (14,31 points) à 1.205,35 points. Wall Street avait ouvert sur une légère hausse, profitant d’une accalmie en Europe, avant de se replier lors de l’intervention de Mario Draghi devant le Parlement européen. La BCE ne financera pas les Etats de la zone euro en créant de la monnaie, comme le réclament beaucoup d’investisseurs américains, car cela « enfreindrait le Traité » européen et « affecterait la crédibilité de notre institution », a notamment déclaré M. Draghi. « Les propos de M. Draghi pèsent sur les banques », qui ont lourdement chuté, a souligné Michael James, de Wedbush Securities « . « Les investisseurs en ont assez de voir des solutions qui n’en sont pas, qui ne sont même pas des pis-aller, qui n’apportent rien pour résoudre la situation », a commenté Gregori Volokhine, de Meeschaert Capital Markets. De manière générale, « on ne voit pas où va se former la fameuse hausse de Noël et donc les gestionnaires (de portefeuilles) essaient de limiter les dégâts » en se retirant du marché, a noté M. Volokhine. En outre, la BCE a publié un rapport montrant que le risque que deux grandes banques de la zone euro, voire davantage, fassent défaut simultanément s’est nettement accru depuis six mois, à un niveau jamais atteint depuis le début de la crise financière de 2007. La lucidité de Wall Street tranche avec l’aveuglement européen qui espère toujours des rebonds techniques et au-delà des miracles de la venue de Noel.
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