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Dette publique : la France veut bien la solidarité mais sans perte de souveraineté
L’Allemagne ne fait pas preuve d’une grande souplesse pour parvenir rapidement à une vraie solidarité européenne en matière de dettes et notamment en s’opposant toujours à intervention de la BCE. Mais l’Allemagne a des raisons pertinentes ; d’abord elle ne veut pas aider les pays très endettés sans contrôle budgétaire. En clair la solidarité, oui, mais contre l’abandon de souveraineté en matière d’élaboration et de contrôle budgétaire. Or le clivage ne concerne pas seulement l’Allemagne et de petits pays périphériques mais aussi l’Allemagne et la France. Un débat jusque là feutré et même complètement masqué par les médias.-En fait pour des raisons électorales, la France s’efforce de limiter les abandons de souveraineté et c’est cette attitude qui rend l’Allemagne aussi ferme sur ses positions. Par exemple sur la règle d’or la France officiellement y est favorable mais sous réserve qu’elle soit adoptée par les Parlements nationaux et contrôlée par les instances juridictionnelles nationales, a-précisé V. Pécresse. Autant dire clairement que ce n’est pas pour demain. D’une part N. Sarkozy ne dispose plus de la majorité suffisante au congrès pour faire adopter cette disposition. Au mieux, elle ne pourra pas être votée avant 6 mois. Ce qui laisse un répit au chef de l’Etat pour mener sa campagne sans faire apparaître de perte de souveraineté. Par ailleurs le fait de faire adopter cette règle d’or par les députés nationaux constitue en fait un refus de se voir imposer cette règle par l’Europe. Il y a de la part de la France une ambigüité voire un double langage qui ne doit pas échapper à l’Allemagne. La porte-parole du gouvernement et ministre du Budget, Valérie Pécresse., a largement entretenu l’ambigüité en déclarant « Ce que nous souhaitons c’est davantage de discipline budgétaire mais une discipline budgétaire assumée par les Etats, avec une vraie association des Parlements nationaux. Donc cette question de la souveraineté, pour nous, ne se pose pas. » Autrement dit si la question de la souveraineté ne se pose pas, c’est que la France ne veut pas l’entendre ; Or en dépit des insuffisances de Baroin et de Pécresse, le gouvernement sait très bien que la dérive des déficits et de la dette est inévitable sur la tendance actuelle ; témoin les prévisions d’une agence de notation américaine qui prévoit une hausse de la dette à 100% dès 2011, 110% en 2012 et 117% en 2013. Il faudra examiner à la loupe les déclarations séparées de Sarkozy et de Merkel aujourd’hui pour vérifier s’il y a une possibilité de convergence rapide entre les deux pays, car l’articulation entre souveraineté et solidarité constitue maintenant l’enjeu majeur pour une sortie de la crise de l’endettement européen.
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