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Archive mensuelle de novembre 2011

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L’UE prépare l’enterrement de la taxe sur les transactions financières

L’UE prépare l’enterrement de la taxe sur les transactions financières 

 

La taxe sur les transactions financières semble avoir peu de chance de voir le jour. Soutenue par la France et l’Allemagne, cette proposition déjà été rejetée par le G20 même si certains pays émergents étaient pour. Cette taxe est aussi refusée est refusée en Europe. Lors de la réunion mensuelle des ministres des finances, beaucoup ont considéré que ce dispositif ne pouvait pas être mis en oeuvre s’il n’était pas appliqué au plan international ; »Aujourd’hui à l’Ecofin, nous avons surtout parlé de la taxe sur les transactions financières. Le débat a été animé », a expliqué le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. « Nous nous sommes entendus pour déterminer rapidement, au printemps, si celle-ci avait un avenir. »Le ministre polonais des Finances, Jan Vincent-Rostowski, dont le pays préside l’UE ce semestre, a évoqué d’importantes divergences de vues. La Commission européenne a présenté fin septembre ce projet de taxe européenne sur les transactions ; Ce sont surtout les pays anglo-saxons qui y sont opposés notamment L’Irlande et la Grande-Bretagne, dont les critiques ont redoublé ces derniers jours ; La Grande Bretagne, elle, a purement souhaité que le projet soit enterré. A travers cette proposition, on mesure toutes les contradictions entre les pays de l’union européenne et l’absence totale de gouvernance. Ainsi l’Irlande qui a d’abord bénéficié largement des subsides européens pour se développer, puis tout aussi largement fait appelé aux aides européennes pour faire face à sa crise financière, par ailleurs largement due au comportement de ses banques, refuse maintenant le dispositif qui permettrait de limiter un peu la croissance exponentielles des ordres et donc aussi la spéculation. La Grande Bretagne, elle, est plus fidèle à ses dogmes : pas d’interventionnisme dans le milieu financier sans doute pour ne pas nuire à la place financière de Londres. On voit mal comment l’Europe pourrait s’engager sur des terrains autrement plus délicats et complexes comme l’harmonisation fiscale. Il est de plus en plus évident qu’une zone euro à 17 et une union européenne à 27 est actuellement ingérable surtout en période crise qui appellerait des réponses cohérentes, rapide et à la hauteur des enjeux. 

Le système financier français est considéré par le G 20 comme systémique

Le système financier français est considéré par le G 20 comme systémique 

Toutes les grandes banques françaises sont désormais considérées comme systémiques par le conseil de stabilité financière ; c’est-à-dire les plus grandes banques françaises sur Vingt-neuf grandes banques à dimension internationale : BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale et BPCE (Banque populaire-Caisse d’épargne ; elles feront donc l’objet d’une surveillance particulière et devront renforcer leurs fonds propres. Le G20 a entériné ces décisions prises dont l’objectif est d’éviter que les Etats ne soient contraints de venir à leurs secours en cas de dévalorisation brutale et significative d’actifs douteux. Ces banques, dont la liste sera actualisée chaque année, devront augmenter leur capital dans une proportion variant de 1% à 2,5% de leurs actifs pondérés en fonction du risque qu’elles font peser sur l’ensemble du système. Ces décisions viennent en supplément des critères qui ont déjà été retenus dans le cadre de l’accord de Balle III. Le niveau exact de cette surcharge sera fixé en 2014 pour une mise en œuvre progressive à l’horizon 2019. Cette orientation validée par le G20 permet d’impliquer davantage les investisseurs privés dans le cas par exemple de défaut partiel ou total d’un pays endettés. La question est de savoir si cette règle prudentielle est ou non de nature à garantir contre d’éventuelles faillites d’établissements financiers. Un tel niveau de fonds propres est-il suffisant à empêcher des défaillances bancaires face aux risques potentiels liés aux dettes notamment publiques? En réalité, personne ne l’ait exactement. Il faudrait d’abord connaître avec plus de précision des engagements des banques notamment vis-à-vis d’actifs douteux voire pourris. En outre, si ces fonds propres sont dimensionnés pour faire face à un risque comme celui de la Grèce, ils ne sont certainement pas adaptés pour résister à des défauts même partiels de pays comme l’Italie ou l’Espagne et encore moins la France. Par ailleurs et surtout, le risque est de créer un environnement de crédit Crunch qui serait fatal à de nombreuses PME qui ne peuvent vivre sans un soutien bancaire à leur trésorerie.  Pour mettre à niveau les fonds propres, plusieurs leviers vont être activés, la réduction des dividendes, celle des bonus, la restructuration des bilans avec notamment abandon de certaines activités mais aussi malheureusement sans doute l’augmentation des frais bancaires et enfin la restriction de crédit. C’est ce dernier risque qui est le plus fondamental car c’est précisément en période de réduction de la demande que les entreprises et surtout les PME ont le plus besoin du soutien bancaire pour équilibrer leur trésorerie. Comme toutes les banques françaises importantes sont touchées, c’est l’ensemble de l’économie du pays qui est susceptible d’être concerné. La décision du G20 est en fait une mise  en cause de la crédibilité de tout le système financier français. 

Le budget 2012 va menacer le triple A de la france

 

Par suite de bugs fréquents merci de consulter l’intégralité des infos sur le site

http://www.transportsociete.fr/

2012 : le budget qui fera perdre le triple A à la France

De petits plans d’économie en petits plans d’économie, la France s’oriente résolument vers un accroissement de sa dette autour de 90% pour 2011. Avec  la croissance prévue mais théorique à1%, la situation sera encore pire en 2012. Le gouvernement a été contraint de revoir sa copie sous la pression des prévisionnistes indépendants et des analystes des agences de notation. Au  lieu de 1.75% d’augmentation du PIB, on retient désormais 1% (comme l’Allemagne « décidemment qu’on marque à la culotte », en tout cas sur le papier) ; En fonction de cette nouvelle prévision, on va donc tenter de trouver 7 à 8 milliards d’économies en plus de la dizaine décidées en août par Fillon. Cela sera très insuffisant pou évidemment rétablir l’équilibre – sans doute pas possible avant 2020- ni même pour atteindre les 4,5% de déficit budgétaire souhaités par le gouvernement  par rapport au PIB ; Au mieux, à condition que la croissance ne s’écroule pas complètement, le déficit de 2012 sera de 5.3% ; le PIB représente environ 2000 milliards et nous aurons donc un déficit budgétaire supérieur à 100 milliards. Déficit global d’autant plus dangereux qu’il contient un déficit primaire (avant la dette). Pour atteindre la fameuse règle d’or qui risque de demeurer longtemps un slogan, il faudrait donc trouver une centaine de milliards, cela pour équilibrer les comptes du budget. A cette somme, il faudra aussi ajouter ce qui serait nécessaire pour combler le déséquilibre de la sécurité sociale qui d’une manière ou d’une autre viendra affecter les dépenses publiques (au moins une vingtaine de milliards en 2012). On mesure bien que les 7 à 8 milliards d’économie supplémentaires pour ajuster le budget à la nouvelle prévision budgétaire sont loin du compte. Certes on doit convenir qu’il est sans doute impossible de rétablir l’équilibre en une année mais cela montre l’écart entre les efforts envisagés et ceux qui seraient nécessaires à terme. En outre, cette prévision de croissance ramenée à 1% est encore pour partie théorique, le consensus aujourd’hui (mais cela peut changer quand on va constater la situation de quasi récession dans les semaines à venir) est de l’ordre de 0.8% de croissance du PIB en 2012.  On observe donc que ces réajustements budgétaires ne sont pas du tout à la hauteur de enjeux ; par ailleurs, il faut aussi retenir compte que la France, comme les autres Etats, est garante des engagements de la BCE comme du nouveau FESF ; l’évaluation de notre note va donc être affectée par les risques que présentent ces engagements vis-à-vis des pays que nous soutenons financièrement.  Cela conduit tout droit la France vers la perte de son triple A dans les mois qui viennent. Une perte qui aura aussi des conséquences sur la notation du FESF surtout fondée sur la note de la France. Une perte facteur d’augmentation des taux d’intérêt en France qui va peser sur l’économie et la dette publique. Finalement, on ne règle pas de manière structurelle l’endettement puisque ce dernier va continuer de croître et on connaîtra parallèlement un écroulement de la croissance, donc aussi de l’emploi. Deux éléments qui en 2012 feront de la France la prochaine cible des marchés après l’Italie et l’Espagne. Cela d’autant plus que tout sera à peu près figé pendant les 6 premiers mois de 2012 pour cause de promesses électorales.

Pour l’Italie sous la pression des marchés, c’est le syndrome grec

Pour l’Italie sou la pression des marchés, c’est le syndrome grec

Silvio Berlusconi n’en finit pas de promettre de mettre en œuvre les mesures d’austérité qui s’imposent. Il est clair qu’après le choc du référendum grec, la contagion va privilégier la cible italienne dont les taux d’intérêt commencent à frôler l’insupportable (près de 7% ). Il a une nouvelle fois dit  à A. Merkel qu’il entendait faire le nécessaire . De leur côté, les organisations patronales italiennes ont lancé un appel au ton dramatique, appelant le gouvernement à « agir immédiatement », faute de quoi il « portera une responsabilité historique à l’égard des Italiens et de toute la communauté internationale ». « La situation sur les marchés financiers se précipite et notre pays se trouve au centre des turbulences internationales. Nous ne pouvons pas courir le risque de perdre en quelques semaines ce que nous avons construit en décennies de travail », ont lancé ces organisations. Le président de la République a appelé aussi le gouvernement « à agir d’urgence ». La montée des taux d’intérêt témoigne du fait que l’Italie est désormais dans le viseur des marchés. L’écart de taux (spread), qui mesure la prime de risque entre les taux italien et allemand a atteint un nouveau record à 455 points de base, soit son plus haut niveau jamais atteint depuis la création de la zone euro. Pour tenter de répondre aux inquiétudes Berlusconi a promis de présenter les mesures et les calendriers lors du G 20. »Les taux d’intérêt montent au ciel, les Bourses tombent en enfer », résumait le site d’information financière italien firstonline.info, qui qualifiait de « catastrophe » la décision du Premier ministre grec Georges Papandréou d’organiser un référendum. Avant le sommet européen, sans doute vexé par la mise en accusation de l’Italie, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi avait déjà  convoqué en urgence son gouvernement pour tenter de convaincre ses partenaires de coalition de soutenir une série de réformes économiques réclamées par l’Union européenne. Au-delà de la vexation, il y a surtout depuis quelques jours les attaques amplifiées sur la dette italienne qui pourrait rapidement devenir, après la Grèce, la prochaine épine dans le pied de l’Europe. Berlusconi a donc proposé une réforme du système des retraites à laquelle s’oppose fermement son principal allié de la Ligue du Nord. La question des retraites est centrale et jusque là du fait des contradictions au sein de la coalition, ce sujet était tabou. « Je compte profiter de la situation pour voir si nous pouvons adopter des mesures auxquelles j’ai toujours songé mais que je n’ai pas pu mettre en œuvre en raison de divergences au sein de la majorité, par exemple sur les retraites.. La question d’une réforme des retraites était un point de friction avec la Ligue du Nord, alliée indispensable du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. En fait, malgré une situation jugée « très périlleuse » par le chef de la Ligue, Umberto Bossi, une « issue » a été trouvée sur les retraites . Angelo Alfano, leader du parti berlusconien, le Peuple de la Liberté, a parlé d’un « point d’équilibre (qui) apporta à l’Europe les réponses souhaitées  ». Cela a permis à Silvio Berlusconi de transmettre à ses partenaires européens, dans la foulée, un « document programmatique » fixant des objectifs de réformes et un calendrier, sans être sûr de pouvoir se maintenir encore longtemps à la tête de l’exécutif. Berlusconi a estimé n’être pas responsable de la crise qu’il impute aux banques ; pourtant c’est bien l’Etat italien qui se met dans les mains des banques (surtout des banques italiennes). La dette italienne d’au moins 1800 milliards (avec une croissance complètement atone) inquiète à juste titre. Les marchés l’ont bien compris en rendant plus cher les conditions de financement des obligations italiennes. Au-delà des retraites, l’Italie devra aussi s’attaquer à la reforme du marché du travail, à la fiscalité et aux privatisations. Bref c’est le syndrome grec. En attendant, l’Italie s’est mise « volontairement » sous surveillance du FMI; en fait ce sont surtout les marchés qui vont exercer cette surveillance. Ensuite, les marchés obtiendront auusi, comme en Grèce, le départ du chef du gouvernement. Pas de quoi nous réjouir en France car notre situation n’est pas meilleure. Elle est même pire d’un certain coté puisque contrairement à l’Italie notre déficit primaire est déficitaire. Si l’Italie devait devenir la prochaine cible des marchés, la suivante serait à coup sûr la France.   

Un fonds européeen encore virtuel, inefficcace et cher

Un fonds européeen encore virtuel, inefficcace  et cher

 

 

La levée de fons du fonds européen a rencontré un maigre succès au près des marchés. Peu d’investisseurs semblent intéressés par le FESF dont l’utilisation et même la dimension ne sont pas encore définis. En outre, cette levée des fonds coute cher. En cause, la situation en Grèce, les menaces sur l’Italie mais aussi les divergences au sein même de l’Europe. Après le G20, trois d’options possibles, soit un mécanisme d’assurance partielle des nouvelles obligations émises en zone euro, soit  dispositif consistant à attirer des contributions extra-européennes dans un nouveau fonds adossé au FESF et au FMI soit une combinaison des deux. Le montant devra aussi en être fixé mais pour l’instant eu égard au doutes persistants sur la dette européenne les perspectives d’un fonds puissant sont incertaines. « Le FESF va maintenant avoir des consultations afin de parvenir aux solutions les plus efficaces. Nous espérons finaliser les détails opérationnels d’ici la fin novembre, sous forme de lignes directrices qui seront approuvées par l’Eurogroupe afin que la mise en œuvre ait lieu en décembre », a dit Jean-Claude Juncker. Reportée en raison de l’annonce surprise d’un référendum en Grèce il y a une semaine, l’émission du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour l’Irlande a eu lieu hier. Le FESF, qui n’avait pas fait appel au marché depuis juin, a été obligé de payer un prix élevé pour lever 3 milliards d’euros de titres à 10 ans portant un coupon de 3,5 %  outre, la demande a à peine dépassé 3 milliards d’euros hier, alors que la première émission du FESF avait recueilli pas moins de 45 milliards d’euros en janvier.  « Depuis quelque temps l’écart de taux entre le FESF et l’Allemagne suit d’assez près l’évolution de l’écart France-Allemagne, note Clément Genes, chez Kepler. Le marché semble anticiper une dégradation de la note de la France et son impact sur la capacité d’emprunt du Fonds de stabilité ; les investisseurs tiennent aussi compte des incertitudes sur la pérennité des mécanismes de soutien de la zone euro. » Le sommet du G20 s’est en effet achevé sans aucune promesse de participation du FMI ou des pays émergents au futur véhicule de financement du FESF. L’augmentation de sa force de frappe à 1.000 milliards d’euros reste dès lors hypothétique. « Le marché est suspendu à une éventuelle réunion des ministres du G20, en novembre, ou en début d’année prochaine », indique un expert. Compte tenu du flou qui pèse encore sur la nature, le montant et l’utilisation du FESF, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé lundi de remettre à plus tard toute décision en attendant la prochaine réunion prévue le 29 novembre. On espère que la situation sera éclaircie d’ici là et que le fonds pourra être opérationnel en décembre. Première observation ce n’est pas du tout certain, il faudrait d’abord que ce fonds soit attractif, deuxième observation ce décalage dans le temps est peu opportun au moment où précisément il faudrait soutenir non seulement la Grèce mais maintenant l’Italie. Dernier point, comme la crise s’amplifie son dimensionnement sera certainement trop réduit face aux besoins. 

Bugdet 2012: révision insuffisante pour sauver le triple A

 

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2012 : le budget qui fera perdre le triple A à la France

De petits plans d’économie en petits plans d’économie, la France s’oriente résolument vers un accroissement de sa dette autour de 90% pour 2011. Avec  la croissance prévue mais théorique à1%, la situation sera encore pire en 2012. Le gouvernement a été contraint de revoir sa copie sous la pression des prévisionnistes indépendants et des analystes des agences de notation. Au  lieu de 1.75% d’augmentation du PIB, on retient désormais 1% (comme l’Allemagne « décidemment qu’on marque à la culotte », en tout cas sur le papier) ; En fonction de cette nouvelle prévision, on va donc tenter de trouver 7 à 8 milliards d’économies en plus de la dizaine décidées en août par Fillon. Cela sera très insuffisant pou évidemment rétablir l’équilibre – sans doute pas possible avant 2020- ni même pour atteindre les 4,5% de déficit budgétaire souhaités par le gouvernement  par rapport au PIB ; Au mieux, à condition que la croissance ne s’écroule pas complètement, le déficit de 2012 sera de 5.3% ; le PIB représente environ 2000 milliards et nous aurons donc un déficit budgétaire supérieur à 100 milliards. Déficit global d’autant plus dangereux qu’il contient un déficit primaire (avant la dette). Pour atteindre la fameuse règle d’or qui risque de demeurer longtemps un slogan, il faudrait donc trouver une centaine de milliards, cela pour équilibrer les comptes du budget. A cette somme, il faudra aussi ajouter ce qui serait nécessaire pour combler le déséquilibre de la sécurité sociale qui d’une manière ou d’une autre viendra affecter les dépenses publiques (au moins une vingtaine de milliards en 2012). On mesure bien que les 7 à 8 milliards d’économie supplémentaires pour ajuster le budget à la nouvelle prévision budgétaire sont loin du compte. Certes on doit convenir qu’il est sans doute impossible de rétablir l’équilibre en une année mais cela montre l’écart entre les efforts envisagés et ceux qui seraient nécessaires à terme. En outre, cette prévision de croissance ramenée à 1% est encore pour partie théorique, le consensus aujourd’hui (mais cela peut changer quand on va constater la situation de quasi récession dans les semaines à venir) est de l’ordre de 0.8% de croissance du PIB en 2012.  On observe donc que ces réajustements budgétaires ne sont pas du tout à la hauteur de enjeux ; par ailleurs, il faut aussi retenir compte que la France, comme les autres Etats, est garante des engagements de la BCE comme du nouveau FESF ; l’évaluation de notre note va donc être affectée par les risques que présentent ces engagements vis-à-vis des pays que nous soutenons financièrement.  Cela conduit tout droit la France vers la perte de son triple A dans les mois qui viennent. Une perte qui aura aussi des conséquences sur la notation du FESF surtout fondée sur la note de la France. Une perte facteur d’augmentation des taux d’intérêt en France qui va peser sur l’économie et la dette publique. Finalement, on ne règle pas de manière structurelle l’endettement puisque ce dernier va continuer de croître et on connaîtra parallèlement un écroulement de la croissance, donc aussi de l’emploi. Deux éléments qui en 2012 feront de la France la prochaine cible des marchés après l’Italie et l’Espagne. Cela d’autant plus que tout sera à peu près figé pendant les 6 premiers mois de 2012 pour cause de promesses électorales.

la BCE menace l’italie

La BCE menace l’Italie  Compte tenu de la montée exceptionnelle des taux d’intérêt italien, la BCE était intervenue à de nombreuses reprises pour soutenir les obligations italiennes. Ainsi une cinquantaine de milliard auraient été destinés par la BCE au rachat sur le marché secondaire. Lestaux italiens ont atteint un nouveau record (6.66%). L’engagement de la BCE n’est donc pas négligeable mais pour de résultats finalement assez décevants car les marchés ne sont toujours pas convaincus de la solvabilité de l’Italie ; en cause : le décalage entre les annonces successives de Berlusconi en matière de rigueur et la situation concrète qui ne bouge guère. Du coup, la banque centrale se fâche et menace de ne plus intervenir dans le rachats d’obligations italiennes. »Si nous constatons que l’efficacité de nos interventions est mise à mal par une absence d’efforts des gouvernements nationaux, alors nous devons nous poser nous interroger sur leurs effets déclare-t-il dans un entretien publié dimanche par le journal La Stampa. « Si la conseil de la BCE arrive à la conclusion que les conditions qui l’avaient conduit à prendre une décision ne sont plus réunies, il peut changer cette décision à tout moment » Fortement incité par l’Europe, Berlusconi a accepté de se «  mettre volontairement » sous la surveillance du FMI afin de suivre régulièrement les comptes publics italien et de les certifier. C’est donc la troisième humiliation infligée à Berlusconi. La première a été la mise au banc des accusés par l’Europe, ce qui a obligé Berlusconi à présenter un nouveau plan devant le G20. La deuxième humiliation est cette mise sous observation permanente du FMI et la troisième cette décision de la BCE vis-à-vis du rachat d’obligations italiennes. Berlusconi devrait obtenir un vote de confiance de son parlement en dépit d’une majorité qui se délite mais cela risque de ne pas suffire pour rassurer car ce qui est en cause c’est la crédibilité du pays tout autant que celle de son chef de gouvernement qui ne partira que contraint  C’est sans doute ce que souhaite la communauté internationale qui craint par-dessus tout un scénario à la grec qui mettrait alors réellement en péril l’existence même de l’euro. Ni la BCE, ni le fonds européen ne pourraient faire face à une attaque massive sur l’Italie. 

Le système financier français est considéré par le G 20 comme systémique

Le système financier français est considéré par le G 20 comme systémique 

 

 

Toutes les grandes banques françaises sont désormais considérées comme systémiques par le conseil de stabilité financière ; c’est-à-dire les plus grandes banques françaises sur Vingt-neuf grandes banques à dimension internationale : BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale et BPCE (Banque populaire-Caisse d’épargne ; elles feront donc l’objet d’une surveillance particulière et devront renforcer leurs fonds propres. Le G20 a entériné ces décisions prises dont l’objectif est d’éviter que les Etats ne soient contraints de venir à leurs secours en cas de dévalorisation brutale et significative d’actifs douteux. Ces banques, dont la liste sera actualisée chaque année, devront augmenter leur capital dans une proportion variant de 1% à 2,5% de leurs actifs pondérés en fonction du risque qu’elles font peser sur l’ensemble du système. Ces décisions viennent en supplément des critères qui ont déjà été retenus dans le cadre de l’accord de Balle III. Le niveau exact de cette surcharge sera fixé en 2014 pour une mise en œuvre progressive à l’horizon 2019. Cette orientation validée par le G20 permet d’impliquer davantage les investisseurs privés dans le cas par exemple de défaut partiel ou total d’un pays endettés. La question est de savoir si cette règle prudentielle est ou non de nature à garantir contre d’éventuelles faillites d’établissements financiers. Un tel niveau de fonds propres est-il suffisant à empêcher des défaillances bancaires face aux risques potentiels liés aux dettes notamment publiques? En réalité, personne ne l’ait exactement. Il faudrait d’abord connaître avec plus de précision des engagements des banques notamment vis-à-vis d’actifs douteux voire pourris. En outre, si ces fonds propres sont dimensionnés pour faire face à un risque comme celui de la Grèce, ils ne sont certainement pas adaptés pour résister à des défauts même partiels de pays comme l’Italie ou l’Espagne et encore moins la France. Par ailleurs et surtout, le risque est de créer un environnement de crédit Crunch qui serait fatal à de nombreuses PME qui ne peuvent vivre sans un soutien bancaire à leur trésorerie.  Pour mettre à niveau les fonds propres, plusieurs leviers vont être activés, la réduction des dividendes, celle des bonus, la restructuration des bilans avec notamment abandon de certaines activités mais aussi malheureusement sans doute l’augmentation des frais bancaires et enfin la restriction de crédit. C’est ce dernier risque qui est le plus fondamental car c’est précisément en période de réduction de la demande que les entreprises et surtout les PME ont le plus besoin du soutien bancaire pour équilibrer leur trésorerie. Comme toutes les banques françaises importantes sont touchées, c’est l’ensemble de l’économie du pays qui est susceptible d’être concerné. La décision du G20 est en fait une mise  en cause de la crédibilité de tout le système financier français. 

Budget 2012 : un nouveau plan qui en appellera d’autres !

Budget 2012 : un nouveau plan qui en appellera d’autres ! 

 

Il faut s’en doute s’y habituer, les plans de révision budgétaire succèdent aux plans. Trop dépendants des marchés et bousculés par eux, les États sont donc condamnés à rassurer en permanence pour ne pas voir leur note dévalées par les agences. Ce sera donc pour la France le deuxième plan en moins de trois mois pour l’année 2012. Ce ne sera sans doute pas le dernier ; peut être même en faudra-t-il un nouveau d’ici la fin de l’année si la spéculation qui a commencé sur les taux d’intérêt français continue. L’écart dans ce domaine n’a jamais été aussi important avec l’Allemagne. La France emprunte presque 50% plus cher que l’Allemagne en dépit de son triple A. Un triple A en fait très menacé. De ce fait, il faut pour le gouvernement rassurer, rassurer encore, promettre de ramener le déficit à 3% en 2013 et l’équilibre en 2016 ; la révision était inévitable car la perspective de croissance de 1.75% du gouvernement était trop discréditée. Le gouvernement a donc choisi  une hausse du PIB de 1 %. Une prévision encore assez forte car les analystes n’attendent guère pour l’instant plus de 0.7 à 0.8%. Et encore ces prévisions sont elles relativement théoriques car la récession qui s’annonce pour la fin de l’année 2011 pourrait conduire  encore à devoir ces chiffres. Comme la Grèce, comme l’Italie, comme d’autres pays endettés à l’excès, la France va donc régulièrement refaire ses comptes et tout aussi régulièrement présenter des ajustements au budget 2012. Cette fois, il n’y aura pas encore de véritable séisme, avec notamment un relèvement partiel de TVA, une ponction sur les grandes entreprises, une nouvelle petite réforme des retraites, des économies budgétaires. L’objectif c’est de dégager  6 à 8 milliards d’euros, Une somme qui de toute manière sera très insuffisante pour tenir les objectifs de rééquilibrage budgétaire  (il en faudrait au moins une vingtaine dans les conditions économiques actuelles)  mais qui peut permettre de gagner du temps au gouvernement Fillon. Le risque en procédant par petites touches pour ne pas effrayer l’électorat, c’est en fait de ne pas atteindre l’objectif central qui est de rassurer les marchés et surtout de perdre ce précieux triple A. La récession qui s’installe pour cette de l’année risque de remettre en question des prévisions peu crédibles et il faut prévoir une-ou plusieurs- révisions budgétaires- avant les élections présidentielles. 

Angela Merkel prévoit 10 ans d’austérité pour l’Europe

Angela Merkel prévoit 10 ans d’austérité pour l’Europe 

 

Dans son podcast hebdomadaire, Angela Merkel  n’est guère optimiste pour l’avenir de l’Europe ; pour elle, la crise va durer une dizaine d’années. L’amélioration ne pourra intervenir qu’au terme de ce délai ; Voilà un langage qui a le mérite d’être clair et lucide en même temps. Cela change des lendemains qui chantent promis par les gouvernants actuel ou futurs notamment en France. L’Allemagne agace souvent par ss exigences, sa rigueur mais force est de constater qu’elle préfère la vérité à l’utopie suicidaire, celle qui consiste à pratiquer la fuite en avant notamment dans le domaine de la dépense publique et l’endettement. Il faut parfois convenir que les déclarations allemandes manquent parois de pédagogie ou de souplesse, elles ont au moins le mérité d’être sans ambigüité et surtout pertinentes sur le fond. Certes on risque de reprocher à A. Merkel cette déclaration alors que l’Europe ne parvient pas à rendre crédible son accord sur la dette, que la spéculation vise maintient clairement l’Italie et même la France dont les taux d’intérêt se détachent de ceux de l’Allemagne. Bref, les marchés qui aiment surtout les bonnes nouvelles ne sont pas brossés dans le sens du poil. Pourtant A. Merkel part d’une évidence incontournable en considérant toute l’Europe avait trop dépensé ces dernières années  « Presque tous les pays d’Europe ont dépensé toutes ces années plus qu’ils ne gagnaient », a-t-elle déclaré. Par sûr que cette déclaration renforce uen popularité discutée d’A. Merkel en Allemagne. Mais les dirigeants allemands privilégient souvent l’intérêt de leur pays avant leur destin personnel. L’histoire reteindra sans doute, d’ici quelques années que la crise qui se prépare doit beaucoup à l’incompétence et à l’irresponsabilité des autorités politiques de la plupart des pays développés. Les citoyens ne sont sans doute pas  innocents car ils ont toujours préféré élire ceux qui promettent des lendemains enchanteurs.  A cet égard, il faut bien constater une incertaine cohérence  entre le profil des dirigeants et la mentalité des peuples. Promettre des larmes et du sang n’a jamais été très vendeur. Pourtant, la crise qui se prépare sera vraisemblablement aussi  dramatique que celle de 1929. En effet pour les Etats- Unis comme pour la France, il avait fallu qu’une dizaine d’année pour retrouver le niveau d’activités économiques de 1929. C’est au moins le temps qu’il faudra pour surmonter la présente crise. Il suffit pour s’en persuader d’examiner quelques chiffres en France. Ici, nous nous en tiendrons à des ordres de grandeur afin de ne pas nous perdre dans les détails qui font oublier l’essentiel. Cela ne saura satisfaire l’esthétisme des experts qui attache souvent pus d’importance au quatrième chiffre après la virgule qu’aux sommes en jeu. Pour s’en tenir seulement à la France, la dette actuelle est grossièrement de l’ordre de 2000 milliards (on peut ergoter sur ce montant  du fait d’approche comptables différentes, exemple en intégrant ou non l’endettement hors bilan) soit  à peu près l’équivalent du PIB en 2011. Autrement dit, le taux d’endettement par rapport au PIB atteint 100%. Si rien ne devait changer et à condition que l’équilibre budgétaire soit réalisé dès 2012, cette dette atteindrait 4000 milliards dans 20 ans en supposant un taux d’intérêt moyen de 3% (taux actuel préférentiel avec la note Aaa). En moyenne annuelle pour apurer complètement cette dette, il faudrait donc rembourser 200 milliards par an. Soit pendant 20 ans un prélèvement supplémentaire de 10% du PIB. Or il faut rappeler que nos prélèvements obligatoires sont déjà de l‘ordre de 50% (là aussi on peut ergoter sur le taux). La compétitivité française déjà plombée par la fiscalité n’y résisterait pas et la croissance en serait gravement affectée. On objectera justement que ces hypothèses chiffrées ne tiennent pas compte de la croissance future donc des ressources fiscales à venir. Or depuis plusieurs dizaines d’années, ce taux de croissance tourne autour de 2% par an en moyenne. On ne voit pas pourquoi, brusquement ce taux évoluerait à la hausse compte tenu de l’émergence des nouveaux pôles économiques mondiaux. On peut même craindre une baisse pour n’atteindre que 1% en moyenne, ce qui ne serait déjà pas un mauvais résultat. Il faut en effet prendre en compte que nous allons connaître une période forte récession donc une croissance négative pendant plusieurs années. Il s’agira des conséquences de la crise obligataire, de la hausse des taux d’intérêt, du ralentissement des échanges mondiaux, de la baisse de la consommation intérieure et du chômage. 5 à 10 ans seront nécessaires pour nous redresser, c’est ce que vient d’indiquer A. Merkel car la plupart des grands pays en Europe sont dans une situation comparable à la France ; mais il faudra encore une dizaine d’années pour retrouver une croissance satisfaisante. En moyenne donc une croissance de 1% serait donc déjà un résultat acceptable. Evidemment les hypothèses de remboursement de la dette doivent, parallèlement aux scénarios de croissance et de rentrées fiscales, tenir compte de l’évolution des dépenses. Il faudra de toute manière en réaliser de gré ou de force. Elles devront être au moins supérieures à 200 milliards par an d’une part pour rembourser la dette d’autre part pour équilibrer le budget. En gros, le déficit budgétaire sera d’environ 10% en 2012. Il faudra donc ponctionner 200 milliards pour le remboursement de la dette et 100 milliards pour équilibrer le budget toutes choses égales par ailleurs. C’est donc 15% qu’il faut ponctionner en plus sur la richesse nationale. Maintenant rien ne dit que les taux d’intérêt resteront en moyenne à 3% (à noter que Standard and Poor’s prévoit si la situation ne change une notation de  AA en 2020, d’un A en 2025, d’un BBB en 2030 et d’un pays noté en catégorie spéculative avant 2040 ; une situation à la grecque). Pour vérifier le raisonnement, il suffit de lire le dernier rapport de la cour des comptes qui résume la situation ainsi  « La France a des ressources fiscales pour assumer 10 mois par an de dépenses, le reste, elle  l’emprunte ! » C’est donc bien environ 15% de ressources supplémentaires qu’il faut trouver d’une manière ou d’une autre (et sans doute pas par combinaison de toutes). Si le taux d’intérêt  devait passer à 6%, il faudrait ponctionner 30% supplémentaires sur la richesse nationale. Donc au total presque 80% ! La situation est donc beaucoup plus grave qu’en 1929 pour la France (mais pour beaucoup de pays qui ont des situations comparables y compris les Etats-Unis). Dès lors, on se demande qui aura la lucidité et le courage pour engager le redressement nécessaire car les efforts à demander seront bien incompatibles avec les promesses électorales indispensables pour se faire élire. On peut effectivement imaginer que les autorités politiques n’auront ni la capacité, ni la volonté de gérer une telle situation et que finalement ce sont les marchés qui vont réguler nos dettes. De quelle manière ? Vraisemblablement par l’inflation et la dévaluation. Pour simplifier à l’extrême et ne pas se perdre dans les dans les calculs scientistes, c’est 15 à 20 % qu’il prendre dans la poche des contribuables et/ou des consommateurs et cela pendant une vingtaine d’années et à condition de ne plus laisse le budget dériver. L’effort à demander sur 20 ans sera sans doute excessif, il faudra donc étaler le rééquilibrage sur 30 ou 40 ans. Rien de surprenant puisque nous avons laissé dériver nos grands équilibres depuis une quarantaine d’années, il en faudra autant pour remonter le courant. On est loin de propos rassurants des « autorités européennes » qui ne voient dans la crise actuelle qu’un « fébrilité temporaire des marchés ». Pour permettre le rétablissement durable des grands équilibres, il faut aussi une nouvelle régulation économique et financière d’abord en Europe puis au plan mondial. Bref, une véritable Europe,  un véritable G20. C’est-à-dire concilier l’efficacité du marché avec des règles équitables en matière économique, fiscale, sociale et environnementale. D’immenses chantiers, la question est de savoir si nous trouverons les chefs de chantiers compétents et courageux pour ces travaux. Il y en a en Allemagne, A. Merkel le prouve en encore. Il y a en sans doute en France, la question est de savoir su les électeurs souhaitent de tels profils ! 

Dette, austérité, récession, déficits : le cercle vicieux européen

Dette, austérité, récession, déficits : le cercle vicieux européen  La Grèce aura au moins offert un champ d’expérimentation et d’observation  sur ce qui attend l’Europe à savoir un enchainement infernal qui part de la dette, provoque l’austérité qui elle même génère la récession et de nouveaux déficits. En clair, on ne résout rien et on approfondit la crise financière, économique et sociale (même si la Grèce  a elle-même les premières responsabilités dans ce désastre). La découverte du concept d’effets systémiques constitue un pas en avant dans la connaissance du fonctionnement de l’organisation socio-économique de nos sociétés. Effets systémiques, crise systémique, banques systémiques etc. autant d’applications de ce  mot pour indiquer à quel point sont profondes  et complexes les interactions de la problématique économique. La conséquence, c’est que peu de pays ou de zones  sont à l’abri des difficultés constatés chez les voisins. Pour autant nos organisations et nos approches pour résoudre les problèmes demeurent locales et sectorielles. Ainsi, le dernier sommet européen n’a-t-il traité que de la manière de faire face à l’endettement de l’Europe et en particulier celui de la Grèce. Au G20, les pays non européens se sont surtout contentés d’un rôle de spectateur vis-à-vis de la crise européenne. Le mot d’ordre était  « on attend que l’Europe agisse avant de nous impliquer ». Témoin par exemple le refus de tous les pays non européens de s’engager dans le renforcement du FESF (il est vrai un peu flou). Caque pays  pense s’en sortir séparément alors que la crise est à dimension mondiale et que tous subiront les effets du tassement de la croissance. Même à l’intérieur de l’Europe, il ne saurait y avoir de paradis économique dans un enfer récessionniste. Même l’Allemagne va être durement touchée, elle le sera d’autant plus que son économie repose essentiellement sur des exportations vers des pays où la demande est en berne. D’ores et déjà, on peut constater les effets sur l’Allemagne, ce pays connaîtra sans doute une croissance supérieure à 2.5% en 2011, ce qui est un excellent résultat mais dès la fin 2011 ce sera la récession avec un recul de l’ordre de 0.5% du PIB. Pour la Chine, pays dont le modèle économique repose beaucoup sur les exportations, la croissance pourrait être divisée par deux en cas de d’écroulement de la croissance mondiale comme c’est probable en 2012. Le G20 s’est surtout préoccupé des déficits européens, pratiquement pas de la croissance (hormis une liste à la Prévert sur l’action de chaque pays). En réalité pour l’action politique, on ne sait pas articuler économie et finance (encore moins économie et environnement). De sorte que des mesures qui peuvent, à première vue, paraître saine sur le plan financier sont en fait catastrophiques pour la croissance et finalement pour l’emploi, les ressources fiscales et donc l’endettement. Autre exemple, la double exigence faite aux banques d’une part de respecter les critères de Bale 3 et suite au G20 de réaliser une augmentation supplémentaire des fonds propres pour les banques dites « systémiques » (toutes les banques française sur 29 !). Une bonne mesure apparente mais qui selon la manière dont elle sera opérée pourrait nous plonger dans une période de crédit Crunch qui pourrait tuer les trésoreries des entreprises notamment des PME, donc la croissance. L’articulation finances et économie n’est pas un exercice aisé, pas plus que l’articulation entre macro et micro économie mais nous sommes condamnés à cette obligation si nous ne voulons pas ajouter des contradictions à d’autres contradictions. En Europe si l’urgence est de sauver la Grèce, mais surtout l’Italie qui est autrement stratégique pour l’Euro, l’urgence est tout autant de relancer la croissance ; Or on ne voit pas de sommet européen programmé pour l’instant sur ce thème. Un sommet (faute de gouvernance permanente) aura lieu nécessairement courant 2012 quand la récession sera constatée, suivi sans doute d’un autre sommet, puis du autre car l’Europe agit toujours mal,  trop peu et trop tard au regard des enjeux. 

Baisse des taux de la BCE : le signe d’une prochaine récession en Europe

 

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Baisse des taux de la BCE : le signe d’une prochaine récession en Europe 

 La décision de La Banque centrale européenne (BCE) de baisser les  taux directeurs d’un quart de point n’est pas en soi très significative sur le loyer de l’argent. C’est cependant symbolique de la récession qui s’installe en Europe comme l’a reconnu  le nouveau président. Mario Draghi adresse ainsi un signe aux marchés financiers pour indiquer que la BCE est désormais consciente qu’il faudra bien soutenir la croissance même si évidemment le problème de l’endettement ne peut être ignoré. Mario Draghi n’ignore pas non plus que les pressions se font de plus en plus fortes sur son pays d’origine, l’Italie, dont les taux d’intérêt en franchissant les 6% frôlent la limite soutenable par les finances publiques italiennes. Les pressions sur les taux d’intérêt se font aussi sentir sur l’Espagne et même la France ; le spread avec l’Allemagne ne cesse de progresser et atteint des records. L’Allemagne n’a pas consenti de bon cœur à cette baisse de taux car sa première préoccupation est de lutter contre l’inflation. En échange de ce geste de la BCE sur les taux, l’Allemagne a certainement pesé pour que la banque centrale ne s’engage plus de manière très significative en matière d’achat d’obligations sur le marché secondaire. Le nouveau président de la BCE a d’ailleurs indiqué qu’il ne prenait plus aucun engagement dans ce domaine. Le changement d’attitude de la BCE vis-à-vis des taux signale aussi que la plupart des prévisions économiques devront être nettement revues à la baisse. Du coup, la BCE uniquement jusque là soucieuse de l’inflation doit maintenant se préoccuper d’un niveau d’activité qui se dégrade de mois en mois depuis l’été. Les analystes pensent même que la BCE devra aller beaucoup plus loin et pronostique une baisse de l’ordre de 1% d’ici quelques temps. C’est un changement notable de stratégie pour la BCE qui à la différence de la plupart des autres banques centrale avait augmenté ses taux en avril et juillet. Il est de plus en plus clair que le plan de sauvetage européen n’a pas réussi à convaincre surtout depuis la décision de Papandréou ; pour beaucoup d’observateurs seule la BCE pourrait apporter les garanties suffisantes pour empêcher la contagion de la crise financière. Faut-il encore en convaincre l‘Allemagne. Toutefois le l’Allemagne elle-même connait un net ralentissement économique et pourrait enregistrer un recul de croissance proche de 0.5% au dernier trimestre. Sa prévision de croissance pour 2012 est également obsolète (comme celles des autres pays y compris la France). Contre toute attente le chômage a progressé en Allemagne quand on s’attendait à une diminution. Au vu de ses propres  indicateurs économiques, l’Allemagne ne pourra longtemps encore sacrifier la croissance sur l’autel de la rigueur. 

le G20, pollué par la Grèce et l’Italie, ne décide rien

 

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Pollué par la Grèce et l’Italie, le G20 ne décide rien, ce qui en arrange beaucoup

  Ce G20 était normalement  destiné apporter une réponse coordonnée à la crise qui ébranle les pays riches et qui est en train de contaminer l’ensemble de l’économie mondiale. En fait, cette réunion des pays les plus puissants de la planète aura été complètement occultée d’abord par la question grecque, puis par la question italienne. Pour la Grèce, chaque jour apporte suffisamment de revirements pour mobiliser les esprits. Pour l’Italie, c’est le scénario à la grecque qui se profile. Le président italien dont le pays est de plus en plus visé par les marchés essaye de rassurer sur la capacité de son pays à rembourser sa dette, bien qu’il n’ait pas réussi la veille à faire adopter par son gouvernement des mesures anticrise. Pour l’Italie, c’est donc  le scénario grec qui s’engage avec sans doute autant de promesse, de contradictions et de revirements. Ainsi la promesse de Berlusconi de s’approcher de l’équilibre budgétaire est aussi crédible au les promesses grecques. « Il y a maintenant des discussions (au G20) sur l’érection d’un pare-feu autour de pays comme l’Italie et l’Espagne », a convenu  un responsable indien. Ainsi  la plupart des pays non européens s’en tirent à bon compte ( en tout cas c’est ce qu’ils croient) réduisant la crise mondiale au problème européen ; d’importants thèmes devaient aussi être traités comme  le financement du développement, la régulation des marchés financiers, la lutte contre la volatilité des prix des matières premières et la réforme du système monétaire international En fait on en restera à des déclarations d’intention ce qui arrange la plupart des dirigeants qui n’ont pas envie de se remettre en cause et/ou de mécontenter leur population. La Chine est satisfaite car on n’abordera pas sérieusement la question des taux de change en particulier la réévaluation du yuan, les Etats-Unis sont eux satisfaits puisqu’on a évité de parler de l’endettement américain et de sa politique monétaire laxiste. Beaucoup sauf en Europe vont se réjouir que la proposition de taxe sur la transaction financière soit renvoyée aux calendes . Quant à la question centrale de la réforme du système monétaire et la régulation des marchés notamment de matières premières, on verra plus tard. Plus tard, c’est-à-dire sans doute lors d’une prochaine crise. Une crise qui viendra rapidement avec l’effondrement de la croissance et la récession en Europe. Pour rassurer là encore, il y aura bien une déclaration d’intention mais pas de politique coordonnée seulement une liste à la Prévert indiquant les mesures qu’envisage chaque pays pour soutenir la croissance. Les pays pauvres qui vont le plus souffrir de cette crise mondiale attendront aussi l’aide au développement et la régulation des marchés des matières premières notamment de l’alimentation. Conclusion encore un G20 pour rien ou presque qui peut rassurer pendant quelques jours mais qui, après analyse sereine, va désespérer pendant des semaines et des mois. 

Après la Grèce, l’Italie sous surveillance… des marchés

 

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Après la Grèce, l’Italie dans l’œil des marchés

Silvio Berlusconi n’en finit pas de promettre de mettre en œuvre les mesures d’austérité qui s’imposent. Il est clair qu’après le choc du référendum grec, la contagion va privilégier la cible italienne dont les taux d’intérêt commencent à frôler l’insupportable (plus de 6%). Il a une nouvelle fois dit  à A. Merkel qu’il entendait faire le nécessaire . De leur côté, les organisations patronales italiennes ont lancé un appel au ton dramatique, appelant le gouvernement à « agir immédiatement », faute de quoi il « portera une responsabilité historique à l’égard des Italiens et de toute la communauté internationale ». « La situation sur les marchés financiers se précipite et notre pays se trouve au centre des turbulences internationales. Nous ne pouvons pas courir le risque de perdre en quelques semaines ce que nous avons construit en décennies de travail », ont lancé ces organisations. Le président de la République a appelé aussi le gouvernement « à agir d’urgence ». La montée des taux d’intérêt témoigne du fait que l’Italie est désormais dans le viseur des marchés. L’écart de taux (spread), qui mesure la prime de risque entre les taux italien et allemand a atteint un nouveau record à 455 points de base, soit son plus haut niveau jamais atteint depuis la création de la zone euro. Pour tenter de répondre aux inquiétudes Berlusconi a promis de présenter les mesures et les calendriers lors du G 20. »Les taux d’intérêt montent au ciel, les Bourses tombent en enfer », résumait le site d’information financière italien firstonline.info, qui qualifiait de « catastrophe » la décision du Premier ministre grec Georges Papandréou d’organiser un référendum. Avant le sommet européen, sans doute vexé par la mise en accusation de l’Italie, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi avait déjà  convoqué en urgence son gouvernement pour tenter de convaincre ses partenaires de coalition de soutenir une série de réformes économiques réclamées par l’Union européenne. Au-delà de la vexation, il y a surtout depuis quelques jours les attaques amplifiées sur la dette italienne qui pourrait rapidement devenir, après la Grèce, la prochaine épine dans le pied de l’Europe. Berlusconi a donc proposé une réforme du système des retraites à laquelle s’oppose fermement son principal allié de la Ligue du Nord. La question des retraites est centrale et jusque là du fait des contradictions au sein de la coalition, ce sujet était tabou. « Je compte profiter de la situation pour voir si nous pouvons adopter des mesures auxquelles j’ai toujours songé mais que je n’ai pas pu mettre en œuvre en raison de divergences au sein de la majorité, par exemple sur les retraites.. La question d’une réforme des retraites était un point de friction avec la Ligue du Nord, alliée indispensable du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. En fait, malgré une situation jugée « très périlleuse » par le chef de la Ligue, Umberto Bossi, une « issue » a été trouvée sur les retraites . Angelo Alfano, leader du parti berlusconien, le Peuple de la Liberté, a parlé d’un « point d’équilibre (qui) apporta à l’Europe les réponses souhaitées  ». Cela a permis à Silvio Berlusconi de transmettre à ses partenaires européens, dans la foulée, un « document programmatique » fixant des objectifs de réformes et un calendrier, sans être sûr de pouvoir se maintenir encore longtemps à la tête de l’exécutif. Berlusconi a estimé n’être pas responsable de la crise qu’il impute aux banques ; pourtant c’est bien l’Etat italien qui se met dans les mains des banques (surtout des banques italiennes). La dette italienne d’au moins 1800 milliards (avec une croissance complètement atone) inquiète à juste titre. Les marchés l’ont bien compris en rendant plus cher les conditions de financement des obligations italiennes. Au-delà des retraites, l’Italie devra aussi s’attaquer à la reforme du marché du travail, à la fiscalité et aux privatisations. Bref c’est le syndrome grec. En attendant, l’Italie s’est mise « volontairement » sous surveillance du FMI; en fait ce sont surtout les marchés qui vont exercer cette surveillance. Pas de quoi nous réjouir en France car notre situation n’est pas meilleure. Elle est même pire d’un certain coté puisque contrairement à l’Italie notre déficit primaire est déficitaire. Si l’Italie devait devenir la prochaine cible des marchés, la suivante serait à coup sûr la France.  

2012 : ce budget qui fera perdre le triple A à la France

 

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2012 : le budget qui fera perdre le triple A à la France

De petits plans d’économie en petits plans d’économie, la France s’oriente résolument vers un accroissement de sa dette autour de 90% pour 2011. Avec  la croissance prévue mais théorique à1%, la situation sera encore pire en 2012. Le gouvernement a été contraint de revoir sa copie sous la pression des prévisionnistes indépendants et des analystes des agences de notation. Au  lieu de 1.75% d’augmentation du PIB, on retient désormais 1% (comme l’Allemagne « décidemment qu’on marque à la culotte », en tout cas sur le papier) ; En fonction de cette nouvelle prévision, on va donc tenter de trouver 7 à 8 milliards d’économies en plus de la dizaine décidées en août par Fillon. Cela sera très insuffisant pou évidemment rétablir l’équilibre – sans doute pas possible avant 2020- ni même pour atteindre les 4,5% de déficit budgétaire souhaités par le gouvernement  par rapport au PIB ; Au mieux, à condition que la croissance ne s’écroule pas complètement, le déficit de 2012 sera de 5.3% ; le PIB représente environ 2000 milliards et nous aurons donc un déficit budgétaire supérieur à 100 milliards. Déficit global d’autant plus dangereux qu’il contient un déficit primaire (avant la dette). Pour atteindre la fameuse règle d’or qui risque de demeurer longtemps un slogan, il faudrait donc trouver une centaine de milliards, cela pour équilibrer les comptes du budget. A cette somme, il faudra aussi ajouter ce qui serait nécessaire pour combler le déséquilibre de la sécurité sociale qui d’une manière ou d’une autre viendra affecter les dépenses publiques (au moins une vingtaine de milliards en 2012). On mesure bien que les 7 à 8 milliards d’économie supplémentaires pour ajuster le budget à la nouvelle prévision budgétaire sont loin du compte. Certes on doit convenir qu’il est sans doute impossible de rétablir l’équilibre en une année mais cela montre l’écart entre les efforts envisagés et ceux qui seraient nécessaires à terme. En outre, cette prévision de croissance ramenée à 1% est encore pour partie théorique, le consensus aujourd’hui (mais cela peut changer quand on va constater la situation de quasi récession dans les semaines à venir) est de l’ordre de 0.8% de croissance du PIB en 2012.  On observe donc que ces réajustements budgétaires ne sont pas du tout à la hauteur de enjeux ; par ailleurs, il faut aussi retenir compte que la France, comme les autres Etats, est garante des engagements de la BCE comme du nouveau FESF ; l’évaluation de notre note va donc être affectée par les risques que présentent ces engagements vis-à-vis des pays que nous soutenons financièrement.  Cela conduit tout droit la France vers la perte de son triple A dans les mois qui viennent. Une perte qui aura aussi des conséquences sur la notation du FESF surtout fondée sur la note de la France. Une perte facteur d’augmentation des taux d’intérêt en France qui va peser sur l’économie et la dette publique. Finalement, on ne règle pas de manière structurelle l’endettement puisque ce dernier va continuer de croître et on connaîtra parallèlement un écroulement de la croissance, donc aussi de l’emploi. Deux éléments qui en 2012 feront de la France la prochaine cible des marchés après l’Italie et l’Espagne. Cela d’autant plus que tout sera à peu près figé pendant les 6 premiers mois de 2012 pour cause de promesses électorales.

Quatrième trimestre:croissance dans le rouge en Allemagne

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Croissance dans le rouge en Allemagne: la hausse du chômage en Allemagne indique un recul de la croissance 

 Alors que les prévisionnistes prévoyaient en octobre une réduction du nombre de chômeurs de l’ordre de 10 000, c’est une augmentation qui s’est produite, de +10 000, montant ainsi le chômage à un taux de 7%. C’est la première augmentation depuis le début de  2010. »Les entreprises deviennent un peu plus prudentes en raison de la crise des dettes souveraines et du ralentissement de l’économie mondiale », explique Rainer Sartoris, économiste chez HSBC Trinkaus. Cette évolution, qui a surpris, montre clairement que l’Allemagne ne peut être à l’abri du très net tassement de la croissance mondiale et particulièrement en Europe. On prévoyait une assez forte croissance en 2011 de 2.9%, le chiffre définitif devrait être assez en dessous compte tenu du ralentissement constaté. Un ralentissement assez brutal même puisque le PIB devrait grimper de 0,8% seulement en 2012, après les 2,9% attendus cette année, soit nettement moins la prévision officielle du gouvernement (+1,8%). Dans un environnement dégradé, le déficit public de l’Allemagne devrait toutefois continuer à fondre, s’établissant à 0,9% cette année et 0,6% l’an prochain, les efforts d’économie et les solides recettes fiscales de cette année portant leurs fruits. Mais l’Allemagne, dont l’économie fortement exportatrice s’est redressée avec vigueur après la récession de 2009, ne pourra pas se soustraire aux effets de la crise des finances publiques européennes, en passe de déboucher sur une crise bancaire, prédisent les économistes. De fait, l’Allemagne ne peut être à l’abri de la réduction de la demande mondiale notamment de celle de l’Europe. Du coup, les exportations ne pourront plus porter la croissance allemande tandis que sa demande intérieure demeure relativement atone. Au quatrième trimestre de cette année, il faudra compter avec un recul du PIB (-0,2%). L’Allemagne pourra peut-être échapper à la récession en 2012 mais rien n’est sûr tout dépendra de l’état des économies avec lesquelles elle commerce . 

Infos économie générale: la crise grecque paralyse le G 20

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Infos économie générale: la crise grecque va paralyser le  G 20

Coup de tonnerre sur la Grèce : les décisions surprise et déconcertantes de Papandréou  va peser lourd sur le G 20 et sur la crédibilité du plan européen pour sortir de la crise. En décidant un référendum pour début 2012 sur le plan européen, Papandréou replonge l’Europe dans l’incertitude. En fonction du résultat, qui risque d’être négatif, c’est le défaut total de la Grèce qui est en  jeu . Une décision de nature à tout remettre en question, l’aide à la Grèce bien sûr, le processus de décote des obligations grecques et même le FESF dont beaucoup doutaient déjà notamment les partenaires de l’Europe au G 20 qui ne croient pas à la force de frappe de ce dispositif. Un vrai coup de poignard dans le dos des négociateurs de ce plan et de toute l’Europe car désormais le risque de contagion notamment sur L’Italie ne peut plus être écarté. Suite à ce coup de tonnerre, on est certain que le G20 va à nouveau choisir l’attentisme.

Sommet européen : trop de flou L’attente sommet européen était telle que n’importe quel accord aurait suscité l’approbation de la plupart des commentateurs. Il faudra sans doute plusieurs jours et plusieurs semaines pour en mesurer les limites. En fait cet accord est partiel et flou. Ce n’est certainement pas l’accord global et définitif pour mettre fin au problème de la dette européenne. L’accord européen était certes indispensable pour éviter le pire mais il ne règle pas tout ; c’est un accord à forte coloration psychologique qui gagne du temps mais ne résout pas les questions de fond. Notamment le rôle de la BCE et les conditions d’intégration européenne suspendu à une réforme du traité qui va demander des mois et des années surtout compte tenu de l’euroscepticisme grimpant des peuples. L’avenir du principal dispositif, à savoir le FESF, dont encore une fois la puissance feu reste floue dépend maintenant en grande partie de la situation de la France puisque la note de ce fonds set alignée sur celle de la France. Laquelle se trouve en situation particulièrement délicate puisque le budget 2012 initialement prévu este dors et déjà obsolète. La croissance ne sera pas de 1.75% mais de la moitié. Ce n’est donc pas une dizaine de milliards qu’il faudra trouver mais au moins le double, sans compter outre le déséquilibre budgétaire, le déséquilibre des comptes sociaux. En fait c’est une cinquantaine de milliards qu’il faudra trouver pour éviter la dégradation de la note de la France et donc du FSEF. Après l’euphorie de l’annonce va venir le temps de l’analyse précise de cet accord dans une conjoncture économique de récession. Autant dire que de nouveaux sommets du même type seront à prévoir d’ici quelques mois. 

Sommet européen du 27 octobre: un quasi échec  Finalement le vote du Bundestag qui avait l’intention de rassurer va plutôt  déstabiliser. On ne peut toutefois être surpris de cette position très restrictive de l’Allemagne qui clairement ne veut plus payer pour les pays laxistes au-delà de ce qui a été décidé. Le compromis devra donc s’accommoder des positions de principe de l’Allemagne. La France malheureusement ne peut plus peser car sa situation financière est discréditée. Pour Sarkozy, l’enjeu n’est plus financier mais politique : obtenir un compromis pour ne pas perdre la face pendant la présidence française du G20. Il y aura compromis sans doute car la pression internationale est trop forte pour un échec total du sommet mais en fait un accord boiteux et insuffisant ; la réaction des marchés risque d’être très vive et il est possible que l’Europe soit durement sanctionnée dans les jours  venir par ces marchés. Comme habitude, si la sanction est trop sévère, les discussions vont reprendre mais comme à chaque fois dans un environnement économique et financier encore plus dégradée. Cela en raison notamment de la sortie de toute une batterie d’ indicateurs qui indiquent que l’Europe est actuellement en quasi récession.  

Au-delà des divergences et des atermoiements, l’Europe s’est aussi fait une spécialité de la communication floue et contradictoire. On passe ainsi tous les jours de l’optimisme à l’interrogation et de l’espoir au pessimisme. Problème de gouvernance sans doute et de leadership. Sur le FESF, une fusée à deux étages était prévue, assurances d’une partie de la dette et véhicule spécial pouvant être  abondé par des fonds extérieurs (FMI et pays hors zone euro). Une puissance de feu jusqu’à 4000 milliards étant même envisagée. Mais aujourd’hui l’Allemagne ne veut plus indiquer de montant craignant que le recours à ce dispositif ne soit rapidement excessif. Or c’est sur ce point que les marchés attendent  la réponse de l’Europe. Autre tergiversations, le montant de la dette Grecque, les Allemand veulent toujours 60% de décote quand d’autres, notamment les banques souhaitent limiter à environ 40%. Autre source de différends, le rôle de la BCE comme soutien aux banques et aux Etats. A. Merkel a réfuté un communiqué qui  soulignait trop le rôle de la BCE alors que ses statuts ne le prévoient pas.  Là aussi l’Allemagne veut qu’on mette la pédale douce car officiellement cela déroge au rôle de la BCE. Un seul point semble vraiment réglé, celui de la recapitalisation des banques à hauteur d’environ 100 milliards mais en incluant les 46 milliards déjà mobilisés ( ce qui limite la portée du renforcement des fonds propres). Nécessairement, il y aura compromis mais il sera boiteux, insuffisant et remis en question d’ici quelques mois ou quelques semaines avec la perspective de récession de l’économie européenne. Bref, l’Europe demeure fidèle à elle même en agissant trop peu et trop tard. Sur le fond l’Allemagne a sans doute raison de dénoncer le laxisme et de vouloir strictement encadrer les aides aux pays en difficultés. Cependant sa communication  manque pour le moins de finesse. En outre et surtout, viendra le moment avec la récession européenne où l’Allemagne va être touchée de plein fouet par la baisse de la demande interne à l’Europe et elle aussi sera alors menacée dans ses équilibres internes. Les réactions viendront sans doute alors mais encore trop tard.
Sommet européen : compromis  mais pour quelques  semaines ou quelques mois

L’Europe ne peut se permettre un échec qui serait durement sanctionné par les marchés. Il y aura donc compromis. D’abord sur la recapitalisation des banques autour de 100 milliards mais une cinquantaine est déjà hypothéquée  par les aides déjà accordées, on est donc loin des besoins évalués par le FMI .  Sur le fonds européens, la force de frape sera nettement renforcée avec les effets de leviers (assurance d’une partie des dettes, fonds spécial). Sans doute de l’ordre de 4000 milliards. De quoi rassurer. Cependant, l’Italie est maintenant dans l’œil du cyclone et les risques sont autrement importants que ceux de la Grèce. Enfin la décote de la Grèce devrait avoisiner les 40%, de quoi redonner un peu de confiance dans la solvabilité grecque ; On va aussi envisager une plus forte intégration européenne mais on risque d’en rester aux déclarations d’intention car la modification du traité européen va demander des mois voire des années, c’est à dire des délais qui ne sont pas dans le rythme de la crise. Bref, un compromis qui va atténuer les craintes pendant quelques semaines ou quelques mois ; cependant les prévisions économiques qui conduisent l’Europe et en particulier la France vers la récession vont tout remettre en question d’ici la fin de l’année ou le début de 2012 et tout sera sans doute à recommencer car les questions structurelles n’ont pas été traitées ( intégration budgétaire, vote à la majorité, budget européen, euro-obligations , réduction des dettes , relance de la croissance etc.).


Sommet européen : ça patine !  
Sommet européen : la confusion persisteOfficiellement, le seul accord tangible concerne la recapitalisation des banques ; En fait c’est aussi la confusion puisqu’on veut inclure la cinquantaine de milliards déjà engagés, ne resteraient alors que 50 milliards environ pour recapitaliser vis à  vis des nouveaux risques. C’est très loin des 200 milliards que souhaitent le FMI. Sur la décote de la dette grecque, pas d’accord non plus. L’Allemagne veut la plus forte décote à 60% quand d’autres, les banquiers notamment soutenus par la France, souhaitent une décote de seulement 40%, ce qui est déjà considérable, on passerait ainsi d’une perte de 50 milliards décidés en juillet à une perte de 100 milliards. Avec la position allemande, c’est une perte de 150 milliards. Perte qui concerne en premier les banques française ; Les besoins en recapitalisation concernent  pour moitié les établissements financiers français, italiens. Sur le FESF, là l’Allemagne a eu aussi gain de cause, pas question de statut juridique de banque mais seulement une forme d’assurance partielle pour les emprunts. Il ne reste que deux jours pour se mettre d’accord ; compte tenu des divergences persistantes, il faut s’attendre à un compromis boiteux. Dernier point, les institutions européennes et là il faudra des mois, voire des années pour changer le traité européen d’autant que le point dur est la perte de souveraineté des Etats, une évolution difficile à avaler surtout en période électorale.Sommet européen : Des positions trop divergentesLe sommet du 23 accouchera d’une souris au regard des  enjeux ; Il suffit pour s’en persuader de lire les prises de positions des uns été des autres. Celle du président de la Bundesbank qui pense que l’annulation de la dette grecque est une erreur. Celle du ministre des affaires étrangères allemand qui refuse l’aide financière de l’Europe sans la mise en tutelle des états irresponsables. Celle encore d’autres responsables qui pensent que la solvabilité de l’Italie n’est plus crédible et que l’achat d’obligations à entretenu le laxisme budgétaire. Sans parler de ceux qui, comme la France, souhaitent la transformation du FESF en banque alors que l’Allemagne est totalement opposée. Et ceux enfin qui pensent (comme en France) que la création d’euro-obligations réglerait tout. Evidemment la contrepartie de la solidarité européenne, c’est intégration, donc une souveraineté abandonnée par les Etats sur la partie la plus sensible : l’autonomie financière et budgétaire. Presque  tous les chefs d’Etat sont impopulaires et sont incapables d’engager le vote sur une modification du traité européen. Dès lors, il faudrait trouver un autre biais juridique pour aller à la fois dans le sens d’une plus grande mutualisation des dettes et d’une plus grande intégration économique et politique. Sinon c’est la paralysie assurée et même à terme sans doute l’éclatement de l’Euro.

Le couple franco-allemand ne marche plus

Jusque là tant bien que mal, le couple franco allemand était parvenu à suppléer les carence de la gouvernance européenne ; la France pouvait peser par le poids de son économie et de finances, sinon vertueuses, en tout cas moins dégradées que certains pays du sud ; Or aujourd’hui la France est considérée par l’Allemagne comme un pays du sud caractérisé par une croissance atone et surtout une dérive constante des comptes publics. De fait, la situation de la France est plus proche de l’Espagne ou de l’Italie que des pays du nord par la structure de son économie qui repose surtout sur la consommation et les services  alors que les pays du nord s’appuie sur leur politique industrielle et leurs exportations ; l’énorme déficit des échanges extérieurs caractérise la nature de notre économie qui consomme mais ne produit pas assez du fait de sa perte de compétitivité ; Si L’Euro devait éclater, la France rejoindrait les pays du sud eu égard à ses fondamentaux économiques et financiers. L’Allemagne sait bien que la France défend les pays du sud parce que nous craignons pour nous mêmes. L’Allemagne n’st pas prête à supporter les 4 à 5000 milliards d’euros qui seraient nécessaires pour faire face à l’endettement de ces pays du sud. Du coup si Sarkozy veut un accord, ce sera aux conditions de l’Allemagne.


Bonnes et mauvaies nouvelles Plusieurs événements ont marqué les marchés , d’abord la nouvelle dégradation de l’Espagne  du fait de son endettement  privé et de celui des collectivités locales mais aussi de sa faible croissance ; Moody’s s’invite aussi dans la campagne électorale en menaçant d’un nouvelle dégradation si les mesures d’austérité promises par la droite ne sont pas tenues. C’est une nouveauté mais il faudra  s’habituer à cette immixtion des agences dans les élections prochaines des différents pays. Autre mauvaise nouvelle, la dégradation de 24 banques italienne ; Une dégradation logique qui suit celle de l’Etat Italien. L’Italie s’engage dans un cercle très vicieux qui ressemble au syndrome grec ; Bonne ou mauvaise nouvelle cette fois pour le FESF. San doute les deux à la fois. Le FESF dont le montant est de 440 milliards pourrait bénéficier d’un effet de levier non pas en tant que banque- l’Allemagne refuse de lui donner ce statut- mais comme établissement d’assurance ; L’établissement sera très encadré de sorte qu’un hypothèque sera posée sur la puissance de feu du FESF. Enfin bonne nouvelle avec l’interdiction par le parlement européen de ventes à découvert, sans doute le début d’une régulation des marchés financiers mais pas forcément au rythme et à la hauteur nécessaire du fait de la lourdeur des institutions européennes. (Voir articles)


G 20 Echec de Sarkozy   Finalement la France n’aura pas pu imposer grand-chose lors de ce  G 20, la plupart de ses prépositions ont été repoussées. Ce n’est pas de toute évidence une grande victoire pour  N. Sarkozy et surtout pour la crise ; Aucune décision d’importance n’a été prise, sauf sur les fonds propres des banques. Le contrôle de la spéculation sur les marchés des matières premières (question centrale pour l’inflation) a été renvoyé à un éventuel examen à plus tard, le renforcement des fonds du FMI aussi. La taxe sur les transactions financières ne verra pas le jour au niveau international, comme l’espérait Nicolas Sarkozy, les ministres des Finances du G20 ayant rejeté massivement samedi cette initiative. Comme le nomme  Attali, c’est un  « G vain ». Sarkozy n’est pas responsable de cet échec, mais c’est quand même un échec ; Les vrais responsables sont tous les pays-nombreux- qui n’ont pas pris encore la mesure de la crise systémique et qui pensent encore s’en sortir seuls. (Voir articles) La dette américaine explose Obama, pour sans doute faire oublier ses propres problèmes économiques et financiers, a accusé a plusieurs reprises l’Europe d’être à l’origine de la possible crise systémique. Le secrétaire d’Etat au trésor américain a clairement donné des leçons de gouvernance à l’Europe ; Les derniers chiffres publiés par le trésor américain ne sont pourtant pas flatteurs, on va rapidement dépasser les 100% de dettes par rapport au PIB et les 10% de déficit budgétaire par rapport au PIB. Vraiment pas de quoi donner des leçons de vertus (même si l’Europe est loin de d’être exempte de toute critique) ; C’est ce qui a amené A. Merkel à réagir assez vigoureusement pour s’étonner de ces leçons tout autant du refus des américains (et d’autres) de la proposition européenne de taxe sur les transactions financières.   
Ralentissement en Chine et en Allemagne, abandon de la Grèce Le tassement très net du commerce extérieur témoigne du ralentissement de l’économie mondiale. Faute de dynamique interne dans les Etas, la demande extérieure se tasse avec des conséquences d’abord sur la Chine mais aussi sur un grand pays exportateur comme l’Allemagne dont la croissance sera très ralentie en 2012. La situation financière influence le moral des acteurs économiques et des investisseurs et a largement contribué à l’écroulement de la croissance dans nombre de pays. Une situation que les experts allemands jugent très graves et qui préconisent des mesures radicales. D’abord, il faut abandonner la Grèce en considéré comme un trou sans fond qui met tour l’édifice européen en péri. Ensuite recapitaliser d’urgence les banques pour absorber le choc grec mais aussi les risques sur les autre pays. Enfin Se doter d’une politique monétaire plus musclée avec des outils institutionnels adaptés. Un discours qui nous change de la langue de bois française  des politiques bien que l’on peut comprendre sinon admettre mais qui nous changent aussi de la langue de bois de nos instituts français qui affirmaient tous avec une belle unanimité que le secteur bancaire français n’avait pas besoin de recapitalisation. La pertinence et surtout l’indépendance ne sont pas les principales vertus de nos institut un peu trop au service du pouvoir et des lobbys.
Barroso et la France désormais sur les positions allemandes sur la crise des banques  Comme la France, la commission a été contrainte de s’aligner sur la position allemande concernant le plan pour faire face à la crise. Première concession, le privé supportera la décote de la dette. Deuxième concession, il faut recapitaliser les banques avec l’argent privé. Troisième concession on ne touche pas pour l’instant au FESF pour cette opération sauf exception ? Il y a encore de peu de temps le Commissaire aux affaires économiques Olli Rehn qui a affirmait : « les banques européennes sont nettement mieux capitalisées aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a un an. Cela a été confirme par les tests de résistance ». Des propos prononcés il y a 44 jours. Mais la Commission, dont Jose Manuel Barroso est le chef, a pu aller encore plus loin dans le déni. Un porte-parole indique alors ne pas voir d’« éléments supplémentaires » plaidant pour un renforcement des fonds propres. En fait bon gré, mal gré, tous se rallient aux positions de l’Allemagne, la commission comme la France. C’est inquiétant car en fait c’est le signe que seule l’Allemagne oriente les positions de l’Europe et que la commission ne joue qu’un rôle mineur mais c’est aussi rassurant car l’Allemagne a déjà démontré son réalisme et sa rigueur ; De quoi rassurer les marchés même si cela pose des questions de fonctionnement de l’Europe. (voir articles) 

Augmentation de 9% des fonds propres des banques 

L’événement, c’est évidemment l’obligation pour les banques françaises de se recapitaliser à hauteur de 9% pour les fonds propres. Une mesure qui annonce sans doute la décote de la dette grecque ; pas pour l’immédiat puisque la tranche de 8 milliards d’aide sera versée en novembre. Comme nous le prévoyions, la Troïka a retenu la solution diplomatique : on verse cette tranche de 8 milliards mais avec beaucoup de réserves. Ce qui donne du temps à l’Europe de surmonter peut-être ses divergences et de finaliser la plan global annoncé par Merkel et Sarkozy ; L’accord Merkel-Sarkozy a donc déjà produit un effet positif puisque les banques devront augmenter leurs fonds propres. Les banques françaises se sont engagées à augmenter leur niveau de fonds propres de 9% dans le cadre d’un accord gouvernemental avec l’Allemagne visant à établir une position commune avant le sommet du G20, a indiqué mardi le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé lors de la séance des questions à l’Assemblée nationale.”S’agissant des banques françaises, elles s’engagent à monter leur pourcentage de fonds propres à 9% de leur bilan (…) au lieu des 7% attendus en 2013″, a-t-il déclaré en réponse à un député lui demandant quelles étaient les bases de l’accord qui doit intervenir entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy avant le G20 des 3 et 4 novembre.”On y parviendra en mobilisant les revenus des banques elles-mêmes, qui gagnent de l’argent, le capital privé et si c’est nécessaire, en dernier ressort, le capital public”, a-t-il expliqué à l’Assemblée nationale. Ceci étant attention à la réaction des agences de notation, car la probable décote de la dette grecque de 50%, voire plus, va être considérée comme un défaut et l’étau va se resserrer aussi bien sur les banques, sur les Etats impliqués et sur les Etats très endettés comme l’Italie ou l’Espagne.(voir articles)

  
Merkel-Sarkozy : « on fera ce qu’il faut »  c’est un peut court ! 

« On fera ce qu’il faut en apportant une réponse durable et globale à la crise », c’est le maigre résultat de la rencontre Merkel-Sarkozy. Cela en prévision du G20 de Cannes prévu début novembre. On ne peut guère être plus ambigu et plus général ; Il est clair que cette absence totale de précisions en dit long sur les divergences entre la France et l’Allemagne. Seule certitude, la France est maintenant convaincue de la nécessaire recapitalisation des banques. Comment, quand, à quelle hauteur ? Aucune repose ; »Vous verrez à la fin du mois un ensemble tout à fait fonctionnel », a promis la chancelière lors d’un point de presse. Voilà une déclaration qui n’éclaire rien sinon qu’elle sous entend que dans l’immédiat on est incapable d’indiquer les grands orientations et encore moins les détails. Bref, de quoi vraiment inquiéter les marchés ( voir article).

L’immobilisme de la BCE     La BCE qui a récemment très critiqué les gouvernements reste fidèle à son orthodoxie et à son immobilisme. On constate la crise mais on ne fait pas grand-chose. Juste le déblocage de liquidités pour éviter la paralysie du marché interbancaire, ce qui le moins qu’on puisse attendre d’une banque centrale. Donc rien sur les taux. On attendra la récession inévitable pour agir. Rien non plus pour réfléchir à la démultiplication du FESF. Là, le désaccord est net du fait de la position allemande. Le Ping-pong banques centrales- Etats   Le renvoi de responsabilités entre les banques centrales et les Etats continue. Ainsi Ben Bernanke dans un discours assez insipide a déclaré que la FED était prête prendre des mesures de soutien (mais pas de QE3) sans préciser leurs natures (Sauf celles déjà prises dont il n’attend pas grand-chose !) et a surtout demandé au gouvernement américain de  soutenir la croissance. C’est à peu près ce qu’a fait Trichet lors de son dernier discours de président de la BCE. D’après lui la BCE a fait ce qu’elle avait à faire, elle continue, c’est aux Etats de décider. Belle leçon d’impuissance en vérité, voire même d’incompétence car si la crise devait s’aggraver, comme c’est probable, alors les banques centrales devraient  bien réagir avec plus de rapidité et de pertinence. Or la crise ne peut que s’aggraver, nombre d’expert prévoit la stagnation puis la récession de l’économie. Tous les équilibres financiers publics seront alors remis en cause. Une situation que ne vont pas tolérer les marchés ; Et c’est là que les banques centrales devront d’abord se coordonner entre elles pour éviter l’effondrement du système financier et se coordonner aussi avec les Etats pour soutenir la croissance.

 Nouvelles inquiétudes sur la croissance et la dette   Le vote allemand vis-à-vis de la Grèce avait apporté un peu de réconfort aux marchés. Le répit aura été de courte durée ; En effet, l’analyse démontre que la dérive de la croissance grecque nécessitera d’augmenter encore le montant de l‘aide. Une aide qui ne pourra être apportée seulement par des Etats qui ont déjà eu bien du mal à faire accepter le plan du 21 juillet. Par ailleurs, par avance les ministres allemands de l’économie et des finances ont clairement dit qu’il était hors de question d’augmenter le FESF voire même d’imaginer un effet de levier. De ce fait, les inquiétudes sur les banques vont perdurer. On parle en effet maintenant d’augmenter la décote du privé sur la dette grecque bien au-delà des 21% prévus. Certains parlent de 50%. Cela aurait pour effet de mettre en faillite les banques grecques et de susciter des interrogations sur la solvabilité des autres banques européennes ; la question de la recapitalisation va se reposer rapidement et la pression sur les banques reprendre, comme le confirme d’ailleurs l’agence Fitch. Ajoutons à cela le très net tassement de l’économie en Asie et notamment Chine. Pour la France, c’et clair la consommation cet été à plombé la croissance qui devrait se situer en 2011 autour de 1.3%, loin des 1.75% prévus. D’où une nouvelle remise en cause du déficit budgétaire et des perspectives de dettes. (Voir articles). 

  Etats-unis: vers la récesion   Les tensions entre les Etats-Unis et l’Europe s’appuient sur des situations économiques respectives très dégradées dont ni les uns, ni les autres ne veulent endosser la responsabilité; Pour  ce qui concerne les Etats-Unis, les ménages américains se débattent face à une conjoncture très difficile, sans véritable espoir de voir leur situation s’améliorer à court terme, selon deux indicateurs économiques publiés mardi aux Etats-Unis. L’indice de confiance des consommateurs établi par le Conference Board est resté particulièrement faible en septembre après sa chute du mois précédent.  Cet indicateur n’a progressé que de 0,2 point pour s’établir à 45,4, alors que l’estimation médiane des analystes le donnait à 46,6. Le moral des ménages est encore très loin de son niveau de juillet (59,2). « Fondamentalement, il n’a pas varié », écrit le Conférence Board, pour qui « le pessimisme qui s’était emparé des consommateurs le mois dernier a gagné du terrain en septembre ». En conclusion, on s’oriente clairement vers une récession aux Etats Unis ; le risque pour Obama c’est que les inquiétudes des marchés changent de continent ; Si les marchés sont rassurés par le nouveau plan d’aide à la dette européenne, alors les menaces pourraient peser sur les marchés américains en raison d’une récession qui pourrait d’abord affecter les Etats-Unis. On comprend ainsi mieux les tensions politiques entre l’Europe (notamment l’Allemagne) et les Etats Unis.(voir article) 

Le yo-yo des valeurs va continuer   On a sans doute rarement connu autant de variations sur les cours de banques et surtout avec une telle ampleur en si peu de temps La responsabilité en incomberait aux rumeurs et encore plus précisément à la volonté des américains de dissimuler leurs propres difficultés derrière les fragilités européennes. On a même entendu cette réplique désarmante : « si l’Europe a été attaquée, ce n’est pas parce qu’elle est faible mais parce qu’elle est forte ». Les rumeurs ne sont pas nouvelles, elles ont toujours existé plus ou moins fondées, plus ou moins bien intentionnées. Cependant si la rumeur existe et se répand, c’est souvent qu’elle se fonde sur certaines réalités qu’elle amplifie voire déforme un peu ; ainsi il est clair que les fondamentaux européens sont mauvais. On rétorque à juste titre que la situation aux Etats Unis n’est pas plus reluisante. C’est exact ;  Ainsi Le solde négatif des finances publiques de l’Etat fédéral s’est établi, cumulé sur 11 mois, fin août à 1234 milliards de dollars. Le déficit budgétaire, dont l’exercice se termine à la fin du mois, devrait s’élever à 1.316 milliards de dollars, soit 8,8% du produit intérieur brut (1,7% de plus qu’en 2010). Pour l’Europe en 2010 le déficit moyen en 2010 était de 6%, en 2011, il dépassera les 7%. Quant aux dettes, elles seront de l’ordre de 90% du PIB des deux coté de l’atlantique. Finalement des situations assez comparables même s’il faudrait ajouter les dettes des collectivités locales, des entreprises et des particuliers pour comparer les deux zones. Les mêmes dérives financières génèrent les mêmes symptômes : envolée de l’inflation et surtout très net ralentissement de la croissance voire même la récession. Sur le plan macro économique, pas de différence notable. La question est de savoir quelle zone va craquer la première étant entendu que l’effet systémique entraînera les autres. Ce pourrait être les Etats-Unis car ce sont eux qui vont les premiers enregistrer la récession, suivie ensuite par l’Europe. Pas de quoi se réjouir, car cela mène inévitablement à uen crise financière mondiale.                              La croissance française encore revue à la baisse  Le gouvernement qui a déjà révisé à la baisse ses prévisions pour 2011 et 2012, ne compte plus sur une reprise en 2013 et 2014. Dans le projet de loi sur la sécurité sociale la prévision pour 2013 et 2014, la croissance est ramenée à 2%., Du coup la perspective de ramener le déficit public à 3% en 2013 dévient caduque , comme le programme de stabilité adressé à Bruxelles en avril 2011 ; En réalité, la croissance de 2011 sera de 1,2 à 1,3% ( au lieu de 2% prévu initialement), de 1% au plus en 2012, entre 1 et 1.5% en 2013 et 2014 au lieu de 2.5% . Et on ne peut écarter un scénario de récession en 2012. La prévision de ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013 est donc reporté au moins en 2015.Les projets de budget sont eux aussi obsolètes, pour 2011 la messe est dite le déficit sera proche de 7% du PIB, pour 2012 les 10 milliards d’économies de Fillon se suffisent plus, il faudra une dizaine de milliards d’économies en plus. Il faudra donc réduire les dépenses (dont beaucoup sont contraintes) ou augmenter la pression fiscale ou encore faire les deux. (voir article) 

Crise financière : nouvelles divergences au FMI samedi Les 187 pays  membres du Fonds monétaire international dans une déclaration commune ont affirmé : «  nous agirons collectivement afin de restaurer la confiance et la stabilité financière, et raviver la croissance mondiale », Un déclaration qui ne précise rien qui n’engage rien ; bref une déclaration insignifiante comme celle De  Tharman Shanmugaratnam, le président du Comité monétaire et financier international (CMFI), instance qui définit les orientations politiques du Fonds. « Nous ferons ce qu’il faudra pour empêcher l’emballement de la crise », tour cela est de la même teneur que  les déclarations du G7 ou  G20. Le FMI compte sur l’Europe et affirme : »Les pays de la zone euro feront tout le nécessaire pour résoudre la crise de la dette publique et assurer la stabilité financière de cette zone dans son ensemble et de ses Etats membres ». Finalement quelques déclarations de bonnes intentions mais rien sur le fond, pas de précision, ni d’échéance et surtout une unanimité de façade pour dissimuler les divergences notamment entre les Etat- Unis, la Chine et l’Europe. Pour les Etats-Unis, l’accord du 21 juillet  ne suffit pas. « Des mesures supplémentaires pour accroître la capacité effective de ces engagements sont toujours nécessaires afin de créer un pare-feu contre une contagion plus grave », a estimé le secrétaire au Trésor Timothy Geithner. Pour la chine. « La crise de la dette dans la zone euro a besoin d’une solution rapide pour stabiliser la confiance sur les marchés », a dit le gouverneur de la Banque centrale Zhou Xiaochuan. L’Europe veut uniquement s’n tenir à un accord du 21 juillet qui n’est pas encore applicable et appliqué. (voir article)

Ces désaccords européens qui plombent  la crise  L’Europe connaît une crise de gouvernance sans précédant provenant d’une part de la faiblesse de ses institutions, d’autre part de ses désaccords sur les diagnostics, donc aussi sur les solutions. Parmi les désaccords il faut citer, la situation de la Grèce, la recapitalisation des banques, le rôle de la BCE. Le désaccord est à peu près total sur les sujets majeurs aussi bien à l’intérieur de l’Europe qu’entre l’Europe et les Etats -Unis ; par exemple , les Etats-Unis souhaitent que la priorité soit désormais accordée à la relance de la croissance quand en Europe, on pense d’abord à l’assainissement des finances publiques. Ces désaccords ne font qu’accentuer les incertitudes et aggravent la crise ; En l’état actuel des positions, il faudra des semaines voire des mois pour d’abord se mettre d’accord sur un diagnostic partagé ensuite pour décider de mesures réellement coordonnées. Autant dire que le G20 d’octobre risque de passer encore à coté des questions centrales et qu’il faudra encore attendre plusieurs mois pour que les institutions internationales parviennent enfin à prendre la mesure de l’ampleur et de la durée de la crise.

La récession mondiale  Après le jeudi noir en Europe, et encore des très fortes turbulences ce vendredi, l’interrogation majeure n’est plus taboue : la récession mondiale est-elle en vue ? Si l’on en juge par l’avis des autorités infranationales, la réponse n’est pas douteuse. Il suffit de se fier aux prévisions particulièrement pessimistes de la FED sur les perspectives économiques aux Etats-Unis. Il suffit de se rapporter au rapport de la BCE de jeudi qui considère que désormais, l’euro est clairement menacé, il suffit enfin de se référer aux prévisions économiques du FMI ou de l’OCDE. En Europe la récession se profile pour les mois à venir, il ne reste plus beaucoup de motif d’espoir d’autant que la crise obligataire européenne ne fait que s’amplifier. Cette récession viendra encore plus tôt aux Etats-Unis si l’on en juge notamment par les indicateurs sur l’emploi. D’après plusieurs indicateurs ( de production et de transport), le repli économique affecte désormais aussi les pays émergents y compris la Chine dont l’économie se rapproche de la contraction. La question se pose donc de savoir si l’économie mondiale va  connaître sa deuxième récession en quelques années ; tous les éléments semblent en effet réunis. (voir article)   

 L’Euro menacé déclatement    Le rapport publié jeudi par la BCE est sans ambigüité sur la gravité de la crise en Europe. Tout converge vers l’éclatement, les déficits budgétaires abyssaux, l’absence de croissance et le chômage. Autant d’éléments qui pourraient mettre en péril l’euro. « Les déséquilibres budgétaires en très forte hausse dans la zone euro dans son ensemble et la situation extrême de certains pays pris individuellement risquent de saper la stabilité, la croissance et l’emploi, de même que la pérennité de l’Union économique et monétaire »  indique le rapport. L’euro est donc menacé car la solidarité monétaire n’est plus tenable . Ce rapport va encore peser de manière négative sur les marchés (voir articles) 

La FED déçoit   On attendait beaucoup de décisions de la FED, finalement comme on connaissait déjà ses décisions sur les taux on a surtout retenu son analyse très pessimiste de l’économie. Du coup, Wall Street a également chuté mercredi et ne devrait pas encourager les autres places mondiales à se redresser.La bourse de Paris à 12h00 perd plus de 4%. La Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs à entre 0% et 0,25% afin de soutenir l’économie et cela jusqu’à jusqu’à la mi-2013 et va acheter des emprunts du Trésor à échéance longue pour peser sur les taux d’intérêt à long terme. Bref, des mesures d’accommodement monétaire qui ne sont pas négligeables mais qui ne seront sans doute pas suffisantes pour empêcher la récession de la fin de l’année. Ce que confirment les récentes prévisions du FMI pour les Etas Unis comme pour l’Europe. En conclusion, les institutions financières et monétaires infranationales ne pourront pas empêcher la récession économique de la fin 2011 et de 2012. Sans doute attendent-elles la prochaine crise financière pour prendre des mesures coordonnées adaptées à la hauteur des enjeux. Ce qui est sûr, c’est que la récession est maintenant inévitable et que les turbulences sur les marchés vont s’amplifier notamment sur les valueurs financières et les cycliques. 

 FMI : nouvelles menaces sur les banques européennes     « La crise de la dette européenne a augmenté de 300 milliards d’euros l’exposition au risque des banques de la zone euro et elles doivent se recapitaliser pour faire face à ces pertes potentielles » estime le Fonds monétaire international (FMI). On se souvient que la déclaration de C. Lagarde avait provoqué beaucoup de réactions lorsqu’elle avait indiqué que le besoin de recapitalisation était de l’ordre de 200 Milliards. Par la suite, elle avait minimisé son propos en indiquant que ce chiffre était indicatif. Pourtant le FMI persiste et signe en évaluant la hausse du risque sur la dette souveraine subie par les banques au cours des deux dernières années  à 300 milliards d’euros, chiffres qui prennent en en compte la baisse des prix des actifs des banques et la hausse des coûts de financement, précise-t-il. Certes le FMI n’indique pas cette fois le montant souhaitable de la recapitalisation considérant qu’il conviendrait de réexaminer le bilan exact des banques ; Une manière sans doute de dire qu’en l’état actuel de la situation, la crédibilité des chiffres avancés par les banques est douteuse, compte tenu en particulier de l’ampleur des actifs pourris. C’est désoramis un diagnostic partagé par certains responsables européens, même en France par Pierre Jouyet , président de l’AMF, qui en quelque sorte met les pieds dans le plat et contredit le ministre français des finances.

 Record de déficit au Royaume-Uni   En dépit  d’un plan d’austérité draconien, le Royaume Uni s’enfonce dans la crise financière. Le déficit public atteint 16 milliards d’euros en août, c’est-à-dire 2 milliards en plus par rapport à 2010 ; Du coup on s’interroge sérieusement sur l’efficacité du plan de redressement du gouvernement qui repose essentiellement sur l’assainissement des finances publiques., Les dépenses sociales ont été réduites, les effectifs du public également mais la situation financière continue de se dégrader.( déficit public d’environ 8% en 2011/2012) Dans le même temps, la croissance se rétracte, de ce fait les recettes fiscales diminuent. Une politique qui n’est plus soutenu par le FMI qui réclame pour le Royaume Uni comme pour l’ensemble de l’Europe la priorité à la relance économique. Le FMI pense en effet que l’application trop brusque de l’assainissement budgétaire est de nature à tuer complètement la croissance. De fait la croissance au Royaume-Uni devrait être de l’ordre de 1% en 2011 pour environ 1.5% pour le reste de l’Europe. En conséquence,  on envisage au Royaume Uni une politique monétaire très assouplie.  

Des mesures rassurantes mais aussi des inquiétudes  Parmi les mesures rassurantes, sans doute la décision d’accorder les 8 milliards dont le Grèce à besoin en octobre. Un répit en quelque sorte avant le défaut en novembre-décembre. Rassurantes aussi les prochaines décisions d’assouplissement monétaire de la FED, condamnée à soutenir une croissance en berne aux Etats Unis et qui s’orientent très clairement vers la récession vers la fin de l’année. Inquiétante évidemment la nouvelle de la dégradation de la note italienne ; Les agences de notation s’invite désormais dans le champ politique en intégrant les fragilités dans ce domaine. Par rassurante non plus, la nouvelle demande d’aide du Portugal « en cas de défaut grec ».

 Le Portugal veut l’argent de la Grèce !    Le défaut de la Grèce n’est pas encore prononcé mais déjà le Portugal se positionne et anticipe. Il demande un nouveau soutien financier de Bruxelles. »Dans un scénario de défaut de la Grèce, cette aide pourrait être nécessaire et il est important que nos partenaires européens soient convaincus que cela vaut la peine d’aider le Portugal » déclare le gouvernement portugais Le Portugal a  déjà obtenu en mai dernier une aide financière de 78 milliards d’euros sur trois ans et s’est engagé à mettre en œuvre un programme d’austérité. Comme la Grèce ou l’Italie,  le Portugal ne semble plus aussi sûr de la crédibilité de son propre plan et craint sans doute que sa solvabilité soit encore remise en question. Conditionner une nouvelle aide au Portugal au défaut grec procède dune démarche un peu douteuse vis-à-vis de la solidarité européenne ; la quasi-totalité des aides européennes est en fait financée par l’emprunt  et ces emprunts plombent les comptes des pays « donateurs ». Donc leur solvabilité. On comprend mieux les réticences de l’Allemagne vis-à-vis de la mutualisation des dettes notamment à travers l’éventualité d’euro-obligations. Les pays très endettés notamment du sud de l’Europe se comportent en assistés comme certains pays en voie de développement. ; L’attitude du Portugal ne peut que conforter les plus réticents à la solidarité européenne.   

 Dégradation de l’Italie : la sanction de l’immobilisme européen     Il est clair que les atermoiements à propos de la Grèce vont coûter très cher à l’Europe ; incapable de décider dans un sens ou un autre, l’Europe montre son incohérence et son immobilisme. Depuis maintenant des mois, le dossier grec gangrène la zone euro. A chaque fois, c’est trop tard et trop peu. A chaque décision, il se trouve deux jours après un responsable d’un pays européen pour remettre en question l’orientation commune. Bref, c’est l’absence totale de gouvernance européenne, sans doute le prix à payer pour n’avoir envoyé à Bruxelles que des seconds couteaux. Ceux qui pourraient peser, les chefs de gouvernements, sont en fait très affaiblis par leur impopularité et le climat préélectoral de leur pays. (L’Italie bien sûr comme la Grèce mais aussi l’Espagne, la France et l’Allemagne) ; dans un tel climat, la dégradation de la note de solvabilité de l’Italie qui vient d’être décidée  par SP (et passe de « A+ » à « ) ne doit pas être une surprise. C’est la sanction de l’immobilisme. La Grèce ne représente que 3% du PIB européen, l’Italie fait 17%. Il est clair que si l’union économique  voulait apporter un soutien significatif à l’Italie, elle serait dans incapacité de le faire compte tenu des sommes en jeu. Pour l’instant le fonds européen dispose de l’ordre de 300 milliards et les deux tiers ont déjà été engagés (en partie pour l’Italie). La dette de l’Italie représente en effet environ 2 000 milliards soit 120% du PIB, c’est de loin, après la Grèce, le pays le pays le plus endetté d’Europe. En fait, le déficit budgétaire annuel est moins mauvais que dans d’autres pays mais compte tenu d’une croissance à peu près inexistante, on doute la capacité de l‘Italie à réduire sa dette ; La France aussi devrait sans doute s’interroger car elle présente des symptômes proches ( endettement moins élevé mais quand même à environ 90% du PIB, croissance à plat, impopularité du gouvernement et instabilité du fait des prochaine  élections) ; A cet égard le débat sur les réductions de 1 milliard de dépenses sur le budget 2011 témoigne de l’impuissance de la gouvernance française , cette réduction n’étant pas du tout à la hauteur des enjeux ; des annonces « gadget » de ce type ne peuvent que faire douter de la capacité à engager des reformes pour restructurer de manière significative un budget qui dérive de manière dangereuse depuis plusieurs années ; Comme en Italie la promesse d’équilibre des comptes en 2013 paraît complètement illusoire. Du fait de cette décision sur l’Italie, des contradictions européennes, de l’opposition entre l’Europe et les Etats Unis, il faut s’attendre à des turbulences de grande ampleur sur les marchés.  

L’agonie de la grèce  Chaque semaine ou presque, le gouvernemenet grec est contraint d’annoncer de nouvelles meusres d’austérité. L’objectif est de convaincre l’Europe de lui verser la tranche d’aide prévue en septembre et de decider une deuxième phase de soutien financier; la tranche de septembre est donc reportée à octobre pour avis du trio BCE-UE-FMI; Pour la deuxième pase d’aide, c’est encore plus hypoyhétique. Le sort de la Grèce ne dépend plus d »elle mais de l’Europe; la Grèce ne peut plus emprunter sur le marcé ( ou alors par exemple avec un taux d’intérêt à 70% sur deux ans !). Les éventuelles nouvelles mesures d’austérité – si elles sont effectivement appliquées-n’auront pas d’effets avant des mois. Si l’Europe arrête son soutien, c’est le défaut. La question est de savoir si ce défaut peut ou non entrainer des effets de contagion; On peut encore prolonnger la vie du malade grec de quelques mois avec la perfusion fiancière mais cela ne fait qu’amplifier les interrogations et les doutes sur la solidité finacière européenne.Le plan Emploi Obama menacé par le congrès  Obama, ce week end a clairement mis le congrès devant ses responsabilités ; Il sait en effet que son plan a peu de chances d’être adopté en l’état par les républicains. Ces derniers s’opposent en effet au financement prévu qui envisage notamment la fin des exemptions d’impôts que Bush avait décidés pour les plus aisés. Obama à par avance attaqué les républicains : «  Plus de jeux ni d’impasses. Plus de division ni de retard, Il est temps pour les gens que vous envoyez à Washington de faire passer le pays avant le parti; d’arrêter de s’inquiéter autant pour leurs emplois et de commencer à s’inquiéter davantage pour les vôtres», Obama essaye donc de contourner les républicains en tentant de s’appuyer sur l’opinion publique. Une opinion publique qui avait été très remontée lors des atermoiements pour le relèvement du plafond de la dette et la dégradation de la note américaine. L’essentiel du plan de 440 milliards repose sur une réduction de l’impôt sur les revenus de 240 milliards de dollars pour les salariés et les employeurs pour relancer la consommation et à encourager les embauches.

Europe : stagnation économique au second semestre   La Commission économique prévoit la stagnation de la croissance pour le deuxième semestre ; sur l’année la prévision du PIB  pourrait atteindre 1,6% (1,8% en 2010).On a revu à la baisse l’hypothèse de croissance pour la fin de l’année, on espère désormais à 0,2 % au troisième trimestre et 0,1% pour le quatrième trimestre. »L’économie mondiale a connu un ralentissement et les espoirs que la crise de la dette souveraine se dissipe progressivement ont été déçus. Les risques sur la croissance restent défavorables », indique la commission. Comme on le sait, ces prévisions sont toujours un peu optimistes, on devrait donc clairement s’orienter vers la stagnation en Europe. Une consolation, si on peut dire, l’inflation dans la zone euro devrait être de  2,5% sur l’année au lieu de 2.6% attendus. Pour la France, révision aussi à la baisse pour le PIB à 1,6% contre 1,8% précédemment (le gouvernement a retenu 1.75%).  Conclusion, une fin de l’année sans croissance et un début d’année 2012 encore plus difficile avec des risques sérieux de récession.   

Chômage en hausse aux Etats-Unis  L’euphorie des marchés jeudi a permis d’estomper certaines statistiques économiques décevantes aux Etats–Unis. Ainsi, Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté contre toute attente lors de la semaine au 10 septembre, à 428.000 contre 417.000 la semaine précédente. Les économistes attendaient en moyenne 410.000 inscriptions au chômage. Ces chiffres s’inscrivent dans la tendance constatée en août. En effet il n’y avait pas eu de création d’emploi en août aux Etats –Unis. Le taux de chômage est stable à 9,1%. Une stabilité  relative car surtout due à la révision en baisse  des résultats de juillet : 85 000 au lieu de 115 000 annoncés. Dans le secteur manufacturier, on  a supprimé 3.000 emplois, alors qu’on espérait 4.000 créations d’emplois après +36.000 (révisé de +24.000) en juillet. Le public a supprimé 17.000 emplois, après en avoir détruit 71.000 en juillet (révisé de -37.000). Grâce à ces révisions en baisse des chiffres du mois précédent, on est parvenu ainsi à afficher une stabilité du taux de chômage en août. Ce ne sera sans doute pas le cas en septembre, il faudra bien admettre une hausse du chômage qui préfigure sans doute une situation de récession économique pour la fin de l’année aux Etats-Unis.     

Oppositions à la BCE, au G7 et à la FED    Le flou des déclarations des autorités internationales de la semaine écoulée provient des oppositions très vives entre les partisans de l’orthodoxie  financière et les partisans de la fuite en avant.    Jürgen Stark, membre influent de la Banque centrale européenne en désaccord avec la politique de rachat d’obligations d’Etat par la banque centrale, a en effet  démissionné vendredi de la BCE. C’est une manifestation de plus des réticences allemandes vis-à-vis de la Grèce, de L’Italie et de l’Espagne. C’est le deuxième allemand, après Axel Weber, qui était gouverneur de la Bundesbank, qui démissionne pour les mêmes raisons. Ces démissions sont très révélatrices des réticences des allemands vis-à-vis de la politique de la BCE. L’Europe est de plus en plus embourbée dans les dimensions juridiques, financières et politiques de ce plan. La fragilité des décisions du 21 juillet nourrit les inquiétudes sur les banques  du fait de leur engagement excessif (autour de 500 milliards). Un plan grec qui pourrait saper le moral des investisseurs car on parle de plus en plus ouvertement d’un défaut grec voire même d’une sortie de ce pays de la zone euro. Un défaut serait évidemment catastrophique pour la Grèce d’abord et aussi pour les banques détentrices de la dette souveraine. On parle d’un impact d’environ 40% dur le PIB si la Grèce devait sortir de l’Euro et d’une dépréciation des obligations de l’ordre de 50%.  Même désaccord au sein du  G7 réuni à Marseille sous la présidence française ;  le G7  a seulement déclaré qu’il agissait de manière coordonnée pour relancer la croissance et lutter contre la crise des dettes souveraines. En réalité, c’est un communiqué pour rein On se contente d’acter la gravité de la crise et d’apporter un soutien aux mesures prises notamment le plan du 21 juillet pour le sauvetage de la Grèce ou encore le plan de 440 milliards d’Obama pour soutenir l’emploi aux Etats Unis  « Il y a désormais des signes clairs de ralentissement de la croissance mondiale. Nous sommes décidés à apporter une réponse internationale forte et coordonnée pour relever ces défis », lit-on dans le texte. On affirme aussi la détermination des banques centrales à soutenir la relance et à faire face aux besoins de liquidités notamment des banques privées. Bref encore un G7 pour rien qui n’apporte aucune solution à l’ampleur de la crise et qui n’est même pas de nature à rassurer  les marchés ; Ce G7 ne fait qu’entériner les différends actuels entre les membres.  Des désaccords du même type au sein de la FED qui conduisent Ben Bernanke à des déclarations tout aussi insignifiantes.« Une cure d’austérité trop sévère aux Etats-Unis aurait des conséquences à court terme sur la reprise, déjà erratique». On peut seulement en déduire que la FED approuve la relance, notamment celle prévue par Obama avec son plan de 440 milliards pour l’emploi, que la FED va l’appuyer avec des mesures d’assouplissement monétaires mais sans autres détail. Ben Bernanke ne peut sans doute pas en dire davantage compte tenu des oppositions qui s’expriment au sein du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC). Certains pensent en effet qu’un plan d’assouplissement de type QE3 aurait peu d’effet sur la croissance, que cela ne ferait que favoriser l’endettement et une inflation déjà inquiétante. Pour ceux là, la politique QE2 a déjà été un échec. Une politique monétaire trop laxiste et un accroissement du déficit budgétaire pourraient menacer  la notation des Etats Unis. Pour d’autres au contraire, la priorité doit être à la relance de la croissance. Un débat donc classique (comme à la BCE, comme au G7) entre les partisans d’une « certaine » orthodoxie monétaire et budgétaire et ceux qui estiment qu’il faut prioritairement  favoriser des mesures de relance économique en laissant de coté les grands équilibres. Ces contradictions, ces atermoiements ne sont guère de nature à rassurer les marchés et surtout à redonner confiance aux acteurs économiques. Il faudra sans doute encore de fortes turbulences pour convaincre les autorités internationales de prendre des mesures à la hauteur des enjeux.  L’annonce de Barroso concernant la créations d’euro-obligations va dans le bon sens, même si cela suppose un long travail de révision du traité européen;  il en est de même de nouvelles sanction prises par les ministres des finances européens à l’égard des dérives budgétaires. Enfin la décision des banques centrales de mettre à disposition des banques les liquidités nécessaires constitue un élément de détente pour les marchés.  

440 milliards pour le plan Obama      Le président Obama va consacrer environ 440 milliards pour le soutien direct rapide à l’emploi. C’est peu et c’est beaucoup. C’est évidemment peu en regard des 8 millions perdus pendant la période 2007-2009, c’est beaucoup si cela permet de redonner confiance aux acteurs dont le moral est dans les chaussettes. D’autant plus que les annonces Obama devront être acceptées par les conservateurs. Anticipant les critiques des républicains, Obama précise que le coût de ce plan sera entièrement compensé par des réductions équivalentes de dépenses. On sait que les républicains ont compliqué à l’extrême la tâche du président américain pour le relèvement du plafond de la dette. D’une certaine manière, ils ont un peu contribué avec leurs atermoiements à la dégradation de la note américaine. 

  Nouvelle stagnation du PIB en France au troisième trimestre : En annonçant seulement 0.1% au troisième trimestre pour le PIB, la Banque de France confirme que pour la deuxième fois la croissance trimestrielle connaîtra la stagnation en France. Dans l’industrie, les indicateurs restent inchangés en aout et recule pour les services pour ce même mois. Les capacités de production Se dégradent à nouveau, à 78,7% contre 79,4% en juillet, revenant au niveau de la fin 2010.On sait que les prévisions de la Banque de France sont toujours un peu optimistes, du coup il faut bien s’attendre à une stagnation au troisième trimestre.     

 OCDE: récession pour la fin de l’année L’organisation du commerce et du développement économique prévoit désormais la récession dans les pays développés pour la fin de l’année. Ce recul toucherait les pays dont la croissance est déjà faible mais aussi l’Allemagne. Du coup les prévisions de 2011 mais surtout de 2012n sont nettement revues à la baisse (par exemple moins de 1% pour la France). (Voir article)    

Emploi en France : ralentissement  Seulement 33.300 postes créés sur la période avril-juin dans les secteurs marchands, après 78.300 sur les trois premiers mois de l’année, c’est à dire une hausse de 0,2% contre 0,5% sur le trimestre précédent, d’après l’INSEE. Sur un an, l’emploi salarié marchand a augmenté de 1,1%, soit 179.200 postes créés. Sans l’intérim, Seulement  33.100 créations de postes au deuxième trimestre contre 61.600 sur janvier-mars ont été créés. Il faut surtout observer le recul dans l’industrie qui avait créé 4.300 emplois au premier trimestre, et qui en a supprimé 2.900 sur au second. Sur un an, ce sont 18.500 emplois supprimés confirmant ainsi la dégradation du secteur industriel français. La progression globale de 1.1% au second trimestre est cohérente avec le ralentissement économique et dénote même une forte perte de productivité puisque le PIB avait stagné. Une statistique également conforme avec la dégradation du chômage influencée par l’évolution de la croissance et l’évolution démographique.  

 Le ministre allemand des finances menace la Grèce et dit non aux euro-obligations  Le ministre des finances allemand a déclaré  que la Grèce ne pourra pas recevoir une nouvelle tranche d’aide internationale si le rapport  des experts (FMI, BCE et Commission européenne) n’est pas satisfaisant. . L’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont déjà accordé à Athènes une aide financière de 110 milliards d’euros l’année dernière, elle doit être  suivie d’une seconde aide de 109 milliards d’euros en juillet 2011. En contrepartie, les grecs doivent atteindre  les objectifs de réformes prévus en contrepartie de l’aide. Les  représentants  de l’Union européenne, du FMI et de la BCE avaient quitté la Grèce vendredi pour protester contre la lenteur des réformes promises. »La mission de la troïka doit reprendre et doit aboutir à une conclusion positive, sinon la prochaine tranche d’aide ne sera pas versée à la Grèce », a dit le ministre le ministre allemand des fiances « C’est la règle. » Une nouvelle fois, Wolfgang Schäuble a par ailleurs réitéré son opposition  à la création d’euro-obligations, il considère que ces euro-obligations constituerait en fait un encouragement au laxisme budgétaire pour les pays endettés. »C’est pourquoi je déclare haut et fort que sans modifications institutionnelles, l’introduction d’euro-obligations (…) engendrerait une solidarité factice », a-t-il déclaré.  

Barroso rassure : pas de récession en Europe.   »Nous n’anticipons pas une récession pour l’Europe. Les dernières prévisions de la Commission européenne montrent qu’il y aura une croissance, une croissance modeste il est vrai », a déclaré lundi J.M  Barroso en Australie. Barroso, inquiet des résultats du deuxième trimestre qui marque un net tassement de la croissance et surtout des derniers indicateurs de juillet et août très décevants, tente de rassurer. Pour Barroso, l’objectif est de remontre le moral aux marchés à la fois sur la croissance européenne et sur la situation financière de l’Europe. La Grèce est toujours embourbée dans la gestion de sa dette au point que cette dernière est considérée comme « hors de contrôle », l’Italie de son coté semble avoir des difficultés à finaliser son plan d’austérité, l’Espagne enfin ajoute une forte dépression économique à ses problèmes financiers ; Autant de raisons pour Barroso d’essayer de contrer les analystes qui pensent que l’Europe est grandement fragilisée à la fois par son endettement et par l’écroulement de sa croissance.     

 Trichet : l’Italie doit tenir ses engagements Le président de la BCE a fermement invité l’Italie à tenir les objectifs d’assainissement budgétaires. « C’est absolument décisif pour consolider et renforcer la qualité et la crédibilité de la stratégie italienne, ainsi que sa solvabilité », a-t-il déclaré, rappelant l’engagement de Berlusconi de combler le déficit budgétaire d’ici 2013. La BCE,  semble particulièrement inquiète de la situation italienne qui d’un certain coté rappelle celle de la Grèce. En effet le gouvernement italiens  a fait des promesses de rééquilibrage mais ne semble pas r toutes les tenir. Bref, son plan d’austérité paraît assez théorique. L’Italie, compte tenu de son endettement, risque d’être la prochaine cible des marchés. Berlusconi semble avoir entendu le message de la BCE et vient de décider mardi de durcir son plan. Une décision qui sera bien accueillie par les marchés. 

 Baisse du pouvoir d’achat en août  D’après l’enquête réalisée les 25 et 26 août. Viavoice-BPCE pour les Echos et France Info, les français pensent que leur pouvoir d’achat est en baisse. Deux Français sur trois pensent que la crise économique et financière actuelle a un impact sur leur propre situation et plus de la moitié d’entre eux s’inquiètent pour leur pouvoir d’achat.  55%  anticipent déjà une diminution de leur pouvoir d’achat au cours des trois prochains mois, soit 14 points de plus que dans l’enquête similaire réalisée en juin. Seulement 9% misent  sur  une augmentation de leur niveau de vie à court terme, quatre points de moins qu’en juin. Après les hausses de l’alimentation et de l’énergie, les inquiétudes portent désormais sur les dépenses contraintes De ce fait ils sont 33% à vouloir réduire les dépenses d’alimentation et d‘habillement et 30% à vouloir moins économiser dans les trois prochains mois. L’indice des intentions de dépenses synthétisant les résultats de cette enquête mensuelle chute ainsi de sept points à 83. Il est clair que certaines dépenses contraintes ne peuvent être réduites de manière significative, c’est le cas du logement, de l’eau, de l’électricité, des impôts, de la santé. Par contre, des réductions peuvent être opérées sur les gros postes comme l’alimentation dont les prix se sont envolés ces derniers mois notamment dans la grande distribution. Des réductions aussi sur l’énergie et en particulier sur le carburant. Du fait des hausses de ce carburant, la consommation a baissé de l’ordre de 1.5% sur un an (notons au passage que malgré la baisse du pétrole de ces dernières semaines, le prix du carburant a très peu bougé). Finalement ces hausses sont très perverses puisque faute de croissance du pouvoir d’achat, les dépenses sont diminuées. Autrement dit l’inflation rogne la croissance Pour la France, il faut en outre tenir compte de la structure particulière de la consommation par rapport aux pays voisins ;  une consommation caractérisée par l’importante des dépenses pour le transport et l’alimentation. Or on sait que la consommation a longtemps été le principal soutien de la croissance puisque  cette consommation était par exemple à l’origine des deux tiers de l’augmentation du PIB en 2010. Avec la réduction du pouvoir d’achat liée à l’inflation, le principal moteur de la croissance se bloque et le PIB ne progresse plus.     

 La Grèce menace l’Euro et la croissance Si les bourses ont dévissé vendredi, elles le doivent au recul de l’emploi aux Etats-Unis mais surtout en Europe aux craintes de plus en plus fortes vis-à-vis  d’un éventuel  défaut de la Grèce. Si la Grèce plonge, d’autres pays fragilisés par leur dette, comme l’Italie par exemple pourraient suivre. Si l’Europe se montre incapable d’assurer le sauvetage financier d’un petit pays comme le Grèce, il est évident qu’elle démontera alors qu’elle ne peut soutenir des pays aussi importants que l’Italie, l’Espagne et à fortiori la France. Du coup c’est la croissance de l’Europe et l’Euro qui est menacée (voir article)     

  Etats Unis : la récession   En dépit de quelques manipulations statistiques pour afficher une stabilité du taux de chômage à 9.1% en août, la situation de l’emploi montre que les Etats-Unis sont bien entrés dans une phase de récession. En fait, on a supprimé davantage d’emplois qu’on en a créés si on tient compte des emplois publics et privés. Les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis sont les plus mauvais depuis ceux de septembre 2010, mois au cours duquel l’économie américaine avait détruit plus d’emplois qu’elle n’en avait créés. « Les chiffres publiés sont très décevants, ils ravivent les craintes d’un retour en récession de l’économie américaine « , a jugé Michael Hewson, analyste chez CMC Markets à Londres. (Voir article)  

L’Irlande espère une nette amélioration de son déficit budgétaire avec un retour sous les 10%, après 32% en 2010 en raison du coût du sauvetage du secteur bancaire.  Les banques du pays ont frôlé la faillite après avoir prêté à tout va pendant des années, ce qui a obligé l’Etat à les secourir au prix fort, et à négocier fin 2010 un plan d’aide de 85 milliards d’euros avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international.   Les dirigeants de la zone euro ont décidé le 21 juillet, dans le cadre du nouveau plan de sauvetage de la Grèce, que les autres pays fragiles – à savoir l’Irlande et le Portugal – bénéficieraient d’un allongement de la durée et une baisse du taux d’intérêt des sommes prêtées.  L’Irlande compte aussi beaucoup sur l’abondement du fonds de stabilité européen. »J’espère avoir que nous disposerons bientôt d’un projet de révision de l’EFSF (Fonds européen de stabilité financière) afin de pouvoir le faire approuver par le parlement d’ici fin septembre », a déclaré le gouvernement irlandais.  

    La FED pessimiste sur l’économie américaine Le compte rendu d’août de la réunion de politique monétaire de la Fed est sans ambigüité :’ »Les participants ont noté une détérioration des conditions sur le marché du travail, un ralentissement des dépenses des ménages, une baisse du moral des ménages et des entreprises et un secteur du logement toujours faible »,  Les responsables de la FED estiment que la situation économique s’est gravement  dégradée et surtout que ce tassement  allait se prolonger durablement. Il semble que des désaccords se sont fait jour lors de cette réunion, certain étant partisans d’une nouvelle action forte et rapide (exemple gérer les taux d’intérêt en intégrant l’évolution du taux de chômage, ce qui constituerait une mesure assez révolutionnaire), d’autres étant  partisans du prolongement des taux d’intérêt proches de zéro jusqu’en 2013. Dans ce contexte, Ben Bernanke, a du donc demeurer assez prudent et même énigmatique lors de la réunion des plus grands experts mondiaux. Déclarant simplement que des mesures de « stimulation monétaire » n’étaient pas exclues. Déclaration  qui avait réussi à redonner du tonus aux bourses mondiales.   

   500 niches fiscales, 100 milliards d’exemption, pourquoi ?  Un nouveau rapport officiel souligne l’incohérence des niches fiables. Ce n’est  pas le premier, Après des rapports du parlement, de la Cour des comptes, du conseil d’Etat  du ministère des finances, on constate  que le manque à gagner pour l’Etat est de l’ordre de 50 milliards pour les dispositions à efficacité très douteuse. Si toutes les niches étaient supprimées, c’est alors environ 100 milliards qui seraient concernés. (Voir article) 

 Heures supplémentaires : erreur de diagnostic  Finalement F. Fillon a décidé de revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires en les plafonnant ; il rejoint donc une partie des propositions de M. Aubry qui a qualifié la défiscalisation qualifiée d’ »hérésie économique qui bloque les embauches ». Martine Aubry qui a mis en place les 35 heures (loi Aubry 1 du 13 juin 1998).ne se renie pas, on peut cependant s’interroger sur la pertinence d’une telle mesure. Si les heures supplémentaires ont été totalement défiscalisées, c’est précisément du fait du handicap de compétitivité que constituent les 35 heures. (Voir article). 

 Pour les prix Nobel, l’Allemagne sortirait de l’Euro avant la Grèce  D’après de nombreux prix Nobel d’économie réunis en Allemagne, l’Europe a besoin d’une crise avant d’engager des réformes ; Ces experts ont aussi étudié la situation des Etats-Unis et estiment qu’une nouvelle politique d’assouplissement monétaire de type QE 3 serait inutile. Pour l’Europe, ils sont unanimes pour considérer que l’intégration politique et économique est indispensable. Une intégration proche de celle des Etats-Unis. Pour eux, la zone euro peut encore s’en sortir même si de graves menaces persistent y compris la désintégration. Curieusement, ils pensent qu’en cas d’échec, ce ne sont pas les pays endettés qui quitteront l’Euro mais plutôt l’Allemagne. Les pays très endettés en quittant l’Euro verraient leur monnaie très dévaluée et l’inflation s’envoler. Ce serait exactement l’inverse pour l’Allemagne. (Voir article)  

 JACKSON HOLE, Wyoming : aveu d’impuissance  des experts Les responsables de l’économie mondiale craignent que le ralentissement de la croissance et l’aggravation de la crise de la dette ne dégénèrent en une crise beaucoup plus grave. Ils ont surtout insisté sur la crise de gouvernance reportant sur les politiques la responsabilité de la situation. Ben Bernanke, dès vendredi, avait accusé la Maison Blache et le congrès. Christine Lagarde y est allée de son couplet pour critiquer les gouvernements et réclamer la recapitalisation des banques européennes (qui va payer ?). «  Il faut qu’ils agissent maintenant » a-telle déclaré. Même son de cloche chez Angel Gurria, secrétaire général de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), « la gouvernance n’est pas dans une période très reluisante en ce moment (…), ni en Europe ni aux Etats-Unis ». En, fait les responsables monétaires ont avoué leur impuissance.  La croissance française rabotée   La situation de quasi récession qui sera constatée dès juillet contraint les experts à revoir leur copie. Les 2% de 2011 sont impossibles, on sera plus près de 1.5% Pour 2012, c’est pire, on ne pourra dépasser 2% et il faudra se contenter de 1%. A condition évidemment que le scénario catastrophe possible ne nous conduise pas à la récession pure et simple (voir scénario Fitch). Les experts sont partagés entre leur désir de se monter réaliste et pertinent et leur volonté de ne pas assombrir le paysage ; Bref, il faut tenter de prévoir mais ne pas désespérer consommateurs et investisseurs. Un exercice éthiquement et méthodologiquement difficile car on ne peut être à la fois un observateur indépendant et en même temps influencer la politique économique.   

  La règle d’or approuvée par 60% des français  Même si les français ne sont pas dupes sur le caractère politicien de la règle d’or proposée par la majorité, ils sont 60% à l’approuver. Du coup, la gauche qui y est farouchement opposée pour des raisons de tactique électorale mais aussi et c’est plus grave pour des raisons de doctrine va devoir faire évoluer sa position un peu radicale. Il s’agit d’uen appréciation de bons sens de la part des français. Il n’y aurait pas d’endettement si nous n’avions pas usé et abusé de l’emprunt pour boucher les trous. Le déficit primaire de la France (avant remboursement de la dette) est   l’un des plus inquiétants de l’Europe. Sur 12 mois, les ressources budgétaires ne couvrent que 10 mois de dépenses. Le reste nous l’empruntons. En fait nous ne remboursons pas la dette mas seulement les intérêts. Les français semblent conscients qu’il est normal d’équilibrer les comptes. Ce qui nous éviterait de dépendre maintenant entièrement des marchés financiers.      

   Montebourg  et  Lepen : même programme économique  A .Montebourg comme M. Lepen ne sont évidemment pas de grands experts économiques mais leurs programmes constituent des curiosités bien françaises, une sorte de déni des réalités économiques. A. Montebourg propose par exemple « d’effacer le surendettement des particuliers » victimes des abus du système bancaire. La mesure est séduisante et radicale, on efface tout et on recommence ? Même chose pour la dette de l’Etat, pas question de retenir le principe de l’équilibre budgétaire (la règle d’or) imposée par les marchés. Donc le contraire, faire plier les marchés en laissant dériver les dépenses budgétaires. Et pour éviter de mesurer le déficit, interdire les agences de notation. Bien entendu le retour à la retraite à 60 ans (financé sans doute par les prêts à l’étranger !).  L’objectif est la « démondialisation » financière via  le protectionnisme et l’interdiction de la spéculation (sic). Vaste programme qui surfe sur la vague des mécontentements nombreux mais contradictoires des français et qui interroge surtout sur la compétence du parti socialiste. Certes Montebourg n’est pas le PS mais c’est un dirigeant national quand même. Quelle cohérence ? Montebourg ne sera sans doute pas ministre des finances si le PS l’emporte (plus vraisemblablement ministre de la formation permanente ou des anciens combattants). Cependant on peut s’interroger sur le réalisme des propositions du PS qui promet tout et ne finance rien. En 1981, l’irresponsabilité n’avait pas duré longtemps et la rigueur s’était imposée en 82-83. Cette fois, le rêve risque de durer moins longtemps ; car les réalités financières et économiques sont là. En quelques mois, la France pourrait alors connaître le sort des grecs.      

Chute des bourses: jusqu’à quand ? Depuis la crise Grecque, certains analystes ne cessent de prévoir un rebond  (il y en aura mais cela ne changera pas la tendance baissière)  Il y a malheureusement la triste réalité de l’endettement, des déficits budgétaires, de la mollesse de la croissance et de l’emploi. Mécaniquement les déficits budgétaires ne pourront que se poursuivre et même augmenter car les mesures d’austérité à caractère structurel le plus souvent ne peuvent donner des résultats qu’à moyen et long terme. Il faudra des années et même des dizaines d’années pour apurer ces dettes colossales en Europe, comme au Japon ou encore aux Etas Unis. La question est de savoir si le temps des marchés est le temps de la gestion de la dette. Si le manque de confiance actuel se traduit en panique alors nous connaîtront un éclatement de la bulle obligataire et  une crise bancaire puisque les établissements financiers détiennent la plus grande partie de ces actifs pourris. Au-delà on pourrait aboutir à une crise affectant la totalité du système financier.  Conséquence : un ralentissement de la croissance économique pendant plusieurs années qui ne fera que renforcer l’insolvabilité des pays endettés. La crise ne fait que commencer.      Un gouvernement européen sans politique budgétaire,  sans politique monétaire, sans politique fiscale, sans politique économique  La politique des petits pas de l’Europe se caractérise par des atermoiements qui finalement vont coûter très cher. Après la rencontre Merkel-Sarkozy, le principe d’une gouvernance européenne pourrait être acquis mais sans les moyens. Pas de politique budgétaire, pas de politique fiscale,  pas de politique monétaire, pas de politique économique. Seulement sans doute la recommandation de la règle d’or pour les budgets mais pas de sanctions si elle n’est pas respectée. Les critères de convergences, qui eux existent (notamment pas de déficit supérieur à 3% du PIB et pas d’endettement supérieurs à 60% du PIB), ne sont nullement appliqués, Pourquoi une nouvelle recommandation le serait elle mieux. La seule manière de sortir l’Europe du bourbier dans le quel elle s’enfonce serait de prendre deux orientations indissociables : d’une part créer des obligations européennes pour gérer la dette d’autre part contraindre  les budgets s nationaux à l’équilibre en les soumettant à une autorité européenne. Bref une vraie révolution vers l’intégration. Malheureusement aujourd’hui les allemands hésitent entre cette intégration  et la sortie de l’euro des pays trop laxistes. Ces hésitations, ces atermoiements pèsent négativement sur la croissance et l’Allemagne elle-même  (dont le principal marché est l’Europe) se retrouve du coup affaiblie économiquement et financièrement.  A la décharge des allemands, le discours français ambigu qui n’annonce pas clairement l’abandon de la souveraineté budgétaire et ses conséquences nécessairement douloureuses.  Visiblement les responsables européens, l’Allemagne comme la France, ne prennent pas la mesure de l’ampleur de la crise et de son accélération. Les réactions sont trop tardives et inadaptées à la situation.      Deuxième phase de la crise  Cette fois ce n’est plus seulement la dette qui inquiète mais la stagnation économique qui s’installe partout en Europe. Les budgets des États vont donc se dégrader fortement et les dettes enfler. Plus question d’imaginer que les dettes des pays très endettés pourront être remboursées, il y aura des défauts au moins partiels. Les valeurs financières vont nécessairement accuser le coup surtout les banques françaises très exposées. C’est donc une deuxième phase de la crise qui commence avec une crise obligataire, une crise financière et maintenant une crise économique. La bourse américaine a tiré la première les conséquences de cette situation en se positionnant à la baisse. Une bourse déçue par la rencontre Merkel-Sarkozy et par des déclarations de ce dernier peu crédibles sur le rétablissement de l’équilibre budgétaire de la France.  
La croissance allemande presque dans le rouge   La croissance allemande au second trimestre vient de décevoir, elle est annoncée à +0.1% contre +1.3% pour le premier. L’Allemagne s’inscrit donc dans la baisse générale de l’activité mondiale et surtout européenne. Il est clair que sur la tendance, nous allons vers la stagnation économique. Pas de quoi se réjouir au moment de la crise de la dette. En effet, un tel ralentissement va complètement bouleverser les prévisions budgétaires de tous les pays en particulier celles de la France (qui s’apprête à réviser officiellement le PIB à la baisse). De ce fait,  les dettes ne peuvent que s’aggraver et inquiéter encore davantage les marchés financiers. Mécaniquement, la solvabilité des pays très endettés se détériorent encore et les agences de notation vont devoir abandonner le discours un peu optimistes de ces derniers jours en particulier sur la France et les Etats-Unis ; L’Italie et l’Espagne devraient être les prochaines cibles ; quant à la Grèce le plan, pourtant très couteux de juillet,  est déjà obsolète avant d’être appliqué. La stagnation inévitable pour le fin 2011 et pour 2012 va nécessairement tirer les marchés boursiers vers le bas car les résultats des entreprises seront affectés par l’écroulement de l’activité économique.       Fruits légumes : l’absence de politique européenne  La profession des producteurs de fruits et légumes demande au gouvernement un plan de sauvetage  pour la filière. Confrontés à la concurrence européenne, notamment espagnole, les producteurs souffrent d’un manque évident de compétitivité. Un manque de compétitivité provenant essentiellement de la  lourdeur des charges sociales en France. La fiscalité notamment plombe les coûts à un moment où du fait de la température la demande se fait plus rare. Un exemple de plus de l’absence de politique européenne qui se réduit en fait à un simple espace d’échanges sans régulation véritable. Pour les tomates par exemple, le prix de vente varie  de à 30 à 60 centimes le kilo, alors que le coût de production s’élève à 80 centimes. Il en est de même pour nombre d’autres fruits et légumes français. Pour des raisons structurelles liées surtout au coût de la main-d’œuvre mais aussi aux normes sanitaires françaises, le coût des  produits français est plus élevé que celui des pays du sud de la France, avantagés par ailleurs en début de saison par le climat plus favorable. S’y ajoutent des raisons plus conjoncturelles, le fait notamment que les productions françaises sont en avance de l’ordre d’un mois sur le calendrier et viennent sur le marché en même temps que certaines productions étrangères  traditionnellement plus précoces ;  par ailleurs le mauvais temps de juillet et de début août n’a pas favorisé la demande de ces produits frais. Pour l’ensemble de ces motifs, l’écart entre les prix et les couts de la filière est en moyenne de l’ordre de 20% en France. Une situation qui ne pourra durer, elle affaiblit actuellement les trésoreries mais surtout met durablement en péril l’équilibre financier des exploitations. Ajoutons enfin que certaines productions hors Europe, en provenance du Maghreb notamment prennent parfois frauduleusement le label européen après réexportation. Ce détournement des règles douanières n’est cependant pas spécifique à la filière fruits et légumes. Dans le transport par exemple, on ne se gène pas pour recourir à transport non européen pour effectuer en toute illégalité du trafic interne à l’union économique. Là, comme pour la filière fruits et légumes,  la régulation demeure virtuelle. Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons des délocalisations agricoles bien sûres mais aussi industrielles et même de services. Tout cela se paie en emplois supprimés,  en croissance affaiblie et finalement mécaniquement en augmentation de dette publique.    

La tempête financière va continuer     Après la première phase du krach financier, on s’interroge sur ce que pourrait être la seconde. Or tout indique que l’Europe, le G7,le G20, le FMI sont impuissants à apporter des réponses satisfaisantes et que la chute va continuer. Le marché n’a plus confiance dans la parole des gouvernements et des banques centrales. Pas même dans la parole de beaucoup d’économistes qui critiquent  « curieusement ».  L’évaluation des agences de notation. Or les investisseurs sont désormais convaincus de l’insolvabilité des grands pays endettés. Sil n’y a pas défaut de ces pays, ces investisseurs seront remboursés en monnaie de singe via l’inflation. La tempête financière va donc continuer même si des rebonds techniques limitent temporairement la chute.    

 Poursuite du krach   Les bourses dévissent, la croissance se tasse partout,  l’inflation monte avec les taux d’intérêt et surtout le risque d’un éclatement de la bulle obligataire alimente touts les craintes. De plus en plus d’experts considèrent qu’un Krach obligataire mondial devient inévitable avec la montée des dettes des États. Jusqu’alors on s’était surtout inquiété des dettes des petits pays comme la Grèce ou L’Irlande. Avec les menaces qui pèsent désormais sur l’Italie, sur les Etats unis (contraints de relever leur plafond de dette) et maintenant sur la chine, c’est toute la planète qui pourrait connaitre un tsunami financier surtout si comme cela se précise la croissance se tasse et l’inflation se met à galoper. Les taux d’endettement (% sur PIB) deviennent en effet pharaonique 182% pour le Japon, 150% pour la Grèce, officiellement 36% pour la Chine mais en réalité près du double, de l’ordre de 90% pour le Royaume Uni, 86% pour la France autant sans doute pour l’Allemagne en 2011. Presque toutes les grandes zones économiques sont touchées ; tous les grands pays européens sont concernés. En fait le monde vit à crédit et hypothèque sa richesse à venir. Une richesse qui n’est pas certaine avec le ralentissement de la croissance et qui est laminée par l’inflation. Un Krach obligataire serait dramatique pour les banques, les assurances et bien sûr les épargnants. Il aurait le même effet que la dernière crise financière des subprimes et pourrait en outre se doubler d’une crise monétaire qui mettrait à mal la croissance pendant plusieurs années.    

 Présentation      Ce site fournit des informations et des études prospectives sur les transports et l’environnement en articulant les problématiques économique, environnementale et sociétale. Une des caractéristiques de la crise est de présenter un caractère systémique aux interactions complexes et multiples. L’étude trop fragmentée des phénomènes constitue un des facteurs explicatifs essentiels  de l’incompréhension des transformations structurelles que nous vivons. Plus les connaissances se développent et plus elles s’isolent dans leurs domaines sectoriels respectifs favorisant ainsi une perte de cohérence globale. A cela, s’ajoutent bien entendu l’influence des groupes de pression et le corporatisme des chercheurs eux-mêmes. L’indépendance et la pertinence de l’information constituent un enjeu stratégique pour comprendre les mutations actuelles et au-delà pour les maîtriser.  Ce site est réalisé sous la direction de  G.Bessay*          

 *G.Bessay      

 .Ingénieur expert consultant international
.Président de l’institut prospective transport
.Président de l’institut développement transport.
 

 .Ancien président du comité d’orientation du service économique du ministère des transports (OEST)
.Ancien vice-président du conseil national des transports 

 .Ancien président de groupe du PREDIT (programme interministériel de recherche)
.Ancien président de l’IFRET (institut fer-route-études transport)
.Ancien président du groupe transport du plan (ministère du plan) 

.Fondateur de l’association nationale des consultants transports      

 .Ancien membre des conseils scientifiques de l’école nationale des ingénieurs des travaux publics (ENTPE), du laboratoire d’économie des transports (Université Lyon2) et du Comité National Routier       

.Ancien membre du conseil supérieur de l’aviation marchande   . officier de la légion d’honneur    .officier de l’ordre national du  mérite

Après la Grèce, l’Italie prochaine cible des marchés

Après la Grèce, l’Italie dans l’œil des marchés

Silvio Berlusconi n’en finit pas de promettre de mettre en œuvre les mesures d’austérité qui s’imposent. Il est clair qu’après le choc du référendum grec, la contagion va privilégier la cible italienne dont les taux d’intérêt commencent à frôler l’insupportable (plus de 6%°). Il a une nouvelle fois dit  à A. Merkel qu’il entendait faire le nécessaire et a nouveau réuni son cabinet. De leur côté, les organisations patronales italiennes ont lancé un appel au ton dramatique, appelant le gouvernement à « agir immédiatement », faute de quoi il « portera une responsabilité historique à l’égard des Italiens et de toute la communauté internationale ». « La situation sur les marchés financiers se précipite et notre pays se trouve au centre des turbulences internationales. Nous ne pouvons pas courir le risque de perdre en quelques semaines ce que nous avons construit en décennies de travail », ont lancé ces organisations. Le président de la République a appelé aussi le gouvernement « à agir d’urgence ». La chute de la bourse de près de 7%, la montée de taux d’intérêt témoigne du fait que l’Italie est désormais dans le viseur des marchés. L’écart de taux (spread), qui mesure la prime de risque entre les taux italien et allemand a atteint un nouveau record à 455 points de base, soit son plus haut niveau jamais atteint depuis la création de la zone euro. Pour tenter de répondre aux inquiétudes Berlusconi a promis de présenter les mesures et les calendriers lors du G 20. »Les taux d’intérêt montent au ciel, les Bourses tombent en enfer », résumait le site d’information financière italien firstonline.info, qui qualifiait de « catastrophe » la décision du Premier ministre grec Georges Papandréou d’organiser un référendum. Avant le sommet européen, sans doute vexé par la mise en accusation de l’Italie, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi avait déjà  convoqué en urgence son gouvernement pour tenter de convaincre ses partenaires de coalition de soutenir une série de réformes économiques réclamées par l’Union européenne. Au-delà de la vexation, il y a surtout depuis quelques jours les attaques amplifiées sur la dette italienne qui pourrait rapidement devenir, après la Grèce, la prochaine épine dans le pied de l’Europe. Berlusconi a donc proposé une réforme du système des retraites à laquelle s’oppose fermement son principal allié de la Ligue du Nord. La question des retraites ses centrale et jusque là du fait des contradictions au sein de la coalition, ce sujet était tabou. « Je compte profiter de la situation pour voir si nous pouvons adopter des mesures auxquelles j’ai toujours songé mais que je n’ai pas pu mettre en œuvre en raison de divergences au sein de la majorité, par exemple sur les retraites.. La question d’une réforme des retraites était un point de friction avec la Ligue du Nord, alliée indispensable du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. En fait, malgré une situation jugée « très périlleuse » par le chef de la Ligue, Umberto Bossi, une « issue » a été trouvée sur les retraites  en début de soirée. Angelo Alfano, leader du parti berlusconien, le Peuple de la Liberté, a parlé d’un « point d’équilibre (qui) apporta à l’Europe les réponses souhaitées  ». Cela a permis à Silvio Berlusconi de transmettre à ses partenaires européens, dans la foulée, un « document programmatique » fixant des objectifs de réformes et un calendrier, sans être sûr de pouvoir se maintenir encore longtemps à la tête de l’exécutif. Berlusconi a estimé n’être pas responsable de la crise qu’il impute aux banques ; pourtant c’est bien l’Etat italien qui se met dans les mains des banques (surtout des banques italiennes). La dette italienne d’au moins 1800 milliards (avec une croissance complètement atone) inquiète à juste titre. Les marchés l’ont bien compris en rendant plus cher les conditions de financement des obligations italiennes. Au-delà des retraites, l’Italie devra aussi s’attaquer à la reforme du marché du travail, à la fiscalité et aux privatisations. Bref c’est le syndrome grec. Pas de quoi nous réjouir en France car notre situation n’est pas meilleure. Elle est même pire d’un certain coté puisque contrairement à l’Italie notre déficit primaire est déficitaire. Si l’Italie devait devenir la prochaine cible des marchés, la suivante serait à coup sûr la France.  

Le CAC va continuer de plonger

Le CAC va encore plonger

On ne croyait déjà pas tellement dans l’accord européen et dans la puissance de frappe assez virtuelle du FESF ;  cette faible espérance est depuis lundi  1er novembre remplacée par la certitude que le plan de sauvetage grec- et plus globalement celui de la dette européenne- est mort avant même d’avoir été appliqué. Ce référendum grec remet tout en question. Les bourses ont compris tout de suite et par exemple le CAC à plongé de 5% ce lundi. Il y aura certainement des rebonds techniques après des chutes de cette ampluer mais la correction n’est sans doute pas finie même s’il faut s’attendre à des mouvements de yo-yo mais toujours dans une tendance baissière ; N. Sarkozy et A. Merkel ont immédiatement réagi en indiquant que l’accord sur la Grèce serait appliqué dans les meilleurs délais. Mais peut-on sauver les grecs  contre leur volonté ? Certainement pas ; Si ce référendum a lieu, si comme prévu le non l’emporte alors ce sera le défaut et l’accord du sommet européen sera obsolète. En réalité, il n’y a pas de forces politiques en Grèce capables d’assumer les conséquences de l’accord européen. La classe politique est complètement discréditée et la population en réalité ne veut plus de l’euro et de ses contraintes. On ne sauvera donc pas la Grèce contre sa volonté. Certes certains des aspects du plan européen peuvent demeurer et sans doute même être sérieusement améliorés mais tout est à reprendre ; cela d’autant plus que maintenant que les perspectives de défaut d’un pays de l’Euro est possible, les attaques sur les pays fragiles financièrement vont se multiplier ; On pouvait aider la Grèce mais pas l’Espagne ou l’Italie encore moins la France. La France dont la crédibilité est également atteinte et dont le budget 2012 va lui faire perdre son triple A. On va en effet péniblement économiser une dizaine de milliards là où il en faudrait une cinquantaine. Surtout avec l’écroulement de la croissance dont pour l’instant personne ne parle vraiment. En fait nous sommes en quasi récession (il faut deux trimestres de PIB dans le rouge de suite pour parler de récession). Comment peut-on croire à l’existence d’une quelconque croissance avec le niveau de chômage qui progresse et une consommation qui elle perd 0.5%. La croissance française repose seule sur cette consommation  puisque les investissements sont en berne et les exportations en complète dégringolade (près de 80 milliards de déficit en 2011). Les indicateurs économiques sur le PIB vont tomber ces jours prochains discréditant au passage même la révision de la prévision gouvernementale. La crise financière, avec l’accélérateur grec que constitue le référendum,   va s’amplifier et se transmettre encore davantage  à l’économie réelle. Maintenant ce n’est pas la question de la récession qui se pose mais son ampleur ; ce que l’OCDE n’exclut plus dans ses prévisions. Il ne faut rien attendre du G 20 qui ne va pas se précipiter au chevet d’un malade qui ne veut pas guérir. Les marchés vont sanctionner sévèrement cette Europe qui si elle avait su réagir plus vite et avec une autre ampleur aurait pu- peut-être -éviter le pire c’est-à-dire la crise financière, économique et sans doute ensuite sociale. La bourse pourra faire le yo-yo comme elle en a l’habitude mais tendanciellement, c’est la chute. Une chute scandée par la diffusion pendant des mois et des mois d’indicateurs économiques calamiteux.

Pour Trichet, la crise va continuer

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Trichet : la crise risque de continuer 

 A peine l’accord européen vient-il d’être conclu que Trichet met en garde Le président de la Banque centrale européenne (BCE) estime que la crise de la dette souveraine en Europe n’est pas terminée. Pour équilibrer son propos, dans un entretien accordé au journal allemand Bild am-Sonntag, Trichet se dit toutefois confiant dans la capacité des gouvernements de la zone euro à rétablir une stabilité financière. Pour lui, tout dépend de la volonté à mettre réellement en œuvre les dispositions du pacte de stabilité. Cela suppose notamment que l’accord de l’Union européenne entre dans les faits de façon très précise et rapide. « Cela est absolument déterminant », affirme-t-il. On connaît l’ambigüité des propos des présidents de banques centrales  qui visent tout à la fois à mettre le doigt sur les faiblesses tout en essayant de rassurer. »La crise n’est pas terminée », juge-t-il dans un entretien rendu public samedi. »Mais après les décisions prises cette semaine, je reste confiant dans la capacité des gouvernements à réussir à rétablir la stabilité financière », ajoute-t-il. Trichet note en fait le flou de l’accord et demande qu’il soit nettement précisé, ce qui vaut sans doute notamment pour le FESF. »Une rapide et totale mise en application des décisions est désormais absolument cruciale », estime-t-il. Trichet évoque là les délais fixé pour l’échange d’obligations grecques qui contraint les banques à accepter « volontairement » la décote de 50%.Comme pour la décote décidée à 21%, celle de 50% risque de mettre quelques temps car la Grèce devra négocier les banques qui n’apprécient guère la dévalorisation aussi importante et aussi brutale de leurs actifs grecs. Il affirme aussi que la BCE veille au grain et est prête à agir. Dans quels domaines, c’est la question. Pour l’instant en tout cas pas sur les taux d’intérêt car l’Allemagne craint par-dessus tout l’inflation. Pas de manière significative sur le marchés des obligations car si le nouveau président (italien) de la BCE a affirmé que la BCE va continuer d’intervenir- sans doute en attendant le FESF- l’Allemagne veut à tout prix que la banque centrale se dégage de cette mission non prévue par les statuts de la banque centrale. La BCE a en fait très peu de marges de manœuvre comparées à celles de la FED. Un rôle de même nature supposerait un vrai fédéralisme et aussi des possibilités de contrôle et de sanctions sur les états laxistes ; Toutes perspectives renvoyées à une modification du traité qui aujourd’hui ne pourrait rencontrer l’adhésion de beaucoup d’électeurs des pays européens. Trichet mesure donc bien les limites de l’accord et les obstacles à sa mise en œuvre dans le même temps où il est certainement conscient que la dégradation économique risque de rendre cet accord très insuffisant. 

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