Doublement des taux d’intérêt italien

Doublement des taux  d’intérêt italien 

 

Pendant que la grande presse et quelques analystes tressent encore des éloges au nouveau chef de gouvernement Italien, Mario Monti, les marchés sanctionnent à nouveau les taux d’intérêt italien. En fait si l’Italie est victime de l’enlisement de la crise de l’endettement européen, elle porte aussi sa part de responsabilité. Une responsabilité pour le passé compte tenu de l’accumulation d’un endettement qui approche les 130 % du PIB mais aussi une responsabilité pour le présent. Peu d’observateurs ont en effet relevé que Mario Monti (voir article)  considérait que certains objectifs définis avec l’Europe en matière d’assainissement ne pourraient pas être tenus. Finalement un langage qui se rapproche un peu de celui des dirigeants grecs qui signent avec réticence des feuilles de route pour les remettre en question quelques semaines après. Lors d’une émission obligataire très attendue, les taux d’emprunt à six mois du pays ont presque doublé à 6,504% contre 3,535% lors de la dernière opération similaire le 26 octobre tandis que ses taux à deux ans se sont envolés à 7,814%, contre 4,628%. Du jamais vu depuis la création de la zone euro.  De quoi réviser sérieusement le taux d’endettement de l’Italie qui en dépit de la hausse considérable des taux d’intérêt est toujours pointée officiellement à 120% du PIB. En fait on se fie essentiellement aux chiffres de l’Italie repris, de communiqué en communiqué, et qui à force d’être diffusé sans la moindre analyse font figure de chiffres vérifiés. C’est ainsi que la crise Grecque a éclaté quand on s’est enfin aperçu que les déficits étaient complètement sous estimés. Par ailleurs l’Italie lors du lancement de ses derniers emprunts a aussi été victime de l’attentisme de l’Europe et notamment de celui de Sarkozy et de Merkel dont le réunion n’a servi à peu près à rien puisque l’Allemagne a maintenu ses positions et que la France n’a pu que s’aligner. Monti était présent à cette réunion et a pu mesurer le niveau de paralysie de la gouvernance européenne. La commission européenne découvre la lune comme d’ habitude et se limite à des constats : M. Rehn, commissaire européen, a souligné que si les taux restaient trop longtemps à ce niveau, « l’impact sera négatif pour le secteur financier et l’économie réelle ». Mais il s’est dit « certain » que l’Italie allait « faire ce qu’il faut pour calmer la situation, faire les réformes nécessaires ». En matière de vœux pieux, on ne peut faire mieux. Comme avec Berlusconi mais avec désormais un vernis technocratique, l’Italie affirme par la voix de Mario Monti que l’équilibre budgétaire sera atteint en 2013. On voit mal comment avec le gonflement de la dette liée d’une part à la hausse des taux, d’autre part à la récession certaine pour la fin de l’année qui va affecter l’Italie. 

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