Accord dette Europe : trop de flou et d’effets d’annonce

Accord dette Europe : trop de flou et d’effets d’annonce

La crainte d’un échec du sommet européen était telle que n’importe quel accord aurait suscité l’approbation de la plupart des commentateurs. Il faudra sans doute plusieurs jours et plusieurs semaines pour en mesurer les limites. En fait cet accord est partiel et flou. Ce n’est certainement pas l’accord global et définitif pour mettre fin au problème de la dette européenne ; concernant la décote de la dette grecque, de nombreuses négociations seront nécessaires avec les banques qui n’ont accepté que tard dans la nuit de négociation  la réduction de 50%. Il est même probable que l’échange ne sera pas réglé d’ici début 2012 comme prévu si l’on en juge par les discussions qui ont précédé la première décote de 21%. La dégradation de la situation économique va reposer la problématique des équilibres financiers sur lesquels on s’est basé pour cet accord. Concernant le FES, c’est encore très vague. En fait on reste sur la position de l’Allemagne qui s’en tient aux 440 milliards décidés et qui ne veut pas aller au-delà. Du coup la question se pose de la démultiplication de ce fonds ; Comment atteindre ces 1000 milliards. 1000 milliards au demeurant qui, s’ils étaient atteints, de toute manière seraient insuffisant pour faire face aux attaques sur les dettes italiennes, espagnoles et davantage encore sur la dette française. C’est aussi le flou sur le rôle de la BCE, le nouveau président a bien déclaré que la banque sur ce point va continuer d’intervenir sur le marché des obligations  mais on sait que l’Allemagne y est formellement opposée. En fait le FESF va agir comme assurance partielle d’une partie des dettes, quand au véhicule spécial abondé par des fonds étrangers, notamment de la Chine, rien n’est sûr dans ce domaine ; tout dépendra en fait de la solvabilité de l’Europe, or cette solvabilité dépend pour la plus grande part de l’évolution de la croissance qui assure les rentrées fiscales. Ce Fonds dispose de 440 milliards d’euros mais le soutien apporté au Portugal et à l’Irlande et le montage financier complexe nécessaire pour lui assurer une note AAA ont réduit à environ 250 milliards aujourd’hui sa capacité effective résiduelle. L’effet de levier sera obtenu via un double mécanisme: il s’agira d’une part d’assurer partiellement les dettes émises par des pays en difficulté et, d’autre part, de créer un nouveau « véhicule spécial » adossé au FESF et au Fonds monétaire international (FMI) auquel participeront des investisseurs internationaux, comme la Chine ou d’autres pays émergents. L’intervention de la chine n’est pas sans danger. Certes la Chine détient déjà une partie de la dette européenne de l’ordre de 600 milliards sur les 3000 milliards détenus par les préteurs hors Europe ; l’aide de la chine n’est pas gratuite ; On peut en effet imaginer que l’Europe devra se montrer moins velléitaire lors des discussions de l’OMC à l’égard de la Chine ; autrement dit l’Europe devra mettre en veilleuse son souhait de rétablir des conditions de concurrence plus équitables avec la Chine dans les domaines fiscaux, sociaux et environnementaux ; le rééquilibrage du commerce avec la Chine pourrait être nettement moins prioritaire. L’accord européen était certes indispensable pour éviter le pire mais il ne règle pas tout ; c’est un accord à forte coloration psychologique qui gagne du temps mais ne résout pas les questions de fond. Notamment le rôle de la BCE et les conditions d’intégration européenne suspendu à une réforme du traité qui va demander des mois et des années surtout compte tenu de l’euroscepticisme grimpant des peuples. L’avenir du principal dispositif, à savoir le FESF, dont encore une fois la puissance feu reste floue dépend maintenant en grande partie de la situation de la France puisque la note de ce fonds set alignée sur celle de la France. Laquelle se trouve en situation particulièrement délicate puisque le budget 2012 initialement prévu este dors et déjà obsolète. La croissance ne sera pas de 1.75% mais de la moitié. Ce n’est donc pas une dizaine de milliards qu’il faudra trouver mais au moins le double, sans compter outre le déséquilibre budgétaire, le déséquilibre des comptes sociaux. En fait c’est une cinquantaine de milliards qu’il faudra trouver pour éviter la dégradation de la note de la France et donc du FSEF. Après l’euphorie de l’annonce va venir le temps de l’analyse précise de cet accord dans une conjoncture économique de récession. Autant dire que de nouveaux sommets du même type seront à prévoir d’ici quelques mois. 

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