Italie: le syndrome grec

Italie: le syndome grec 

Sans doute vexé par la mise en accusation de l’Italie, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi a convoqué en urgence son gouvernement pour tenter de convaincre ses partenaires de coalition de soutenir une série de réformes économiques réclamées par l’Union européenne. Au-delà de la vexation, il y a surtout depuis quelques jours les attaques amplifiées sur la dette italienne qui pourrait rapidement devenir, après la Grèce, la prochaine épine dans le pied de l’Europe. Berlusconi devrait proposer une réforme du système des retraites à laquelle s’oppose fermement son principal allié de la Ligue du Nord. La question des retraites set centrale et jusque là du fait des contradictions au sein de la coalition, ce sujet était tabou. « Je compte profiter de la situation pour voir si nous pouvons adopter des mesures auxquelles j’ai toujours songé mais que je n’ai pas pu mettre en œuvre en raison de divergences au sein de la majorité, par exemple sur les retraites. Essentiellement sur les retraites », a déclaré « Il Cavaliere » dimanche. La question d’une réforme des retraites est un point de friction avec la Ligue du Nord, alliée indispensable du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi. Le chef de file des députés de la formation autonomiste du nord de l’Italie, Marco Reguzzoni, a redit lundi son opposition à toute réforme des retraites, y compris au report de l’âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans comme le demande la banque centrale italienne. »La Ligue a toujours été hostile à une réforme des retraites », a indiqué Reguzzoni à la télévision italienne. « Nous avons fait d’autres propositions que nous évoquerons lors de la réunion. »Le système actuel des retraites prévoit un départ à la retraite à l’âge de 65 ans pour les hommes et un passage progressif de 60 à 65 ans pour les femmes. En fait, malgré une situation jugée « très périlleuse » par le chef de la Ligue, Umberto Bossi, une « issue » a été trouvée sur les retaites  en début de soirée mardi. Angelo Alfano, leader du parti berlusconien, le Peuple de la Liberté, a parlé d’un « point d’équilibre (qui) apportera à l’Europe les réponses (souhaitées)  ». Cela devait permettre à Silvio Berlusconi de transmettre à ses partenaires européens, dans la foulée, un « document programmatique » fixant des objectifs de réformes et un calendrier, sans être sûr de pouvoir se maintenir encore longtemps à la tête de l’exécutif. Berlusconi a estimé n’être pas responsable de la crise qu’il impute aux banques ; pourtant c’est bien l’Etat italien qui se met dans les mains des banques (surtout des banques italiennes). La dette italienne d’au moins 1800 milliards (avec une croissance complètement atone) inquiète à juste titre. Les marchés l’ont bien compris en rendant plus cher les conditions de financement des obligations italiennes. Au-delà des retraites, l’Italie devra aussi s’attaquer à la reforme du marché du travail, à la fiscalité et aux privatisations. Bref c’est le syndrome grec. Pas de quoi nous réjouir en France car notre situation n’est pas meilleure. Elle est même pire d’un certain coté puisque contrairement à l’Italie notre déficit primaire est déficitaire. Si l’Italie devait devenir la prochaine cible des marchés, la suivante serait à coup sûr la France. 

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