Nouvelle révision budgétaire indispensable avant les présidentielles

Nouvelle révision budgétaire  indispensable avant les présidentielles 

La mise en surveillance de la France par Moody’s a notamment été justifiée par des perspectives de croissance du budget jugées irréaliste. Cette prévision de croissance à 1.75% (après 2.5%initialement) n’est pas crédible. Pas plus que l’argument qui consiste à vouloir donner une vision optimiste de l’avenir. Le schéma classique qui consiste à escompter des recettes fictives pour justifier les dépenses ne passe plus auprès des évaluateurs. Faire de la gonflette sur la croissance pour artificiellement équilibrer les comptes (en tout cas pour atteindre les objectifs de déficit) est un vieux truc politique usé jusqu’à la corde. En fait cela ne peut désormais que faire douter de la volonté des pouvoirs publics d’aller vers un rééquilibrage des comptes publics. On ne peut retenir une prévision de croissance PIB de 1.75% quand par exemple le consensus Reuters des économistes voit la croissance française à 0,9% ou 1,0% en 2012 ou que Deutsche Bank prévoit même uns très faible +0,3%. L’Allemagne a abaissé cette semaine de près de moitié sa prévision de croissance pour 2012, attendant désormais 1,0% au lieu de 1,8%. Le ministre allemand de l’Economie, Philipp Rösler, a expliqué que « le rythme d’expansion a ralenti, comme on s’y attendait». Les Instituts allemands sont encore plus pessimistes ; pour eux, le PIB devrait grimper de 0,8% seulement en 2012, après 2,9% attendu cette année. L’Allemagne, dont l’économie fortement exportatrice s’est redressée avec vigueur après la récession de 2009, ne pourra pas se soustraire aux effets de la crise des finances publiques européennes, en passe de déboucher sur une crise bancaire, prédisent les économistes. De fait, l’Allemagne ne peut être à l’abri de la réduction de la demande mondiale notamment de celle de l’Europe. Du coup, les exportations ne pourront plus porter la croissance allemande tandis que sa demande intérieure demeure relativement atone. Au quatrième trimestre de cette année, il faudra compter avec un recul du PIB (-0,2%). L’Allemagne pourra peut-être échapper à la récession en 2012 mais rien n’est sûr tout dépendra de l’état des économies avec lesquelles elle commerce.  La France doit donc pour restaurer la crédibilité sur sa solvabilité et en premier se fonder sur des perspectives économiques réalistes. Ce qui mécaniquement entrainera une nouvelle révision budgétaire avec augmentation d’impôts et réduction de dépense  pour un montant d’une dizaine de milliards. On ne pourra attendre les élections présidentielle, ni la novelle majorité parlementaire. Il faudra agir avant sinon c’est la sanction assurée par les marchés et en premier par les agences. Témoin déjà l’évolution récente du rendement des obligations, sorte de thermomètre de la confiance des investisseurs vis-à-vis des dettes publiques. L’annonce de Moody’s constitue uen sérieux avertissement. Le rendement des obligations d’Etat à 10 ans a fortement progressé, dépassant 3,2% vendredi 21 octobre alors qu’il était de 2,6% début octobre. L’écart de rendement avec la dette allemande (le « spread ») a encore augmenté pour dépasser 120 points de base (ou 1,2 point de pourcentage) en séance, battant les plus hauts de 19 ans enregistrés cette semaine. 

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