Pourquoi les banques françaises sont-elles fragiles ?

Pourquoi les banques françaises sont-elles fragiles ?  

Suite à l’accord Merkel-Sarkozy, les banques françaises vont être contraintes de se recapitaliser à hauteur de 9% de leurs fonds propres. Cela en dépit de leur opposition au principe même de recapitalisation estimant qu’elles remplissent les critères de Bâle III. ; Les banques françaises paraissent cependant fragilisées du fait de leur engagement en Grèce mais ces banques sont exposées sur deux aspects. D’abord elles détiennent des obligations grecques dont la valeur est déjà dépréciée suite à l’accord européen du 21 juillet et qui le sera davantage en cas de défaut grec partiel ou total. Ensuite, elles disposent de filiales en Grèce qui sont encore plus exposées du fait des prêts consentis aux entreprises grecques, entreprises dont beaucoup feront faillite en cas de défaut de l’Etat grec  Les trois gros établissements bancaires français affirment avoir provisionné les décotes possibles et qu’elles disposent des fonds propres nécessaires sans qu’il soit utile de faire appel à une recapitalisation. C’est sans doute vrai pour la Grèce qui reste uen petit pays mais qu’en est-il des autres engagements de ces banques dans les autres pays méditerranéens également menacés. Rien que sur l’Italie, la seule BNP détient 24 milliards de dettes obligataires, l’engagement de nos banques (et des autres banques européennes) est autrement important sur des pays comme l’Espagne ou l’Italie. Si ces pays devaient eux aussi être menacés de défaut, les fonds propres des banques n’y résisteraient pas ; Il faudrait alors recapitaliser dans l’urgence.  Plusieurs hypothèses sont alors envisagées, soit une recapitalisation en faisant appel aux capitaux privés, c’est possible car à terme les profits pourraient être substantiels pour les nouveaux actionnaires. Deuxième possibilité, une entrée partielle de fonds publics dans le capital, une opération qui pourrait aussi être juteuse avec la probable remontée des profits et des cours. Dernière hypothèse : la nationalisation. C’est une possibilité pour les établissements en très grande difficulté car i faudra au moins garantir les dépôts (voir l’exemple de DEXIA). Une nationalisation qui pourrait être temporaire en attendant la réforme visant à séparer les activités de dépôt des activités d’investissement. Une réforme dont l’étude est sérieusement engagée en Grande Bretagne et qui nécessairement devra aussi être réalisée dans d’autres pays.  Dernière menace la crise de liquidité. Face aux risques de faillite, le marché interbancaire se rétrécit. Les banques préfèrent prêter à la BCE à des taux peu intéressants plutôt qu’à leur concurrentes dont elles craignent la faillite. La Banque centrale européenne (BCE), a tenté de rassurer  précisant : “Nous sommes prêts à fournir aux banques les liquidités demandées” en “quantité illimitée” et à “taux fixe” pour la zone euro. Malheureusement les discours de Trichet comme ceux des autres responsables internationaux ont perdu beaucoup de crédibilité ces derniers temps. A cet égard, La dernière réunion du G7 semble ne pas avoir rassuré les marchés. La déclaration, qui n’était pas prévue au départ, se limite à des généralités, voire des banalités, et n’apporte aucun éclairage sur les réponses des responsables monétaires et financiers à la crise. Cette dégradation ne surprendrait pas même les banques concernées : «Dans la mesure où cela fait trois mois que Moody’s a mis les banques sous surveillance, ce ne serait pas une surprise que l’agence prenne une décision», remarque l’une de ces banques, observant que «c’est la dernière agence qui ne nous a pas encore dégradés». Moody’s attribue actuellement Aa1 la dette senior de Crédit Agricole SA et Aa2 celles de BNP Paribas et de Société Générale. L’agence de notation américaine abaisserait d’un cran les notes de BNP Paribas et de Crédit Agricole et de deux crans celle de la Société Générale. Deux raisons à cela, évidemment les conséquences de la crise grecque vis-à-vis de laquelle les banques françaises sont très exposées ; une exposition qui s’élève à 4 milliards d’euros pour BNP Paribas, 1,6 milliard pour Société Générale et 320 millions d’euros pour Crédit Agricole ; Même si elles ont appliqué une décote de 21% sur cette dette, les trois banques ont donc  environ six milliards d’euros de dette souveraine grecque. La décote de la dette grecque qui paraît inévitable au moins à hauteur de 50% entrainera une perte sèche d’au moins 2 milliards pour ces banques.  e. Finalement le défaut grec arrangerait beaucoup de monde sauf les détenteurs d’obligations évidemment. Cela éviterait aux pays contributeurs de continuer à payer pour un plan qui finalement ne pourra être appliqué et coûtera donc très cher ; surtout à un moment où on assiste à une raréfaction des ressources fiscales du fait du ralentissement économique. Certains pensent que l’entêtement à sauver la Grèce conduit inévitablement à soutenir ensuite d’autres pays en difficultés financière comme l’Italie. C’est d’ailleurs une opinion exprimée publiquement par certains responsables allemands. La crise obligataire débouche inévitablement sur une crise financière. La fragilité du système bancaire européen est telle qu’on n’hésite plus maintenant à parler de nouvelles nationalisations de certaines banques. (Voir article). Les nouvelles pertes prévisibles sur la Grèce, les risques sur d’autres pays comme l’Italie vont encore secouer les banques pendant plusieurs semaines en attendant de juger de la crédibilité du plan global annoncé par Sarkozy et Merkel. 

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